Xbox Oddworld : La Fureur de l'Etranger


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Test de Oddworld : La Fureur de l'Etranger

Test du Jeudi 3 mars 2005 par Spike

Troisième épisode estampillé Oddworld, certains s’attendaient à retrouver le sympathique Munch ou bien même le charmant Abe. Pourtant, il n’en n’est rien : au lieu de ces fébriles créatures mais néanmoins héros, on retrouve cet être aux apparences félines mais à la morphologie humaine. Peu importe l’origine biologique exacte de la bête, une chose est sûre : Monsieur Lanning, véritable tête pensante d’Oddworld Inhabitants, a décidé de changer d’air comme on peut s’en rendre compte juste en découvrant le protagoniste de cette nouvelle épopée. Véritable « spin-off » dans la série (comprendre ici que c’est un épisode à part entière dans la série), Oddworld : la Fureur de l'Etranger vous propose une vision beaucoup plus brutale du monde d’Oddworld, une vision sous le signe du Western qui n’ira pas sans rappeler les productions de Sergio Leone et de son incontournable « Le bon, la brute, et le truand »…

La loi, c’est moi !

Lanning nous avait habitué à un monde dur dans ses deux précédentes productions, un monde qui se révélait impitoyable, exacerbant au final les traits de notre société. Et bien, dans ce troisième opus peut-être moins engagé politiquement, du moins en apparence, s’ajoute cette ambiance issue tout bonnement des célèbres westerns spaghettis. Avec un héros affublé de la même manière que le très charismatique Clint Eastwood dans « Le bon, la brute, et le truand », l’Etranger ne manque pas d’air et aura vite fait de vous conquérir. Véritable arme vivante, il ne laisse personne indifférent où qu’il se rende, inspirant peur puis respect chez les autochtones (une sorte de poulets sur pattes) ou bien fureur chez ses ennemis. Et des ennemis il en a le garçon ! Et pour cause : avec une profession comme la sienne, on a du mal à se faire des amis dans le camp des méchants…

En effet, l’Etranger est chasseur de prime ce qui lui donne le droit de courser les têtes mises à prix afin de les capturer mortes ou vives. Mais attention, la prime sera d’autant plus grande si votre proie est vivante une fois capturée. D’ailleurs, au fil de l’aventure, vous vous apercevrez que certaines têtes devront être obligatoirement capturées vivantes…

Un être dur et froid donc, mais qui semble néanmoins épris d’une certaine sensibilité. Et même si le garçon paraît se soucier uniquement de ses fesses dans un premier temps, très vite il va se rendre compte de son rôle dans ce monde de misère. D’autre part, sous cet amas de muscles et de poils réside un être plus sensible qu’il n’y paraît dont la vie ne pourrait tenir qu’à un fil… Mais je vous en dis déjà trop et il serait dommage de vous spolier, motus et bouche cousue donc !

Un savant mélange !

Alors que l’équipe d’Oddworld Inhabitants aurait pu se contenter d’un vulgaire jeu d’aventure basique reprenant les systèmes de gameplay déjà usés jusqu’à la moelle, les ptits gars ont préféré plancher sévère sur la question et nous offrent ainsi un véritable panaché entre jeu d’aventure et FPS !

Grâce à un didacticiel « easy come, easy go », vous saurez tout sur la maniabilité du titre. Dans vos déplacements, l’Etranger se dirige via une vue à la troisième personne. On peut allégrement sauter, courir et même courir très vite une fois que la bête se met à quatre pattes. Une fois dans cette posture ses mouvements se font beaucoup moins précis mais d’autant plus nerveux, ce qui se révélera très pratique lorsqu’il faudra percer les lignes ennemies.

Une palette de coups assez conséquente vous attend, du simple coup de poing jusqu'à la toupie, en passant bien évidemment par le coup de tête de la muerte, l’Etranger s’en donne à cœur joie. Dans tous les cas, on aurait tort de négliger la puissance de la bête tant celle-ci nous réserve des surprises. Par exemple, il arrivera de vous retrouver devant une véritable forteresse qui, comme son nom l’indique, s’avère totalement fermée. Dès lors, la seule entrée possible se trouve être la porte haute d’au moins trois mètres, presque aussi épaisse que haute, mais qui sera néanmoins très rapidement détruite sous la puissance de vos coups. Vous l’aurez compris, c’est un réel plaisir d’incarner l’Etranger, fort d’un charisme unique et d’une force physique ahurissante, la pléthore d’ennemis qui vous attend n’a qu’à bien se tenir !

On pourrait en rester là et ce serait déjà pas mal mais ce serait sans compter sur l’incroyable talent de mister Lanning. S’ajoute donc à ce premier type de gameplay un secondaire qui n’ira pas sans vous rappeler le FPS. En pressant simplement le stick analogique droit, la vue passera instantanément à la première personne laissant apparaître au premier plan une belle et grosse arbalète. Et autant être clair, c’est à partir de cette arme qu’une forte partie de la personnalité d’Oddworld : la Fureur de l’Etranger passe. Au lieu de vulgaires munitions dont il aurait fallu se munir en tuant les ennemis ou en les achetant à l’armurerie, les développeurs ont préféré tirer profit de l’incroyable richesse de l’univers d’Oddworld. Ainsi, tout au long de l’aventure, une série de petits animaux vous attend, se déplaçant de façon rectiligne et de manière continue entre deux points.

Tout ça pour vous dire qu’ici il ne s’agit absolument pas de chasse mais bel et bien de réapprovisionnement pur et simple. Contre toute attente, ce sont ces petits animaux qui vont constituer vos munitions… Les guêpes électriques seront votre munition de base qui vous permettra à tout moment de capturer d’autres bêtes ou encore d’activer différents mécanismes. Quant aux autres types de munitions, enfin bestioles, elles vous permettront une série d’attaques spécifiques mais ce de manière limitée, il conviendra donc de penser à recharger son arme de façon récurrente. Pas mal de surprises vous attendent : on a l’écureuil qui attire les ennemis, la vilaine boule de poils dévoreuse de chair qui distraira quelques instants vos ennemis, la chauve-souris explosive qui fera des étincelles, les guêpes mitraillettes… Bref, un tas de munitions aussi loufoques que pratiques sont de la partie et il sera nécessaire d’en tirer profit au moment opportun. Et comme si ça ne suffisait pas, l’arbalète peut être chargée simultanément par deux types de munitions différents vous laissant le choix de la combinaison parfaite !

Une fois de retour en ville, il est fortement conseillé de passer chez l’armurier pour faire évoluer son arbalète ou bien ses capacités physiques. On pourra donc agrandir la quantité maximum de ses munitions, acheter de nouveaux gadgets comme des écouteurs à longue portée ou encore améliorer sa jauge de stamina (à voir un peu plus tard dans le test). Avec une modélisation des animaux vraiment incroyable sur l’arbalète, le monde d’Oddworld gagne encore en crédibilité et en réalisme. Une trouvaille originale qui n’aura pas fini de vous étonner !

A noter qu’un radar vous accompagne tout au long de l’aventure : ce dernier vous permet de visualiser les ennemis ainsi que leur champ de vision, ce qui n’ira pas sans donner à certains moments un petit aspect infiltration au titre.

C’est parti pour la chasse !

En tant que chasseur de prime, votre activité vous oblige à pister de gros vilains afin de les récupérer avec ou sans un cœur qui bat encore dans leur poitrail. Comme dit précédemment, un bandit vif vaut beaucoup plus qu’un bandit mort mais, à contrario, un bandit vif est bien plus difficile à attraper qu’un bandit mort. Et là tout est dit : si vous êtes du genre aventurier, courageux et tout ce qui s’en suit, le titre peut prendre une véritable dimension épique tant la conservation en vie de l’ennemi lors de l’affrontement peut se révéler difficile…

Pour capturer un ennemi, quel qu’il soit, il suffit de l’affaiblir suffisamment pour qu’il perde connaissance et que vous n’ayez plus qu’à l’aspirer façon Ghost Buster dans votre pochette magique. Sur le papier c’est assez facile, dans la pratique c’est déjà plus difficile… Si les ennemis basiques sont assez faciles à dérouiller puis à aspirer, en tous cas pour les premiers, il faut reconnaître que les boss relèvent du défi. Tout comme vous, ces derniers possèdent une jauge de vie mais aussi une dite de Stamina. Cette dernière est en fait une sorte de jauge de force qui s’épuise au fur et à mesure de vos faits et gestes mais aussi lorsque vous souhaitez regagner de l’énergie. Cette jauge se remplit perpétuellement, mais plus vous serez fatigué plus cette dernière prendra du temps à se remplir et donc plus vous serez exposé aux tirs ennemis. Les boss donc, puisque c’est eux dont il s’agit, possèdent cette fameuse jauge qu’il conviendra d’épuiser jusqu’à la dernière goutte afin qu’ils tombent dans un sommeil profond. Dès lors, il ne tient qu’à vous de vous rapprocher de la bête et d’aspirer le corps inerte dans la boîte.

Encore une fois, c’est assez simple à raconter et encore plus à lire, néanmoins dans la pratique la chose est beaucoup plus dure à réaliser, parfois trop même ce qui en découragera sans doute plus d’un… En effet, entre la myriade d’ennemis qui encercle la tête mise à prix, le level design souvent très bien étudié pour des combats épiques et stratégiques, vous aurez vite fait de vous tirer les cheveux. Ceci étant dit, il y a toujours une technique à choper pour parvenir plus facilement à ses fins, d’autre part le système de sauvegarde que l’on peut solliciter à tout moment offre une précieuse aide.

Des petits défauts tout de même !

Le programme se révèle donc plus qu’alléchant. Néanmoins, certains défauts très souvent inhérents à ce type de production viennent entacher quelque peu le tableau jusqu’alors si élogieux !

Le premier gros défaut vient sans conteste de la caméra, un grand classique dans les jeux 3D utilisant une vue à la troisième personne, Oddworld Stranger n’a pas été épargné. Bien que dans les phases de plateforme l’erreur soit pardonnable étant donné que rien n’est à craindre, lorsque l’on rentre dans des espaces un peu confinés en plein combat ça devient vraiment galère ! La caméra ne se remet absolument pas derrière le personnage ce qui vous oblige soit à la remettre comme il se doit par vous-même ou le mieux encore est de passer en mode FPS. En sus, il convient de citer les petits problèmes de collision toujours agaçants quand on en est victime.

On nous avait promis une IA al dente mais force est de constater que le résultat n’y est pas. En réalité, c’est un bilan en demi-teinte que nous a dressé l’équipe de Lanning. Les ennemis peuvent être très agressifs, très réfléchis et donc redoutables, comme ils peuvent être d’une quiétude vraiment déconcertante… Par exemple, il m’est arrivé plusieurs fois de refaire le portrait d’un boss sous les yeux de ses sbires sans que ça ne les gène pour autant.

Dernier défaut en liste cité déjà précédemment : la difficulté qui peut s’avérer quelque fois rébarbative à cause d’ennemis véritablement sans pitié. Il y a toujours une technique à adopter et le système de sauvegarde est là pour vous sauver la mise, mais il faut reconnaître que le titre est parfois limite éreintant.

Une réalisation à couper le souffle !

Ne nous voilons pas la face, ce qui risque de capter en premier lieu votre attention est sans nul doute la splendide réalisation du titre. Encore une fois, les gars de chez Oddworld Inhabitants n’y sont pas allés de main morte et nous montrent que la Xbox en a dans le ventre !

Modélisation des décors fouillée et grandiose, distance d’affichage parfaite, animation sans rien à redire… Le jeu est véritablement irréprochable. Les environnements sont vastes et d’une crédibilité à couper le souffle, c’est bien simple : on est en plein western. A cela s’ajoutent des créatures toutes très détaillées et surtout dotées de voix tout à fait appropriées. Encore une fois, l’immersion dans l’univers d’Oddworld est à son paroxysme, et lors de chaque partie, on est totalement transposé dans un nouvel univers. Des kilomètres de marche vous attendent, des lieux aussi pittoresques que réalistes à visiter, et au final, malgré la vision assez sinistre de la vie que vous offre le jeu, malgré la quantité de sable virtuel que vous allez avaler, on revient très facilement dans le jeu, lui trouvant à chaque fois un charme particulier.

Oddworld : la Fureur de l’Etranger, on dit yes !

Avec un univers toujours aussi absorbant, des êtres toujours aussi atypiques, et une refonte totale du gameplay qui charmera un peu plus les aficionados d’action, Oddworld : la Fureur de l’Etranger se présente comme une excellente surprise sur la console au gros X vert. Quelques défauts sont tout de même à noter, ces derniers étant avant tout d’ordre technique ; mais très vite ils s’édulcorent grâce à un titre qui parvient à générer chez le joueur un engouement constant !

8

Avec un univers toujours aussi absorbant, des êtres toujours aussi atypiques, et une refonte totale du gameplay qui charmera un peu plus les aficionados d’action, Oddworld : la Fureur de l’Etranger se présente comme une excellente surprise sur la console au gros X vert. Quelques défauts sont tout de même à noter, ces derniers étant avant tout d’ordre technique ; mais très vite ils s’édulcorent grâce à un titre qui parvient à générer chez le joueur un engouement constant ! Des kilomètres de marche vous attendent, des lieux aussi pittoresques que réalistes à visiter, et au final, malgré la vision assez sinistre de la vie que vous offre le jeu, malgré la quantité de sable virtuel que vous allez avaler, on revient très facilement dans le jeu, lui trouvant à chaque fois un charme particulier.

Les plus

- L'univers d'Oddworld
- Le charisme de l'Etranger
- Le jeu d'aventure mixé au FPS
- Les munitions en forme de bestioles
- L'ambiance
- Le côté Western
- A essayer pour s'en convaincre !

Les moins

- Les caméras
- Parfois l'IA
- La difficulté

Détails

12+
Nom
Oddworld : La Fureur de l'Etranger
Oddworld Stranger's Wrath
Support
Xbox
Genre
Aventure
Editeur
Electronic Arts
Développeur
Oddworld Inhabitants
Sortie
03 mars 2005
25 janvier 2005 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de 12 ans et plus

Jean-Claude Van Damme mange des légumes.