Perfect Dark Zero
Test du Vendredi 2 décembre 2005 par Galagan
Avec Kameo et Perfect Dark Zero, Microsoft mise beaucoup sur les deux titres 360 signés Rare pour mettre en avant sa console nouvelle génération. Et en particulier sur ce PDZ, considéré comme LE jeu du lancement. Et c’est vrai qu’à l’époque sur N64, Joanna Dark avait fait son petit effet, à tel point qu’aujourd’hui encore, on attend ses nouvelles aventures avec impatience. C’est donc après un petit lifting sexy et de nouveaux implants mammaires que la belle Joanna aux cheveux de feu revient en fanfare sur Xbox 360. Une fanfare de casseroles ?
My name is Dark. Joanna Dark.
Dès les premières minutes, PDZ essaye d’attirer l’attention par un générique de début clairement repiqué d’un film de James Bond. Une musique très rock se lance, et là on voit une très jolie silhouette se dandiner, arme au poing, prête à tout zigouiller au moindre attouchement. On attend alors l’arrivée du seul et unique James Bond, comme le veut la tradition à chaque générique de début… mais on reste encore et encore sur cette silhouette. La James Bond Girl aurait-elle squatté la vedette ? Presque… c’est le générique de Joanna Dark, alors il est normal qu’elle se la pète un peu avant de s’en prendre plein les fesses une fois le premier niveau lancé.
Pourquoi insister sur ce générique à première vue totalement anodin ? Tout simplement parce que cette intro totalement repompée de James Bond est à l’image du jeu : un pastiche de tout ce qui s’est déjà fait et refait, en moins bien mais qu’on a voulu faire en grand.
En route pour l’aventure… en bois ?
PDZ est un FPS. Et comme tout FPS qui se respecte, il faut bien une excuse pour tout trucider sur son passage. Sinon, le jeu s’appellerait Doom. Ainsi, on découvre au début un scénario assez basique, qui commence à devenir un tant soi peu intéressant quelques missions suivantes (une grosse inspiration venue de la série Alias ?), mais sans décoller du tout par la suite. Car malgré un potentiel flagrant, il faut bien avouer que la mise en scène tue toute envie de s’immiscer dans l’histoire de Joanna et de ses amis. Saccadée, mal menée, l’intrigue est gâchée par des dialogues 100% français sans âme. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé, puisque les doubleurs de 24 et des Experts ont été réquisitionnés pour cet exercice. Des références dans le domaine et pourtant, même les petites touches d’humour bien senties font des flop tant le rythme des dialogues est mal géré.
Graphiquement honnête…
Bon. Il ne faut pas compter sur le scénario pour se donner envie de jouer. Ok. Heureusement, graphiquement, le titre de Rare assure un minimum, et sauve un peu les meubles. Certaines textures sont superbes, certains niveaux sublimes, et on s’arrête quelques fois pour contempler enfin un beau jeu. Et pourtant, on garde le sentiment que Rare a voulu trop en faire. A tel point qu’à certains moments, voir les reflets de lumière sur les textures devient saoulant, voire même pénible. Pour exemple, on a même l’impression que les murs de certains niveaux ont été lubrifiés tant le tout brille de mille feux ! Il ne suffit pas de maîtriser certains aspects graphiques, il faut savoir aussi s’en servir… Mais le plus décevant reste à venir avec les personnages vraiment médiocres.
Des personnages… en plastique ?
Ce qui frappe dans PDZ, ce sont les personnages. Autant alliés qu’ennemis. Quand on a acheté une 360, souvent en suicidant son porte-feuilles, on est en droit de s’attendre à des personnages modélisés correctement, vivants et intelligents. Mais pas dans PDZ. Ici, tous les personnages sont vides, sans âme ni charisme, et sont tout simplement raides et moches. En total contraste avec les décors too much. Aucun sentiment n’est retranscrit sur leur visage autant lors des phases de dialogues qu’après leur avoir troué la peau à coup de fusil à pompe. Ils ont toujours et encore la même expression.
Mais le pire reste l’IA des ennemis réduite. Bêtes à en mourir, vos adversaires resteront souvent face à vous en attendant sagement de se faire trouer la peau. Et les quelques boss du jeu n’échappent pas à cette règle. Surtout que leurs déplacements se font au ralenti, à tel point qu’on a l’impression qu’il sont soumis à une autre loi de la gravité. Cependant, il faut bien avouer une chose, c’est que ces ennemis savent manier les armes. Que vous soyez face à eux ou à peine à portée de vue, ils ont tous eu une formation accélérée de tireur d’élite. Rageant, surtout quand on recherche son attaquant pendant des heures… sans le trouver.
Et le gameplay dans tout ça ?
Même dans son gameplay, PDZ n’étonne pas une seule seconde, et reprend de supers idées d’autres titres déjà bien infiltrés dans le milieu. Assez précis pour un FPS console, les commandes sont assez simples d’accès. On retrouve un tir principal puis un secondaire suivant l’arme équipée (arsenal assez conséquent), on a la possibilité de faire des roulades/cascades afin d’esquiver ses ennemis, et on peut même se mettre à couvert derrière quasiment tous les éléments du décor afin de se protéger. Que de bonnes initiatives (quoique repiquées à Splinter Cell), gâchées par une action bourrine, sans finesse, et assez lente et mollassonne…
De plus, la belle Joanna est équipée de petits gadgets qui lui permettent d’exploser les murs ou de crocheter des serrures. Des gadgets bien sympathiques, qui nécessitent un minimum de jugeote lors de leur utilisation, et qui auraient pu apporter beaucoup à la diversité du gameplay, notamment dans des phases d’infiltration/discrétion qui sont totalement inexistantes… Et pourtant, ces objets ne sont à utiliser qu’une poignée de fois dans le jeu, à des endroits spécifiques et obligatoires, ce qui – au final – n’apporte pas véritablement d’intérêt au jeu. Il faut dire aussi que votre progression est tellement scriptée dans tous les sens que votre liberté frôle le Zero absolu. Vous serez même guidé par des lignes bleues au sol si vous perdez votre chemin, histoire de vous tenir la main un peu plus dans votre trajet.
On retrouvera aussi un hovercraft à conduire dans un niveau, mais les véhicules sont malheureusement anecdotiques dans ce jeu…
Une durée de vie très courte
PDZ est composé de quatorze niveaux. Chaque niveau représente environ une demi-heure de jeu… soit en tout sept à huit heures de jeu au total. C’est peu en solo. Heureusement, l’aventure peut être effectuée directement en mode coopératif en écran splitté ou online, ce qui apporte un petit cachet assez sympatoche, surtout que le tout a été intégré au scénario.
Et bien évidemment, un mode multi jouable en ligne a été implémenté, afin de compenser cette trop faible durée de vie. On y passera du temps, mais là encore, c’est du tir au lapin sans finesse ni saveur. De quoi se défouler quelques minutes sur le net, mais pas vraiment des nuits entières de folie…
Tout ça pour ça ?
Et oui. PDZ est une déception. Après des années d’attente, Rare nous a pondu un titre banal, sans goût ni saveur, qui oublie la définition même du mot finesse. Linéaire à souhait, techniquement inégal, bourrin, le retour de Joanna fait l’effet d’un gros pétard mouillé qui va décevoir tous les fans de l’épisode N64. Il reste cependant un titre tout à fait jouable et honnête, mais très loin de mériter son statut de « jeu du lancement de la 360 ». On repassera...

Et oui. PDZ est une déception. Après des années d’attente, Rare nous a pondu un titre banal, sans goût ni saveur, qui oublie la définition même du mot finesse. Linéaire à souhait, techniquement inégal, bourrin, le retour de Joanna fait l’effet d’un gros pétard mouillé qui va décevoir tous les fans de l’épisode N64. Il reste cependant un titre tout à fait jouable et honnête, mais très loin de mériter son statut de « jeu du lancement de la 360 ». On repassera...
Les plus
+ Plein d'armes à ramasser+ Mode multi
+ De bonnes idées de gameplay...
Les moins
- ... pas du tout exploitées- Des personnages à la Hellforces
- Court en solo
- IA médiocre
- Un jeu banal...
Détails
- Nom
- Perfect Dark Zero
- Support
- Xbox 360
- Genre
- FPS
- Editeur
- Microsoft
- Développeur
- Rare
- Sortie
- 02 décembre 2005
- 24 novembre 2005 (US)
- 30 novembre 2005 (Jap)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 16 ans et plus


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