Mercenaries
Test du Mardi 22 février 2005 par Grosquick
Dans un futur proche, les accords de paix entre la Corée du Nord et la Corée du Sud n’ont pas été signés, et la réunification des deux pays mise en suspens. La situation a rapidement dégénéré et la Corée du Nord, dépourvue de gouvernement, s’est transformée en une zone de guerre où différentes factions tentent de faire leur propre loi : les Nations Unies, la Corée du Sud, la Chine et la Russie (ou plutôt la Mafia russe). Par des actions ciblées et plus ou moins discrètes, chacun essaye de se tailler la part du lion tout en sachant que les caméras du monde entier sont braquées sur ce conflit. La discrétion est donc de mise, ce pour quoi la société privée Executive Operations décide de faire appel à vous pour tenter de régler cette histoire. Vous ? Oui, vous, un mercenaire expérimenté que la guerre n’effraie pas, tant qu’il y a de l’argent à se faire. Après un rapide briefing, vous voilà donc largué en Corée avec pour mission de faire cesser ce conflit, tout en mettant hors d’état de nuire les "52 cartes", redoutable cartel en partie responsable du conflit, dont les membres sont représentés par une carte à jouer…
Les 3 mercenaires
Bon je l’avoue, pour cause de flemmite aigue, j’ai repiqué cette splendide intro sur la preview du mois dernier, mais chut ^^. Le jeu commence donc par le choix d’un mercenaire parmi les 3 suivants : la Britannique Jennifer Mui, le Suédois Mattias Nilsson et l’Américain (il en fallait bien un) Chris Jacobs. Les différences entre chaque personnage sont minimes, et hormis leur aspect physique, seules quelques lignes de dialogue changeront, histoire de marquer un peu le caractère de chacun. Rien d’important, votre choix n’influera pas sur le déroulement de l’aventure.
Vous voilà donc débarqué brutalement (c’est le moins qu’on puisse dire, jeté en jeep d’un cargo en vol) en pleine Corée du Nord, avec pour premier objectif de vous rendre au QG des Nations Unies pour proposer vos services, étant donné que ce sont a priori les plus sympas du coin. C’est la douce voix de Fiona Taylor, votre « muse », qui vous guidera tout le long du jeu, vous indiquant les principaux objectifs, vous prévenant lorsque vous recevez des emails ou tout simplement vous donnant son avis sur la situation. Si toutefois cela ne vous suffisait pas, vous trouverez tout ce qu’il vous faut sur votre PDA, qui regroupe non seulement les infos et objectifs sur la mission en cours, mais qui répertorie aussi toutes les infos sur les armes et véhicules récupérés en cours de jeu, les fiches détaillées de tous les membres des "52 cartes", mais aussi le site Merchant of Menace, qui sera disponible peu après le début du jeu et vous permettra de commander du matériel (armes, véhicules) à tout moment en cas de besoin. C’est également sur le PDA que vous pourrez consulter la carte, qui sera limite indispensable à vos déplacements, tant l’aire de jeu est grande et les routes nombreuses. Oh, ce n’est pas aussi grand et fourni qu’un GTA (il n’y a en général pas plus de 2 ou 3 routes principales pour se rendre dans une ville), mais rappelons que le jeu se déroule dans une Corée du Nord en ruines et très boisée : les axes principaux sont donc assez peu nombreux (on est à la campagne, pas à Liberty City), mais bien complétés par pas mal de petits chemins pas tous tracés sur la carte qu’il vous faudra explorer, pour tomber par exemple sur la cachette secrète d’un membre des 52 cartes. D’autant que cette map se parcoure en long, en large et en travers sans aucun temps de chargement, et qu’elle sera remplacée à environ la moitié du jeu par une nouvelle map toute aussi grande comportant de nouvelles villes et environnements. Mais on n’en est pas encore là , revenons à nos moutons. Vous venez d’être débarqué brutalement en pleine Corée du Nord hostile, et vous devez rejoindre le QG des Nations Unies.
Ton mercenaire en jeep devant le QG !
On commence donc en jeep, ou plus précisément dans l’un des véhicules blindés de l’ONU, ce qui permet de rapidement tâter du gameplay. Pas de mauvaise surprise, la conduite est plutôt agréable, le véhicule est assez réactif et on sent bien son poids. Au niveau de la physique du véhicule, c’est un peu plus laborieux : un choc contre un autre véhicule ou contre un arbre entraînera des rebonds un peu bizarres, et il est possible de faire des sauts de quelques dizaines de mètres de haut en s’en sortant quasiment sans dommages, pour peu que vous arriviez à retomber à peu près sur vos roues. La représentation des dégâts est assez sommaire et se limite la plupart du temps à de la fumée, en plus des portières qui volent ^^. Cela dit, on n’a pas non plus affaire à une simulation, tout ça est donc largement suffisant. Pour comparer, disons que ça ressemble pas mal à du GTA en plus raide (forcément, on conduit pas des Ferrari non plus).
Bref, vous voilà en route vers votre premier objectif. Sur le chemin, vous vous rendrez bien vite compte que euh… ben c’est la guerre quoi. Un barrage nord-coréen a été mis en place sur la route principale, et ces fourbes n’hésiteront pas à tirer dès qu’ils verront votre véhicule de l’ONU. Là , vous avez le choix : soit vous bifurquez à gauche pour tenter de contourner le barrage à peu près tranquillement, soit vous rentrez dans le tas, en tentant de forcer le barrage avec votre véhicule blindé (et en écrasant au passage quelques soldats ennemis). Vous pouvez aussi sortir du véhicule, pour finir le travail à la mitraillette ou à la grenade, avant de remonter et de poursuivre votre chemin.
Ces premières secondes de jeu résument à peu près tout ce que vous ferez durant l’aventure : une mission à remplir, un lieu à atteindre, des ennemis sur votre chemin, plusieurs façons de s’en sortir. Vous êtes un mercenaire, vous proposerez donc vos services au plus offrant. Votre premier employeur sera la respectable ONU et ses Casques Bleus, mais bien vite, vous apprendrez à connaître les chefs des autres forces en présence : Chine, Corée du Sud et mafia russe, sans compter les soldats locaux Nord-coréens qui tirent un peu sur tout ce qui bouge. La position de ces factions vis-à -vis de vous sera neutre au départ, puis variera de "hostile" à "amical" suivant vos actions. Pensez donc bien à changer régulièrement d’employeur pour garder de bonnes relations avec chacun d’entre eux. Car bien souvent, le contrat proposé, disons par la mafia russe, sera orienté vers une autre faction, par exemple détruire un silo de missiles chinois. Du coup, la discrétion sera de rigueur, et vous devrez vous déguiser. Pour cela, rien de plus simple, il suffit de monter dans un véhicule aux couleurs d’une faction pour être considéré comme un membre de cette faction. Ainsi, pour aller détruire ces fameux silos chinois, grimpez par exemple dans une jeep nord-coréenne et allez poser vos charges explosives. Si vous vous débrouillez bien, on imputera cet attentat à la Corée du Nord, et ni vous ni votre employeur russe ne serez soupçonnés. Du coup, vos relations avec la Chine et la Russie resteront au beau fixe, et vous aurez même droit à une prime de la part des Russes pour votre discrétion. Si toutefois vous vous faisiez repérer et qu’une faction devenait hostile à votre égard, un petit pot-de-vin pourra souvent arranger les choses.
Jeune mercenaire motivé cherche missions d’intérim pour amasser pépettes…
Les missions en elles-mêmes sont relativement variées : ça va du simple vol d’une mitrailleuse à deux pâtés de maisons de votre point de départ (qui ne nécessitera rien sinon un flingue et une ou deux grenades), jusqu’à la destruction totale d’un camp retranché à quelques kilomètres, qui nécessitera l'"emprunt" de plusieurs véhicules et armes. Ces véhicules sont relativement nombreux, bien que peu de types différents soient disponibles. On retrouve en effet les mêmes types d’une faction à l’autre, seules les couleurs changeant. En gros, pour les véhicules roulant, on a la jeep, le transport blindé et le char d’assaut, chacun ayant ses petites caractéristiques de couleurs ou de design pour bien les différencier d’une faction à l’autre. A côté, quelques véhicules un peu plus rares comme les camions lance-missiles ou les brouilleurs radars, sans oublier les quelques véhicules civils, une berline beige (malheureusement toujours la même où qu’on aille) et une ou deux camionnettes.
Sur le papier, ça fait finalement pas mal de véhicules différents, le problème est qu’on rencontre trop souvent les mêmes, à savoir les jeeps et, dans une moindre mesure, les chars. L’impression de diversité se fait donc moins ressentir que dans GTA, ce qui est un peu dommage.
A côté de ces véhicules terrestres, notons la présence agréable de quelques hélicoptères, là encore variant suivant les factions. Ca va du petit éclaireur au transport lourd, en passant par l’Apache. Le gameplay de ces hélicos est tout ce qu’il y a de plus simple : un bouton pour descendre, un pour monter, un pour tirer, et on se dirige avec les sticks. Ces hélicos ne sont pas là que pour faire joli, ils vont seront indispensables pour certaines missions. Soit parce que le lieu de rendez-vous est très éloigné et qu’il sera plus rapide de s’y rendre par les airs, soit parce que l’objectif est de ramener une lourde cargaison d’armes par hélitreuillage.
De même pour les véhicules blindés ou autres, ils vont seront quasiment tous nécessaires au moins une fois durant le jeu. Par exemple, une mission vous demandera de vous rendre dans une zone radioactive, dans laquelle seuls les chars blindés peuvent se rendre sans dommages. Dans une autre mission, il s’agira d’escorter un photographe de presse en différents points de la carte pour l’aider à faire son reportage. Dans ce cas, il faudra utiliser un véhicule de presse neutre, pour traverser les différentes zones de la carte sans se faire tirer dessus dès que vous rencontrez des soldats.
Mais les véhicules ne seront pas votre seul atout dans la réussite des missions. D’une part les armes : mitrailleuses, lance-missiles, fusil sniper, charges de C4, toutes vont seront utiles, voire indispensables, à un moment ou un autre. Mais il faudra également composer avec l’option de "soutien". Il s’agit en fait de la possibilité d’appeler du renfort par radio, soit pour vous livrer un véhicule si vous êtes perdus à pieds en pleine campagne, soit pour demander une frappe aérienne, par exemple pour détruire un campement ou une porte blindée. Une possibilité à ne pas négliger, qui vous permettra souvent d’économiser du temps et/ou des munitions. Attention toutefois, ce soutien a un prix, et il vous faudra remplir quelques missions et amasser les pépettes avant de pouvoir l’utiliser régulièrement.
Un ptit poker ?
En plus des missions dites "classiques" que vous donneront les factions, n’oubliez pas que l’objectif principal reste de mettre un terme à ce conflit, en mettant hors d’état de nuire le gang des "52 cartes" et leur chef Choi Song, l’As de Pique, le principal instigateur du gros bordel qui règne en Corée du Nord. Les infos sur les membres de ce gang se récupèrent un peu partout, soit durant une mission (vous profitez par exemple de l’infiltration d’une base pour récupérer des documents secrets), soit tout simplement en explorant la map. Il arrivera par exemple que vous tombiez sur une base secrète au détour d’un petit chemin de campagne, base secrète qui se trouvera être le repère du Roi de Trèfle. Libre à vous alors de le tuer ou de le capturer, la deuxième solution rapportant plus d’argent. Si vous choisissez cette dernière, il suffira de s’approcher suffisamment de la cible, puis d’appuyer sur une touche pour mettre l’ennemi à terre, déclenchant une petite animation sympa, façon Steven Seagal en plein effort ^^. Ensuite, un simple appel radio et vous verrez un hélicoptère de transport de l’ONU débarquer pour emporter le prisonnier. Hop, quelques pépettes sur votre compte en banque et vous pouvez continuer votre chemin.
Rassurez-vous, il ne sera pas non plus nécessaire de capturer les 52 membres pour terminer le jeu, les plus importants seront les quatre As. Vous obtiendrez des infos sur ceux-là au bout d’un certain nombre de missions. Il n’y aura plus alors qu’à aller les cueillir pour terminer le chapitre. Cinématique façon journal télévisé, annonce de la capture de tel membre, et c’est parti pour une nouvelle couleur (dans l’ordre, Trèfle, Carreau, Cœur, Pique). Quatre chapitres, 52 cartes à capturer, des dizaines de contrats à remplir, sans oublier pas mal de petites missions annexes (mission Taxi, course chronométrée pour aller d’un point A à un point B, "nettoyage" d’un immeuble en un temps limité etc), voilà qui devrait vous occuper quelques dizaines d’heures.
Il était mince, il était beau, il sentait bon le sable chaud, mon mercenaire…
Pour finir, parlons un peu de la réalisation. De ce point de vue, c’est assez mitigé, mais ça dépend aussi du support. La version PS2 est clairement en dessous, avec des textures pas toujours très fines et l’habituel aliasing, mais surtout un frame-rate souvent chancelant, qui nuit parfois à la jouabilité. La version Xbox est beaucoup plus fine, et les ralentissements sont inexistants. Pour le reste, on a droit à une ambiance très sombre et des couleurs assez glauques, dans des tons rouge verdâtres, qui retranscrivent bien le chaos ambiant. Une espèce de brouillard de guerre accentue cette impression de désolation, en permettant en même temps de cacher le décor à l’horizon, histoire d’économiser un peu les ressources de la console. Les véhicules sont bien modélisés et facilement reconnaissables, tout comme les personnages dont l’animation est assez réaliste. Rien à dire sur les bruitages tout à fait corrects, ni sur la localisation française et ses voix très inspirées. On entre donc facilement dans cette ambiance de guerre, certes terne, et qui ne plaira sûrement pas aux amateurs d’ambiances pastel à la Mario, mais ce n’est pas non plus le but recherché.
Contrat rempli ?
Ce Mercenaries comble donc en grande partie les attentes qu’on avait placé en lui, de par une richesse et une profondeur de jeu assez impressionnantes. Les missions sont nombreuses, la map énorme, il y a des tas de choses à faire le tout de manière non linéaire, la durée de vie est donc excellente. A côté de ça, les graphismes, certes de bonne facture, pourront lasser par leurs couleurs ternes et la relative monotonie des environnements, tandis que le gameplay en véhicules, s’il n’est pas désagréable, n’est pas vraiment fun non plus, et pourra lui aussi lasser un peu le joueur au bout de quelques heures. Par exemple, on ne s’amusera pas à rouler pour le plaisir en écrasant les passants ou en dérapant dans l’herbe comme on pouvait le faire dans un GTA. On aurait aimé une conduite un peu plus nerveuse et fun, et des environnements plus variés. Mercenaries reste tout de même un excellent jeu, qui vous retiendra un bon paquet d’heures, mais sur lequel on a peu de chances de revenir une fois terminé.

Mercenaries comble en grande partie les attentes qu’on avait placé en lui, de par une richesse et une profondeur de jeu assez impressionnantes. Les missions sont nombreuses, la map énorme, il y a des tas de choses à faire le tout de manière non linéaire, la durée de vie est donc excellente. Avec des graphismes un poil moins ternes, des environnements plus variés, et une conduite plus nerveuse et fun, le jeu accrochait le 8 sans problèmes.
Les plus
- La durée de vie énorme- La liberté d’action
- Armes et véhicules nombreux
Les moins
- La réalisation un peu terne- Les environnements un peu répétitifs
- La conduite manque de fun
Détails
- Nom
- Mercenaries
- Support
- Xbox
- Genre
- Action
- Editeur
- LucasArts Entertainment
- Développeur
- Pandemic Studios
- Sortie
- 18 février 2005
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 3 ans et plus


Actus