Xbox 360 Splinter Cell Conviction


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Test de Splinter Cell Conviction

Test du Mardi 4 mai 2010 par Grosquick

Ex-chantre du patriotisme prêt à tout pour servir son pays et sa boîte (Echelon 3, une petite PME locale), Sam Fisher a changé. Bon d'accord on nous avait déjà fait le coup il y a quatre ans dans Double Agent, mais cette fois il ne s'agit plus d'une couverture : Sam a bien quitté Echelon 3 pour s'occuper de problèmes un peu plus personnels. Et quand il s'agit de retrouver l'assassin de sa fille, mieux vaut ne pas se mettre en travers de son chemin, que vous soyez de la mafia russe ou de la Maison Blanche... Face à un Sam Fisher énervé, personne n'est à l'abri.

C'est l'histoire d'un mec...

En quatre ans, tonton Fisher a eu le temps de récupérer ses cheveux grisonnants et sa barbe de trois jours, bref son look de Georges Clooney trop cool, mais a troqué sa tenue moulante de Splinter Cell contre des fringues un peu plus fashion à base de pantalon plein de poches et de sac bandoulière. Le gars a tout de même conservé une oreillette bloutouffe pour communiquer avec l'une des dernières rescapées des précédents épisodes : Anna Grimsdottir, aka Grim, la voix qui le guidera sur la plupart des missions. Ce bon vieux Irving Lambert est en effet décédé, apparemment de la main de Sam lui-même, l'une des raisons qui l'ont poussé à quitter Echelon 3 pour sombrer dans la dépression. Enfin c'est à peu près ce qu'on a compris via quelques scènes de flash-back plus ou moins bien intégrées à un scénario toujours aussi alambiqué et inintéressant : des personnages au charisme de loutre balancés ça et là dans les sempiternels complots politico-militaires made by Tom Clancy. C'est malheureusement une habitude dans la série, et on n'a d'autre choix que s'en accommoder une fois de plus. Les quelques infos sur le passé de Sam et ses relations avec sa fille relèvent un peu la sauce, mais tout ça reste de toute façon assez secondaire. Ben oui, faut avouer que le scénario dans un Splinter Cell, voire dans la plupart des jeux d'action/infiltration/shoot etc, on s'en tape un peu. L'important c'est de pouvoir enchaîner les head-shots et autres ruptures de colonne vertébrale, si possible en s'amusant. Et il y a de quoi faire dans ce Splinter Cell Conviction, tant le gameplay de ce nouvel épisode est orienté action.

Splinter Cell of War

Si les bases restent les mêmes (je me tapis dans l'ombre, j'évite/je tue les gardes et j'avance au point de contrôle suivant), les développeurs ont ajouté diverses subtilités qui rendent la progression plus dynamique. A commencer par la fonction marquer/exécuter, qui permet comme son nom l'indique de marquer deux ou trois cibles, puis de les exécuter automatiquement en appuyant sur un bouton. Une fonction bien pratique qui devra toutefois être "rechargée" à chaque fois en éliminant furtivement un garde, histoire de ne pas transformer le jeu en tir aux pigeons automatique.

C'est pourtant pas l'envie qui manque à de multiples reprises, tant certaines situations imposées par les développeurs poussent au carnage général plutôt qu'à la finesse. On se retrouvera en effet régulièrement coincé au milieu d'une bonne dizaine de gardes ou obligé de faire face à des vagues successives d'assaillants, dans des séquences plus proches de Gears of War que du Splinter Cell de 2002. Dans ces conditions, la fonction "dernière position connue", l'une des autres nouveautés de cet opus, sera bien pratique : si vous vous faites repérer, l'empreinte de votre dernière position restera affichée quelques instants, permettant de voir précisément à quel endroit les gardes vont ont aperçu, et donc où ils vont aller jeter un oeil. Une bonne manière de les attirer à l'endroit voulu pour les prendre à revers, ou pour faire sauter une petite mine placée au préalable.

Splinter Cell pour les nuls

En fait, sous couvert de cette soi-disant nouvelle orientation action, on se rend rapidement compte que Splinter Cell Conviction est surtout un jeu beaucoup plus grand public et dirigiste que ses prédécesseurs. Ça se ressent par exemple dans les indications d'objectif affichées toutes les 30 secondes à l'écran via des incrustations dans les décors, ou dans le nouveau système de gestion de l'éclairage : quand vous êtes invisible des ennemis, le jeu est en noir et blanc; quand vous êtes à découvert, le jeu repasse en couleurs. Une idée assez sympa sur le papier, mais qui obligera les plus prudents d'entre vous à jouer une grande partie de l'aventure en noir et blanc, et qui rend la progression plus robotique en supprimant une bonne partie du stress de l'infiltration (" bon j'ai un bras qui dépasse de l'armoire mais je m'en fous, l'image est en noir et blanc donc personne me voit" ).

L'impression de liberté donnée par l'étendue de certains environnements et par les divers chemins possibles (rentrer par une fenêtre, contourner tel bâtiment, passer par dessus en s'accrochant aux tuyaux etc) est contre-balancée par d'autres passages beaucoup moins permissifs à base de couloirs et de murs invisibles dès lors qu'on tente de s'éloigner un peu trop du chemin indiqué. Le système de dernière position connue, s'il contient une dimension stratégique, peut également être vu comme une indication un peu trop évidente des intentions de l'ennemi, ce qui diminue là encore le stress censé être présent en situation d'infiltration. Idem pour les nouvelles lunettes de vision spéciale, un gadget à base de sonar qui indiquera les positions de tous les gardes à plusieurs dizaines de mètres à la ronde, ce qui vous laissera le loisir de courir tranquillou en sifflotant une fois assuré que personne ne traîne dans les parages.

Splinter Cell of Duty

Alors bien sûr les puristes de l'infiltration, ou du moins les fans de la première heure (puisqu'il paraît que Splinter Cell n'est pas vraiment un jeu d'infiltration, d'après les fans de MGS et autres Hitman) risquent d'être déçus par cette nouvelle orientation action/grand public. Mais si le jeu perd en subtilité, il gagne beaucoup en dynamisme, et force est de constater que la progression, bien qu'un peu plus bourrin et dirigiste, est toujours aussi efficace et fun. Elle gagne même en variété via par exemple des séquences de course-poursuite, ou ces phases d'interrogatoire musclé (dont vous avez dû avoir un aperçu dans la démo) où lavabos, télévisions et meubles divers feront office d'instruments de torture pour votre malheureuse victime (qui l'a bien cherché). Le jeu lorgne même presque du côté de Call of Duty lors d'une séquence flash-back en pleine guerre au Moyen-Orient, où la progression se fera à coups de mitraillette.

Fisherman's friends

En bref, une nouvelle orientation qui en déroutera quelques uns mais qui reste cohérente. On regrettera comme d'habitude la brièveté de la campagne solo, bouclée en 8 heures environ, compensée toutefois par divers modes annexes : d'une part de nombreux défis à remplir durant l'aventure, à la manière des succès du Xbox Live (éliminer tel nombre d'ennemis de telle façon, faire un niveau entier sans se faire repérer etc), ce qui vous fera gagner des points pour améliorer vos armes et votre équipement.

D'autre part les modes de jeu annexes, jouables en solo et/ou en multijoueurs (aussi bien en écran splitté que sur le Live) : un mode duel, un mode Chasseur où il faudra éliminer tous les ennemis présents sur la map, ou encore un mode Survie où vous devrez défendre un point donné face aux vagues d'ennemis. Sans oublier bien sûr la campagne en coopération composée de quatre chapitres, l'occasion de travailler en équipe et de découvrir une poignée de nouveaux mouvements, comme la possibilité d'étrangler l'ennemi ou de ranimer son coéquipier à la manière de Gears of War. Finalement de quoi s'amuser un bon paquet d'heures supplémentaires.

7

Sam Fisher revient dans un nouveau style plus percutant qui risque de dérouter les amateurs d'infiltration pure. Beaucoup plus axé grand public, donc plus facile et dirigiste, Splinter Cell Conviction perd en subtilité mais gagne en rythme et en dynamisme pour se révéler aussi efficace et fun, voire plus que ses prédécesseurs. Une nouvelle orientation qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui s'avère parfaitement négociée.

Les plus

- Un gameplay rôdé et toujours aussi efficace.
- Un parti-pris action qui rend la progression plus rythmée et dynamique.
- Plus facile d'accès.
- Une réalisation correcte...

Les moins

- ... mais pas top.
- Un peu trop facile et dirigiste.
- Un scénario toujours aussi inintéressant.

Détails

16+
Nom
Splinter Cell Conviction
Splinter Cell 5
Support
Xbox 360
Genre
Action
Editeur
Ubisoft
Développeur
Ubisoft Montréal
Sortie
15 avril 2010
13 avril 2010 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de 16 ans et plus

Jean-Claude Van Damme mange des légumes.