Xbox 360 L.A. Noire


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Test de L.A. Noire

Test du Vendredi 17 juin 2011 par Dayton

Annoncé en 2005 comme étant une exclusivité PS3, L.A. Noire a finalement fait un petit crochet par la Xbox 360 en plus de la console de Sony. Développé par la Team Bondi et chapeauté par Rockstar Games, le jeu nous propose pour une fois d'être du bon coté de la barrière et de mener l’enquête dans la peau d'un flic au milieu du Los Angeles de l'après-guerre. Doté d'un système assez incroyable de retranscription des mouvements du visage, le titre vous propose de mener des investigations dans une ambiance digne du célèbre film L.A. Confidential. Les promesses sur le papier étant assez conséquentes, nous allons voir si une fois de plus les éditeurs nous prennent pour des pigeons ou si la révolution des jeux d'aventure est belle et bien en marche.

Revolution...nary.

L.A. Noire est donc un projet de la Team Bondi dirigé par Brendan McNamara, ce qui peut faire peur au premier abord puisque le monsieur était responsable du très discutable The Getaway sur PS2. Il est pourtant réalisé en collaboration avec Rockstar Games, ce qui avant même d'avoir lancé le jeu garanti un minimum de contrôle qualité en terme d'ambiance et d'écriture pour un jeu triple A. Déjà en 2005 on nous prévenait que le titre utiliserait une technologie révolutionnaire de capture faciale pour retranscrire au plus juste les traits du visage, ceci afin de permettre de totalement immerger le joueur dans des enquêtes où les interrogatoires de suspects sont au centre du gameplay. Rockstar oblige, personne n'a vu cette technologie avant qu'elle ne soit totalement au point et le jeu presque terminé. C'est pour cela que l'année dernière lorsque les premiers trailers de gameplay sont arrivés nous avons tous eu un peu mal aux yeux devant tant de réalisme.

Appelé Motion Scan, le procédé permet de filmer un acteur à l'aide de 32 caméras HD sous toutes les coutures. Conséquence directe, la fidélité des visages (mis à part les yeux qui semblent encore manquer de vie) est tout simplement bluffante. Il est très difficile de décrire la chose, mais grâce à cette technologie nous pouvons vraiment percevoir des détails au niveau des muscles de la bouche, du front, des joues. Certains trouveront peut être la chose dérangeante la première fois qu'ils essayeront le jeu mais il est clair qu'une étape fondamentale a été franchie et que l'application d'un tel procédé dans d'autres types de jeux ne sera que la bienvenue dans un futur proche.

C'était le bon temps

Vous incarnez Cole Phelps, vétéran hyper médaillé de retour au pays de l'Oncle Sam et jeune recrue des forces de l'ordre de la bien belle police de Los Angeles. L'époque se situe juste après la fin de la Seconde Guerre Mondiale et L.A. est une ville en pleine expansion. Voici venu le temps béni de la machine à rêves Hollywood, des jazzmen et d'une police où alcool et brutalité faisaient la paire. Le jeu débute alors que vous êtes tout en bas de l'ascenseur social. En uniforme vous patrouillez la ville à la recherche de malfrats à arrêter lorsqu'un appel du central viendra réveiller l'inspecteur qui sommeil en vous.

Ce premier contact avec le héros permet de s'immerger bien vite dans l'ambiance. Si mis à part les visages les graphismes sont beaux (mais sans non plus atteindre des sommets), la restitution des années 40/50 est assez impressionnante. Vieilles voitures, costumes d'époque et musiques sublimes seront là pour vous imprégner avant même votre première enquête. Celle-ci fait office comme dans la plupart des jeux d'aujourd'hui de tutorial. Dans une ruelle un corps vient d'être découvert et les flics des homicides ont plus envi d'aller au bar que de résoudre ce crime.

Une enquête en trois étapes.

Le système mis en place au début de l'aventure ne bougera pas d'un pouce dans la suite. Lors de la découverte d'une scène de crime il vous faudra tout d'abord passer l'endroit au peigne fin pour y découvrir des indices. Vous pourrez ramasser un peu tout et n'importe quoi et observer toutes sortes d'objets sous tous les angles pour espérer y découvrir un atout capital afin d'aiguiller votre réflexion. Malheureusement les développeurs ont eu la mauvaise idée d'intégrer un système d'aides (heureusement désactivables) venant complètement cheater l'aventure. Vous me direz que si c'est désactivable il n'y a pas de quoi en faire un fromage mais le problème est qu'avec une activation par défaut cela trahi la volonté de la Team Bondi de rendre le jeu beaucoup plus accessible même si cela doit violer les promesses originales. Les aides sont sonores et une musique est jouée tant que vous n'avez pas découvert tous les indices d'un même lieu ou pire encore, dès que vous passez sur quelque chose pouvant être examiné une clochette retenti.

Il est donc impératif de passer outre ces indications si vous voulez ressentir un minimum le coté "Les Experts" du titre. Dans le cas contraire c'est plus de 50% de l'intérêt de L.A. Noire qui disparaît puisque vous ne partirez pas d'un lieu tant que la musique retentira et vous n'aurez jamais la sensation d'avoir pu manquer un indice capital sachant qu'il devient alors quasiment impossible d'en oublier.

Pour chaque nouvelle découverte une entrée sera créée dans votre carnet. Coeur du gameplay, votre carnet contiendra le résumé de votre enquête, la liste de vos suspects, les lieux à inspecter ainsi que l'ensemble des preuves que vous avez récolté. Là encore et même s'il était difficile de faire autrement, le calepin met en avant le coté dirigiste du jeu. Après chaque scène de crime une liste des prochains lieux à découvrir est mise a jour et vous n'avez plus qu'à les visiter un par un dans l'ordre que vous voulez (même si cette dernière caractéristique n'influe que très légèrement sur le déroulement de votre enquête). Lorsque vous rencontrez des témoins ou des suspects, vous devrez les interroger grâce à la technique du bon et du méchant flic. Enfin pour terminer votre mission il vous faudra obligatoirement inculper quelqu'un.

Nous zafons les moyen défou faire barler !

Les interrogatoires restent la caractéristique la plus intéressante du jeu puisque intégralement basés sur la technique du Motion Scan. C'est une fois encore le carnet qui sera votre meilleur allié étant donné que c'est par lui que vous pourrez poser des questions aux suspects. Ces questions seront en relation directe avec les différents indices que vous aurez découvert jusqu'à présent. Une nouvelle fois c'est très dirigiste puisqu'il est vivement conseillé de poser les questions dans l'ordre d'apparition sous peine de louper une réponse capitale. A chaque réponse d'un individu, trois choix s'offriront à vous. Vous pourrez les croire et passer à la question suivante, les mettre en doute et ainsi devenir plus menaçant au risque de braquer votre interlocuteur, et enfin si vous pensez que la personne vous banane, vous pourrez l'accuser de mentir et lui sortir la preuve irréfutable qu'on ne vous la fait pas.

Ces choix devront être faits suivant la réponse fournie et suivant ce que vous pourrez déceler sur le visage. Si de prime abord vous chercherez a déceler le moindre petit détail trahissant un mensonge ou une omission, les limites du jeu se révéleront à vous à mesure de votre progression. Difficile en effet de ne pas pester lorsque l'on se rend compte que finalement quand quelqu'un vous regarde droit dans les yeux et qu'il ne bouge pas, dans 98% des cas il dit la vérité et que dès qu'il commence à regarder a droite ou à gauche il ment de manière quasi-certaine. Une fois encore par soucis d'accessibilité le choix est contestable car il devient facile (même sans réfléchir) de déceler les mimiques censées nous mettre sur la voie.

Nous aurions aimé un jeu d'acteur un peu plus subtil et surtout beaucoup plus de fausses pistes mais le principal reproche que l'on pourrait faire aux interrogatoires réside dans la petite musique après chaque réponse. Cette dernière nous indique si nous avons fait le bon choix déclenchant instantanément chez le joueur un sentiment de frustration lorsque celui-ci échoue. C'est pour cette dernière raison qu'il aurait été mieux de laisser le joueur dans le flou permettant ainsi de renforcer encore un peu plus l'immersion et la sensation d'être un flic qui peut commettre une erreur sans le savoir.

Un vrai policier ne pouvant pas être parfait, il pourra arriver que vous doutiez de la suite à donner à une enquête. Dans ce cas vous pourrez user de l'intuition, petit système basé sur l'excellent jeu de télé Qui Veut Gagner des Millions. Plus vous avancerez dans l'histoire et plus vous gagnerez de points d'intuition (5 au maximum). Ces points peuvent être utilisés de différentes manières. Le 50/50 vous permet lors des interrogatoires de retirer un choix et les preuves ne servant à rien dans votre carnet. L'appel à un ami combiné au vote du public vous permet lorsque vous êtes en ligne de demander conseil à la communauté des joueurs pour la suite à donner à la séance de questions/réponses. Enfin le joker vous permet de dévoiler sur la carte radar l'ensemble des indices disponibles sur une scène de crime. Bien entendu l'intitulé de ces aides est différente dans le jeu, mais je trouvais que 50/50 sonnait mieux que "retirer un choix".

Ambiance, histoire et autres joyeusetés

La ville de Los Angeles est immense et cela se ressent dans ce L.A. Noire (ce n'est d'ailleurs pas pour rien que cette version Xbox 360 s'étale sur pas moins de 3 DVD...). A l'instar de Mafia 2, elle fera cependant ici figure de décors et de personnage à part entière plutôt que de véritable piste de jeu. C'est un peu dommage que l'on ne puisse pas y faire grand chose quand on réalise le travail qui a dû être nécessaire pour en arriver à un tel niveau. Pour tout vous dire, la taille est tellement abusée par rapport au peu d'interactions possible qu'on laissera souvent son coéquipier conduire pour éviter un parcours monotone pendant près de 10 minutes. Merci la Team Bondi d'avoir pensé à inclure ce changement de conducteur permettant ainsi de ne pas perdre son temps tout en profitant des dialogues croustillants pouvant intervenir entre Cole et ses différents collègues de biture (enfin de travail plutôt).

Si vous voulez briser la répétition des enquêtes vous pourrez toujours répondre aux appels du central et tenter d'empêcher l'un des 40 délits annexes venant amener un peu d'action au sein de chaque brigade. Ces délits sont un bon moyen de gagner de l'expérience ainsi que des points d'intuition et se résument pour la majorité à de bons gros gunfight inspirés par ceux de GTA 4 (système de couverture, sensation de tir). Là encore nous pouvons être déçu que l'équipe de développement n'ait pas opté pour un système d'événements aléatoires comme dans Red Dead Redemption. Il aurait été énorme de conduire et de tomber au détour d'une rue sur un braquage ou un délit reposant sur notre surprise, et surtout notre réaction.

Malgré tous ses petits défauts, L.A. Noire reste une expérience agréable à parcourir, notamment grâce à son ambiance et son histoire très travaillées. Pour renforcer l'immersion vous pourrez si vous le souhaitez passer le jeu intégralement en noir et blanc, mais aussi participer à des courses-poursuites à pied ou en voiture dynamiques et vraiment bien mises en scène. L'histoire possède également plusieurs niveaux de lecture. Le premier se situe au niveau des brigades, chacune d'entre elles proposant son propre scénario. Le second se situe au niveau de la méta-histoire, véritable fil conducteur liant l'ensemble du jeu et se dévoilant à vous au gré de vos enquêtes ainsi que lors de la découverte de journaux plus ou moins bien cachés dans le décors.

Je terminerais enfin ce test par une petit anecdote montrant les limites du système mis en place. Dans l'une des enquêtes et alors que je venais à l'instant de trouver chez un suspect une quantité importante de drogue et de thune planquée dans un faux meuble, j'enchaîne avec l'interrogatoire. Pendant ce dernier, le suspect me dit que je n'ai rien pour le relier à un quelconque trafic de drogue. J'ouvre donc mon carnet pour lui balancer en pleine face les preuves que je viens juste de récolter et là surprise, elles n'y sont pas. Ce n'est pas un bug, c'est juste que cela ne fait pas partie des preuves enregistrées à la base par les développeurs comme étant acceptables. Du coup grand sentiment de frustration et surtout belle démonstration des limites du système qui contribuent, lorsqu'elles arrivent, à nous sortir de l'immersion si bonne dont jouit pourtant le titre en règle générale.

7

Bilan mitigé pour le premier titre de la Team Bondi après plus de 6 années d'attente. L'ambiance, les musiques, le Motion Scan et une expérience que nous n'avions jamais vécu auparavant le propulse irrémédiablement vers le top des jeux de cette première moitié d'année. Toutefois des défauts mineurs mais nombreux viennent perturber notre plaisir et mériteront d'être corrigés si une suite ou un concept identique venait à être réitéré. Nous citerons dans le désordre la répétition des situations, un système d'aide bien trop poussé, un jeu d'acteur légèrement exagéré ainsi que quelques incohérences d'écritures faisant tache dans un jeu si ambitieux. Le pari n'est pas perdu et pour un coup d'essai c'est déjà une réussite plus qu'honorable. Nous appelons cependant de nos voeux les plus chers à une suite plus travaillée et surtout plus immersive dans le jeu des enquêtes. Il n'empêche qu'au final l'aventure mérite d'être vécue.

Les plus

-Le MotionScan impressionnant.
-L'ambiance.
-Nouveau concept.
-Les musiques.

Les moins

-Répétitif.
-Prévisible.
-Jeu d'acteur un peu surjoué.
-Les promesses d'enquêtes pas totalement tenues.

Détails

18+
Nom
L.A. Noire
Support
Xbox 360
Genre
Action
Editeur
Rockstar Games
Développeur
Team Bondi
Sortie
20 mai 2011
17 juin 2011 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de 18 ans et plus

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