Fable
Test du Vendredi 1 octobre 2004 par Spike
Trois longues années d’attente, des annonces, des screens, des vidéos, des illusions, des désillusions et, au final, ce jeu tant adulé qui débarque sur nos vertes contrées, Fable est enfin entre nos mains. Rares sont les jeux tels que Fable et, heureusement, qui accrochent si longuement un joueur. Depuis son annonce jusqu'à maintenant, vous avez toujours bondi sur la moindre information, vécu cette actualité si tumultueuse, tout ceci dans un seul but : découvrir LE RPG de la Xbox, celui qui vous promet profondeur et liberté, quête épique et héroïsme, sensation vidéoludique et orgasme ludo numérique. Non, les jeux tels que Fable ne sont pas légion et peu prennent autant aux tripes après tant d’années d’attente. Mais telle une récompense, tel le soulagement après tant d’efforts, le voilà votre trophée tant mérité, il ne reste plus qu’à savoir maintenant si le jeu en valait la chandelle…
Par où commencer ?
J’ai l’honneur et le privilège de tester Fable mais que l’on ne s’y trompe pas, c’est aussi une immense charge de disséquer un tel titre dont vous attendez une critique à la hauteur de vos attentes, c’est pour ceci que je m’efforcerai de vous offrir une dissection tout comme les pâtes : « aldente » !
Il fait beau, encore une fois, ce matin dans le petit village de Oakvale, les oiseaux chantent, les rayons du soleil transpercent harmonieusement les feuillages épais des arbres, les papillons volent et une légère brise caresse les hameaux dispersés de ci de là . Une journée si merveilleuse que l’on voit mal comment ce petit village intouchable par les forces du mal et des armes pourrait ne pas être dans une joie de vie perpétuelle. D’autant plus que cette journée est un jour à marquer d’une pierre blanche puisqu’il correspond à la date anniversaire de votre petite sœur adorée. Mais voilà , si jeune et si fébrile, comment parvenir à trouver un peu d’argent pour fêter généreusement le si important événement ? C’est votre père qui vous offrira la possibilité d’obtenir les gains nécessaires afin de remplir vos obligations fraternelles. Ceci en échange de gestes de bonté envers les autochtones afin de prouver la clarté de votre âme. Très vite, vous trouverez autour de vous des êtres dans le besoin qui seront ravis d’obtenir votre aide et ne manqueront pas d’informer votre père de ces gestes si gratifiants. C’est alors qu’il décidera de vous confier cette petite somme d’argent suffisamment nécessaire pour offrir ce digne présent à l’intention de votre sœur. Seule dans le parc, cette dernière vous attend, impatiente, car vous comptez énormément pour elle. Une lueur de joie intense jaillit de son visage, comme un bonheur intense qui semble définitivement habiter la petite fille. Pourtant… Pourtant ce bonheur ne sera qu’éphémère car elle vous avait averti : un mauvais présage obsède ses rêves et, tel une prophétie, celui-ci se réalise sous vos yeux. Cris effroyables, pleurs, flammes et mort sont les images qui bombardent intensément vos esprits, tout autour de vous ne sont que cendres et vestiges. Votre famille, totalement décimée, ne vit à présent que dans votre cœur. Dans un geste d’héroïsme démesuré, vous allez tenter de tuer ces malfrats inhumains qui viennent de détruire langoureusement votre existence, qui ont pris un malin plaisir à exterminer tout ce qui comptait pour vous. L’un deux est en face de vous, surarmé, il se jette sur vous et votre fin est proche quand, soudain, une lumière jaillit de nulle part et enlève aussitôt la vie de votre assaillant. Un être mystérieux se détache de la nuit et se présente devant vous, c’est lui qui vous emmènera loin de ce village maudit pour vous proposer de devenir un véritable héros et d’achever votre vengeance inéluctable. Vous voilà un nouveau membre de la Guilde des Héros.
Le scénario est le fil conducteur de votre quête principale, il permet au joueur de trouver directement un sens au jeu afin de se lancer dans l’aventure. Mais bien trop peu élaboré et surtout dénué de toute liberté, le scénario présente déjà une des limites de Fable et une ambition des développeurs qui tombe à l’eau.
Héros tu deviendras !
Après tant de souffrance, le mieux est encore de noyer son chagrin et ses douloureux souvenirs dans une occupation. C’est ainsi que le héros que vous incarnerez devra s’atteler à la lourde tâche qu’est celle de l’apprentissage des armes et de la magie. Il devra apprendre à manipuler épées, armes à longue portée telles que l’arc ou l’arbalète et, bien sûr, les immuables sorts de magie toujours pratiques dans ce type de monde onirique. L’apprentissage se fera sans trop de souci, très vite on s’aperçoit que les combats sont très proches du modèle quasi parfait de Zelda et les habitués retrouveront facilement leurs marques. Cependant Fable corse un peu la chose car tandis que dans le titre de Nintendo seulement quatre touches sont accordées à l’utilisation directe d’arme ou d’objet, c’est ici pas moins de douze qui feront l’affaire. Heureusement, douze touches ne sont pas mobilisées uniquement pour le combat mais en réalité seulement trois. En fait, suivant le type d’attaque choisi, les trois touches de gauche s’auto configureront afin de mener les attaques requises. Si on presse la gâchette de gauche, on passera en mode combat à mains nues, il ne restera plus qu’à sortir son arme pour devenir réellement dangereux. Les coups seront attribués avec la touche X, et les coups critiques avec la touche B, la touche A permettra de se protéger. La gâchette gauche, quant à elle, permettra d’user des sorts de magie disponibles et il suffira d’appuyer sur une des touches de gauche pour lancer le sort désiré. Parfois, avec un peu de chance, un combo de la mort arrivera comme par miracle et permettra de mettre fin drastiquement au combat puisque le misérable ennemi verra sa tête arrachée aussitôt. Ceci dit, ces combos sont assez peu fréquents et ils constitueront, de ce fait, une aide appréciable.
Le système de combat bénéficie donc de la praticité de ce système qui a déjà largement fait ses preuves et permet surtout à la majorité des consoleux de rapidement prendre le jeu en mains. Néanmoins, la quantité d’actions, ne serait-ce que pour le combat, demande un véritable temps d’adaptation afin de jongler efficacement avec les possibilités offertes.
Héros tu es devenu !
Après avoir appris à manipuler avec dextérité les armes et les sorts, il est temps maintenant de se lancer dans l’aventure, de prouver sa véritable valeur, de se faire connaître dans le monde d’Albion et de devenir un véritable héros, et pour cela rien de mieux que de se lancer dans une bonne quête. Il y en a plusieurs types dans Fable et on en dénombre trois. Les obligatoires, c'est-à -dire qu’elles sont nécessaires à la progression de l’histoire, si vous échouez c’est rebelote et il faudra se la refarcir depuis le début. Les secondaires, tout aussi importantes que les obligatoires, vous permettent néanmoins de prendre beaucoup plus de liberté quant à leur réussite. Par exemple, à un moment du jeu, on vous proposera une quête dans le même contexte mais qui peut être remplie suivant deux penchants totalement différents. Dans un certain cas, il faudra défendre une ferme qui est attaquée par une horde de bandits, dans l’autre c’est du côté des bandits que l’on se trouvera et le but sera d’assiéger la ferme pour ensuite la piller. Evidemment, les intentions sont radicalement différentes et influeront directement sur votre orientation, bonne ou mauvaise, que nous verrons un peu plus tard. Cependant, Fable vous donne véritablement le choix quant à la réalisation de votre quête. En effet vous pouvez choisir de réaliser la quête seul et anéantir tous les bandits à vos côtés pour ainsi obtenir plus de butin ; inutile de vous dire que dans ce cas précis le penchant mauvais se décuplera d’autant plus. Enfin les dernières quêtes sont les facultatives qui n’ont aucun lien avec l’histoire et qui peuvent être traitées comme bon nous semble.
Il y a donc de quoi faire et même si l’on peut regretter que la réalisation des quêtes et la façon dont on les réalise n’a pas plus d’impact que ça sur la trame scénaristique, on sera toujours ravi de la variété des quêtes proposées et de la liberté qui nous est tout de même confiée.
Fable, en ce qui concerne les quêtes, peut s’apparenter à Shenmue. En effet, soit vous choisissez de toutes les faire les unes après les autres et de vous délecter minute après minute du jeu, soit vous préférez foncer tête baissée dans chaque quête obligatoire. Dès lors, vous allez perdre dans un premier temps la réputation que prodigue chaque quête sur votre personne et plus tard la possibilité de les faire puisqu’à chaque grosse étape scénaristique celles-ci ne seront plus disponibles.
Albion, gigantesque et à la fois petit !
Ca y est, en route pour notre première quête, le cœur rempli de bravoure, c’est avec cette soif de vaincre que l’on s’apprête à faire ses premiers pas dans le monde d’Albion. Alors que l’on pourrait s’attendre à un monde gigantesque dans lequel on pourrait marcher des heures et des heures sans jamais trouver un loading, on s’aperçoit très vite que cette idée est à mettre de côté. Oui, le Albion est bel et bien d’une grandeur effarante mais c’est aussi un domaine compartimenté en un nombre incommensurable de mini zones. Bien loin du streaming d’un Jak and Daxter, ici il faudra se taper toute une série de loading pour avancer progressivement. Certes, les zones sont d’une taille conséquente mais traversées à vive allure on a très vite l’impression de manger du chargement en pagaille qui n'est, au passage, pas d’une rapidité extrême non plus. Alors voilà , première déception : la sensation de liberté est bel et bien présente mais phagocytée à moitié à cause d’une mauvaise utilisation du hardware de la Xbox. Cependant, je vous rassure très vite, on s’y fait, on a toujours ce petit pincement au cœur à chaque loading mais finalement, à chaque retour au jeu, on retrouve la beauté éblouissante des décors qui nous réconcilie immédiatement avec le titre. A chaque loading on pourra jouir de la présence d’une carte qui permet de visualiser la morphologie de la suivante et même de la présence d’une certaine hostilité. Cette même carte est d’ailleurs toujours visible en haut à gauche de l’écran qui représente une aide précieuse au cours du jeu. Mais cette façon de présenter l’aventure fait rapidement penser à un jeu qui, lui aussi, possédait une carte avec un tas d’indications telles que la sortie à prendre pour continuer et un monde entrecoupé en plusieurs zones qui se joignent les unes avec les autres. Je veux bien sûr parler de Final Fantasy X qui reprenait le même système et qui avait été qualifié autrefois de linéaire. C’est donc inévitablement le même cas pour ce cher Fable qui se voit attribué lui aussi la même mention, en tout cas en ce qui concerne le déroulement de l’aventure. A chaque prise de quête, un curseur jaune apparaît sur la carte pour indiquer le chemin à suivre et on parcoure zone après zone sans pour autant se créer un véritable sens de l’orientation.
Le monde d’Albion est vaste et heureusement pour chaque déplacement, on ne sera pas obligé de traverser toutes les zones intermédiaires. En effet, les développeurs ont eu la judicieuse idée d’intégrer des téléporteurs disséminés un peu partout afin de gagner un temps précieux. En parlant de temps profitons-en, un RPG de la stature de Fable ne pouvait se dispenser de la notion de temps, et tout comme dans Shenmue le jour et la nuit feront partie intégrante de l’aventure. Il faudra profiter de cette variable afin de réaliser au mieux les quêtes car certaines seront plus facilement réalisables le jour tandis que pour d’autres ce sera la nuit. Alors que dans Shenmue premier du nom il fallait patienter pour atteindre l’heure désirée, ici en se couchant on basculera immédiatement douze heures après s’être assoupi.
L’heure est au combat !
Première quête peut-être, mais elle ne saurait se dérouler sans quelques petits combats jouissifs mettant en pratique vos superbes talents en la matière. Autant être clair tout de suite pour ce qui est des combats, il sont tout simplement omniprésents dans le titre de Big Blue Box. A tel point que, parfois, ça fait presque beat’hem all tant les combats sont présents. C’est bien simple, arrivé à un moment du jeu, rares seront les zones où au minimum deux ou trois combats ne seront pas à exécuter. Cela dit, les combats, malgré la place imposante qu’ils prennent dans le gameplay, permettent d’obtenir toute une mécanique de jeu. Dans un premier temps, c’est sous la forme basique que l’on peut l’observer avec le système d’expérience, puis de manière plus poussée avec le système de bon ou mauvais. Car tuer des méchants vous rend meilleur et d’autant plus lorsque ces méchants attaquent des pauvres villageois sans défense. Sauvez-les et c’est votre côté bon qui en bénéficiera. L’incontournable système de lock est encore une fois mis à contribution et une fois la cible surlignée de rouge il ne reste plus qu’à asséner toute une série de coups mortels. Ce surlignement rouge présente un léger défaut : bien trop mince, on se méprend parfois à attaquer le villageois que justement on était voué à sauver. La mort vient très rapidement et, alors qu’on allait gagner 2 points de bonté, on se retrouve avec 10 points de méchanceté, rageant…
Les ennemis sont divers et variés mais en quantité suffisamment limitée pour connaître les techniques pour les terrasser. Entre bandits, loups-garous, géants de pierre et j’en passe, il sera nécessaire de s’adapter tant techniquement qu’au niveau de l’équipement. Par exemple, lorsque l’on attaque des bandits, il sera toujours plus sage d’en tuer un voire deux à distance grâce à une arme longue portée, en sachant qu’aussitôt ils se mettront à votre poursuite. Autre exemple : celui des géants de pierre, véritables armes à tuer, ce n’est qu’en les attaquant frénétiquement que l’on parviendra à les supprimer. La meilleure technique reste à mon goût de leur renvoyer leurs jets de pierres dans la face en usant de son épée telle une batte de base-ball, peu conventionnel mais ô combien efficace.
A chaque suppression d’ennemis, de jolies boules luminescentes jailliront du défunt, il faudra presser la gâchette de droite afin de les aspirer et ainsi augmenter son expérience. A leur mort, les ennemis pourront aussi laisser quelques objets, parfois immédiatement utiles tels que des potions.
Quête’s done !
Ca y est la quête est achevée avec succès et il ne reste plus qu’à apprécier ses résultats. Retour illico presto à notre QG à savoir la Guilde des Héros pour toucher la somme d’argent escomptée mais aussi profiter de l’expérience accumulée. Car dans Fable il n’y a pas réellement de niveau d’expérience qui permet d’évoluer au fil des combats. Non, en réalité les petites boules vertes accumulées après le meurtre de chaque ennemi permettent de « s’acheter » de nouvelles facultés et pouvoirs. On pourra, de ce fait, augmenter sa force, sa rapidité, son agilité, son assiduité, sa résistance, sa vie, bref le nécessaire pour obtenir des compétences au combat encore meilleures. D’autre part, on peut aussi agrémenter son panel de sorts en s’en procurant de nouveaux. Les sorts sont vraiment en grosse quantité et on y trouve du jamais vu. Au menu : les increvables boules de feu, ou jet d’éclair, mais aussi des sorts permettant de ralentir le temps, de devenir invincible, de créer une aura protectrice, ou de faire apparaître une horde d’épées pour se défendre… Le choix des sorts est véritablement vaste et permet à chacun de personnaliser son aventure. En effet, suivant les sorts dont on se munira, il sera essentiel d’adapter sa technique quant à leur utilisation. Certains boss seront plus fragiles que d’autres à ces sorts, ce qui vous permettra de vous tirer plus simplement d’affaire. Le problème là dedans est que tous les sorts sont directement disponibles et que vous ne savez pas, normalement, sur quels ennemis vous allez tomber. C’est pour cela qu’il faudra dénicher le sort qui vous semblera le plus efficace à ce niveau du jeu, et très honnêtement, certains sorts permettent véritablement de vaincre facilement. Cependant il arrivera aussi que vous regrettiez amèrement votre choix car certains sorts peuvent provoquer des effets néfastes. Par exemple leur utilisation pourra vous faire gagner en points de méchanceté, ce qui se révélera dramatique si votre but est d’être bon par tous les moyens. Chaque sort peut être amélioré suivant un nombre de points qui lui conférera un plus grand impact ou une durée accrue.
Ce système d’expérience ne fait que confirmer l’envie de liberté qu’ont voulu instaurer les programmeurs. Rien ne vous est imposé, ce sera à vous de décider et de choisir ce qui vous paraît essentiel à ce moment précis de l’aventure, après cela vous ne pourrez vous en prendre qu’à vous-même.
C’est aussi le moment de s’acheter une arme !
Les armes ont elles aussi une importance capitale dans Fable tout comme l’équipement qui va avec. Un large choix d’armes est à la disposition du héros, entre armes lourdes, légères et de longue portée il y a de quoi faire et il faudra la choisir suivant vos compétences : une arme lourde, portée par un freluquet n’a que peu d’effets ; à contrario une arme légère peut se révéler, entre ses mains, dévastatrice.
Chaque région d’Albion propose des armes et des prix différents. Ce sera à vous de faire les meilleurs choix et ceci en cherchant et en comparant. Les armes peuvent être agrémentées par des pierres magiques qui leur confèrent de nouvelles facultés. Ceci est un peu à l’image de Final Fantasy 6 ou 7 avec le système de Matéria, cependant beaucoup moins poussé, le nombre de pierres incrustées dans l’arme est bien plus restreint. Les pierres magiques ont bien entendu chacune leurs effets et n’auront pas le même impact sur tous les ennemis. Par exemple, les loups-garous seront très sensibles aux armes munies d’une pierre en argent. Les équipes de Big Blue Box sont au bout du principe car, à contrario des titres de Squaresoft, ici les pierres ne seront pas mobiles. Une fois incrustées, elle restent à jamais dans l’épée, autrement dit encore une fois les choix à faire seront cruciaux. D’autre part, ceci oblige le joueur à conserver l’ensemble de ses épées puisque, contre certains ennemis, même une vieille épée, de part la pierre qui l’incruste, peut prendre une toute autre valeur.
L’équipement a lui aussi une grande valeur et offre aussi une grande liberté de choix. Il sera possible de changer casque, tunique, épaulette, chaussure, pantalon… tout ceci directement visible en temps réel sur le personnage. Ceci va donc modifier son apparence ce qui a forcément une conséquence directe sur le monde d’Albion et surtout ses autochtones. Si vous êtes habillé comme un gros mercenaire, vous risquez d’effrayer les villageois, mais votre apparence peut aussi vous aider à infiltrer des lieux jusqu’alors inaccessibles. Par exemple, à un moment, il faudra infiltrer un camp de bandits afin de poursuivre sa noble quête. Habillé communément, on sera immédiatement refoulé voire mis en danger. Alors qu’habillé comme un véritable bandit avec les habits appropriés, notre présence ne fera pas l’ombre d’un doute.
Encore une fois, la liberté qui vous est confiée a donc un impact direct sur le monde d’Albion et vos choix peuvent être lourds de conséquences.
Bon ou mauvais.
Fable est en premier lieu sorti du lot grâce à son système de moralité, vous serez un héros c’est sûr, mais un bon ou mauvais. Tout le jeu est basé autour de ces deux tendances et tous les faits et gestes provoqués dans le jeu ont une répercussion sur Albion et sur le héros. Cassez une fenêtre et c’est trois points de méchanceté, faites un don à un bon Dieu et c’est trois points de mieux côté bonté. Et c’est ici que Fable prend tout son sens, le monde qui a été développé pour vivre cette épopée vit et existe. Ce n’est pas un simple support pour y dénicher des objets, obtenir des informations, non tout est là parce que vous vivez à l’intérieur et que votre aventure fait partie intégrante de ce monde. Vous êtes un être bon et vous vous battez pour une quête juste, alors il n’y a pas de raison que vous rentriez comme un va-nu-pieds chez les gens et fouiller les commodes pour y trouver des objets utiles. Si vous faites ça, hop c’est un point de plus question méchanceté. Le titre oblige le joueur à rester responsable de ses actes et s’il souhaite être bon ou mauvais, il se devra tout au long de l’aventure de conserver une règle de conduite. Mais le jeu va encore bien plus loin que cela : par exemple, vous êtes en pleine quête obligatoire, vous venez de terrasser un boss et une scène cinématique vous compte une partie de l’histoire. Retour au jeu, le boss vous supplie de le tuer, mais l’homme n’est pas si mauvais aux dires de la cinématique et finalement mérite-t-il véritablement la mort ? Ceci n’est-il pas l’œuvre d’un malentendu ? La seule chose que je peux vous dire est que j’ai décidé personnellement, dans mon immense bonté, de ne pas le tuer et je me suis vu remis 150 points de bonté, rien que ça !
Voilà la mesure de Fable, pour la toute première fois sur console, un jeu vous offre véritablement la possibilité de choisir la mort d’un boss, de subir les répercussions du monde dans lequel vous interagissez.
Plus les quêtes seront réussies et plus la renommée de votre héros grandira. Que vous soyez bon ou mauvais, cela ne vous empêchera pas de gagner des récompenses et de grandir en expérience. Cependant, Albion réagira différemment : si vous êtes mauvais, les gens seront craintifs et c’est votre méchanceté qui vous fera arriver à vos fins. A contrario, lorsque vous êtes bon, les gens vous reconnaîtront et vous applaudiront comme pour vous féliciter. Les aspects renommée et morale sont donc deux choses totalement différentes, que l’on ne s’y trompe pas, Fable n’est pas là pour vous obliger à être bon pour être renommé. La renommée ne vient qu’avec vos réussites et votre orientation morale qu’avec vos actes. D’autre part, vous pouvez être aussi un être spécialement bon, mais comme dit précédemment vous pouvez être vêtu de manière intimidante ou tartiné de tatouages, ce qui se révélera tout aussi traumatisant que si des flammes sortaient de vos narines.
Votre apparence va évidemment beaucoup changer au fil du jeu, déjà suivant votre orientation : si vous devenez méchant vous ressemblerez de plus en plus à un diable, alors que si vous êtes bon, vous conserverez votre beauté humaine. Mais le corps du héros évolue aussi, il peut bronzer s’il reste trop longtemps au soleil et que l’on est torse nu, il peut aussi être marqué par d’innombrables cicatrices si on est mal équipé. Mon personnage par exemple s’est pris pas mal de dérouillées dans la tronche ce qui l’oblige à porter de très vilaines cicatrices.
L’aspect communautaire.
En réalité, Fable est un peu une sorte de MMORPG comme si les personnages non joueurs étaient véritablement dotés de réelles intelligence, mémoire et conscience. En effet ils réagissent tous à votre contact et se souviennent des cadeaux que vous avez pu leur offrir, mais aussi du mal que vous auriez pu leur causer. Pour prendre contact avec eux, toute une série d’expressions sont mises à votre disposition, un panel qui va s’élargir au fil de l’aventure. Au début, on ne pourra que rire, péter ou roter mais très vite on apprendra à se mettre en valeur, séduire, ricaner, montrer ses muscles, mais aussi insulter, menacer si l’on est plutôt du côté mauvais… tout ceci dans le but d’attirer l’attention des personnages et de créer un lien, amical ou hostile. L’une des finalités de cet exercice est sans nul doute le mariage, exercice assez éprouvant mais ô combien marrant. Vous devrez faire la cour à la donzelle, lui offrir des fleurs, des chocolats, tout ce qu’une femme aime, puis montrer sa force, sa beauté et exercer ses talents de séducteur. Le coup final étant bien évidemment la bague de fiançailles qui, si elle l’accepte, vous propulsera directement dans les joies du mariage. Mais le mariage n’est pas la seule finalité, on peut aussi offrir des présents à un marchand afin d’obtenir des prix plus avantageux. D’autant plus que les commerçants ont une véritable singularité par rapport aux autres productions. Ils ne possèdent pas tous les mêmes objets, ni dans les mêmes quantités, ni dans les mêmes prix. Ce sera donc à vous de dénicher les meilleurs prix, les baisser encore plus grâce aux cadeaux pour revendre la came à un autre marchand qui vend lui cette fois-ci beaucoup plus cher. On est presque dans l’actionnariat en bourse avec Fable.
Cerise sur le gâteau, vous pouvez même demander aux villageois de vous suivre, l’occasion idéale pour en prendre quelques uns et leur démontrer en live votre agilité ce qui ne fera qu’accroître votre popularité. Mais attention à ne pas trop en faire car si vous en blessez un, c’est directement de meurtre dont vous allez être accusé et vous pourriez très vite vous retrouver banni de votre village adoré.
Je crois que l’on pourrait encore parler de longues heures des possibilités offertes par Fable dans le cadre communautaire, elles sont larges et les combinaisons encore bien plus. Le mieux est encore que chacun conte à l’autre son expérience, son vécu à Fable, car outre la trame scénaristique qui sera la même, Albion, vous, les personnages qui vous entourent seront fondamentalement différents et c’est bien là que réside le véritable intérêt de Fable.
Et graphiquement ça donne quoi ?
Terminons ce test par cette dernière note positive qui devrait en rassurer plus d’un. Beaucoup s’inquiétaient de voir des graphismes surannés dont le temps aurait eu raison. Qu’ils se rassurent, Fable est d’une beauté incroyable, et il profite de tous les artifices possibles que prodigue la Xbox. Rarement un jeu aura été aussi rempli en détails tels que des papillons, des pétales en suspend, une végétation épaisse, des ombres criantes de réalisme, une eau à couper le souffle, tout ceci au profit d’une totale immersion. Se balader dans Fable est une vraie promenade de santé et il repousse encore très loin le pouvoir des jeux vidéos quant à la création d’un univers absorbant et totalement crédible.
Le design général du jeu est de très bon goût surtout en ce qui concerne les paysages et les décors. Pour ce qui est des personnages, certains seront sûrement déçus devant le manque de finition dont ils font preuve. Il est certain que les autochtones d’Albion sont bien moins séduisants que les personnages épurés d’un Final Fantasy, mais on remercie et on salue justement Big Blue Box de ne pas avoir essayé de copier le modèle nippon et d’avoir conservé son style graphique totalement cohérent (n’est ce pas Sudeki …).
Très peu de ralentissements sont à dénoter, même s’ils sont tout de même présents, et les bugs de collisions sont quant à eux quasiment absents. Tout sent bon le bien fignolé et les trois années d’attente s’en trouvent totalement récompensées.
Fable en vaut la chandelle ?
Oui, Fable est une véritable réussite, un puits rempli de merveilles dans lequel plus on s’aventure, plus on découvre de nouvelles possibilités, de nouveaux choix, de nouvelles quêtes. J’aurais pu encore vous parler des coffres et des clés à dénicher, des portes vivantes à ouvrir, tout recélant de bonus plus alléchants les uns que les autres. Fable est le premier RPG sur console qui intègre véritablement les notions de moralité avec un vrai impact sur le monde qui nous entoure. Le titre de Big Blue Box nous rend responsable dans un monde tout fait de pixels et nous offre une expérience unique encore jamais vécue sur console. Certes, le jeu n’est pas à la hauteur des promesses données par les développeurs, il est sur de nombreux points linéaire, classique et il ne bénéficie pas de la liberté que l’on pouvait escompter. Certainement, ces choix ont été portés pour des raisons de délais, mais aussi et surtout pour assurer aux joueurs console une certaine transition qu’ils auraient jugée certainement trop brusque si les promesses avaient été entièrement remplies avec succès. Car d’une manière générale, les joueurs console ne sont pas si friands d’une totale liberté qui les laisse seuls au milieu de nulle part. Fable est donc une pierre de plus apportée au patrimoine vidéoludique qui permet une nouvelle évolution, conséquente, dans le genre RPG sur console et rien que pour ça, le jeu en vaut la chandelle !

Certes Fable n’est pas à la hauteur des promesses données par les développeurs, il est sur de nombreux points linéaire, classique et il ne bénéficie pas de la liberté que l’on pouvait escompter. Certainement, ces choix ont été portés pour des raisons de délais, mais aussi et surtout pour assurer aux joueurs console une certaine transition qu’ils auraient jugée certainement trop brusque si les promesses avaient été entièrement remplies avec succès. Car d’une manière générale, les joueurs console ne sont pas si friands d’une totale liberté qui les laisse seuls au milieu de nulle part, livrés à eux-mêmes. Fable est donc une pierre de plus apportée au patrimoine vidéoludique qui permet une nouvelle évolution, conséquente, dans le genre RPG sur console et rien que pour ça le jeu en vaut la chandelle !
Les plus
- L’originalité- Le concept
- Les graphismes
- L’aspect communautaire
- La profondeur
- La variété
- La sensation de liberté
Les moins
- Les promesses pas toujours tenues- L’histoire un peu bateau
- Les combats un peu trop présents
- La linéarité
Détails
- Nom
- Fable
- Support
- Xbox
- Genre
- RPG
- Editeur
- Microsoft
- Développeur
- Big Blue Box
- Sortie
- 08 octobre 2004
- 14 septembre 2004 (US)
- 30 novembre 2004 (Jap)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 3 ans et plus


Actus