Xbox 360 Le Seigneur des Anneaux : La Guerre du Nord


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Test de Le Seigneur des Anneaux : La Guerre du Nord

Test du Lundi 28 novembre 2011 par AssKicker

Faisant partie de l'élite étant parvenue à nous proposer des adaptations cinématographiques de qualité sur nos consoles, Stormfront rempile une nouvelle fois avec la licence du Seigneur des Anneaux. Fort du succès critique et commercial de sa trilogie de beat them all apparue sur PS2, Xbox, Gamecube et PC avec le soutient d'Electronic Arts, le studio américain a cette fois-ci toute la confiance de Warner Bros Interactive pour cartonner. D'ailleurs la confiance se trouve également du coté des fans qui n'ont à priori pas de craintes à avoir sur ce nouvel épisode intitulé Le Seigneur des Anneaux : La Guerre du Nord qui a eu droit à un temps de développement assez long. Et pourtant...

Encore plus fort que les livres

Inutile de courir scruter le planning de votre salle de cinéma favorite, vous n'y verrez pas le moindre nouveau film estampillé du seau de J.R.R Tolkien. Et non il ne s'agit pas non plus d'une resucée de la trilogie que l'on connait puisque les scénaristes ont préféré opter pour un pan de l'histoire cantonné aux bouquins en se focalisant sur le pan nord de la Terre du Milieu où Eradan le Ranger, Farin le nain et Andriel l'elfe feront tout pour détourner l'Oeil de Sauron des péripéties de Frodon et ses accolytes bourlinguant quant à eux du coté sud. Et si au passage ils peuvent latter quelques vilains comme Tharzog, le sorcier Wulfrun et compagnie, ce n'est pas de refus. Bien qu'il s'agisse d'une quête parallèle à celle de la trilogie de Peter Jackson, l'aventure vous fera rencontrer de nombreux personnages connus modélisés à partir des acteurs (éloignez votre moitié de l'écran si elle fait partie des fans hystériques de Legolas) et traverser de célèbres contrées comme Fornost, Mirkwood ou encore Fondcombe.

Chic alors, pouvoir interagir avec la face caché d'une grosse licence aussi prestigieuse et épique a largement de quoi émoustiller le barbare qui sommeil en nous, surtout si l'on se base sur la qualité des précédents beat them all de Stormfront.

Prometteur pour un jeu en phase bêt... comment ça il est déjà sorti ?

On ne va pas se mentir, la première chose que vous faite lorsque vous apercevez un inconnu, c'est d'émettre un premier jugement en le scrutant de haut en bas. Malheureusement pour Le Seigneur des Anneaux : La Guerre du Nord, ce tic inhérent à 90% de l'espèce humaine ne joue clairement pas en sa faveur. Déjà bien peu aguicheur d'un point de vue technique avec de l'aliasing à gogo ainsi que des textures et modélisations médiocres, le titre donne surtout l'impression d'être un vulgaire portage de jeu issu de la précédente génération de consoles. Les tares qui sautent aux yeux se trouvent dans les cinématiques in-game où les personnages sont aussi expressifs et vivaces que des bigorneaux malades, dans des déplacements mécaniques à souhait ou subissant des soubresauts, les portes qui s'ouvrent toutes seules avant le passage des personnages, et tout un tas d'autres éléments transpirant le jeu qui manque clairement de finition. Les incohérences sont également assez nombreuses, et ce dès le début du jeu. Tout commence avec un peu de parlotte en pleine nuit avec les habitants de la ville de Bree martelée par une pluie battante alors que la première mission se déroulant juste à coté se déroule de jour sur un terrain sec et aride. Ça fait également tâche quand l'interface et notre personnage nous indiquent que le stock de flèches est à zéro alors que ce dernier en a pourtant une en main lorsqu'il dégaine son arc. Si on nous avait dit que le titre était initialement prévu sur PS2 et Xbox mais qu'il avait été transféré à la hâte pour accompagner les sorties de la PS3 et de la Xbox 360 nous n'aurions pas eu de mal à le croire, mais là nous sommes tout de même en 2011 et non pas en 2005 ou 2006...

Mais ce qui déçoit probablement le plus, c'est d'avoir perdu tout le gigantisme et le coté épique qui transpiraient des précédents jeux. Bien qu'apparus sur des consoles largement dépassées de nos jours, ils dégageaient un charisme de folie avec d'astucieux fondus faisant basculer des extraits des films vers les séquences de jeu. De même, les décors affichaient des arrière-plans où régnaient la terreur et le chaos. Ça beuglait de partout et parfois on avait vraiment l'impression d'être en plein milieu d'un champs de bataille. Mais là rien, les environnements sont vides, fades et archi-linéaires (de temps en temps on voit les ennemis popper au loin), à tel point que bien souvent vous démarrez un niveau dans une impasse. Magnifique, là encore la crédibilité prend une chtouille.

Télé Loot

Cependant Le Seigneur des Anneaux : La Guerre du Nord n'est pas dénué d'éléments appréciables, à commencer par son mélange de hack'n'slash et de beat them all dont la façon de jouer dépendra du personnage que l'on incarne entre le guerrier polyvalent, le nabot barbare ou la frêle elfe magicienne. A chaque début de partie vous pourrez décider d'incarner l'un ou l'autre mais pas switcher entre eux en plein jeu. Bien qu'assez médiocre, l'IA qui gère vos compagnons est suffisamment réactive pour vous remettre en état lorsque vous squattez au sol comme une daube après vous être fait vidé la jauge de santé. Dans les faits qui fâchent, nous pouvons noter la faible palette des coups proposés. Certes elle s'étoffe en débloquant de nouvelles compétences à force de monter dans les niveaux d'expérience, mais on est bien loin de ce que proposent les beat them all modernes. Il en résulte donc des combats très répétitifs qui ne font qu'accompagner des déplacements déjà bien mous. Les concepteurs ont toutefois pensé à inclure un système de "finish moves" simplistes histoire de trancher du membre avec jouissance. Faible palliatif. Petite subtilité : tous les coups spéciaux consomment la jauge de puissance. Bien que celle-ci se recharge toute seule petit à petit, il peut être préférable de booster sa dextérité à chaque passage de niveau d'XP qui vous offrira plusieurs points à également répartir avec la force, la résistance et la volonté.

Tout comme dans n'importe quel hack'n'slash, le leveling sera de mise si vous souhaitez progressez dans l'aventure sans trop galérer contre les trolls, orcs, Uruk-Hai et autres boss un peu plus coriaces que l'ordinaire. En ce sens le jeu propose quelques missions de défis qui s'apparentent au désormais très répandu mode Horde. C'est pratique mais c'est assez gavant compte tenu du faible nombre de coups qui vous bassinera déjà lors des incessants combats de la quête principale. D'ailleurs sachez que le titre propose également quelques quêtes secondaires pas bien passionnantes consistants à récupérer des objets pour des PNJs, ainsi que des choix dans les dialogues. Dans les 2 cas on a bien du mal à constater les différences apportées par nos agissements, même si certaines quêtes annexes permettent tout de même d'obtenir des objets rares.

Enfin, Le Seigneur des Anneaux : La Guerre du Nord fait la part belle au loot. Vous aurez ainsi tous les prétextes pour récupérer des tas d'items planqués dans des tonneaux à péter, coffres à ouvrir ou ennemis à massacrer. Ces objets pourront ainsi être revendus ou portés avec une influence sur le look de votre personnage (dont vous pourrez d'ailleurs customiser la tronche comme bon vous semble... et à plusieurs reprises si l'envie vous en dit. Vive la cohérence...). A noter qu'à force d'être utilisées, vos armes et éléments de protection s'useront et deviendront donc de moins en moins performants. Un petit tour chez le forgeron entre 2 missions s'imposera donc si vous ne voulez pas combattre comme une chiffe molle.

Fort logiquement, chaque personnage dispose de ses propres compétence spéciales qu'il faudra débloquer et booster selon 3 arbres distincts pour chacun d'entre eux. De petits "secrets" spécifiques sont également cachés dans les niveaux (les planques de Rangers pour Eradan, les gisements d'or pour Farin et les plantes à cueillir pour Andriel). L'utilisation de certains items et armes leurs seront aussi exclusifs, de ce fait n'hésitez pas à faire des échanges entre personnages. L'inventaire permet également de mélanger divers ingrédients afin de créer des potions aux effets multiples, ou encore d'attribuer des orbes aux armes disposant de slots pour leur conférer quelques petits bonus. D'ailleurs certaines d'entre elles se manieront à une ou 2 mains. A vous de voir si vous voulez opter sur une seule armes balèzes, 2 petites épées qui permettront d'enchainer des coups faibles mais rapides, ou d'en avoir une dans une main, et un bouclier dans l'autre. Bref vous l'aurez compris, sur cet aspect le titre se montre aussi complet que du pain.

Finalement malgré tous les défauts précédemment cités, le plaisir de jeu fini par s'installer après plusieurs heures de jeu, une fois que l'on obtiendra des armes et compétences suffisamment intéressantes qui parviennent à légèrement dynamiser l'action. Franchement le phénomène peut paraître étrange. Si les débuts me paraissaient particulièrement pénibles, passée un peu plus de la moitié de l'aventure j'ai fini par commencer à apprécier malgré le déluge de défaut. La question qui se pose est donc de savoir combien de personnes parviendront à tenir le coup avant d'en arriver jusque-là ?

En parallèle l'aventure nous servira des ennemis de plus en plus coriaces qui pourront avoir tendance à énerver et obliger à multiplier les frappes incessantes, mais aussi à user des roulades et des parades. Après mûre réflexion on en viendra à considérer que Le Seigneur des Anneaux : La Guerre du Nord est davantage un hack'n'slash teinté de beat them all que l'inverse, détail qui peut avoir son importance auprès des fans des précédents titres bien plus bruts de décoffrage.

Partie à 3

Sur le papier l'un des points fort du titre est sa partie coopérative à 3 mais comme d'habitude avec ce genre de jeu, tout dépendra sur qui vous tombez. Tout d'abord sachez qu'il n'est pas possible de s'y mettre en local à plusieurs sur la même console, c'est uniquement du jeu en ligne. Première bonne surprise : un lobby affiche la liste des parties que vous pouvez rejoindre. Même s'il y a quelques lenteurs par après dans le choix du personnage, ça fait plaisir de voir qu'on ne nous impose pas du matchmaking automatique bête et méchant avec des rencontres hasardeuses. Ensuite c'est un peu la lutte car à chaque partie que j'ai pu pratiquer, l'hôte se ruait automatiquement sur Eradan, le guerrier polyvalent. Au bout de quelques parties il s’avérait qu'il valait mieux que l'IA s'occupe d'incarner l'elfe Andrian. Personnage clé d'un point de vue défensif avec son bouclier protecteur et régénérateur, les parties sont clairement vouées à l'échec dans les chapitres supérieurs si le joueur qui l'incarne n'a pas l'intelligence d'en faire usage. Un grand sens de la coopération et donc requis, tout comme le fait de ne pas être trop en retrait par rapport à ses camarades en terme de niveau d'XP sous peine de les pénaliser. On apprécie également le fait de pouvoir échanger des items entre joueurs. A noter enfin qu'il est possible de rejoindre une partie en cours de route à condition qu'il y ait un emplacement disponible. Vous pouvez ainsi débuter une partie seul et vous voir accompagné par la suite par d'autres joueurs. La différence est que contrairement au solo, un tour dans l'inventaire ne mettra pas le jeu en pause, ce qui est légèrement problématique.

En terme de durée de vie, Le Seigneur des Anneaux : La Guerre du Nord est très variable. Tout dépendra de votre talent pad en main (notamment pour affronter les 2 derniers chapitres assez ardus par moment), mais aussi de votre implication dans les quêtes secondaires (dont les objectifs se trouvent parfois sur la trame principale). Comptez sur 8 bonnes heures pour en voir le bout, et un peu plus dans les difficultés supérieures que vous débloquerez en terminant le jeu en difficulté normale.

5

Même en étant fan, Le Seigneur des Anneaux La Guerre du Nord peine à convaincre, surtout quand on voit la petite étiquette à 60€ et que l'on se remémore l'excellente trilogie de beat them all que nous avait servit Stormfront sur la précédente génération de consoles. Fort heureusement l'aspect hack'n'slash fini par faire son effet et donner un peu d'attrait à l'aventure au bout de quelques heures de jeu. Et c'est là que se trouve toute la bizarrerie du titre : si les premières heures sont vraiment lourdingues, on fini toutefois par s'y accrocher pour une raison que l'on a du mal à justifier. Il n'empêche qu'avec des graphismes et une niveau de finition assez honteux pour un titre sous grosse licence, un gameplay mou ainsi qu'un déroulement et une mise en scène loin d'être palpitant, Le Seigneur des Anneaux La Guerre du Nord déçoit fortement. Pauvre Monsieur Tolkien...

Les plus

-L'aspect hack'n'slash complet.
-La coopération à 3.
-Prenant à condition de s'accrocher.

Les moins

-Finition à la ramasse.
-Réalisation dépassée.
-Aventure peu palpitante.
-L'aspect beat them all trop léger.
-Des débuts pénibles.

Détails

18+
Nom
Le Seigneur des Anneaux : La Guerre du Nord
Support
Xbox 360
Genre
A-RPG
Editeur
Warner Bros. Interactive Entertainment Inc.
Développeur
Snowblind Studios
Sortie
09 novembre 2011
Recommandation PEGI
Joueurs de 18 ans et plus

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