Midnight Club 3 : Dub Edition
Test du Lundi 2 mai 2005 par Spike
Fort d’une expérience de deux épisodes et d’une équipe de développement de talent, à savoir Rockstar San Diego, Midnight Club 3 débarque sur les chapeaux de roues et s’impose comme le concurrent ultime de Need For Speed Underground. Mais le titre n’a pas choisi la confrontation directe, en s’inspirant d’autres productions du genre comme Burnout par exemple. Véritable hybride, on se demande finalement si le titre n’a pas voulu trop en faire ou si au contraire le mélange donne un résultat probant !
City in the night !
A l’instar de son confrère et néanmoins concurrent Need For Speed Underground 2, Midnight Club 3 va vous plonger dans des courses nocturnes pour le moins illégales dans lesquelles le tuning est religion. Jeune pilote à l’ambition démesurée, vous décidez alors de vous munir d’une belle caisse qui rayonne et qui en a sous le capot pour rivaliser avec les maîtres du volant. Au début, votre choix devra se porter entre 6 bolides, mais avec la tune que vous allez accumuler au cours de votre progression, c’est plus d’une soixantaine de véhicules qui pourront orner votre garage ! Et dans la famille des véhicules, il n’y a pas que des engins à quatre roues… Midnight Club 3 n’ayant pas souhaité faire les choses à moitié, des motos seront aussi présentes pour s’adonner à de belles virées nocturnes, les cheveux au vent. Cependant, ces dernières ne seront pas disponibles dès le début, il vous faudra par conséquent remporter quelques précieuses courses avant d’en bénéficier.
Si au début on devra se contenter de voitures basiques (enfin, le genre à vous foutre un bon crédit sur le dos tout de même !), plus tard, on pourra s’offrir de vraies merveilles telles que la Lamborghini Gallardo, la Mercedes Benz SL-55, la Dodge Ram, la Viper, et j’en passe !
Mais avant de profiter de tous ces joujoux, il sera nécessaire de remporter un maximum de courses, défis et championnats disséminés un peu partout dans les trois villes disponibles dans le titre. Que ce soit à San Diego, Altanta ou encore Détroit, vous serez libre d’aller où vous voulez dans une ville entièrement modélisée, vous laissant ainsi le plaisir de rencontrer qui vous voulez et ce quand vous le souhaitez.
Pour éviter de tourner en rond pendant des années, une carte ainsi qu’un système de GPS seront à tout moment disponibles. Les villes sont d’une grandeur considérable et surtout retravaillées pour que le terrain de jeu soit agréable à parcourir. De beaux virages et de larges rues vous attendent pour dépasser allégrement les limitations de vitesse imposées dans la réalité. Métropole oblige, la circulation est plus que dense dans ce Midnight Club 3. Très vite, on prend énormément de plaisir à slalomer entre chaque voiture et parfois à créer de gros accidents virtuellement mortels… Pas mal de surprises vous attendent comme des tremplins, des ponts haut perchés desquels il suffira de se lancer pour virevolter dans les airs, ou encore des raccourcis plus ou moins bien cachés comme ceux qu’offrent les galeries des centres commerciaux.
Bref, les villes sont de vrais terrains de jeu et ce sera à vous de les parcourir dans les moindres recoins pour devenir le maître des lieux !
Regarde comme je maîtrise !
La prise en main de Midnight Club 3 est vraiment immédiate ! Le seul jeu auquel on pourrait la comparer est le majestueux Burnout 3. Arcade à souhait, on s’amuse finalement dès les premières minutes de jeu, la performance se mesurant plus à votre capacité d’éviter les bagnoles au bon moment que d’obtenir un pilotage de métronome. En d’autres termes, les amoureux de fins pilotages risquent fort de virer à l’overdose devant tant de débauche, d’autant plus que les développeurs ont rajouté un tas de petits effets en sus, rendant le jeu encore plus arcade.
Outre la très classique nitro, on trouvera ainsi une sorte d’effet bullet time pour ralentir le temps, le Roar qui permettra de déclencher une onde de choc autour du véhicule, et enfin le phénomène d’aspiration. Si les deux premiers effets peinent à s’imposer, il faut reconnaître que le dernier saura retenir toute l’attention du joueur. Lorsque vous serez derrière un véhicule, une jauge se remplira automatiquement. Une fois pleine, vous pourrez déclencher un boost aussi puissant que la nitro. Mine de rien, cet aspect du gameplay apporte beaucoup à Midnight Club 3 dans le sens où votre conduite devient bien plus stratégique. En effet, se faire dépasser n’est pas une fatalité en soit puisqu’à tout moment vous pouvez repasser devant simplement en vous rapprochant un peu du concurrent.
De la même manière, se servir à mauvais escient de l’aspiration peut vous faire défaut, d’une part parce que la voiture accélère énormément et devient donc presque incontrôlable. Et d’autre part parce qu’une fois devant, vous ne pouvez vous fier qu’à vous-même en ce qui concerne l’orientation.
La gestion des dégâts fait aussi partie des nombreux points intéressants que Midnight Club 3 possède, mais encore et toujours sous le signe de l’arcade. A chaque choc la voiture se déformera, prenant peu à peu la forme d’une vraie dépouille roulante. Les dégâts sont loin d’être localisés avec précision et pire encore, leur impact n’est ici que de l’ordre de l’anecdote. Dans un premier temps parce qu’avant de casser sa caisse en pleine course, il faudra vraiment s’en donner à cœur joie. Et dans un deuxième parce qu’à chaque fin de course, votre caisse se réparera miraculeusement, ne vous offrant pas ainsi le privilège de dorloter votre titine…
Pour ce qui est des motos, la conduite est déjà beaucoup moins évidente qu’avec les quatre roues. Si prendre un mur de pleine volée en voiture n’est pas dramatique, avec la bécane le choc accuse le coup. Le temps que le pilote remette les pieds à l’étriller, les concurrents vous seront déjà tous passés devant. Plus technique donc mais pas forcément moins arcade si on oublie la gestion de la masse du motard dans les virages.
D’une manière générale, piloter les deux roues reste beaucoup moins fun qu’avec les bagnoles, l’erreur est souvent fatale ce qui aura vite fait d’agacer les moins patients d’entre vous. A côté de cela, il faut reconnaître que les possibilités offertes par l’engin, comme slalomer dans les trafics denses, donnent un charme incontestable à ce type de motorisation.
Déjà vu ça quelque part…
Côté modes de jeu, Midnight Club 3 ne fait pas vraiment dans la super originalité mais surtout dans la répétitivité… Plusieurs types de rencontres vous attendent, certaines sont accessoires et vous permettront de remporter uniquement du pognon, tandis que d’autres représenteront une véritable progression dans le titre et seront par conséquent obligatoires. C’est dans ces rencontres que vous pourrez alors apprendre de nouvelles techniques, gagner un max de tune, des nouvelles pièces, mais aussi et surtout un véhicule flambant neuf souvent tuné comme il se doit !
Pour cela, il faudra se lancer dans des challenges, compétitions, défis prenant diverses formes. La plus commune reste la course de checkpoint, même si à côté de cela on trouve la course libre dans laquelle il faut arriver le plus vite possible à un point de la carte, ou encore la course en circuit fermé. D’ailleurs, cette dernière se révèle très vite ennuyeuse tant la conduite du jeu est arcade…
Les courses de checkpoint seront donc votre passe temps favori dans Midnight Club 3. Dès lors, si ce type de course vous agace profondément, nous ne saurions trop vous conseiller de passer votre chemin ! Au début de chaque course, vous pourrez vous adonner aux joies du burn et déclencher un départ turbo… Mine de rien, cette pratique est bien classe et totalement dans le contexte vous laissant ainsi vous imprégner totalement du jeu ! Ensuite, il suffit de passer par chaque checkpoint jusqu’au point d’arrivée, qu’il soit sous forme d’étape ou de circuit. Sur le papier, le concept est hyper simple, mais une fois plongé dans la ville à plus de 200 kilomètres-heure, c’est une toute autre paire de manches ! Entre chaque checkpoint la liberté vous est totale, la carte en bas à gauche vous permet de localiser l’ensemble des itinéraires possibles, ensuite c’est à vous de faire votre chemin.
Le problème est qu’à une telle vitesse, ajoutée à la pression des concurrents, sans même compter le trafic et les obstacles, l’échec est souvent au rendez-vous. Vous devrez vous armer de patience et recommencer jusqu’à ce que votre prestation soit quasiment parfaite. C’est un peu là où Midnight Club 3 perd finalement un peu de sa saveur. Au lieu d’être instinctif, il devient très vite très calculé. On apprend donc l’itinéraire par cœur et le rôle des concurrents devient peu à peu superficiel puisque, sauf si vous faites une erreur, ils n’ont alors que très peu de chance de vous rattraper. Autre détail gênant : on s’aperçoit avec toute cette répétitivité que certains événements sont scriptés… Au début, vous serez ébahi par un crash entre deux véhicules juste là , sous vos yeux, et ce en pleine course ! Mais au bout de la quinzième fois on trouve ça plus ridicule que palpitant…
T’as de la tune ?
Tuner votre véhicule sera incontestablement l’une des pratiques les plus usuelles dans le titre de Rockstar. Cependant, cet aspect du jeu est bien moins mis en valeur que dans Need For Speed Underground 2 car aucun système de respect n’est présent. En outre, vous pouvez faire la plus belle bagnole de la terre avec une déco de zouf, dans tous les cas aucun impact dans le jeu ne sera à dénoter.
Pour autant, le choix est tout de même au rendez-vous avec une pléthore de marques à votre disposition et la possibilité de tuner l’engin dans ses moindres détails. Ici, Midnight Club 3 n’a vraiment pas à rougir face au titre de Electronic Arts tant les possibilités offertes sont ahurissantes de précision. Pare-chocs, gentes, roues, carrosserie, autocollants, pots d’échappements, bas de caisses, vitres… Pas la peine de rentrer dans les détails, tout, ou presque, est modifiable sur votre cylindrée.
Le seul reproche que l’on pourrait faire à la partie tuning est son manque de caractère qualitatif. Vous aurez beau connaître les meilleures marques pour telle ou telle pièce, dans tous les cas le résultat est le même, ne laissant pas ainsi aux connaisseurs le privilège d’utiliser leur science.
En fin de compte, c’est surtout du côté performance que l’on se penchera le plus, histoire d’obtenir un maximum de rentabilité ! Ici aussi le titre fait dans la facilité, n’offrant au joueur que des niveaux d’amélioration au lieu d’un choix réel de customization du véhicule à la pièce près, comme le fait un Gran Turismo par exemple. Les amoureux de l’arcade se sentiront soulagés tandis que les mécanos en herbe seront incroyablement frustrés...
Vas-y, mets les warnings !
Graphiquement, le titre reste très mitigé. Sur PS2, il faut avouer que le résultat est loin d’être enivrant tant le manque de netteté des textures est à déplorer. La version Xbox est déjà un peu plus propre mais au final on est bien loin de ce que l’on aurait pu imaginer… On comprend maintenant pourquoi les images délivrées par les éditeurs étaient tellement focalisées sur les véhicules qui sont, quant à eux, magnifiquement modélisés ! Ceci étant dit, une fois le compteur au maximum, la vitesse nous empêche de constater ces petites faiblesses graphiques et on se laisse volontiers happer par l’ambiance incroyable du titre. Par la musique d’abord où des grosses pointures de tous les styles musicaux un temps soit peu tendance sont au rendez-vous. Puis par l’ambiance purement sonore qui contribue énormément à l’immersion du joueur. Quelle jouissance d’entendre les voitures siffler lorsqu’on les rafle à fond la caisse ! Les villes restent très bien modélisées et recèlent de petits passages de-ci de-là à explorer afin de parfaire son itinéraire.
Côté IA, on ne peut pas vraiment dire que le titre excelle avec des adversaires jamais très véloces, mais qui vous donneront rarement la possibilité de vraiment remonter après une chute douloureuse. A noter aussi la présence de la police qui viendra vous mettre quelques coups de volant au moment le plus impromptu. Anecdotiques au possible, les interventions de nos gardiens de la paix auront vite fait de vous faire marrer, au lieu de vous effrayer…
En ce qui concerne le multijoueurs, le titre ne fait pas dans le méga original et reprend les différentes courses disponibles dans le mode arcade. A deux en écran splitté ou à 7 sur la toile, on prend néanmoins beaucoup de plaisir à s’adonner à ces virées nocturnes aux vitesses vertigineuses. Il est aussi possible de concevoir soi-même ses parcours via le mode création, d’ailleurs très simple d’utilisation. Rockstar réussit donc encore une fois à offrir à son titre une durée de vie phénoménale qui ravira tous ceux qui investiront dans ce dernier.
Monte dans ma Benz, baby !
Bien trop arcade sur plusieurs plans, Midnight Club 3 joue à fond la carte du fun pour nous offrir une bonne dose d’adrénaline. Par certains côtés, le jeu paraît d’un gigantisme effarant que ce soit au niveau de ses trois villes, de son tuning ou encore de sa durée de vie. Mais par d’autres, il semble bien plus fade comme le montrent le manque d’impact du tuning dans le titre ou encore la répétitivité parfois rébarbative des courses. Pour autant, Midnight Club 3 reste un bon jeu pour quiconque aime piloter de bons gros bolides sans trop se prendre la tête !

Bien trop arcade sur plusieurs plans, Midnight Club 3 joue à fond la carte du fun pour nous offrir une bonne dose d’adrénaline. Par certains côtés, le jeu paraît d’un gigantisme effarant que ce soit au niveau de ses trois villes, de son tuning ou encore de sa durée de vie. Mais par d’autres, il semble bien plus fade comme le montrent le manque d’impact du tuning dans le titre ou encore la répétitivité parfois rébarbative des courses. Pour autant, Midnight Club 3 reste un bon jeu pour quiconque aime piloter de bons gros bolides sans trop se prendre la tête !
Les plus
+ La modélisation des caisses et leur nombre+ La prise en main
+ L’impression de vitesse
+ Le tuning
+ Les trois villes
+ On peut conduire des motos !
Les moins
- La répétitivité des courses- La réalisation parfois pas toujours au top
- La conduite trop arcade
- Le manque d’impact du tuning
- L’IA qui manque de réactivité
Détails
- Nom
- Midnight Club 3 : Dub Edition
- Support
- Xbox
- Genre
- Combats
- Editeur
- Rockstar Games
- Développeur
- Rockstar San Diego
- Sortie
- 15 avril 2005
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 3 ans et plus


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