Xbox Prince of Persia : Les Deux Royaumes


  • Imprimer
  • Envoyer à un ami
Test de Prince of Persia : Les Deux Royaumes

Test du Jeudi 8 décembre 2005 par Spike

La fin est proche pour nos petites 128 bits, et ce [jeu|3333] ne nous le rappelle que trop. Une trilogie qui se finit, symbole d’un achèvement, d’une page qui se tourne, de la fin d’une époque. La Xbox a déjà sa relève, tandis que la Gamecube et la Playstation 2 attendent tranquillement que leurs successeurs viennent les remplacer.

Après deux épisodes totalement différents, l’un cultivant la poésie et l’autre préférant la folie des combats, ce troisième opus est la parfaite symbiose de ces deux pendants. Un titre qui clôt magnifiquement une épopée fabuleuse qui n’appartiendra jamais à aucune autre génération de console, un véritable baroud d’honneur, un hommage comme on ne les voit que trop rarement !

Avec le temps va, tout s’en va !

Notre bon Prince de Perse a bien changé depuis sa première rencontre avec les sables du temps : visage marqué par le temps, moral pessimiste et espoir réduit à néant. C’est avec une once de vie qu’il revient dans sa ville natale et son propre royaume, à savoir la belle Babylone. Evidemment, pour que l’aventure du jeune Prince reprenne de plus belle, il découvre une cité à feu et à sang où règnent mort et violence. En quelques secondes, votre bateau de fortune se retrouve réduit en cendres et la belle Kaleena s’enfonce peu à peu dans la brume dégagée par les canons. Peu de temps plus tard, vous êtes seul, désemparé, mais en vie ! Au loin, des gardes à l’allure étrange embarquent la belle jeune femme au corps éteint, l’aventure peut commencer.

Sans trop vous en révéler sur le scénario, sachez juste qu’il est suffisamment crédible et intéressant pour ne pas faire de cet épisode un vulgaire rajout marketing. Très vite, vous allez sentir les sentiments d’incompréhension et de solitude partagés par le prince. Heureusement, tout au long de votre périple, deux voix vont vous accompagner. La première est celle de Kaleena qui prend le rôle de la narratrice en vous racontant l’épopée du Prince d’une manière plus détachée, notamment en critiquant ses actions et en décrivant son état d’esprit. Ses interventions donnent un caractère de conte des Mille et une nuits très immergeant qui manquait cruellement au deuxième opus. La seconde voix est celle du double psychologique du Prince. Vous n’êtes pas sans savoir que ce dernier va devenir complètement schizophrène. Son pendant maléfique ne va donc pas cesser de lui torturer l’esprit avec bon nombre de remarques percutantes tantôt vexantes, tantôt incitatrices. Mais même si ce pendant obscur a clairement une mauvaise influence sur notre bon Prince, il lui donne aussi de précieux conseils très pratiques pendant les situations délicates. Une aide parfois salvatrice dont vous allez apprécier les services quand la situation devient aussi chaude que du charbon ardent. Un vrai duo de choc qui trouve sa place en un seul être, faisant du Prince un héros schizophrène très attachant.

Yalaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

Que les amoureux du premier épisode se rassurent, [jeu|3333] est une vraie ode à l’univers oriental : un titre qui sent aussi bon que le parfum d’une tasse de thé, qui enivre aussi vite que le narguilé et qui dégage encore plus de charisme qu’un palais d’Orient. Jouer à [jeu|3333] est une vraie excursion dans les contes des Mille et une nuits dans une Babylone, certes en mauvais point, mais qui garde les stigmates d’un monde merveilleux. Des estampes colorées qui pendent dans les airs, des petits balcons de verdure qui surplombent les ruelles, des alcôves magnifiquement décorées, cette Babylone numérique fait partie des plus beaux univers jamais réalisés dans un jeu vidéo. Vous allez aller de surprise en surprise, vous laissant happer peu à peu par la magie des décors. Et même si les consoles actuelles limitent parfois la qualité de certaines textures ou atténuent quelques beaux effets spéciaux, l’ambiance est tellement prenante qu’on ne peut résister à l’envie de se plonger dans le titre des heures durant…

Nouveautés orientales ?

Ceux qui pensaient que ce troisième opus serait une vulgaire repompe de ce que l’on a pu voir auparavant peuvent se foutre le doigt dans l’œil jusqu’au coude ! Même si le titre reste très proche de ses prédécesseurs, de nombreuses nouveautés viennent alimenter ce cocktail parfait d’action et de plate-formes.

A commencer par l’arrivée des Speed Kills, une nouvelle façon de tuer qui demande enfin un peu de subtilité et de discrétion. Le principe est simple : vous devez vous placer derrière un ennemi pour le prendre par surprise et le tuer du premier coup. Une fois en position, vous appuyez sur Triangle au moment où l’écran se déforme. Vient ensuite une séquence façon QTE qui ne jauge pas votre capacité à reconnaître les touches (vous n’avez qu’à appuyer sur Carré), mais votre timing. Si les premiers ennemis s’empalent sans trop de problème, quand il faut infliger plus de 5 coups d’affilée, tout de suite ça se corse sacrément ! Et pour profiter de ses positions avantageuses, il faut non seulement faire preuve de discrétion mais aussi réaliser un véritable parcours du combattant pour se placer au bon endroit, l’occasion de se lancer dans une série de cascades plus acrobatiques les unes que les autres.

Pour ce nouvel opus, le Prince s’est aussi doté de nouveaux gestes histoire de vous donner un peu de fil à retordre dans les gigantesques phases de plate-formes. Comptez sur un grand écart façon Sam Fisher entre deux murs ou encore la possibilité de se projeter de mur en mur grâce à des trampolines placés verticalement. Sinon pour le reste, c’est bien du Prince of Persia pur et dur avec des courses effrénées le long des murs, des sauts de haute voltige entre deux poutres et ainsi de suite. De ce côté-là, les amoureux du genre ne seront pas déçus avec toujours autant de phases de plate-formes millimétrées où c’est votre cortex plutôt que vos biceps qui fonctionne à plein régime. Le pire, c’est qu’avec toutes ces nouveautés, le titre surprend à nouveau et vous oblige à adopter une toute autre logique qu’avec les deux précédents opus, et ce notamment grâce à l’arrivée du Dark Prince…

Noir de chez noir !

La mode étant au dark héros, le Prince va se trouver rapidement un pendant maléfique. Et ce dernier ne manque pas de charisme avec sa peau carbonisée, ses yeux brillants et cette chaîne qui lui macère le bras minute après minute. Grâce à cette arme d’infortune, le Prince va tirer encore plus profit des décors. Notamment des chandeliers puisqu’à la manière d’Indiana Jones, il peut s’en servir pour se suspendre et se déplacer plus longuement sur un mur. Toujours aussi simple d’utilisation, les quelques erreurs sont palliées par les pouvoirs du temps, toujours aussi pratiques pour réparer vos erreurs. Une pression sur le bouton et hop, tout redevient comme avant !

Mais là où le Dark Prince est le plus saisissant, c’est en terme de combat. Là, il faut dire que l’animal assure vraiment, en décapitant ou en lacérant les ennemis à merveille. Les Speed Kills ne demandent même plus de phase en QTE et chacune de vos attaques est aussi dévastatrice qu’une dague enfoncée en plein crâne. Très vite, vous allez prendre un pied fou à contrôler la bête malgré l‘énorme défaut qu’elle contracte. Les sables du temps n’aidant jamais un être humain sans le punir, vous allez vous apercevoir que le Pince paye le prix de sa mutation par sa vie. Du coup, vous devez retrouver fréquemment un peu de sable pour ne pas mourir trop précipitamment. Si l’idée est excellente, on peste parfois face à des morts un peu injustes.

Reste que c’est avec ce personnage que les affrontements sont les plus palpitants. Les combos sont tout simplement meurtriers, et avec la nouvelle musique orchestrale que nous ont intégré dorénavant les développeurs, on s’y croirait vraiment !

C’est le bazar !

Malgré toutes ces qualités, [jeu|3333] possède quelques défauts qui peuvent agacer les moins fans d’entre vous. Même si le titre est d’une qualité irréprochable et approche presque la perfection pour les amoureux de la série, il n’en reste pas moins imparfait sur certains points.

A commencer par les points de sauvegardes parfois mal placés qui compliquent le jeu inutilement. Il y a bien évidemment les problèmes de caméra récurrents qui, heureusement, sont assez limités en combat grâce au lock automatique. Mais le plus gros défaut reste avant tout la linéarité étouffante du titre. Même si à l’heure actuelle les jeux sont assez linéaires et scriptés, [jeu|3333] vous force parfois à prendre des chemins dénués d’intérêt. Comment ne pas s’énerver quand vous pouvez atteindre une plate-forme en sautant tout droit mais que le Prince ne daigne pas pivoter juste parce que le level designer a décidé qu’il fallait passer par celle d’en face ? Un peu frustrant mais finalement assez bien caché par la panoplie de mouvements hors norme du Prince et les nombreux combats qui coupent allégrement les phases de plate-forme. Demeurent quelques petites chutes de framerate de-ci de-là et des bugs de collision pas forcément jolis. Mais tout cela ne vient jamais gâcher votre plaisir de jeu tant que vous êtes un tant soit peu sous le charme. D’autant que des événements vraiment entraînants vous attendent, comme une course de char épique ou des boss colossaux même si, dans cet épisode encore, leur nombre est bien trop limité.

Pas besoin de mille et une raisons de se prendre au jeu !

Plus qu’un hit, ce [jeu|3333] est une bombe ! Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il a réussi à compiler le meilleur des deux premiers épisodes tout en y intégrant suffisamment de nouveautés pour encore nous émerveiller. L’ambiance vous happe littéralement, les combats sont d’une classe ultime et la schizophrénie du Prince savoureusement divertissante. Certes, le titre n’est pas exempt de défauts, mais d’une manière générale toutes ses qualités suffisent à fermer les yeux sur quelques problèmes de caméra, une linéarité un peu trop prononcée ou des petits défauts de réalisation. Mais ne boudons pas notre plaisir, [jeu|3333] est un jeu énorme, de ceux qui marquent une génération. Un titre d’exception qui nous permet de quitter dignement notre Prince pour mieux le retrouver sur nouvelle génération. En tous cas, voilà un jeu qui a su évoluer avec une génération de console et qui la remercie de la plus belle des manières en signant un épisode juste remarquable.

9

Pas besoin de mille et une raisons de se prendre au jeu ! Plus qu’un hit, ce Prince of Persia : Les Deux Royaumes est une bombe ! Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il a réussi à compiler le meilleur des deux premiers épisodes tout en y intégrant suffisamment de nouveautés pour encore nous émerveiller. L’ambiance vous happe littéralement, les combats sont d’une classe ultime et la schizophrénie du Prince savoureusement divertissante. Certes, le titre n’est pas exempt de défauts, mais d’une manière générale toutes ses qualités suffisent à fermer les yeux sur quelques problèmes de caméra, une linéarité un peu trop prononcée ou des petits défauts de réalisation. Mais ne boudons pas notre plaisir, Prince of Persia : Les Deux Royaumes est un jeu énorme, de ceux qui marquent une génération. Un titre d’exception qui nous permet de quitter dignement notre Prince pour mieux le retrouver sur nouvelle génération. En tous cas, voilà un jeu qui a su évoluer avec une génération de console et qui la remercie de la plus belle des manières en signant un épisode juste remarquable.

Les plus

+ L’ambiance « conte des Mille et une nuits » est de retour
+ Des phases de plate-formes qui font réfléchir
+ Des phases d’action trépidantes
+ Un système de Speed Kill innovant
+ Un Dark Prince bien défoulant
+ Une excellente utilisation des voix off

Les moins

- Une réalisation qui pêche parfois
- Des points de sauvegardes pas toujours très bien placés
- Trop linéaire

Détails

12+
Nom
Prince of Persia : Les Deux Royaumes
POP 3, Prince of Persia 3: The Two Thrones
Support
Xbox
Genre
Aventure
Editeur
Ubisoft
Développeur
Ubisoft
Sortie
08 décembre 2005
Recommandation PEGI
Joueurs de 12 ans et plus

1979 : MB (Milton Bradley) lance la première console à cartouches portable. Il s’agit de la console Microvision, équipée d’un affichage à LED.