Majin And the Forsaken Kingdom
Test du Mardi 14 décembre 2010 par sonof
Dans un monde capitaliste fort bien organisé, le marché vidéoludique est soumis à des règles impitoyables. C’est ainsi que la renommée d’un jeu et sa réussite commerciale dépendent des sommes allouées autant au développement qu’à la promotion. Majin And the Forsaken Kingdom en est l’antithèse parfaite : développé par Game Republic, ce titre débarque dans nos boutiques sur la pointe des pieds et ne compte pas miser sur des effets visuels pour impressionner les éventuels intéressés. Pourtant ce gros ballot de Majin a bien d’autres atouts à faire valoir pour vous séduire. On vous explique pourquoi.
THE LAST GUARDIAN
Il était une fois un lointain royaume laissé à l’abandon car en proie à un mal effroyable. Corrompu par les ténèbres, ses habitants sont tous rendus à l’état de créatures dépourvues de volonté propre, du soldat de base jusqu’aux plus hautes instances de la royauté. Alors que rien ne semble pouvoir y remédier, un jeune homme (voleur de carrière que rien ne prédispose à l’héroïsme) va faire une rencontre qui va peut-être changer la donne. Fouillant les ruines du château à la recherche de trésors éventuels, il délivre une créature nommée Majin censée être THE gardien protecteur du royaume et le seul capable de combattre le mal régnant dans les parages. Comment notre voleur sait-il tout ça ? Tout simplement parce qu’il a le don de pouvoir parler aux animaux, Majin inclus. D’ailleurs c’est ainsi que le colosse va baptiser son nouveau compagnon Tepeu (prononcez "tépéou" ) et lui proposer ses services pour délivrer le pays de ce fléau.
C’est ainsi que commence Majin And the Forsaken Kingdom. Ce pitch pourra vous sembler un peu banal et pourtant il inaugure une histoire simpliste mais très bien écrite. L’ensemble du récit est un message écologique intelligent à l’image des ténèbres qui sont représentées par une substance rappelant indéniablement du pétrole. Mais c’est surtout la relation très convaincante entre Tepeu et le Majin qui va porter cette histoire à bout de bras... et pas seulement l’histoire.
AIDE-TOI ET LE MAJIN T’AIDERA
La principale force du titre est son gameplay intégralement basé sur les possibilités d’interaction entre les deux protagonistes qui se trouvent être indispensables à la progression. Mais le plus réjouissant est que ces possibilités sont très nombreuses et sans cesse renouvelées au fil de l’aventure. Vous débutez par les instructions de base : suis-moi, attends, ouvre cette porte qui pèse une tonne, etc..., pour rapidement enchainer sur des ordres plus compliqués et surtout plus utiles. Majin And the Forsaken Kingdom propose en effet différentes phases de jeu : plateforme, combats, énigmes, autant de situations variées qui mettent à contribution votre esprit d’équipe. Plusieurs approches s’offrent à vous mais à chaque fois il vous faudra prendre votre temps et opérer par étape toujours en étroite collaboration avec le Majin. Les phases de plateforme mélangées aux énigmes sont constituées d’éléments activables soit par le colosse soit par vous-même, tandis que nos deux compères peuvent effectuer des mouvements en tandem (Tepeu monte sur le dos du Majin pour atteindre un endroit par exemple), et il vous faudra parfois gamberger longtemps avant de trouver la bonne méthode pour avancer.
Durant les combats vous pouvez lui faire attaquer n’importe quel ennemi pourvu qu’il lui soit accessible et cela par la force brute ou en utilisant ses pouvoirs. Hé ouais, outre sa force de molosse, le Majin possède 4 pouvoirs : le feu, le vent, la foudre et la purification. Ces derniers servent autant à pourfendre ses adversaires qu’à interagir avec des mécanismes ou des éléments du décor pour débloquer le chemin. C’est ainsi que comme dit précédemment la progression est tout le temps renouvelée car le Majin ne recouvre ses capacités qu’au fur et à mesure. La gestion de la santé de l’un et de l’autre est également très importante : vous devez donner un fruit au Majin pour qu’il restaure sa vitalité tandis que vous êtes vous-même souillé par la Corruption à chaque coup reçu. Seul le Majin peut vous purifier en avalant la dite souillure (point de sous-entendu salace s’il vous plait...). Pour finir sachez que les combats sont agrémentés de petites subtilités qui étoffent ces moments comme par exemple le fait que le Majin et Tepeu peuvent effectuer des finish moves combinés ou que certains pouvoirs sont plus appropriés que d’autres selon les adversaires rencontrés.
VIENS ICI ! ASSIS ! COUCHE ! BON MAJIN !
Majin And the Forsaken Kingdom propose ainsi un panel complet d’actions et de mouvements, le tout servi par une jouabilité aux petits oignons. La prise en main est immédiate et la configuration du pad très bien pensée pour que le Majin vous obéisse au doigt et à l’oeil. Il serait difficile d’évoquer tout ce que Tepeu et le Majin peuvent faire, ensemble ou individuellement, tant les possibilités sont importantes. Cependant quelques défauts viennent entacher la jouabilité. La caméra est parfois capricieuse pendant les combats et il vous faudra recadrer le Majin dans ses actions qui se perd parfois dans la mêlée. Par exemple il aura tendance à s’attaquer à l’ennemi le plus proche alors qu’il est plus judicieux d’abattre le chef de la bande en premier. De même face aux boss : ces derniers demandent une méthode bien précise pour être châtiés, et le Majin se rue sur eux alors qu’il devrait plutôt effectuer une action spécifique. Bref il est gentil mais il est pas bien fin. Il vous faudra donc lui intimer l’ordre adéquat plusieurs fois de suite mais dans l’ensemble rien de bien frustrant.
Pour en terminer avec le gameplay, Majin And the Forsaken Kingdom propose aussi quelques aspects de leveling qui conditionnent la progression : Majin et Tepeu peuvent augmenter leur niveau de santé ou d’endurance en cumulant les orbes lâchées durant les combats ou en ouvrant certains coffres, tandis que d’autres disséminés un peu partout renferment des pièces d’équipements qui modifient les caractéristiques du héros. Il existe également un niveau d’amitié entre les deux personnages qui, à force de paliers franchis, permet d’effectuer des attaques combinées de plus en plus dévastatrices.
MAJIN AND THE KINGDOM OF HYRULE
Les points communs entre Majin And the Forsaken Kingdom et Zelda sont flagrants, surtout lorsqu’il s’agit d’évoquer le level design. Le royaume abandonné est complètement ouvert permettant une exploration libre pour peu que vous ayez acquis les capacités nécessaires pour atteindre les nouveaux lieux. Chaque partie de la carte contient plusieurs sceaux à briser pour pourvoir ouvrir la porte du boss. Atteindre un sceau représente un défi en soi de par la coopération requise et l’organisation des ennemis montant la garde qu’il vous faudra déjouer. Ainsi, le royaume peut se découper en quatre parties, l’exploration de chacune d’entre elle ayant pour objectif principal de trouver le gros fruit élémentaire qui redonnera au Majin un des quatre pouvoirs précédemment évoqués. Toutefois l’ensemble de l’aventure ne se réduit pas à ces quatre parties, nous vous laissons le plaisir de découvrir le reste par vous-même.
Une autre similitude avec Zelda se retrouve sur le plan technique : Majin And the Forsaken Kingdom est à peu près de la même qualité graphique qu’un Twilight Princess. Vous l’aurez compris, le gros point faible du titre saute aux yeux et brule les rétines mais pas dans le bon sens du terme. Graphiquement affligeant, on a peine à croire qu’il s’agit d’un jeu en haute-définition. Le reste est propre, pas de ralentissements ou autres défauts notables à part de rares bugs de collision. Le design général du jeu est sympathique sans être transcendant. Les lieux inspirés de cités incas en ruines manquent tout de même de personnalité malgré la diversité des environnements (plaine, désert, navire, etc...) qui ne parviennent pas vraiment à nous émouvoir, la faute encore une fois à une grande pauvreté technique et une palette de couleurs assez pâlotte. En revanche la bande-son est tout à fait charmante et oscille entre des musiques féeriques et rythmées selon les situations avec des effets sonores corrects. Bref le jeu ne brille pas visuellement mais l’ambiance fantaisie suffit à retenir notre attention.
La durée de vie de Majin And the Forsaken Kingdom est tout à fait honorable pour un titre qui ne propose qu’une aventure solo. D’une traite le jeu vous demandera un peu plus d’une quinzaine d’heures mais se rapproche petit à petit des 18 heures lorsque vous revisitez l’ensemble de la carte débloquée afin d’ouvrir les derniers coffres et ainsi obtenir les derniers bonus qui ne sont accessibles que lorsque le Majin possède enfin l’ensemble de ses capacités. De plus, une opposition corsée vous attend à travers certaines énigmes compliquées, quelques ennemis retors et les boss qui vous obligeront à vous y reprendre plusieurs fois pour connaître la victoire.

Majin and The Forsaken Kingdom constitue au final une très bonne surprise. Si le jeu souffre de grosses lacunes techniques de sorte qu’il aurait pu tourner sur une PS2, il propose néanmoins une ambiance fantaisiste agréable et une histoire intrigante sur fond d’écologie. On prend un certain plaisir à suivre les péripéties de nos deux protagonistes, mais le jeu nous séduit essentiellement par un gameplay et un level design finement conçus. La coopération entre le héros et la créature s’effectue avec beaucoup de facilité, la maniabilité est intuitive et les situations de jeu sont riches et variées tout au long de la progression. Le challenge est relevé, pas forcément d’un point de vue dextérité mais plutôt dans la manière d’appréhender les évènements nécessitant une synchronisation et une complémentarité des actions entre le personnage principal et le Majin. Pas suffisamment abouti, le titre de Game Republic se serait approché des étoiles avec un peu plus d’ambition et certainement de moyens. Toutefois il offre une expérience vidéoludique largement satisfaisante pour les amateurs du genre.
Les plus
-Gameplay "coopératif" assez complet.-Jouabilité bien calibrée.
-Level design fouillé et intelligent.
-Histoire et personnages touchants.
-Ambiance sympatoche.
Les moins
-Graphiquement honteux.-Récit un peu naïf.
-Nan vraiment c’est trop moche.
Détails
- Nom
- Majin And the Forsaken Kingdom
- Majin : The Fallen Realm
- Support
- Xbox 360
- Genre
- Action
- Editeur
- Namco Bandai
- Développeur
- Game Republic
- Sortie
- 24 novembre 2010
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 12 ans et plus














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