Xbox 360 Mass Effect 2


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Test de Mass Effect 2

Test du Jeudi 11 février 2010 par Rufus Shinra

Jeu de Bioware sorti le 28 janvier 2010 (enfin est-il nécessaire de le préciser au vu de la position légèrement sur-exposée de ce jeu...), Mass Effect 2 est la suite directe de… oui vous là, dans le fond ? Bravo ! C’est bien la suite de Mass Effect sorti sur Xbox 360 et Xbox 360 ! Ce second opus nous raconte la suite des aventures de l’intrépide Shepard dans sa quête consistant à sauver le monde, la galaxie et les bébés phoques, lorsque les colonies humaines disparaissent les unes après les autres 2 ans après l’affrontement contre Saren. Et pour faire face à cette nouvelle menace, notre commandant préféré va devoir travailler avec un allié inattendu...

Les choix, ça se fait dès le début voire avant

En tant que suite directe de l’histoire, le jeu propose un petit utilitaire pratique (si si) pour pouvoir utiliser les sauvegardes de fin de Mass Effect 1. Le joueur suivant ce chemin bénéficiera alors de quelques menus avantages comme commencer à un niveau plus élevé avec un compte en banque garni, etc..., le tout dépendant du personnage sauvegardé. Celui-ci ne sera pas non plus sa copie conforme puisqu'un personnage de ME1 au niveau 60 commencera ici au niveau 5 plutôt qu’au niveau 1 en commençant Mass Effect 2 avec un tout nouveau gugusse. Mais ces aspects de gameplay ne constituent pas l’intérêt de l’utilisation des sauvegardes et devraient n’être qualifiées que de bonus. Et de toute façon je ne m'étalerais pas sur le sujet entrainant au passage une sacrée pirouette scénaristique tant je risquerais de vous spoiler le l'histoire ô combien rocambolesque.

Ce qui fait passer cette option de “sympa“ à “indispensable“, c’est le sentiment de continuité qu’elle va fournir au joueur qui aura l’occasion au détour d’une conversation ou d’emails, d’apprendre les conséquences de ses actions, comment ont évolué certains figurants, etc... Le monde est donc très cohérent et Bioware a fait l’effort de nous en montrer de nouveaux aspects puisque tout au long du scénario Shepard va se balader dans l’envers du décor du premier volet entre les ghettos, les prisons et les clubs.

De la hard-SF par les connaisseurs et pour les connaisseurs

Le scénario de Mass Effect 2 (sans en révéler les tenants et aboutissants) a une structure similaire à celle du premier opus de la saga, à savoir un début prenant et intriguant suivi d’un milieu un peu plus lent (dû à la non-linéarité de cette partie) que viennent rehausser les diverses missions. Et comme dans le prédécesseur, la phase finale du scénario est… spectaculairement réussie et prenante, atteignant son climax avec une révélation qui répond de manière effrayante de logique aux questions restées en suspens après Mass Effect.

De plus ce qui est intéressant à remarquer, c’est que la communication de Bioware avant la sortie du jeu renforce l‘expérience de celui-ci puisque comme toute personne vivant hors d’une cave doit maintenant le savoir, n’importe qui peut mourir dans la mission finale en fonction de sa préparation. Ce fait annoncé depuis des semaines (voire des mois) par les développeurs implique que chaque personnage de l’équipe acquiert d'autant plus de valeur que le joueur a bien plus de pouvoir sur eux et que contrairement à moult jeux il aura peur pour eux.

Vous l’aurez compris, le suspens et les personnages tant principaux que secondaires ont bénéficié plus encore que dans le premier opus d’un très bon traitement. Mais en sus certaines scènes et certains dialogues sont des clins d’œil directs aux joueurs avec notamment quelques références cinématographiques de la part d’un Joker dans une situation pour le moins problématique. De même, voir Shepard critiquant la présence d’une baie vitrée fragilisant le vaisseau recevoir une réponse montrant que les concepteurs ont bien conscience des règles de base du combat spatial, c’est un plus appréciable au vu du traitement habituellement désastreux de ce genre de thème.

Une ambiance, ni tout à fait la même, ni tout à fait différente

Ce que Mass Effect 2 a pour lui à l’instar de son prédécesseur, c’est bien évidemment une ambiance particulière, un univers riche, coloré, où le cynisme et l’idéalisme coexistent tant bien que mal. Cet univers appartient au joueur qui peut bien plus que dans d’autres jeux choisir sa voie, être le bon flic ou le méchant flic. Et si effectivement le résultat final sera le même, la manière d’y parvenir, elle… Disons que Shepard peut se la jouer Inspecteur Harry version spatiale (ce qui passe particulièrement bien) ou bien être plus proche du Jedi puissant mais miséricordieux (ai-je besoin de souligner qu’un Jedi est classe quand même ?).

Cependant une impression globale s'impose : le jeu est bien plus sombre et dur que son prédécesseur, nous montrant la réalité derrière les apparences. On retrouve donc cette possibilité d’alignement de nos propres actions, du type sympa au badass manquant légèrement de patience et de compréhension mais avec style, et elle influe sur les diverses options qui se présentent au joueur tout au long de l’histoire. Il y a comme dans le premier jeu différentes façon de se comporter, d’agir. Bref, de nombreux choix tout au long de l’histoire qui ne vont pas fondamentalement changer le scénario mais qui auront cependant une influence visible sur son déroulement. Tel personnage pourra être tué ou être laissé en vie, Shepard pourra lier une relation avec un ou une membre de son équipe (sexuelle ou non, gwurfurfurf...), et à chaque fois les décisions nous seront rappelées avec leurs éventuelles conséquences.

Mais l’ambiance c’est aussi la musique et sur ce point c’est un sans-faute. Les thèmes calmes et reposant pouvant laisser la place à l’épique, donnant aux scènes d’anthologie le gros plus qui les met dans le même niveau de puissance que les grands noms du genre comme Babylon 5 ou les Star Wars originaux.

Côtés graphismes… on a vu les bandes-annonces, les captures d’écran, etc... Ah, on me dit que je dois quand même souligner l’évidence. Bon eh bien Mass Effect 2 est graphiquement superbe. Magnifique travail sur l’animation des personnages qui pèche encore un tout petit peu sur certaines émotions mais quand on voit le travail qui a été fait, on peut se dire que Bioware n’a presque pas besoin de passer par Hollywood pour faire une adaptation cinématographique de cette saga, le moteur du jeu le permet déjà. Ici le photoréalisme n’est pas comme dans un Final Fantasy mais semble mieux s’intégrer à l’environnement, à la narration. Bref, l’outil graphique est destiné à servir la narration et il le fait particulièrement bien puisqu’il n’y a pas de différence notable entre le gameplay et les cut-scenes. Les décors n'affichent peut-être pas des détails à la pelle mais sont crédibles et correspondent à la fonction des lieux. Si l'on tient vraiment à comparer cette opus Xbox 360 à son homologue PC, on peut juste signaler des graphismes un peu moins fins ainsi que quelques ralentissements mais rien de bien dramatique non plus, la réalisation technique reste d'un très haut niveau.

Après l'expérience malheureuse des ascenseurs longs, très longs, inteeeeeeeerminables, de Mass Effect 1, Bioware a décidé d'innover en passant à des écrans de chargement parsemés d'animations et d'informations sur l'univers du jeu, du gameplay, etc... Pas très original mais sans aucun doute bien moins pénible pour le joueur.

La tache de graisse sur le costume de soirée blanc

Malheureusement Mass Effect 2 n’est pas parfait et une déception survient malgré tout. Le bât blesse particulièrement au niveau du gameplay qui s’est vu simplifié à l’extrême. On se souvient dans le précédent jeu des nombreuses caractéristiques de chaque personnage dans lesquelles on pouvait investir selon ses désirs pour peaufiner son style de jeu à l’instar des armes et armures, des munitions, des améliorations, etc... Eh bien tous ces éléments si caractéristiques du RPG à l’occidentale (on ne citera que la série des Fallout) ont à peu près disparu. Les stats d’un personnage de l’équipe sont à présent au nombre de quatre avec autant de niveaux de compétences. L’expérience acquise n’est donnée qu’en fin de mission, les armes sont au nombre de trois par type à débloquer au cours du jeu, il n’y a qu’une poignée de magasins ne vendant que des améliorations pour les armes et armures.

Bref, sur beaucoup d’aspects la jouabilité de Mass Effect 2 pourtant exemplaire dans le 1 a été trop simplifiée, et a donc perdu beaucoup de son intérêt. Pour ce qui est de l’apparition des munitions pour les armes, le changement n’a pas été déplaisant, incitant le joueur à viser même si l’on pourra objecter que le système de ME1 était original et réussi à ce niveau. Mais l’accessibilité des commandes a légèrement été améliorée, la barre de pause active étant plus lisible et le positionnement à couvert se faisant à l’aide de la touche d’action, autorisant ainsi Shepard à bondir prestement au-dessus de son ancienne couverture pour avancer rapidement.

En revanche il y a eu un excellent ajout en ce qui concerne les actions contextuelles. Lors d’un dialogue il peut y avoir durant quelques secondes une option s’affichant à l’écran qui, si sélectionnée, change radicalement la scène. Shepard peut ainsi faire une action héroïque (protéger quelqu’un d’un tireur embusqué) ou alors cynique, sadique et génialissime (comme interrompre le monologue d’un “bad guy“ en tirant dans une conduite de gaz, puis ensuite, lorsque ce dernier se moque de Shepard pour l’avoir raté, allumer d’un second coup de feu le nuage incendiaire).

Enfin au niveau des changements notables on pourra tout d’abord noter l’absence du Mako, ce gentil véhicule à la maniabilité exemplaire (ou presque), et des planètes recouvertes de montagnes abruptes si promptes à nous arracher une douce crise de nerfs lors du 871ème essai pour grimper cette fou*** pente à la **** qui se place entre les sauveurs de la galaxie et leur objectif. De même, le Normandy va changer (euphémisme inside) entre autres au niveau de sa structure et de ses déplacements puisque maintenant le joueur pourra se balader librement dans les systèmes stellaires, scanner les planètes à la recherches de ressources pour financer un peu la recherche et le développement toujours bienvenus, se déplacer entre les systèmes d’un même secteur sans passer par un écran intermédiaire de chargement, etc... etc... Une nouvelle optique qui risque de se faire conspuée mais qui n'en demeure pas moins agréable pour autant.

8

Mass Effect 2 est sans l’ombre d’un doute l’un des meilleurs jeux Xbox 360 récents, et probablement le meilleur de 2010 jusqu’à présent, alliant des graphismes grandioses à un scénario qui plaira même aux plus exigeants des geeks, le tout sur une musique de space-opera n’ayant rien à envier aux grands du genre. Parfait donc ? Malheureusement non. Des changements de gameplay viennent faire tâche d’encre sur ce superbe jeu mais au vu de ses autres qualités on peut honnêtement lui pardonner ces quelques erreurs et se ruer dessus pour se replonger dans cette saga qui s’impose sans difficulté comme une référence vidéoludique et de Science-Fiction.

Les plus

-Le scénario vraiment excellent.
-Les graphismes, un plaisir à voir.
-La musique qui joue très bien son rôle.
-L’univers toujours aussi riche.
-Les clins d’œil qui montrent que les développeurs en savent autant sur la SF que les joueurs.
-Les actions contextuelles parfois d’anthologie.
-Les personnages travaillés.

Les moins

-Le gameplay trop simplifié. On est dans un RPG, pas dans du casual-gaming !

Détails

18+
Nom
Mass Effect 2
Support
Xbox 360
Genre
RPG
Editeur
Electronic Arts
Développeur
BioWare Corp.
Sortie
28 janvier 2010
26 janvier 2010 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de 18 ans et plus

L'excellent Lost Planet de Capcom a coûté un peu plus de 20 millions de dollars.