Xbox Pro Evolution Soccer 5


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Test de Pro Evolution Soccer 5

Test du Mercredi 26 octobre 2005 par Grosquick

Bon, si vous le voulez bien (et même si vous voulez pas, c’est moi qui décide !), on va zapper les politesses d’intro pour se plonger directement dans le vif du sujet. Voilà, c’est PES, c’est le cinquième épisode, c’est Konami, c’est du foutchebal, c’est trop cool, allez Malherbe et basta !

Merci Jean-Luc

Balayons d’emblée les gros défauts récurrents de la série, qui sont malheureusement toujours présents ici : des commentaires une nouvelle fois assurés par Christian Jean-Pierre et Jean-Luc Arribart, donc complètement bidons. Si le pauvre Jean-Luc Arribart fait ce qu’il peut, c’est-à-dire pas grand chose dans un rôle de doubleur qu’il ne maîtrise visiblement pas, Christian Jean-Pierre reste égal à lui-même, une sorte de Thierry Roland junior, déjà absolument pas crédible dans la vraie vie, et donc pas crédible non plus dans le jeu. Sachant qu’en plus, pas mal de répliques sont hors-contexte en se déclenchant au mauvais moment, on aura vite fait de zapper les commentaires, pourquoi pas pour les passer en espagnol. C’est pas forcément mieux, mais l’accent est déjà plus rigolo. ^^

L’autre gros défaut, c’est toujours le manque de licences officielles. Seules quelques équipes ont été rajoutées en plus des championnats italien, espagnol et hollandais : notamment Chelsea et Arsenal (probablement suite au partenariat avec John Terry et Thierry Henry) ainsi qu’une poignée d’autres comme Porto ou les Glasgow Rangers. Rien de vraiment notable donc. Du côté des effectifs, même topo, PES 5 est en retard de quelques mois : pas de Fred ni de Tiago à Lyon, Cana est toujours au PSG. Quant à l’équipe de France, Zizou et Thuram sont bien là, mais sur le banc. Il va donc encore une fois falloir passer un bout de temps à trafiquer les effectifs, voire à s’amuser à modifier noms et maillots via un éditeur toujours plus fourni, qui devrait vous permettre de reproduire à peu de choses près votre équipe favorite. Ou alors attendre qu’une âme généreuse modifie le tout et propose sa sauvegarde sur le net, ce qui ne devrait pas manquer d’arriver comme tous les ans.

Le détail qui fait la différence

Passons maintenant aux petites améliorations « à la con » qui ne payent pas de mine mais qui sont tout de même bien appréciables. Par exemple, le curseur de sélection du joueur : sur les dégagements, lorsque le joueur contrôlé est en dehors du champ de la caméra, l’opacité du curseur varie suivant l’éloignement. Transparent quand on est loin du champ et donc du ballon, puis de plus en plus opaque quand on s’approche. Dans le même genre, on a désormais droit à un panneau indiquant le nombre de minutes d’arrêts de jeu à la fin de chaque mi-temps. Sur l’écran de sélection des maillots, on peut choisir séparément la couleur du maillot, du short et des chaussettes. Plus utile, la présence d’une jauge sur les coups francs, aussi bien pour les passes longues avec Rond (ça c’est pas nouveau) que pour les passes courtes avec Croix (ça c’est nouveau). Ca permet d’une part de doser un minimum ses passes à raz de terre, mais surtout d’éviter que votre adversaire sache à l’avance si vous allez faire une passe longue ou courte, puisqu’une jauge s’affichera désormais dans les deux cas.

Le gardien a le droit aussi à ses petites améliorations, principalement sur les relances à la main, qui ne se contentent plus d’être faites à raz de terre vers le joueur le plus proche. A la manière d’un Barthez des grands jours, celui-ci peut désormais effectuer des relances longues, en effectuant le classique geste de bras roulé, pour envoyer directement le ballon vers un joueur démarqué au milieu de terrain. C’est souvent très précis et ça permet de lancer des contre-attaques fulgurantes, sans être obligé de faire des relances au pied toujours aléatoires.

Pour terminer sur cette liste non exhaustive de ces « premiers détails qui sautent aux yeux », un petit mot sur l’esthétique, qui n’a quasiment pas évolué depuis le précédent opus. Comme d’habitude, quelques visages de grands joueurs ont été améliorés, d’autres refaits, mais d’un point de vue général sur les graphismes, c’est kif-kif. Ah si, tout de même un énorme changement à noter… Les photographes ! Les photographes présents à l’entrée des joueurs sur le terrain ne sont plus en carton, mais bien en 3D ! Wahou ! A part ça, la différenciation entre les joueurs a encore été améliorée, certains ayant les chaussettes plus courtes que d’autres, le maillot qui dépasse du short, des bandages en bas des chaussettes…

Carton jaune pour simulation !

Bon c’est bien joli tout ça, mais quid du jeu en lui-même ? De ces joutes passionnées et passionnantes mettant aux prises 22 apollons en short courant après une baballe pour la faire rentrer dans un truc chelou avec des poteaux et un filet ? Ben pour être franc, au début, c’est assez galère. Même les plus acharnés de la série auront besoin de pas mal d’entraînement pour maîtriser ce PES 5, tant l’aspect simulation y est désormais incroyablement poussé. Les développeurs ont notamment beaucoup travaillé sur l’équilibre des joueurs, qui influe énormément sur le jeu. Le simple fait de se retourner vers le but après un contrôle devient un vrai calvaire, surtout quand les défenseurs adverses vous pressent à peine le ballon reçu. Les joueurs sont donc globalement plus lents, que ce soit pour se retourner, pour se relever après une chute ou pour ré-accélérer après un contrôle. Contrôle qui demande désormais, plus que de la précision, de la patience, puisque le moindre contrôle dans la course en accélérant (R1 sur PS2 ou gâchette droite sur Xbox) enverra immanquablement le ballon 3 ou 4 mètres devant, ce qui permettra la plupart du temps au défenseur d’intervenir (ou enverra directement le ballon en touche).

En fait, ce sont désormais tous les gestes du football qui demandent une précision et une concentration rarement demandées dans un jeu de foot, voire dans un jeu tout court. Non seulement les joueurs sont beaucoup plus lents à se mouvoir, les contrôles sont plus délicats à gérer, mais c’est aussi le système de passe qui est devenu plus pointilleux. Fini les actions à une touche de balle plus ou moins au petit bonheur la chance qui pouvaient se terminer par une frappe au but dans PES 4, ici il faudra réellement savoir ce que l’on fait et où on veut envoyer le ballon pour avoir une chance que ça marche. Les défenses ayant en plus été considérablement renforcées, il faudra réellement construire toutes ses attaques pour espérer se retrouver en position de frappe, chose très difficile à réaliser dans cette version. En cas de problème, inutile d’espérer vous en sortir avec une passe en profondeur en hauteur, elle finira 9 fois sur 10 sur la tête d’un défenseur ou dans les bras du gardien.

Dans l’ensemble, Konami a donc fait en sorte que l’on cherche vraiment à développer du jeu collectif léché, d’une part en renforçant les défenses, d’autre part en limitant certains abus des versions précédentes. Par exemple, les débordements sur les ailes avec des joueurs super rapides à la Henry sont désormais moins fréquents, et les balles en hauteur sont souvent approximatives ou gagnées par les défenseurs, même si le jeu de tête est désormais plus précis. Les face à face avec le gardien sont donc moins fréquents, mais ça arrive quand même. Dans ces cas-là, on se rend compte que l’arme absolue qu’était la pichenette dans PES 4 a considérablement perdu de son efficacité, le dosage et la direction se révélant plus délicats, et le gardien plus affûté, avec souvent un bras qui traîne pour dévier la balle.

Bref, un gameplay rééquilibré en faveur de la défense, et obligeant à développer un jeu collectif construit et réfléchi, qui rapproche davantage le jeu d’une simulation pure et dure, au détriment peut-être de l’accessibilité. Quand on voit que même pour un habitué de PES, cette version 5 est assez frustrante lors des premiers matchs, et nécessite de nombreuses heures d’entraînement pour être domptée, on se demande bien comment réagira le débutant dans la série… Mais bon, c’est le prix à payer quand on vise la simulation pure, et ça ne rend que plus jouissif un ballon dans la lucarne après une action de fou à base de une-deux, roulettes et autres feintes de corps de la muerte. 8-)

Le détail qui fâche

Pfff, à croire qu’ils le font exprès chez Konami… Tous les ans, ils améliorent un tas de trucs, mais laissent toujours au moins un gros défaut relou, histoire d’avoir quelque chose à corriger pour l’année d’après. Cette année, le gros point noir de PES 5, c’est l’arbitrage. L’homme en noir est en effet beaucoup trop pointilleux sur les contacts, puisqu’un simple frôlement du joueur adverse sera quasiment tout le temps sanctionné d’un coup franc. Si on reste 2 secondes à courir trop près du porteur du ballon, faute. Si on arrive un peu trop vite sur un joueur adverse, faute. Pire, il arrive même que l’arbitre siffle sur des dégagements, pour peu qu’on remue un peu de trop à côté du joueur adverse en se préparant à sauter pour faire une tête… Des fautes récurrentes qui hachent le jeu, et qui obligent à jouer sur des œufs quand il s’agit de reprendre le ballon à l’adversaire.

Cela dit, l’arbitre n’est pas non plus tout vilain, la règle de l’avantage notamment est toujours bien observée, et il arrive parfois que l’homme en noir intervienne à retardement sur certaines actions, par exemple sur un tacle virulent suite auquel il aurait laissé l’avantage, pour donner un carton jaune au fautif. M’enfin ça n’enlève en rien la frustration ressentie par les multiples fautes sifflées à tort et à travers dans la plupart des matchs (certains arbitres sont moins sévères que d’autres, encore faut-il les repérer).

Enfin du Online à la hauteur !

Voilà probablement l’un des gros points forts de PES 5, son mode online enfin travaillé et disponible sur PC et Xbox évidemment, mais aussi cette fois sur PS2. Et contrairement au mode online de PES 4 qui avait été rajouté à la va-vite et donc bâclé (plein de lag, interface réduite au minimum), celui-ci est enfin digne de la meilleure simulation de foot du monde. Pour commencer, le lag a presque complètement disparu. Un indicateur de la qualité de connexion s’affiche désormais à côté du nom de l’hôte, sous forme de flèches de couleur (trois flèches vertes équivalant à une connexion au poil). Seuls les matchs contre des adversaires vraiment éloignés ou ayant une connexion pourrie seront encore un peu laggés, mais même dans ces conditions, ça reste bien plus jouable qu’avec le lag dégueulasse de PES 4. La plupart du temps, le jeu est aussi fluide qu’en mode solo, vous n’aurez donc plus d’excuse pour perdre. D’autant que l’interface et les options sont désormais presque aussi riches qu’en solo, avec notamment la possibilité de régler la sélection du joueur en automatique ou manuel. Une bénédiction pour les habitués de la sélection manuelle qui se retrouvaient obligés de jouer en automatique dans PES 4. On peut également zapper tous les ralentis, d’un commun accord avec l’adversaire (dès que l’un des deux appuie sur un bouton lors d’un ralenti, une flèche apparaît dans le coin de l’écran pour indiquer à l’adversaire qu’on souhaite zapper). Enfin, dernier point et non des moindres, la possibilité de jouer à 2 contre 2. Attention, il s’agit de matchs à 2 sur une même console (le joueur principal + son invité), on ne peut pas encore avoir un joueur anglais ou espagnol comme coéquipier, mais c’est déjà pas si mal, d’autant que ça ne lagge pas plus qu’en 1 contre 1.

Les statistiques sont elles aussi plus riches que le pauvre ratio victoire/défaite de PES 4. On a cette fois droit au nombre de buts marqués/encaissés, au pourcentage de victoire par rapport au nombre total de matchs, aux résultats des 10 derniers matchs joués… En bref, un mode Online bien plus travaillé qui devrait étendre considérablement la durée de vie du jeu, si besoin en était.

We are a football tribe (Vol. 5)

Pour conclure, ce PES 5 est comme tous les ans une grosse mise à jour de l’édition précédente, avec ses défauts récurrents (manque de licences, effectifs pas à jour, commentaires pourraves), et ses améliorations plus ou moins notables. Cette année, on atteint des sommets dans le domaine de la simulation, au point que même les habitués devront cravacher des heures pour maîtriser cette version. Outre l’aspect graphique qui n’a pas évolué, le gameplay est donc toujours aussi riche, et continue d’imposer PES comme la référence ultime en matière de simulation footballistique. L’arrivée d’un mode Online enfin digne de ce nom achève de consacrer ce nouveau PES comme la nouvelle référence, comme tous les ans. Dommage que l’arbitrage soit aussi bidon, sinon c’était presque le sans-faute.

Multi - Online
8
Solo - Offline
8

Si les graphismes n’ont pas évolué et que les défauts récurrents de la série sont toujours présents (manque de licences, effectifs pas à jour, commentaires pourraves), ce Pro Evolution Soccer 5 atteint des sommets en terme de simulation pure, proposant de multiples ajouts qui enrichissent constamment le gameplay, au point de le rendre difficilement accessible aux néophytes. Les habitués et les amoureux du football sauront toutefois dompter cette version comme les autres, pour ensuite aller planter quelques lucarnes au monde entier, grâce au mode online enfin à la hauteur. Dommage que l’arbitrage soit aussi frustrant, sinon c’était presque le sans-faute.

Les plus

+ L’aspect simulation encore plus poussé
+ Le Online enfin à la hauteur !

Les moins

- L’arbitrage trop pointilleux qui hache le jeu
- Toujours des licences manquantes et des effectifs pas à jour
- Quasiment aucune évolution graphique

Détails

3+
Nom
Pro Evolution Soccer 5
Winning Eleven 9, PES 5
Support
Xbox
Genre
Sport
Editeur
Konami
Développeur
Konami
Sortie
20 octobre 2005
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