OutRun 2
Test du Lundi 4 octobre 2004 par Spike
OutRun est un bon vieux souvenir de gamer, beaucoup y ont joué mais ne se souviennent pas forcément de son nom. Mais une chose est certaine, dès lors que l’on évoque la flambante Ferrari rouge se déplaçant à des vitesses vertigineuses en plein désert avec pour copilote une très charmante jeune fille à la tignasse blonde, tout de suite le regard du gamer s’éveille, s’illumine et c’est une vague de nostalgie vidéoludique qui envahit son cœur. Ah c’est beau le jeu vidéo …
Longtemps, très longtemps après ce premier opus inoubliable, voilà que Sega décide de nous offrir une suite. On en parlait comme un rêve, puis le rêve est devenu rumeur, la rumeur est devenue officielle et maintenant le jeu se retrouve entre nos mains. Habillage 3D conçu spécialement pour l’occasion, le jeu a fière allure et il est temps maintenant de juger la qualité intrinsèque du titre.
Je ne connais plus personne en Harley Davidson ! Tintin Tin !
Dans OutRun 2, ce n’est pas la Harley Davidson qui est à l’honneur mais au contraire une voiture, et plus précisément une marque de voiture. Internationalement connue et mondialement convoitée, Ferrari est certainement l’une des marques les plus présentes dans l’esprit de chacun. C’est donc au volant du célèbre concessionnaire italien qu’il faudra parcourir à vive allure les circuits du titre de Sega. Ferrari oblige, ce sont uniquement leurs voitures qui seront disponibles et le panel très modeste de bagnoles mis à votre disposition devrait sans nul doute vous satisfaire. Au menu : Dino 246 GTS, 365 GTS/4 Daytona, F50, 360, 288 GTO, F40 et bien entendu l’incontournable Enzo Ferrari. Bref, que de la belle auto que l’on a hâte de voir à l’œuvre.
Sega et l’Arcade, une véritable histoire d’amour !
Les aficionados de simulations d’auto ultra pointues se tireront les cheveux devant le modèle d’arcade que représente OutRun 2. Les réactions sont bien évidemment irréalistes au possible et le plaisir est justement là . Dérapages à gogo, freinages à la dernière seconde, décrochages instantanés ou virages pied au plancher, le jeu se révèle ultra jouissif. D’autant plus que la maniabilité est véritablement chiadée à souhait ce qui permet instantanément de maîtriser le véhicule et prendre son pied.
La route est souvent large et elle donne amplement la possibilité aux fantaisies de chacun, mais attention … vous n’êtes pas seul, de ce fait il faudra faire attention à calculer ses trajectoires en fonctions des escargots présents un peu partout devant vous. Les réactions des autres voitures sont elles aussi très arcades, rien ne doit gêner votre progression et sauf si l’erreur est vraiment énorme on s’en tire toujours très bien, une petite perte de vitesse et puis c’est tout. En revanche, si l’accident est grave c’est la belle Ferrari flambant neuve qui s’en va s’exploser contre la barrière de sécurité, pour voltiger violemment en l’air et retomber miraculeusement sur ses quatre roues.
Vous l’aurez compris, le but n’est pas de mettre un terme à votre course mais bel et bien de récupérer votre erreur. Les voitures ne subissent donc aucun dommage, et la seule perte notable est finalement la plus cruelle, puisque c’est de temps dont il s’agit. En effet, OutRun 2 est une sempiternelle course contre la montre. Il n’y a pas réellement de circuit, en réalité il s’agit de parcours qui se distinguent en plusieurs embranchements. Si vous allez à gauche vous irez vers une partie du parcours simple, ou du moins plus simple que si vous alliez à droite. Ainsi le joueur qui prendra systématiquement l’embranchement de droite se verra arpenter l’itinéraire le plus ardu. Chaque embranchement est caractérisé par des paysages littéralement différents, on passera donc des plages de Miami au désert d’Egypte en passant pas des champs ruraux et en terminant par une zone industrielle, tout cela en quelques minutes. Bref, n’allez pas chercher une quelconque logique, sachez juste que le jeu vous fait voyager et la sensation est plutôt plaisante. Cependant chaque étape est vraiment très succincte et on reste, finalement, sur sa faim.
Vazy envoie les modes cousin !
Plusieurs modes sont disponibles dans cette nouvelle itération.
Le premier et le plus classique est le mode arcade. Ici il faudra juste terminer le parcours avec toujours la même règle : les embranchements de droite présentent une plus grande difficulté. A chaque fin d’étape, des secondes vous seront rétribuées, un laps de temps suffisamment faible pour que l’erreur soit sévèrement punie, à savoir ne pas parvenir au prochain checkpoint. Car n’allez pas croire que OutRun 2 est un jeu simple, il garde sa racine de jeu old school avec toutes les spécificités qui lui incombent, autrement dit une grande difficulté.
Le deuxième mode est très similaire au précédent sauf que cette fois-ci il faudra aussi compter sur l’épanouissement de sa bien aimée. En effet, toujours accompagné d’une charmante demoiselle, celle-ci, afin de jouir de son aimable présence, vous demandera de réussir toute une série de petits défis en cours de partie, histoire qu’elle reçoive quelques sensations fortes. Doubler un certain nombre de voitures, déraper comme un dieu, ou éviter toute collision seront donc votre lot quotidien … du moins si la réussite est de votre côté. Si les petits défis sont bien réussis, on se verra attribuer une note qui sera additionnée avec les autres défis de l’étape, qui formeront un moyenne qui sera additionnée aux autres moyennes des défis de chaque étape … A la fin il y a une giga moyenne à partir d’un tas d’additions qui font une note générale, cette note étant l’appréciation de votre prestation.
Le troisième mode est celui des missions. Au nombre de cent et une missions, le but est de braver l’impossible, ou presque, pour les remporter. Les missions sont vraiment distrayantes et s’adaptent parfaitement à chaque étape. Au choix, roulez dans des zones de couleurs, renversez des plots, dérapez … toujours dans le soucis d’éblouir la donzelle. D’ailleurs celle-ci ne se privera pas de certaines réflexions désobligeantes quant à votre médiocrité d’exécution ... Des réflexions qui pourraient bien malmener votre ego et qui coûteront parfois le prix d’un paddle lancé à travers la pièce pour exprimer une rage sans précédent. Car outre ces remarques intempestives, celles-ci sont directement liées avec votre échec qui se voit incroyablement récurrent lors de ces missions. Ici encore la difficulté est génante, bien trop mal dosée, et on en vient très vite à se tirer les cheveux et ceci dès les premières minutes. Certes les missions ne sont guère insurmontables mais au combien éreintantes pour le commun des joueurs.
Une sauce qui prend moins ?
Lorsque OutRun premier du nom est arrivé, il représentait une véritable révolution avec son gameplay accrocheur et ses graphismes stupéfiants. Mais voilà : après tant d’années, adapter la même sauce qu’antan était un pari risqué. Certes les fans seront sans nul doute conquis par cette difficulté incroyable et le principe de jeu qui demeure inchangé. Mais pour le reste des gamers, qui constitue sans doute la plus grosse partie, le jeu pourrait très vite paraître simpliste. OutRun 2 souffre de la comparaison avec des productions bien plus récentes et bien plus innovantes à l’image de Need for Speed Underground sans même parler de Burnout. Bien plus profonds et novateurs, ces jeux accrochent bien plus le joueur et offrent une richesse de jeu considérable. Dans OutRun 2, on cherche trop souvent une touche pour activer un boost salvateur après un cruel accident, on tente fréquemment de rafler les voitures pour obtenir plus de vitesse ou encore on cherche désespérément un menu tuning distrayant. Mais tous ceci n’est que le fruit de notre illusion et le jeu de Sega ne propose rien de cela.
Côté graphisme, le jeu est très séduisant même si encore une fois, on peut lui reprocher d’être trop simpliste. Les véhicules ont été modélisés avec soin mais ils sont encore très loin d’atteindre les prouesses d’un GT4, et il est inutile d’évoquer les autres voitures qui sont carrément grotesques. En ce qui concerne les décors, les paysages 2D prennent véritablement vie avec cet opus 3D et ils conservent tout leur charme d’antan, d’autant plus que les développeurs ont eu la judicieuse idée de remixer les douces ziks qui avaient bercé autrefois nos parties passionnées, sensations garanties !
OutRun 2 pas pour tout le monde !
Il est clair que le titre de Sega n’affectera pas tous les joueurs de la même manière. Les puristes seront sans doute comblés et retrouveront un jeu qui n’a absolument pas perdu de sa pêche et qui conserve toujours le même concept qui a déjà fait longuement ses preuves. D’ailleurs les parties sur le Live s’apprêtent à être de haut niveau. En revanche, les autres pourront toujours se pencher sur la question par curiosité et si la sauce prend, les heures de jeux devraient passer comme un éclair. Ceci dit le jeu apporte, au final, beaucoup moins de choses que la concurrence et ajouté à la difficulté, il peut se retrouver très rapidement rébarbatif. Dommage … Sega aurait du jouer la carte de l’innovation au lieu de celle de la nostalgie …

OutRun 2 est un de ces jeux sujet à la controverse : les plus nostalgiques d’entre vous diront "c’est d’la bombe bébé", tandis que les moins hardcore gamers crieront haut et fort au scandale ludo numérique, devant un titre trop ardu et d’une profondeur pas forcément évidente. Pourtant, OutRun 2 nous fait passer de bons moments et ceux qui ont connu le premier opus seront sûrement comblés. Pour les autres, il est dommage qu’ici Sega ait joué la carte de la nostalgie au lieu de celle de l’innovation.
Les plus
+ L’esprit nostalgique+ Les graphismes
+ La maniabilité
+ Les grosse bagnoles
+ La durée de vie pour les plus courageux
Les moins
- La difficulté- Le manque d’innovations
- Peut-être trop arcade ...
Détails
- Nom
- OutRun 2
- Support
- Xbox
- Genre
- Combats
- Editeur
- Sega
- Développeur
- Sumo Digital Ltd
- Sortie
- 01 octobre 2004
- 12 octobre 2004 (US)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 3 ans et plus


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