Project Gotham Racing 3
Test du Vendredi 9 décembre 2005 par Grosquick
Sans mauvais jeu de mot (quoi que si en fait il est pas mal), [jeu|3071] était attendu au tournant. D’abord parce qu’on en parle depuis un bout de temps, et que Microsoft a beaucoup communiqué dessus, notamment via le site teaser OurColony.net, provoquant une forte attente à coups de screens remplis de bouts de carrosseries rutilantes. Ensuite parce que Bizarre Creations n’a cessé de faire progresser sa série, depuis Metropolis Street Racer sur Dreamcast jusqu’à Project Gotham Racing 2 sur Xbox. Compte tenu de la qualité de ce dernier, on attendait donc des développeurs un jeu au moins aussi bon, et profitant au mieux des capacités de la Xbox 360… Mission accomplie ?
Il est où Batman ?
Pas de surprise au niveau de l’interface, c’est toujours aussi bordélique. Et pour cause, les modes de jeu sont encore plus nombreux. Enfin, quand on dit « modes de jeu », c’est façon de parler, puisque certains s’apparentent plus à des gadgets qu’autre chose. On trouve donc un sympathique mode Photo qui permet, à n’importe quel moment durant une course, de faire une pause et de prendre des photos de ce qu’on veut sur le circuit, puisqu’on peut s’y balader librement. Diverses options permettent de modifier l’éclairage, la saturation, la netteté de l’image, ou de rajouter un effet sépia assez stylé. Un petit mode sympa pour frimer, de même que le mode Gotham TV, grâce auquel on peut regarder les courses d’autres joueurs sur le Xbox Live, en modifiant les angles de caméra ou le joueur suivi comme sur un replay classique. Nouveau également, la présence d’un éditeur de circuits, qui permet de reprendre des portions des circuits existant et de les agencer un peu comme on veut. Ca reste limité mais c’est toujours bienvenu. A côté, la partie Succès répertorie vos différents trophées et médailles, votre garage, ainsi que des statistiques très détaillées sur votre carrière, nombre de kilomètres parcourus, voiture préférée, dérapage le plus long…
M’enfin le plus important reste évidemment le mode Carrière, qui dans l’ensemble ressemble beaucoup à celui de PGR 2. On retrouve le même principe de championnats composés d’épreuves diverses, allant de la simple course contre des concurrents, jusqu’au slalom entre des plots, en passant par le défi radar où il faut atteindre une vitesse définie avant de se faire flasher. Une nouvelle épreuve fait son apparition : le défi kudos contre temps. Il s’agit de boucler une portion de circuit en un temps prédéfini volontairement irréaliste. Pour réussir le défi, il faudra gagner des kudos en dérapant, les kudos gagnés bloquant temporairement le chronomètre. Une épreuve amusante qui vient gonfler davantage un mode Carrière toujours aussi fun, bien que moins travaillé que dans PGR 2.
D’une part, ne comptant que 22 championnats assez vite bouclés, il est plus court que son prédécesseur, même si la quête aux médailles dans chaque mode de difficulté prendra du temps. Mais c’est plutôt au niveau de l’aspect gestion que le jeu a perdu de son intérêt. La progression n’est plus imposée comme avant, puisqu’on peut très rapidement acheter n’importe quelle caisse surpuissante, du type Ferrari, Lamborghini et consorts (plus de 75 bolides au total). L’argent rentre très vite dans les caisses, et il suffit de quelques courses pour s’offrir un bolide. Et comme tous les championnats peuvent être courus avec la même voiture (les adversaires s’adaptant), plus vraiment besoin de choisir soigneusement son nouveau véhicule suivant ses moyens pour être le plus compétitif possible. Le garage fait désormais plus office de collection, voire simplement d’exposition de belles caisses, dont on changera seulement pour le fun, et plus pour la performance.
Cette orientation arcade plus poussée se ressent aussi un peu dans le gameplay. Globalement, les changements par rapport à PGR 2 sont minimes, mais on note par exemple des distances de freinage raccourcies, qui laissent le loisir d’appuyer un bon coup au dernier moment sur le frein pour passer un virage sans trop de problèmes. Cela dit, le gameplay est toujours aussi fun et accessible, et conserve un aspect simulation important, ne serait-ce que par la grosse marge de progression qu’il propose. Chaque voiture a un comportement différent, et leur poids est parfaitement retranscrit, tout comme la gestion du centre de gravité et des suspensions, choses dont on s’aperçoit sur les nombreuses bosses qui jalonnent certains circuits. Du coup, la sensation de piloter une vraie caisse est bien là , et on enchaîne les virages et les dérapages comme un ouf, au coude à coude avec des adversaires à l’IA excellente, à des kilomètres d’un certain real driving simulator et ses véhicules sur rails. Là , les adversaires font des erreurs, et surtout ne se comportent pas comme des gros bourrins quand vous vous approchez, en vous laissant par exemple passer sans vous rentrer dedans quand vous tentez de doubler à la corde dans un virage serré. Ce qui ne les empêchera pas de vous redoubler aussitôt, profitant de votre freinage limite et d’une réaccélération poussive.
On note cependant quelques déséquilibres au niveau du gameplay, principalement dans la gestion « automatique » de vos concurrents. Comme je le disais plus haut, quelle que soit la voiture choisie (on peut faire les courses avec n’importe laquelle), les adversaires s’adaptent en conséquence. Mais certaines voitures censées être de même catégorie restent plus performantes que d’autres. Du coup, on se retrouve parfois à courir contre des véhicules impossibles à rattraper en ligne droite, ce qui obligera à faire le forcing dans les virages lents pour passer, puis empêcher tant bien que mal les opposants de doubler par la suite.
Dans le même genre de petit détail pas forcément affolant mais qui fait tache, la gestion des dégâts. Très succincte, elle se limite, même lors de gros chocs, à des rétroviseurs bousillés et à un capot qui s’entrouvre de temps en temps quand on passe sur une bosse. De plus, les chocs n’ont quasiment aucune incidence sur les performances de votre voiture, ce qui n’incite pas vraiment à la prudence, et encouragera les gros boulets sur le Xbox Live à foncer dans les autres sans scrupules. Snif.
Enfin globalement, bien qu’un peu moins travaillé au niveau du contenu et un poil plus arcade au niveau gameplay, Project Gotham Racing 3 reste très proche de son aîné, proposant toujours des modes de jeu variés et une jouabilité fun et accessible, en restant suffisamment technique pour retenir longtemps le joueur. La vraie nouveauté, Xbox 360 oblige, on la trouve du côté de la réalisation.
La réalisation qui décoiffe
Et là , quoi qu’en disent les sceptiques qui ont dû voir tourner le jeu 30 secondes dans un magasin, on en prend vraiment plein la gueule. Ce n’est pas tant les décors, pourtant très détaillés et colorés, ni les voitures pour la plupart parfaitement modélisées et rutilantes de partout, ni même les effets de lumière ou les nombreux reflets sur les carrosseries ou les vitres. Non en fait, ce qui impressionne vraiment dans PGR 3, c’est l’ensemble de tous ces éléments, combinés à une animation impeccable en 60 images/s, un frame-rate qui ne faiblit jamais, une impression de vitesse qui décoiffe… Et des tonnes de petits détails qui accentuent toujours plus le réalisme, comme le flash de lumière qu’on prend dans les yeux à la sortie d’un tunnel, ou les reflets de vos adversaires dans le pare-brise en vue cockpit… Ah oui, la vue cockpit… Elle constitue sans doute le rêve de tout fan de jeu de course qui se respecte. Non seulement l’intérieur de la voiture est particulièrement détaillé, avec donc des reflets sur le pare-brise mais aussi des grains de poussière et des tâches par-ci par-là (on s’attend presque à voir un moustique venir s’écraser), mais la grosse innovation, c’est qu’on peut bouger la tête comme en vrai à l’aide du stick droit. On peut alors regarder à gauche ou à droite pour voir le décor défiler à toute allure (ou un adversaire en train de vous doubler) ou, plus utile, pour jeter un coup d’œil dans les rétroviseurs, extérieur et intérieur. Du coup, on se prend vraiment pour un pilote, et c’est vraiment jouissif de conduire en surveillant ses rétros comme en vrai, au cas où un concurrent vous talonnerait d’un peu trop près. Evidemment, on pourra toujours répliquer que la vue arrière simplement accessible avec le bouton Y est plus pratique et rapide, mais pour ceux cherchant une réelle immersion et des vraies sensations, la vue cockpit, demandant certes un peu plus d’efforts, est un régal… Comme toutes les vues d’ailleurs, qui sont toutes parfaitement jouables : les deux vues arrières conviendront à ceux qui aiment admirer leur bolide, la vue cockpit pour les pilotes en quête d’immersion donc, et les deux vues capot, elles aussi très impressionnantes, qui privilégient la sensation de vitesse.
Bien sûr tout n’est pas parfait, et il y a bien quelques textures moins travaillées que d’autres (on pense notamment à la route simplement dégueulasse sur le pont de New York), et l’aliasing, bien que discret, est encore présent sur les voitures, mais rien qui ne gâche réellement cette réalisation impressionnante. Project Gotham Racing 3 est de loin le plus beau jeu du lancement sur Xbox 360, et peut-être même le plus beau jeu de course toutes machines confondues. Et au cas où, précisons qu’on l’a testé sur une télé normale (90cm certes, mais non HD), et la claque est bel et bien là …
Et le Live ?
Un mot sur le multijoueurs pour terminer, qui est un brin moins abouti que celui de PGR 2. D’une part en écran splitté, le jeu est désormais limité à 2, au lieu de 4 précédemment. Sur Xbox Live, les tournois à la semaine et au mois ont disparu, et petit détail bien lourd, on ne revient plus dans la « salle d’attente » après une course, mais directement au menu principal, ce qui oblige à se reconnecter à chaque fois à la partie. Espérons que ce point sera réglé prochainement avec une éventuelle mise à jour. Pour le reste, on trouve les modes classiques, dont un nouveau mode Eliminator, dans lequel le dernier concurrent de chaque tour est éliminé. Aucun lag à signaler, c’est du tout bon de ce côté-là .
A fond à fond à fond
Au final, [jeu|3071] se contente de reprendre l'essentiel de son prédécesseur du point de vue gameplay, et reste donc un excellent jeu de course mi-arcade mi-simu, alliant à la fois technique et fun. Mais c'est surtout du côté de la réalisation qu'il faut chercher la nouveauté, et à ce niveau-là on n’est pas déçu. Avec une modélisation des véhicules impressionnante, des décors détaillés et colorés, des tonnes d'effets de lumière, de reflets, et une animation en 60 images/s qui décoiffe, [jeu|3071] s’impose comme le plus beau jeu de course toutes machines confondues, et probablement le meilleur jeu du lancement sur Xbox 360.

Project Gotham Racing 3 se contente de reprendre l'essentiel de son prédécesseur du point de vue gameplay, et reste donc un excellent jeu de course mi-arcade mi-simu, alliant à la fois technique et fun. Mais c'est surtout du côté de la réalisation qu'il faut chercher la nouveauté, et à ce niveau-là on n’est pas déçu. Avec une modélisation des véhicules impressionnante, des décors détaillés et colorés, des tonnes d'effets de lumière, de reflets, et une animation en 60 images/s qui décoiffe, Project Gotham Racing 3 s’impose comme le plus beau jeu de course toutes machines confondues, et probablement le meilleur jeu du lancement sur Xbox 360.
Les plus
+ La réalisation monstrueuse+ Le gameplay toujours aussi fun et accessible, en restant très technique
+ L’animation et l’impression de vitesse décoiffantes
+ La vue cockpit impressionnante et parfaitement jouable, comme les autres
+ Le mode Photo amusant
Les moins
- La durée de vie raccourcie par rapport à PGR 2- Xbox Live moins riche que PGR 2
Détails
- Nom
- Project Gotham Racing 3
- PGR 3
- Support
- Xbox 360
- Genre
- Courses
- Editeur
- Microsoft
- Développeur
- Bizarre Creations
- Sortie
- 02 décembre 2005
- 31 octobre 2005 (US)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 3 ans et plus


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