Xbox 360 Red Faction : Guerrilla


  • Imprimer
  • Envoyer à un ami
Test de Red Faction : Guerrilla

Test du Jeudi 13 août 2009 par AssKicker

Après 7 longues années d'absence où l'on ne pensait pas spécialement à elle, voilà que la série des Red Faction revient sur le devant de la scène grâce à un troisième opus sous-titré "Guerrilla". Ayant fait ses armes avec brio dans le domaine du FPS grâce à un moteur physique performant offrant d'uniques possibilités de destruction des environnements pour l'époque, voilà que la licence développée par Volition esquive le genre sur-représenté du subjectif pour tenter l'aventure du TPS (ou jeu de tir à la troisième personne en version longue francisée). Choix judicieux ou miteux ? Mars n'est elle pas trop rouge pour voir la vie en rose ? La vie n'y est elle pas meilleure lorsque l'on y ajoute des cacahuètes ? Eléments de réponse ci-dessous...

On va sur Mars et on repart...

En général lorsque des auteurs de science-fiction nous parlent du futur, ce n'est jamais en bien. Violence, cataclysmes, invasions extraterrestres, animaux mignons qui parlent, etc... En bref, c'est toute l'espèce humaine qui prend cher. Et lorsque l'on ajoute à ces éléments futuristes le facteur Mars, le potentiel lose se voit inéluctablement doublé pour le héros. Fort de ce constat, Red Faction : Guerrilla ne déroge pas à la règle en nous plaçant dans les boots d'Alex Mercer, un mineur (celui qui creuse, pas celui qui a moins de 18 ans) parti rejoindre son frangin sur l'Eldorado que représente Mars en terme d'emploi. Manque de bol, la planète est dominée par les force de l'EDF (aka Earth Defense Force, rien à voir avec les électriciens, les développeurs ne tiennent sans doute pas faire des messages cachés au sujet de la privatisation...) qui écrasent ces pauvres travailleurs à coups de crosse dans la nuque.

Qui dit oppression d'un coté, dit forcément groupuscule rebelle de l'autre. Et c'est justement dans cet ordre d'idée que se présente la Red Faction, organisme révolutionnaire qui compte dorénavant sur votre récente adhésion pour remonter les bretelles de l'EDF tel un client mécontent menaçant de se barrer chez Poweo, explosifs corses en plus. Comment ça je mélange tout...

Nooooon che n'ai pas chanchééé ! Mais si un peu quand même

Vous le savez déjà, Red Faction : Guerrilla a abandonné son aspect FPS pour devenir un TPS. Autre changement de rigueur : au revoir la progression linéaire, bonjour les environnements ouverts tout bonnement gigantesques. Sur ce point, le titre de Volition n'a pas vraiment à rougir face au titres habitués au genre tant l'aire de jeu se montre énormissime. Les objectifs se montrent extrêmement nombreux et peuvent s'aborder dans n'importe quel ordre, le but étant à chaque fois de finir par libérer l'une des 6 zones occupées par les forces de l'EDF. En plus des quêtes majeurs (généralement 5 par zone) faisant avancer le "scénario" se trouve un flot immense de missions secondaires vous sont proposées. Citons la libération de prisonniers, la protection de zone face aux attaques ennemies, le vol d'un véhicule afin de le ramener à une base rebelle, détruire des bâtiments de l'EDF plus ou moins importants, ou encore des sortes de mini-jeux basés sur la destruction de bâtiments avec un arsenal imposé et un temps prédéfini. D'autres à cotés plus ou moins cachés sont également envisageable comme des gisements de minerais à exploiter, des containers EDF à bousiller, des appels radio à débusquer, etc...

Bien qu'il soit tout à fait possible de se la jouer gros bourrin et de se contenter des missions principales pour torcher le jeu, les missions secondaires auront tout de même l'avantage de vous permettre d'augmenter votre côte de popularité auprès de vos potes les rebelles. Plus votre taux d'attachement sera élevé, plus ils pourront vous donner des coups de main de manière automatique lors de vos expéditions punitives grâce à moult vagues de renforts. Attention toute fois à ne pas trop enchainer les échecs, les team kill et les décès sous peine de voir votre jauge de soutient diminuer petit à petit. A noter sur ce dernier point que les développeurs ont opté pour un système de régénération automatique en ce qui concerne la gestion de la santé d'Alex Mercer. Pas de trousses de soin ou de picouses magiques, il suffira de faire une petite pause dans un coin tranquilou pour refaire le plein de vie. Et je vous préviens, vu le bordel ambiant, ces moments seront bien rares.

Tout celà est bien beau sur le papier mais il faut bien admettre que le scénario de Red Faction : Guerrilla est loin d'être palpitant et n'a pas eu l'honneur d'être particulièrement mit en avant par Volition. Les missions s'enchainent par le biais des transmissions radio in-game et de rares cinématiques mal compressées utilisant le moteur du jeu. Autant dire que c'est totalement foiré niveau immersion et implication, et que tout ceci ne risque pas de contribuer à la motivation nécessaire à l'accomplissement des innombrables objectifs annexes ultra répétitifs. A moins d'avoir les 2 jambes dans le plâtre, d'avoir rayé tous ses autres jeux et de ne pas avoir de connexion au Xbox Live, je ne vois pas trop comment un être normalement constitué pourrait avoir l'envie de nettoyer la map à 100% sans crever d'ennui. Dommage également que les missions principales se montrent aussi courtes et si peu originales.

I love destruction... DESTRUCTION §§§

Malgré ce triste constat de platitude scénaristique et palpitationnaire, Red Faction : Guerrilla doit néanmoins son salut au succulent Geo Mod 2.0, terrifiant moteur de destruction mis au point pendant près de 4 ans par les développeurs de Volition. Ce n'est pas bien compliqué, sa performance et son efficacité relègue le Frost Engine de DICEet de ses Battlefield Bad Company au rang de joueur de billes. Tous les bâtiments de Red Faction : Guerrilla sont entièrement destructibles et tous les éléments se séparent de manière tout à fait autonome et non-scriptée. Les couches de béton se détachent des armatures métalliques de manière hallucinante, et la physique des constructions est à peu de choses près d'un incroyable réalisme. A tel point que détruire les poutres ou murs porteurs ont clairement leur influence sur la tenue des édifices. D'où l'importance de bien placer ses grenades et de bien choisir ses points d'impacts lorsque l'on se met en tête de détruire un bâtiment de diverses manières. Vous et votre imagination devraient ainsi s'amuser comme des petits fous à découvrir de nouvelles possibilités de massacres.

Fort heureusement le Geo Mod 2.0 s'intègre parfaitement dans le gameplay et l'aventure de Red Faction : Guerrilla avec un plaisir procuré tout à fait immense. Quoi de plus tripant que de détruire un bunker à coup de grenades ? Que de faire chuter une tour de garde encore habitée avec sa petite masse boostée ? Que de pulvériser les entrailles d'un immense bâtiment en le défonçant avec un véhicule de transport obèse ? Blasé par les redondantes quêtes, il vous devriez régulièrement avoir envie d'effectuer quelques promenades dans l'unique but de vous ressourcer en démolissant quelques babioles rien que pour la plaisir. Et ça, c'est tout bonnement jouissif. A signaler que pour une fois tous les éléments détruis au cours d'une partie restent bien en miettes durant le reste de l'aventure, et ce de la façon dont vous l'avez laissé en partant. Non mais... A noter que ce concept de construction inversée a son utilité puisque vous pourrez ainsi récupérer des bouts de métaux, la monnaie locale du jeu. Celle-ci vous permettra ainsi de vous offrir de nouvelles armes de destruction ou encore d'améliorer leurs performances et capacités. Classique mais efficace.

Malgré tout ce foutoir apparent, Volition avait pour intention initiale de nous proposer des missions construites avec amour afin que l'on puisse utiliser judicieusement le Geo Mod 2.0 avec un minimum de subtilité pour se débarrasser des soldats de l'EDF. Le problème est que l'IA du jeu est complètement à la ramasse. Les déplacements et comportements (aussi bien routiers qu'à pattes) des gardes n'ont souvent ni queue ni tête et l'on aura plutôt tendance à vouloir rentrer dans le tas comme un porc, technique bien plus efficace et moins prise de chignon. D'autant plus que la rapidité d'action a son importance puisque les renforts des troupes ennemies se succèderont sur le lieux de vos massacres tant que le niveau d'alerte (réparti en 4 degrés : vert, jaune, orange et rouge) ne sera pas retombé. La frustration se fera également ressentir avec les explosifs qui ont souvent pour conséquence de balancer vos ennemis au sol plutôt que de les tuer sur le coup malgré la proximité de l'impact. Relou !

Mars, ses palmiers, ses plages, ses casinos, ses buildi... ah bah non

Si le concept de l'environnement immense totalement ouvert est une riche idée qui se marie admirablement avec le Geo Mod 2.0, il faut bien dire que la planète Mars en pleine terraformation est bien loin d'être aussi palpitante qu'une Liberty City ou autre lieu de civilisation terrestre. Hormis quelques bases, bâtiments et stations essence ça et là, le monde de Red Faction : Guerrilla est tout simplement... vide... désertique. Ok, c'est très certainement fidèle à l'environnement "réel" (je n'y suis jamais allé donc bon...) mais pour procurer du fun et de l'amusement, nous avons connu mieux. Généralement vallonées, désertiques et montagneuses, les différentes zones à libérer ne se démarquent que par des variations de couleur ou quelques rares architectures ou véhicules particuliers. En clair, l'environnement du jeu est chiant à en crever, et ce malgré son immense superficie. Du coup le sous-emploi du Geo Mod 2.0 peut se faire sentir lorsque l'on s'imagine du potentiel qu'il pourrait avoir dans un véritable monde urbain. Second revers de la médaille le moteur du jeu souffre d'un vilain effet de clipping dans l'affichage des montagnes environnantes. Rien de bien dramatique mais cependant regrettable lorsque l'on pense au peu de choses présentes à l'écran.

Mais que ce monde qui n'a rien à envier à un GTA ne vous effraye pas, Red Faction : Guerrilla propose fort heureusement son lot de véhicules vous facilitant les voyages. Le garage se compose de diverses montures telles que de petites voitures civiles, de jeep de mineurs, de camions benne, de véhicules de transports, de blindés EDF, le tout pouvant être armé ou non. Chacun de ces engins dispose de son propre comportement routier, de sa propre vitesse et de sa propre résistance. Mais patatras, leur maniabilité se révèle être des plus rigides malgré une relative sensation de légèreté. Assez déroutant au début, nous finissons par nous habituer à la longue. A noter que le potentiel fun monte d'un cran lorsque certaines missions nous proposent d'enfourcher des méchas démolisseurs ou des tanks tout bonnement jouissifs à utiliser. Awesome gras !

Dernier point qui ne devrait pas bouleverser votre life, Red Faction : Guerrilla gère le cycle du jour et de la nuit. En plus de proposer un cachet noctambule aux environnements, la pénombre fera sortir les Maraudeurs de leurs tanières, une sorte d'espèce de mutants/indigènes locaux disposant de leurs propres technologies et véhicules au look légèrement primitif. Ces braves bêtes ne seront pas tout à fait vos ennemis puisqu'elles pourriront aussi bien votre existence que celle de l'EDF. Une fois le jour revenu, les Maraudeurs disparaitront à nouveau dans leurs cachettes. Voilà de quoi légèrement pimenter l'aventure même si une fois de plus le scénario et les missions se montrent bien chiches quant à leur existence.

Parlons rapidos de la bande son qui se révèle être en demi teinte. Si les bruitages se montrent bien travaillés et bien pêchues, nous ne pouvons pas en dire autant des doublages mornes et plats, ni de la musique austère à peine audible, l'un pouvant probablement expliquer l'autre...

A plusieurs, c'est l'éclatch, c'est Brésil !

Mis à part le Geo Mod 2.0, Volition a particulièrement fait fort sur le multijoueur de Red Faction : Guerrilla. Fait suffisamment rare de nos jours pour être souligné, le titre soutient pleinement le jeu en réseau local, fonctionnalité relativement délaissée ces derniers temps. Mais bien entendu le gros du multi se passe sur le Xbox Live. Les paramètres de jeu (choix des armes de départ, etc...) et de recherche de parties sont particulièrement complets et efficaces, ce qui est loin d'être le cas pour toutes les productions voisines.

Le gameplay à quant à lui légèrement été réajusté avec une petite trouvaille particulièrement appétissante. Si la possibilité de courir a été amputée de cette partie du jeu, celle-ci bénéficie en revanche de différents types de jet-packs aux diverses capacités. Vous trouverez par exemple le Rhino qui défoncera tout sur votre passage l'espace d'un bref instant, le Stealth qui vous rend invisible, le Heal qui émet une bulle protectrice vous remettant de l'énergie, le Tremor qui émet une onde de choc autour de vous, le Trust qui vous propulse rapidement dans les airs, etc... Ca n'a peut-être de rien dit comme ça mais en pleine action ça dépote sévère d'autant plus que le Geo Mod 2. fait véritablement des merveilles sur le potentiel fun du multijoueur.

Les modes de jeux praticables de 5 à 12 joueurs vont quant à eux du très classique (Deathmatch, Team Deathmatch, Capture the flag ) au plus original avec notamment 3 modes particulièrement tripant et addictif à savourer :

  • Démolition : un seul gars de votre équipe est apte à marquer des points en démolissant les constructions de la map (rôle qui tourne à chaque décès). Reste à voir s'il sera plus judicieux que vos potes vous protègent, attaquent l'élu adverse, ou s'amusent à remettre en place les bâtisses grâce à un reconstructeur afin de glaner encore plus de points.
  • Siège : une équipe qui attaque, une équipe qui défend. Celle qui attaque doit bousiller un certain nombre de structures en un temps donné. Pour dégommer certains bâtiments, il faudra en détruire certains autres au préalable. Entre temps l'équipe adverse se fait une joie de vous dézinguer ou de reconstruire ce que vous avez commencé à mettre en miette avec tant d'effort.
  • Damage Control : c'est celui-ci qui était présent dans la démo multi. 3 petites structures spéciales se trouvent réparties sur la map. Le but du jeu est simple : votre équipe devra faire en sorte d'en prendre le contrôle en la démolissant puis en la reconstruisant.

Réaliser des actions positives (destruction, kill, etc...) vous permet d'engranger des points d'expériences qui vous permettront par exemple de grapiller des babioles destinées à la customisation de votre personnage. Pas de quoi fouetter un canard à trois pattes mais toujours bon à prendre.

Plus anecdotique, Red Faction : Guerrilla propose également un mode multijoueur sur une seule console consistant à cumuler un maximum de destruction en un temps record. Le hic est que celui-ci se joue à tour de rôle et non pas en écran splitté. Too bad...

7

Surfant sur le concept de la démolition de masse, Red Faction Guerrilla disposait d'un gros potentiel grâce à son énormissime Geo Mod 2.0. couplé à un gigantesque environnement ouvert à la GTA. Hélas le sol martien est loin d'être aussi palpitant qu'un Liberty City et le vide ambiant ne fait que sous-exploiter le moteur de destruction pourtant très réussi. Le scénario complètement plat, la mise en scène totalement absente et les très nombreuses missions annexes fortement redondantes ne risquent pas de motiver sur le long terme, propulsant ainsi les joueurs tout droit vers les missions principales peu originales permettant de torcher le jeu bien plus rapidement. Mais la véritable magie du titre proviendra probablement de sa partie multijoueur tout bonnement dantesque grâce à des modes de jeu originaux particulièrement réussis exploitant pleinement le concept du Geo Mod 2.0 avec en sus la très bonne trouvaille des jet packs aux multiples capacités. Du grand art en multi, du beau gâchis en solo.

Les plus

- Le Geo Mod 2.0 qui déchire sa race
- Le multi qui défonce
- Un monde énorme
- Beaucoup de possibilités

Les moins

- Missions répétitives
- Scénario et mise en scène zéro
- Mars c'est chiant...
- IA à la ramasse
- Parfois trop bordélique

Détails

16+
Nom
Red Faction : Guerrilla
Red Faction 3, RF3, Red Faction Guerilla
Support
Xbox 360
Genre
Action
Editeur
THQ
Développeur
Volition
Sortie
05 juin 2009
02 juin 2009 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de 16 ans et plus

Fin d’Atari en 1996. Une page de l’histoire des jeux vidéo est tournée, Atari est racheté par JTS, un fabriquant de disques durs, et annonce la fin de la Jaguar, confirmant les rumeurs qui circulaient depuis des mois.