Xbox Burnout 3 : Takedown


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Test de Burnout 3 : Takedown

Test du Dimanche 19 septembre 2004 par Grosquick

Le jeu vidéo est en train de mourir. Dans un monde où la réalité est chaque jour source d’angoisse, d’inquiétude, de malheur, de douleur, le jeu vidéo, entre autres loisirs plus ou moins interactifs, est censé nous distraire de cette sinistre réalité. Mais depuis l’arrivée des consoles 32 bits et la course à la technologie, on ne parle plus de fun, de jouabilité ou quoi que ce soit, mais bien souvent de réalisme. Ce réalisme qui engendre chaque jour un peu plus de Gran Turismo, de PES, de Medal of Honor voire même, dans un autre style, de Sims.

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, ces jeux sont tous excellents, voire plus. Non en fait, si je commence ce test sur cette note assez grave, c’est juste parce que j’avais envie de faire une intro style super solennelle, avec des belles phrases un peu compliquées et des expressions qu’on voit dans les livres. Comment ? Je suis pas crédible ? Zyva l’aut’ comment y m’parle ! J’vais t’marave la tête moa vieux baltringue ! Non mais y s’est pris pour un aut’ lui ou koa ? Yo !

Wesh gros c’est DJ Starman ! Bien ou pas ?

Plus sérieusement, avant de partir en couille, cette intro avait juste pour but de noter la différence d’approche du studio Criterion qui, quand beaucoup de développeurs optent pour le réalisme, choisit l’arcade pure, la vitesse, le fun, en bref la franche rigolade. Et on ne peut que se réjouir de cette approche fraîche et djeunz du jeu vidéo, ça nous change un peu.

L’approche djeunz, vous la remarquerez dès l’arrivée dans les menus de Burnout 3, où vous êtes accueilli par un certain DJ Starman, faux animateur de radio mais vrai looser. Le rôle de ce monsieur sera globalement de vous aiguiller dans le jeu, en vous donnant quelques conseils et astuces, et en tentant de mettre l’ambiance. Mouais. Normalement, au bout de 5 minutes (le temps de faire une course puis de trouver l’option adéquate dans les menus), vous devriez couper la chique de cet ignoble individu, qui ferait sûrement un tabac sur NRJ ou Fun Radio. De toute façon, pas besoin de lui pour mettre l’ambiance, la bande-son s’en charge admirablement : très orientée punk-rock, elle comporte pas mal de bons groupes, dont certains assez connus (Franz Ferdinand, The Ramones, The Von Bondies, Pennywise…). Et si ce n’est pas votre style, vous pouvez toujours écouter vos propres pistes préchargées sur le disque dur (pour la version Xbox évidemment). Donc en gros, de la bonne zik qui donne envie de manger le bitume à 300 à l’heure. Et de manger ses adversaires aussi.

Esprit Road Rash, es-tu là ?

Car la grosse nouveauté de ce troisième opus, hormis la réalisation splendide et le mode online (choses dont on va parler plus bas), c’est le takedown. Kezako le takedown ? Tout simplement le terme barbare anglo-saxon désignant la possibilité de balancer ses adversaires dans le décor (qui ne se traduit pas par « PrendsParTerre » comme le suggérait mon collègue alcoolique Malbak). En gros, plus vous faites de misères à vos adversaires, plus vous faites monter votre jauge de boost. Ca passe par des petites poussettes par derrière ou sur les côtés, histoire d’intimider l’adversaire, et ça se termine, si vous vous débrouillez bien, par un bon gros crash dans le décor (en le poussant vers un pilier ou en le serrant suffisamment fort contre un mur ou une glissière de sécurité).

Il existe plusieurs sortes de takedown : le classique (poussez l’adversaire dans une rambarde pour qu’il s’explose la tronche), le takedown « signature » (même principe, mais à des endroits prédéfinis, ce qui vous permettra de gagner diverses petites babioles, comme une belle carte postale du crash ^^) et le fameux takedown aftertouch. L’aftertouch, c’est l’autre grosse nouveauté de ce Burnout 3 : lors d’un crash, il est possible d’activer un mode Ralenti en appuyant sur le bouton A (ou X sur PS2). Durant ce ralenti et tant que votre véhicule ne s’est pas stabilisé, vous pouvez orienter légèrement la direction de sa chute, et donc pourquoi pas tenter de retomber sur un adversaire qui passe dans le coin !

Mais, hormis pour le plaisir jubilatoire de voir son adversaire éjecté dans le décor, pourquoi s’embêter à faire des takedown alors que je pourrais speeder tout seul vers la ligne d’arrivée ? Simplement parce que pour un takedown réussi, la jauge de boost est remplie à fond. En gros, plus vous ferez de takedown, plus vous irez vite.

Mais ce n’est évidemment pas le seul moyen de remplir sa jauge. Comme dans les épisodes précédents, il s’agira surtout de prendre des risques : rouler à contre-sens, faire des dérapages sur 300m, frôler les autres véhicules… Tout ça pour gagner petit à petit du boost. A propos de boost, il n’est plus nécessaire d’avoir la jauge remplie à fond pour le déclencher, on peut désormais booster par à-coups. Ce n’est pas plus mal, on peut accélérer dès que la jauge se remplit un peu, c’est-à-dire souvent. Les courses s’en trouvent d’autant plus rythmées et décoiffantes.

Tu vas pas un peu vite, chéri ?

Mais je parle de takedown, de boost, d’aftertouch, mais je n’ai pas encore évoqué le principe de jeu ! Oui, c’est à vous que je parle, les deux au fond là, qui n’avez jamais entendu parler de Burnout. Dissipons tout de suite cet affreux doute : non, Burnout n’est pas un simulateur de barbecue. Quoiqu’en y réfléchissant, ça pourrait y ressembler par certains aspects…

Si les modes de jeu sont assez nombreux, le principe de base restera toujours de foncer le plus vite possible à bord de puissants bolides (voire même de camionnettes ou de bus par la suite), en slalomant, tel un Vin Diesel dans Fast & Furious, parmi la circulation souvent dense. Mais il y a tout de même quelques variantes : le mode Course, comme son nom l’indique, consistera à franchir le premier la ligne d’arrivée, face à 5 concurrents. Le mode Road Rage, chouchou des amateurs de tôle froissée, vous demandera de réaliser un certain nombre de takedown en un temps limité, et avant que votre propre caisse ne soit démolie sous l’effet de trop nombreux crashs. En mode Eliminateur, vous participerez à des courses de 5 tours face à 5 concurrents, le dernier de chaque tour étant éliminé. Le mode Tour boosté est une sorte de time attack dans lequel vous devrez battre le meilleur chrono sur une portion de circuit. Enfin, le bien nommé mode Crash vous permettra d’extérioriser vos pulsions destructrices en provoquant des carambolages de folie. D’autant que vous serez aidé par divers bonus présents sur le lieu du crash, ainsi que par le « crashbreaker », bombe embarquée dans votre véhicule qu’il sera possible de faire sauter une fois un certain nombre de véhicules détruits. De quoi provoquer encore plus de dégâts, et donc récolter plus de points. Lesquels points serviront à débloquer véhicules ou épreuves supplémentaires.

Tous ces modes sont jouables séparément, mais il sera évidemment plus intéressant et avantageux d’y jouer via le « Tour du Monde Burnout », sorte de mode story du jeu. En gagnant des courses et des points Burnout, vous débloquerez au fur et à mesure de nouveaux parcours, de nouvelles épreuves, de nouveaux véhicules, et gagnerez médailles et autres bonus (des cartes postales pour les takedown signature, des gros titres dans les journaux pour vos plus gros crashs etc…). En tout, il doit y avoir plus d’une soixantaine de véhicules (tous plus beaux les uns que les autres) et un peu plus de 170 épreuves à débloquer, réparties sur trois continents (Etats-Unis, Europe, Asie), chaque continent comprenant une bonne demi-douzaine de circuits déclinés en plusieurs variantes. Croyez-moi, ça fait un paquet de choses à faire, surtout si vous voulez récolter toutes les médailles d’or pour chaque épreuve !

C’est fun, c’est long, et en plus c’est beau !

Ben oui, parce qu’on a pas encore parlé du truc qui rend Burnout 3 si fun et attrayant : sa réalisation. Oh je sais vous allez me dire « mais on le sait que c’est super beau et coloré, ça fait 6 mois que vous nous balancez des screens plein les yeux sur vot’ site pourri ! ». Ce à quoi je répondrais « certes, jeune lecteur impétueux, tu sais que c’est coloré de partout, que les textures sont ultra-fines, que les reflets sur les carrosseries sont magnifiques. Mais ce que tu ne sais pas, c’est que quand tu joues à Burnout 3, tu sens le vent souffler dans tes cheveux longs et soyeux, tu goûtes les dizaines de moustiques qui se collent sur ton sourire éclatant, et dans certains cas, tu vomis ». Oui, parce que ce qui fait la force de Burnout, c’est avant tout son impression de vitesse ahurissante (j’en suis moi-même encore tout ahurifié). C’est simple, seul F-Zero tient la comparaison. Et le tout avec un frame-rate irréprochable (60 images/seconde ou pas loin), sans aucune once de ralentissement. Ca va tellement vite qu’on a parfois du mal à voir arriver le semi-remorque en face, mais bon, c’est un risque à assumer ^^.

La conséquence est que bien souvent, la conduite tient plus du réflexe que du pilotage pur (encore que quand on connaît les circuits, on arrive à enchaîner les virages comme un pro, même à fond), mais Burnout 3 est bel et bien un jeu d’arcade qui mise tout sur le fun, et l’assume pleinement. Pour une fois, laissons tomber le réglage de la hauteur des suspensions, du type de pneus ou des rapports de vitesse, tout ça on s’en fout. Pas de chichis, on fonce, on dérape, on se prend un mur, on gicle au ralenti sur 50m en encastrant le camion-citerne qui venait en face, et on s’amuse comme un petit fou !

Cerise (un peu moisie) sur le gâteau

Bon j’espère avoir été clair, Burnout 3 casse tout en solo. Mais la dernière nouveauté de ce troisième opus, c’est le mode Online. En gros, tous les modes de jeu décrits plus hauts sont jouables sur le Xbox Live ou sur le Online PS2, jusqu’à 6 simultanément (voire 8 en mode Crash). Hormis le fait que 6, ça semble un tout petit peu faible (mine de rien, avec 2 joueurs de plus sur PGR2, on se sent tout de suite plus nombreux), le problème vient surtout du fait que c’est EA qui gère les serveurs. Car je ne sais pas si vous vous rappelez, mais il n’y a encore pas si longtemps, Electronic Arts refusait de développer des jeux online sur Xbox, en gros parce qu’ils n’acceptaient pas le fait que ce soit Microsoft qui gère tout. Les deux parties sont finalement parvenues à un accord, et il semblerait qu’EA ait obtenu le droit de gérer ses propres serveurs. Qu’est-ce qui me fait dire ça ? D’habitude sur Xbox Live, tout marche nickel. Là, sur Burnout 3, on a droit de manière intempestive et suivant les parties à des déconnexions, mais surtout à des temps de chargement très longs, apparemment dus à la nécessité de synchronisation des serveurs EA et Microsoft à chaque début et fin de partie. C’est assez lourd (comme l’interface très mal pensée), et ça donne envie de dire tout un tas de gros mots à EA qui ferait mieux de laisser faire les pros du réseau plutôt que d’imposer un système bancal qui nuit au confort de jeu. Allez, j’ai pas peur, chuis un ouf malade, tant pis pour les conséquences, mais je dis un gros « bouh ! » à EA. Non mais attends chuis un guedin moa 8-). Bon, cela dit, le mode online reste super jouissif et allonge considérablement la durée de vie déjà énorme du jeu. Il est également possible de jouer à 2 en écran splitté, mais la visibilité étant déjà limite en solo, il est préférable d’éviter ce genre de pratique suicidaire, à moins d’avoir une télé 352cm. ^^

Bref, vous l’aurez compris, Burnout 3 se place au sommet des jeux de course arcade, et ses défauts se comptent sur les doigts de la main d’un manchot à qui on aurait coupé 3 doigts. Bon allez, pour chipoter, hormis le jeu online un peu laborieux, on aurait aimé un peu plus de circuits différents (ben oui, 170 épreuves sur une quinzaine de pistes, on commence à les connaître à la fin). On notera aussi quelques carambolages aléatoires et parfois frustrants, par exemple à certains carrefours où des véhicules vous rentrent dedans par les côtés sans qu’on puisse les éviter. Dans le même genre, les séquences de crash peuvent parfois s’avérer un brin perturbantes. Par exemple, si vous faites un takedown et que vous vous retrouvez dans une situation délicate (du genre avec un pilier en béton à 5m devant vous), il sera difficile de reprendre le contrôle suite à la perte de visibilité due à la séquence de crash de votre adversaire. Mais bon, ce genre de situation reste tout de même assez rare.

Enfin, pour finir sur les ridicules petits défauts, si les véhicules sont nombreux et assez variés niveau design, il n’en est pas de même au niveau de la conduite, qui se ressemble un peu trop d’une caisse à l’autre. Evidemment, une camionnette ou un bus paraîtront plus lourds qu’une formule 1, mais fondamentalement, le gameplay et la physique du véhicule restent les mêmes et on prendra toujours les virages de la même façon.

Pour finir…

Mais je me rends compte, en relisant ce test, que j’ai oublié de parler du plus important dans le jeu : les crashs ! Cool, je vais pouvoir finir sur une bonne note, plutôt que ces misérables défauts juste au dessus. Les crashs sont tout simplement spectaculaires ! La physique des véhicules est remarquable, les tôles se froissent, s’arrachent, les pneus éclatent, les débris volent de partout, bref c’est du grand art pyrotechnique que même les plus grands films hollywoodiens ne pourraient pas se payer. Comme en plus, les bruitages sont excellents, on frissonnerait presque pour les malheureux conducteurs virtuels écrasés et brûlés sous ce camion-citerne qui vient d’exploser (mon dieu mais c’est affreux ce que je dis… Ah non on s’en fout c’est du jeu vidéo ^^). On a même droit durant les séquences de crash à des explications techniques façon Tony Hawk du style « flip 360° + tail grab + 3s en l’air + grind sur 30m + atterrissage en douceur »… Bref, de quoi profiter pleinement et être fier de son crash !

Non franchement il est bien ce jeu. Avec un peu plus de circuits et un mode Online mieux géré, Burnout 3 atteignait le 9 haut la main ! Mais que ces menus défauts ne vous empêchent pas de vous jeter dessus, vous ne le regretterez pas. Même les fans de simulation pure et dure devraient largement y trouver leur compte… :super:

8

Après un premier opus sympathique et un deuxième qui avait presque mis tout le monde d’accord, la série des Burnout continue de se bonifier avec le temps. Réalisation splendide, challenge et durée de vie relevés, mode Online bien fendard… A moins de ne jurer que par la simulation façon Gran Turismo, ce Burnout 3 mérite amplement de faire partie de votre ludothèque. Et encore, même les fans hardcore de simulation devraient prendre leur pied à froisser de la tôle à 300km/h. :)

Les plus

- L’impression de vitesse hallucinante
- La réalisation splendide
- La durée de vie énorme
- Le Online…

Les moins

- Les quelques problèmes du mode Online (déconnexions, lenteur des chargements)
- On aurait aimé plus de circuits différents
- Le pilotage assez similaire d’un véhicule à l‘autre

Détails

3+
Nom
Burnout 3 : Takedown
Support
Xbox
Genre
Combats
Editeur
Electronic Arts
Développeur
Criterion Studios
Sortie
09 septembre 2004
31 août 2004 (US)
31 août 2004 (Jap)
Recommandation PEGI
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