Splatterhouse
Test du Lundi 29 novembre 2010 par AssKicker
Non Jean-Steven, ce Splatterhouse dont tu t'apprêtes à savourer le test avec un bon Côte du Rhône n'est pas un nouveau jeu inventé de toute pièce par Namco Bandai mais ce n'est pas de ta faute, tu n'étais peut-être pas encore dans les testicouilles de ton papounet à l'époque. Eh oui, cette série de beat them all barbares fût initiée en 1988 sur borne d'arcade puis l'année suivante sur Nes avec 2 autres épisodes qui virent ensuite le jour en 1992 et 93. Ce n'est que 15 années plus tard qu'une suite fût annoncée avec un développement digne des meilleurs épisodes de Santa Barbara qui ne laissait pas augurer un produit particulièrement réjouissant. Pourtant l'éditeur a eu le courage de prendre son temps pour tout remettre à plat histoire de nous proposer un titre de qualité et c'est donc avec un certain enthousiasme que nous avons pu tester le titre dont les derniers trailers bouchers donnaient sacrément envie d'arracher de la bidoche avec les dents. Mais comme ma maman me l'a souvent répété : les vidéos ne rendent pas les coups.
Fallait pas l'inviter
Splatterhouse aurait pu être le cadre d'une histoire champêtre idyllique entre Rick et Jen, un petit couple d'ados américains filant le parfait amour, mais c'était sans compter sur une malheureuse visite nocturne dans le lugubre manoir de l'étrange Dr West qui changea quelque peu leur programme des festivités. Eh oui, bien rapidement l'ami Rick se fait dépecé avec grâce et volupté par une immonde créature baveuse tandis que la douce Jen se voit capturée par le Doc' Maboule qui parait bien jeune pour son âge. Mais c'était sans compter sur la présence d'un mystérieux masque aztèque/maya/inca (t'façon c'est pareil hein...) possédé par une entité démoniaque qui permet au kid de se voir donner un second souffle dans un nouveau corps bodybuildé lui conférant une force de brute ainsi que des pouvoirs assoiffés de sang.
Votre coeur étant toujours pleinement dévoué à votre douce malgré cette transformation musculaire, vous aurez pour but ultime de la retrouver tout en massacrant toutes les saloperies qui oseront se dresser sur votre chemin au travers des 12 chapitres qui iront vous balader dans divers univers transpirant la crasse et la barbaques crue. Préparez vos sacs à vomi car vous allez en voir du pays.
Splatterhouse, le jeu qui mouline au diesel
Bon je vais être franc avec vous, les débuts de Splatterhouse sont vraiment très peu encourageants. Le titre développé par le studio américain de Namco Bandai veut ainsi se la jouer God of War mais malheureusement l'ensemble des coups se trouve particulièrement mou et ne procure pas la moindre sensation d'impact et de violence. En plus de ça le level design se montre insipide au possible, ce qui fait qu'au bout d'une heure et demi de jeu je m'attendais déjà à vivre de longs moments supplémentaires de misère vidéoludique à donner envie de me bouffer les doigts au point de ne plus être apte à jouer à autre chose que des jeux Kinect avec mes moignons fraichement acquis. Et pourtant...
Oui mes amis car autant les débuts de Splatterhouse sont pénibles, autant les choses finissent par s'améliorer par la suite. Carburant au sang de ses ennemis réduits en steaks tartares, notre Rick 2.0 peut ainsi acquérir tout un tas de nouveaux coups, combos et compétences supplémentaires permettant de varier les plaisirs avec une brutalité d'un fort beau gabarit, rendant l'aventure bien plus palpitante. De la même façon les phases de gameplay se diversifient quelque peu avec entre autre des séquences vues de coté à la manière des premiers opus 2D de la série (mention spéciale à la bande son pourrax d'époque), de la plateforme archi-simplifiée pas toujours au point (faut juste viser des corniches clignotantes pour s'y agripper) tout en prenant soin de faire gaffe à l'environnement hostile, quelques petits mécanismes à activer, des combats contre des demi-boss/boss, etc... La progression se révèle au final plutôt agréable avec notamment certains passages vraiment vicieux et bien pensés. Il est tout de même à regretter que les ennemis ne se diversifient que vraiment très peu et que le bestiaire doit se limiter à 4 vilains de base (et leurs quelques variantes), environ autant de gros bras et un peu plus de gros monstres imposants. Ça fait bien maigre.
Koh Lanta c'est pour les lopettes
Si l'on en croit le site officiel du titre, Splatterhouse fût à l'époque le premier jeu à avoir obtenu la mention d'accord parental obligatoire pour pouvoir y jouer. Les fans de la série seront de ce fait ravies d'apprendre que cette cuvée 2010 en est la parfaite héritière avec un degré de gore faisant passer les aventures de Kratos pour un volume de Martine chez les Toupoutous. Les niveaux traversés arborent ainsi une esthétique incroyablement réussie suintant le dégueulasse de toute part avec des bouts organiques improbables, des éléments ayant servis à de la torture sordide que vous devrez d'ailleurs mettre à contribution pour pouvoir progresser ou d'autres lieux échappés de vos pires cauchemars. Splatterhouse dégage une ambiance malsaine de toute beauté et le gameplay en tire bien entendu partie.
Cela passe ainsi par des finishs moves à base de QTE (très peu variés hélas...) aboutissant systématiquement sur du déchiquetage, du craquage et du démembrement, des gerbes de sang éclaboussant l'intégralité des niveaux et j'en passe et des meilleures accompagnées par de chouettes bruitages de circonstance. C'est bien simple aucun jeu ne peu prétendre être aussi riche en hémoglobine et violence hardcore, c'est de la surenchère à tout les niveaux. Comme dit précédemment Rick et son masque nécessiteront du sang pour pouvoir vivre et s'améliorer, ou encore entrer en mode Berserk terriblement efficace. La violence se retrouvera également modélisée sur votre personnage qui verra sa chaire se décomposer et des plaies béantes (et très bien détaillées) au fil des coups encaissés. D'ailleurs il vous sera possible d'aller jusqu'à perdre un bras, ce qui engendrera une hémorragie faisant baisser votre vie et limitant votre palette de coups. Pas de panique, grâce aux pouvoirs du masque il finira par repousser tout seul comme un grand.
Simulateur de massacres oblige, vous pourrez également compter sur une panoplie d'accessoires pour engendrer des carnages démesurés grâce à des bouts de membres de vos victimes, certains éléments du décors, une planche cloutée, un bout de tuyau, une machette, un fusil à pompe ou encore la sacro-sainte tronçonneuse. Rapidement ces outils mettront votre fidèle doudou chéri au placard tant ils se montrent efficaces, voire même un peu trop au point de sacrément simplifier l'aventure. Fort heureusement ceux-ci finissent par s'user et se briser mais on se rend vite compte que leur présence n'est pas de trop tant le jeu propose une difficulté procurant parfois un sacré challenge à l'ancienne. Autant dire que l'encastrement de pad dans les murs risque d'être votre nouvelle passion si vous décidez d'expérimenter les difficultés supérieures. En parlant de old-school, Splatterhouse fait également la part belle à la recherche de diverses babioles comme des enregistrements audio, divers défis à accomplir ou encore des bouts de photos de Jen (à oilpé ou non gwurfurfurf...). Sympa pour ceux qui ne jurent que par l'essorage d'un jeu à 100%.
Sous le masque les pustules
Si jusque-là le cadre de Splatterhouse se montre relativement réjouissant (et plus particulièrement pour ceux au teint artificiellement pâle qui portent de longues vestes noires avec des bottes en cuir et des lentilles albinos), il ne faudrait pas non plus oublier de mentionner quelques défauts sacrément pesant. Outre la palettes d'ennemis réduite, des sensations de coups pas toujours très pêchues et des (rares) phases de plateforme en demie-teinte, le titre à de quoi nous rendre dingue avec ses temps de chargement apocalyptiques incompréhensibles qui interviennent à chaque décès (autant dire plutôt souvent). C'est d'autant plus pètes-burnes que cette version Xbox 360 ne permet pas vraiment de résoudre cette tare malgré la possibilité d'installer le jeu sur le disque de la console puisque dans ce cas leur durée reste approximativement la même. Doit bien y avoir des soucis d'optimisation quelque part...
On peut également noter une gestion de la caméra parfois bien bordélique pile poil aux moments où il ne faut pas, quelques manques de finition globale avec une bande son à qui il arrive de disparaître comme par enchantement, quelques petites baisses de framerate (très occasionnelles et peu pénalisantes) ou ce genre de trucs pas toujours très reluisants.
Il n'empêche que ce Splatterhouse affiche un esthétique en cell shading très efficace et très réussie faisant baigner le titre dans une ambiance de folie à ne pas mettre entre toutes les mains tant la bestialité et la cruauté qui s'en dégage pourrait influer sur leurs prochains rêves. C'est crade, c'est malsain, c'est gore, c'est morbide, bref, il n'y a vraiment aucune retenue de ce point de vue-là . Dans la même veine la bande sonore fait appel à des groupes heavy métal bien gras riches en chevelus/barbus aux cris guturaux tels que Cavalera Conspiracy, Mastodon, Lamb of God, etc... Les amateurs kifferont leur génitrice alors que les autres ne se feront que davantage bercés par cet état d'esprit dérangeant pour le commun des mortels. A noter que les voix (en anglais only) se montrent vraiment excellentes, et plus particulièrement celle du masque dont les intonations mettent efficacement dans le bain.
En ce qui concerne la durée de vie vous pourrez compter sur du 7 ou 8 heures de jeu pour la difficulté la plus basse (oui pour une fois j'ai fait mon petit zizi) qui peut toutefois s'apparenter à du normal dans d'autres titres et il va sans dire que vous allez morfler dans les 3 autres (dont une à débloquer). Comme dit plus haut les amateurs du 100% en auront pour leur compte tandis que l'absence de multijoueur est palliée par la présence d'un mode Survie s'apparentant au mode Horde de Gears of War 2. Ses niveaux se débloquent au fur et à mesure de la progression dans l'aventure principale et permettent accessoirement de reluquer d'autre photos de Jen (à condition du survivre suffisamment longtemps) et de continuer à booster votre colosse masqué à la dégaine de Jason. A noter que vous aurez également la joie de pouvoir débloquer l'intégralité des 3 précédents volets en 2D histoire de vous faire un bon gros trip revival sans débourser le moindre baril de pétrole supplémentaire. Et ça, ça fait foutrement plaisir.

Certes Splatterhouse est très loin d'être le jeu ultime de cette année 2010 avec ses innombrables défauts tels que son gameplay originellement mou, ses écrans de loading insupportables (mais jolis), sa caméra parfois capricieuse et quelques manques de finition ici ou là , il n'empêche qu'au final on se surprend à y prendre goût. Ce tour de passe-passe est rendu possible grâce à des capacités déblocables qui parviennent à changer la donne, mais surtout grâce à un gameplay parvenant à se diversifier ainsi qu'à une ambiance tout bonnement dégueulasse suintant la crasse, la bestialité et la barbarie à un degré rarement atteint par un jeu-vidéo. Vous couplez ça à une esthétique vraiment très réussie et à des petits détails fleurant bon le old school et vous obtenez un titre qui s'avère être plutôt sympa. Je tiens toutefois à préciser qu'il ne serait pas judicieux de se fier aux derniers trailers dantesques qui parviennent à faire croire que ce Splatterhouse est un titre d'exception alors que nous n'en sommes tout de même pas là , soyons sérieux acrévindiou. Aaah les joies du montage sélectif...
Les plus
-Ambiance et esthétique crado réussie.-Gameplay varié.
-Y'a du challenge.
-Les 3 premiers Splatterhouse jouables.
-On voit des nich... nan rien...
Les moins
-Chargements qui rendent dingues.-Un début d'aventure peu palpitant.
-Manque de finition.
-Ennemis peu variés.
Détails
- Nom
- Splatterhouse
- Support
- Xbox 360
- Genre
- Action
- Editeur
- Namco Bandai
- Développeur
- Surge
- Sortie
- 26 novembre 2010
- 23 novembre 2010 (US)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 18 ans et plus


















Actus