MorphX
Test du Mercredi 6 octobre 2010 par AssKicker
C'est triste à dire mais MorphX part déjà sur de mauvaises bases. Pour commencer c'est un jeu russe, ce qui n'est jamais très bon signe. Ensuite il est édité parBuka Entertainment, une boite tout aussi russe qui s'est spécialisée dans la parution de nombreuses bouses sur PC. Et pour conclure il faut bien dire que la communication faite autour de ce titre Xbox 360 s'est montrée aussi importante que celle du dernier album d'Indra. La méfiance est donc de mise et pourtant la boite de cette production 100% communiste arbore un détail plutôt alléchant que je vais vous mentionner plus tard histoire de vous allécher un minimum. [please insert rire machiavélique here]
Plus fort que le chicoungounia
Bon... MorphX... Déjà rien que la jaquette transpire le jeu cheap au taquet. Pas grave se dit-on alors de manière plutôt naïve. Bon... le scénario dispose lui aussi de son potentiel nanaresque puisqu'il s'agit d'extraterrestres s'étant invités sur Terre pour pique-niquer tout en ayant pris soin de bien tout stériliser au préalable à coup de villes rasées aux 4 coins du globes. Au pire la population mondiale est décédée, au mieux elle survit planquée sous-terre. Bien entendu le personnage que l'on incarne est au-dessus de tout ça car en plus d'être un militaire super tristoune d'avoir vu toute sa famille zigouillée, il s'est vu injecté un virus le transformant petit à petit en mutant surpuissant à l'insu de son plein-gré. La chose s'auto-confie alors une double mission, à savoir tenter de trouver un vaccin (oh le con...) et essayer de botter le cul de l'envahisseur insectoïde appelé Xénomorph à la manière d'une célèbre série de films baveux.
MorphX commence par une intro en images de synthèse pas trop dégueux et le joueur intrigué de son état passe à l'action après que le troufion se réveil alors qu'il est éjecté de son sac de couchage alien (que l'on pourrait qualifier de cocon). Jeu ringard oblige celui-ci se trouve être amnésique (sinon ce ne serait pas marrant) et se voit rapidement affublé d'un premier pouvoir pas très humain. Ça y'est, c'est fait, le voilà qui devient doucement mais sûrement un mutant. C'est donc fort logiquement que vos ex-collègues veulent vous faire la peau, tout comme ceux qui sont responsables de votre infection.
Ça fait 10 ans qu'on devait avoir des voitures volantes
Compte tenu des éléments narrés ci-dessus, le partie pris de classer MorphX dans la catégorie des jeux de shoot à la 3ème personne fût fort judicieux même si le secteur est pas mal bouché ces derniers temps. Mais pour tenter de se démarquer de la concurrence le titre de Targem Games peut compter sur une particularité forte originale : manipuler son ADN afin de glaner et améliorer ses pouvoirs hors du commun quitte à devenir un hybride extraterrestre, ou conserver son humanité afin de combattre auprès des résistants. En théorie MorphX propose ainsi 2 aventures parallèles bifurquant selon vos choix mais l'ensemble se montre tellement pourrax que je n'ai pas eu le courage ni la force (et encore moins l'envie) de m'y essayer une seconde fois. Et c'est à partir de maintenant que je vais devenir très vilain. Autant être clair tout de suite, MorphX est une apocalypse de A à Z. Un de ces déchets vidéoludiques donnant l'impression de s'être échappé du début des années 2000 via un vortex spatio-temporel tout ayant fait une halte sur la planète Fosse-Sceptique entre temps. Un tel calvaire que l'on préfèrerait aisément dormir avec un pigeon mort jusqu'à la fin de ses jours. Mais développons je vous prie.
C'est simple, l'intégralité du titre semble avoir macéré pendant 10 ans dans le purin. Techniquement MorphX est fin laid au point de ressembler à un mod amateur avec une action ayant le culot de ramer dès que 2 bidons d'explosifs se mettent à péter. Les développeurs ne paraissent pourtant pas si modestes que ça puisqu'ils ont tout de même réussi s'offrir le moteur PhysX d'nVidia. A l'heure qu'il est à part faire voler 2 ou 3 bouts de contre-plaqué à une dizaine de mètres je n'ai toujours pas compris l'intérêt. Sur le plan du superficiel les cinématiques in-game achèveraient n'importe quel stagiaire de chez Direct 8 avec des plans caméras qui ne veulent rien dire, un montage anarchique et des personnages dont les animations se montrent dignes d'une vidéo Lego réalisée en stop-motion. A noter que l'affichage se montre particulièrement sombre et que les options ne proposent pas le moindre paramétrage du contraste. Vous voilà donc obligé de dérégler votre télé rien que pour MorphX. C'est déjà lui donner trop d'attention mais c'est tout simplement mission impossible de progresser autrement. Et s'il n'y avait que ça...
THE LIGHT AT THE END OF THE TUNNEL IS A TRAIN
L'aventure de MorphX s'étale sur pas moins de 10 insupportables chapitres qui vous régaleront des 6 ou 7 pires heures de votre existence grâce à un level design et des environnements tout juste atroces échappés d'un autre âge avec plein de barils et de caisse en bois (plein ! PLEIIIN §§§) à exploser. Histoire d'entretenir le supplice les ennemis spawnent comme par enchantement dans votre dos ou dans des endroits préalablement nettoyés grâce aux bons soins de scripts qui s'activent dès que vous passerez certains passages au millimètres près. Les ennemis, parlons-en. Leur intelligence se montre fidèle à l'ensemble du jeu, à savoir totalement bidon. Un fois que vous leur aurez fait goûter à quelques pruneaux ou mandales, ils n'hésiteront pas à rebrousser chemin sur une centaine de mètre ce qui impose des courses-poursuites à la Benny Hill pour les achever. Au secours.
Déjà simplette, l'esthétique nous gerbe à la gueule un design horripilant à souhait, qu'il s'agisse des aliens sans aucun charismes, de constructions E.T. d'une banalité affligeante ou d'un héros aussi sexe qu'un hareng sauce rémoulade. Déjà foutrement linéaire, la progression se voit encore polluée par la raideur de notre hybride qui se démènera comme un éclopé pour passer certains obstacles à l'arrache. Vu le nombre de TPS sortis auparavant, il est proprement aberrant de ne pas se retrouver avec le moindre système de couverture ou d'esquive. Non, votre chose peut juste tirer, balancer des grenades, donner des baffes au corps à corps (sans système de combos), donner un coup de pied de fillette, sauter, ou encore recharger ses pétoires (limitées à une mitraillette et un shotgun... joie...) via une pression sur le pad directionnel (oh putain...) mais ça ne se verra pas étant donné que les développeurs n'ont pas jugé bon d'intégrer une animation pour ça. Soit. Ah et si vous vous débrouillez bien vous pourrez achever les ennemis grâce à des finish moves particulièrement risibles disposant d'animations sponsorisées par AB Production.
Derrière ce monticule de merde se cache pourtant une bonne idée : le principe de mutation. Comme dit précédemment, vous avez la possibilité de voir votre soldat obtenir de nouveaux pouvoirs (voir dans le noir, avoir des griffes, générer un champs de protection, passer en mode berserk, etc...) que vous pourrez ensuite customiser via un petit puzzle-game qui n'est pas sans rappeler les séquences de BioShock où l'on devait assembler des bouts de tuyaux. Là c'est à peu près pareil sauf que vous devrez relier des gènes avec des gènes architectes prenant différentes formes. Ceux-ci se récupèrent via des biomasses disséminées un peu partout dans les niveaux qui fournissent soit de la vie, soit de l'énergie pour user de vos pouvoirs, soit ces bouts de puzzle. Pour chaque aptitude se trouvent plusieurs gènes verts et rouges qui sont dédiés soit à la santé, à l'attaque, à la consommation d'énergie, etc... Libre à vous de définir quels capacités améliorer en priorité et s'il vaut mieux priviligier la puissance ou tout un tas d'autres paramètres. Au pire vous pouvez toujours décider de régresser sur un point pour en booster un autre. A noter que ces séquences de puzzle game sont également appliquées à certains mécanismes que vous devrez activer avec le même principe. Alors oui c'est cool, c'est original, c'est bien pensé, mais ce n'est pas ça qui va pouvoir transformer cet étron en Graal vidéoludique. Pour finir en beauté MorphX ne propose pas le moindre mode multijoueur mais vu le sentiment de liberté procuré une fois qu'on achève la campagne solo, on ne voit pas qui aurait le courage de vouloir s'y remettre en multijoueur autrement que pour faire une thérapie de groupe. Amen.

Calvaire, cauchemar, supplice, abomination, torture psychologique... les qualificatifs me manquent pour vous décrire ce MorphX qui mériterait haut la main son trône au panthéon des bouses ultimes de cette année ainsi qu'au titre de pire déchet de la ludothèque Xbox 360. Admettons que nous soyons en 1998 et que la tolérance fasse partie de nos bonnes résolutions du nouvel an, MorphX pourrait être potable mais malheureusement nous sommes en 2010 et nous ne pouvons que nous demander quelles techniques de tortures Targem Games a bien pu utiliser pour parvenir à se faire éditer. Graphismes hideux, level design atroce, esthétique aussi attirante qu'un furoncle malade, mise en scène archaïque et risible, dialogues made in Nanarland, tout est synonyme de cacastrophe. Reste juste le principe de la mutation qui est plutôt agréable mais compte tenu de toute la couche de crasse qui se trouve autour, MorphX a inéluctablement sa place dans le sanibroyeur. Le piège c'est qu'une fois le jeu terminé on se retrouverait presque à jouir sur n'importe quel autre jeu moyen.
Les plus
-Le principe de mutation.-Ça fait du bien quand ça s'arrête.
Les moins
-Mochement laid.-Aucun charisme.
-Level design insupportable.
-Mise en scène de la honte.
-IA Ã la ramasse.
-Une torture vidéoludique.
-Même gratuit on en voudrait pas.
-Procure de l'indignation pouvant interférer dans ses relations sociales.
Détails
- Nom
- MorphX
- Support
- Xbox 360
- Genre
- Action
- Editeur
- Buka Entertainment
- Développeur
- Targem
- Sortie
- 24 septembre 2010
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 18 ans et plus










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