Terminator Renaissance
Test du Samedi 4 juillet 2009 par AssKicker
J’avoue ! J’y croyais à fond sur ce petit Terminator Renaissance avant d’avoir pu y mettre mes mains viriles (mais néanmoins sensuelles). Les vidéos présentées jusque-là laissaient entrevoir une pure ambiance digne des films Terminator couplée à un gameplay inspiré des Gears of War ayant déjà faits leurs preuves avec brio dans le clan Microsoft. J’y croyais tellement que j’imaginais déjà les développeurs suédois de chez Grin pouvoir faire de gros doigts aux préjugés que l’on peut habituellement avoir avec les adaptations vidéoludiques tirés des blockbusters du cinéma. Nan mais quel con…
Alors c’est l’histoire d’un bleu-bite…
Premier choc qui fera déjà hurler votre compagne qui ne manquera pas de scruter votre première partie par-dessus votre épaule : la face de Christian Bale est la grande absente du casting, laissant la place à un beau-gosse lambda tandis que certains personnages secondaires ont quant à eux bel et bien droit à des textures issues de leurs acteurs respectifs. Mais je vous rassure, vous incarnez toujours John Connor. Autre bizarrerie, Terminator Renaissance a beau accompagner le 4ème film fraîchement sorti au cinéma, il n’en reprend aucunement le scénario. Le jeu vous placera en effet 2 années avant les évènements cinématographiques (à savoir en 2016) dans une histoire encore plus bidon que son homologue du grand écran (parce que oui, le long métrage est loin d’être fameux sur ce plan), faisant notamment passer John Connor pour un kéké de base n’ayant aucunement l’étoffe d’un leader de la rébellion humaine. Autant dire que le mythe en prend déjà un sacré coup.
Comme un air de déjà vu, mais en moins bien
Si vous avez un peu suivit la progression du jeu avant sa sortie, vous n’êtes pas sans savoir que nous avons ici affaire à un Gears-of-War-like initialement prévu pour être ambitieux. Terminator Renaissance prend ainsi l’apparence d’un jeu de shoot bien bourrin vu à la troisième personne avec un arsenal transportable limité à 2 armes + quelques grenades. De quoi nous donner l’impression d’une once de stratégie à gérer. Coté jauge de vie, c’est à peu près le même principe : aucune trousse ou seringue de soin à grappiller, celle-ci se remplie automatiquement au bout d’un certain moment. Et dans ce cas présent c’est à partir du moment où la zone est nettoyée de tout ennemi que la magie opère. Voilà pour la base du jeu, c’est ensuite que tout se gâte.
Très rapidement vous vous rendrez compte que la progression se montre bien lourdingue et extrêmement répétitive avec son gameplay consistant à enchainer de petites zones à vider de tout envahisseur robotique programmé pour vous laminer. Pour résumer, le fil conducteur est le suivant : 3 à 5 minutes de gameplay suivies d’une cinématique et/ou d’un écran de loading. Et ainsi de suite jusqu’à la fin du jeu. Vraiment palpitant, vous en conviendrez. Et je vous préviens, vous allez en bouffer de l’écran de chargement à tout bout de champs. Heureusement que l’on peut faire mumuse avec une tête de Terminator pour passer le temps…
Et ce ne sont pas les quelques séquences de courses-poursuites réalisées en rail-shooting qui pourront pimenter cette aventure incroyablement linéaire disposant d’un level design particulièrement fade digne de ce que l’on pouvait trouver dans les premières productions 3D réalisées 10 ans en arrière. N’espérez même pas faire mumuse en dégommant les éléments des décors juste par plaisir, l’interaction avec l’environnement frise le néant total au point que vous pouvez désespérément rester bloquer par la présence d’une modeste boite en carton ou d’un petit bout de brique aux pouvoirs insoupçonnés. De quoi remettre en question la présence du fameux moteur PhysX d’nVidia/Ageia qui doit bien se faire chier dans son coin.
Parce qu’une bonne guerre se fait toujours entre potes, Terminator Renaissance vous imposera divers coéquipiers aux déplacements robotiques digne d’un jeu d’aventure 2D de la fin des années 80. Il n’empêche que vous pourrez néanmoins les remercier à plusieurs reprises de les voir jouer le rôle de cibles invincibles qui permettront aux ennemis de vous servir leurs arrières dépourvus de protections sur un plateau en argent. Vous vous doutez bien qu’avec toutes les tares citées jusqu’à présent, l’intelligence artificielle se devait d’être totalement à la ramasse. D’un coté vous avez des coéquipiers qui resteront plantés sur leurs positions entrain de se faire joyeusement canarder, et de l’autre des adversaires qui se limiteront à faire des allers-retours d’un point A à un point B sans jamais essayer de se planquer, de vous débusquer, ou de vous prendre à revers. Heureusement que les développeurs ont opté pour une tactique infaillible permettant de palier aux problèmes de pathfinding : vous pouvez passer au travers de vos collègues si jamais ils oseraient vous bloquer le chemin. Bien… vu…
S’il y a un point plutôt positif dans cet amas de médiocrité, c’est bien le système de couverture pas mal foutu du tout. Une fois planqué derrière un élément du décor (scripté en conséquence), un petit arc de cercle séparé en petits morceaux vous indiquera votre position ainsi que les lieux alentours qui pourront vous abriter. A vous de choisir votre destination et de voir votre personnage sprinter ou rusher en finissant par une classieuse glissade derrière sa nouvelle planque. Un système vraiment sympa et relativement bien pensé. Semi-bravo.
Terminator Renaissance en quelques chiffres
6 : c’est le nombre d’ennemis que vous rencontrerez tout au long du jeu, dont la moitié qu’à de très rares occasions. Ok, l’univers de Terminator ne comprend pas tant de machines que ça (quoique…), mais rien n’auraient empêché Grin de nous proposer quelques créatures supplémentaires pour l’occasion.
5 : c’est le nombre d’armes différentes dont dispose le jeu, sans compter sur les 2 types de grenades. Oui, là aussi c’est vraiment léger. A noter que les développeurs doivent vraiment nous prendre pour des buses puisque toutes les armes qui jonchent le sol des maps disposent d’un effet de contours verts fluos permettant de repérer leur présence à travers les murs, un peu à la manière de Left 4 Dead.
2 : c’est le nombre de modes de jeu proposés : l’aventure solo, et le mode coopératif limité à de l’écran splitté à l’horizontale (même sur PC d’ailleurs, dingue). Il est tout de même limite honteux de ne pas voir la moindre option online pour le peu de chose que comporte le jeu in-game.
3h40 : c’est le temps qu’il m’a fallu pour torcher Terminator Renaissance tranquilou, sans faire le moindre speed run, et en prenant le temps de voir s’il n’y vraiment pas le moindre petit chemin alternatif et en m’amusant avec le système de couverture à enchainer les slides entre les différentes planques. Lol quoi. Clairement du foutage de gueule pour un jeu vendu 70€ qui propose 3 fois moins de temps de jeu qu’un titre téléchargeable sur le Xbox Live Arcade à un prix bien plus light pour le portemonnaie. Et encore, si vous voulez vraiment avoir mal, ça va encore plus vite en coop’… Si vous voulez rallonger la durée de vie d’une demie heure, passez direct au mode de difficulté supérieur, ce ne sera vraiment pas de trop.
Petit point technique parce que bon, faut pas déconner
Heureusement, tout est parfaitement fluide pour ce jeu qui ne nécessite pas spécialement de centrale thermonucléaire pour tourner. Mais cela n'empêche cependant pas la présence de quelques bugs sonores et graphiques, ou encore les textures loin d’être au top. Si la modélisation et les effets de lumière sont plutôt corrects, l’ensemble parait bien aseptisé et relativement vide. Malgré le peu de choses affichées à l’écran, les ennemis ne pourront s’empêcher de trépasser sous de légères pétarades explosives avant de disparaitre en s’enfonçant dans le sol. Vraiment léger tout ça, d’autant plus qu’il suffit de passer en coop’ en écran splitté pour voir apparaître des ralentissements particulièrement désagréables qui n’arrangent pas vraiment la lisibilité de l’action.

Autant dire que résumer Terminator Renaissance n’est pas particulièrement élogieux. En dépit d’une réalisation médiocre pas spécialement choquante, le titre de Grin pique le concept de Gears of War pour le rendre insipide grâce à une progression linéaire au possible et très peu inspirée au travers d’un level design clairement à la ramasse qui tourne inlassablement en boucle avec ses innombrables cinématiques et écrans de loading. Ajoutez à cela une IA misérable, une palette d’armes et d’ennemis au rabais pour arriver au classique cliché de l’adaptation vidéoludique foirée qui a en plus le culot de nous taxer 70€ pour SEULEMENT §§§ 3h40 de jeu. Et ce n’est clairement le système de couverture relativement sympathique qui pourra faire passer la pilule cloutée. En gros Terminator Renaissance mérite la même destinée que toutes les cafetières en colère que vous dézinguez à la pelle dans le jeu, c'est-à -dire d’aller à la benne direct.
Les plus
-Le système de couverture-L’écran de loading trippant
Les moins
- Super répétitif- Méga linéaire
- Level design au rabais
-IA Ã la ramasse
-Graphiquement léger
-Le scénario tout pourri
-Trop de loadings
-Très peu d’ennemis différents
-Faible nombre d’armes
-Les bugs sonores
-Durée de vie pitoyable
-Coop’ limité au split screen
-Les ralentissements en coop
Détails
- Nom
- Terminator Renaissance
- Terminator Salvation : The Future Begins
- Support
- Xbox 360
- Genre
- Action
- Editeur
- Warner Bros. Interactive Entertainment Inc.
- Développeur
- GRIN
- Sortie
- 29 mai 2009
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 16 ans et plus



















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