Gears of War 3
Test du Lundi 19 septembre 2011 par AssKicker
Inutile de vous présenter Gears of War, tout le monde connait par coeur. Dans un sens ça tombe bien puisqu'il s'agit tout de même de la plus grosse exclusivité de Microsoft aux cotés des Halo et autres Forza Motorsport. Annoncé comme étant bigger et badder (ou un truc dans le genre), ce troisième opus a pour lourde tâche de conclure une trilogie ayant débuté en 2006 (même si nous nous doutons bien qu'ils ne vont pas s'arrêter là ). Les ambitions furent grandes, l'attente fût longue et l'annonce du report du jeu d'avril à septembre pour raisons marketings aura provoqué quelques montées de tensions auprès des fans subitement devenus rageux. Qu'à cela ne tienne, ce choix a été bénéfique à Epic qui a pu fignoler cet opus ultime, et ce notamment dans sa partie multijoueur dont le fameux mode Horde a largement influencé le monde vidéoludique. Maintenant que la taille de cette intro a atteint les normes, nous pouvons passer au verdict de l'un des plus gros blockbusters de cette année 2011.
Le début de la fin est-il un commencement ?
D'un point de vue chronologique, Gears of War 3 se déroule 2 années après la fin de Gears of War 2. Ceux qui souhaitent s'introduire dans la saga peuvent se taper un petit résumé vidéo mais mieux vaut avoir joué aux précédents titres car on ne peut pas dire qu'il soit très complet sur les péripéties de la petite troupe de Gears. Bref, toujours est-il que suite au sacrifice de la ville de Jacito, dernier gros bastion des survivants de l'invasion Locuste, Marcus et ses potes ont trouvé refuge sur un ensemble d'îles à l'abri de tout squattage baveux. Manque de bol les Lambents (des Locustes contaminés par de l'émulsion, une sorte d'EPO mutant) ont fini par les retrouver, imposant une évacuation express des lieux. Et comme si ça ne suffisait pas, le Président Prescott que tout le monde croyait mort fait une apparition surprise pour annoncer que le père de Marcus est lui aussi en vie. Ni une ni deux, nos membres de la CGU vont tout faire pour le retrouver, quitte à risquer leurs vies car il se murmure que le papounet ait trouvé le moyen de mettre un terme à l'existence de la pourriture commu... naz... alie... Locuste. Pfiou.
Murder, death kill
On ne va pas se mentir, Gears of War 3 ne révolutionne pas le monde du third person shooter et en même temps ce n'est probablement pas ce qu'on lui demande. Nous avons donc là droit à une parfaite suite bourrine et bas du front où la finesse est aussi dense que l'intelligence dans le cervelet de Paris Hilton. Les habitués de la série seront ainsi aux anges de retrouver toutes les ficelles qui ont fait le succès de chaque épisode, et ne seront que plus excités par les nouvelles créatures et les nouvelles pétoires que nous ont mijoté les coyotes de chez Epic. Mais le plus beau dans tout ça, c'est surtout qu'il est possible d'apprécier la campagne en coopératif jusqu'à 4 en réseau local ou via le Xbox Live, tout en pouvant jouer à 2 sur le même écran. Voilà qui fait plaisir. Mais pas de panique si vous avez trop mauvaise haleine, des bots à peu près potables remplacent le manque de joueurs humains puisque l'aventure se savoure à 4 guerriers dans son intégralité. Tant qu'à faire il est possible de faire des échanges d'armes avec les autres personnages, une option pouvant faire office de coffre à jouets si l'on peut dire.
Les Lambents étant des menaces fraîchement apparues à la fin du second opus, Gears of War 3 a donc le champs libre pour nous en présenter des nouvelles comme les Polyps (sortes de petites araignées), les grosses tiges sortants du sol pour recracher des Drudges sur lesquelles pousseront de grosses tentacules, et qui laisseront trainer une larve explosive une fois dézinguée, et j'en passe. Au final c'est presque une dizaine des bestioles qui feront leur apparition pour tenter de vous pourrir l'existence, mais c'était sans compter sur l'apparition de nouvelles armes tout bonnement excellentes. Dans le tas figurent le Digger qui envoie une grenade creusant le sol dans la direction voulue pour exploser quelques mètres plus loin, le One Shot qui n'est autre qu'un fusil de snipe archi-puissant explosant sa cible en un coup, le Vulcain qui est une grosse mitraillette monopolisant 2 personnes pour être prise en main (une pour manipuler l'arme, l'autre pour tenir les munitions), le fusil à canon scié, le Rétro-Lanzer muni de sa baïonnette, etc... Chacune de ces armes dispose de ses propres contraintes de cadence de tir, de poids, de taille de chargeur ou de temps de recharge, ce qui imposera parfois des choix selon la situation plus ou moins bordélique dans laquelle on se trouve. Même le corps à corps est à l'honneur puisqu'il est possible de trancher dans le lard avec le fendoir, la fameuse grosse épée Locuste qui est ici utilisable. De temps à autre vous serez également autorisé à manipuler 2 types de mechas (des Silverbacks) : les premiers armés pour vous aider dans votre massacre, ou les seconds dédiés au transport de marchandises réquisitionnés pour le bien de quelques rares objectifs de manipulation d'objets.
Au rayon des petites nouveautés nous pouvons signaler la possibilité de voir les positions des alliés sur la map d'une pression sur la touche LB, mais aussi l'objectif à atteindre au cas où votre sens de l'orientation est capable de vous perdre dans des niveaux ô combien linéaires. La récupération d'armes et de munitions nécessite désormais de remplir une jauge en restant appuyé 2 ou 3 secondes sur la touche X, ce qui peut notamment aider à ne pas récupérer un objet par inadvertance. En se débrouillant bien il est également possible de donner un coup de latte à un Locuste planqué derrière un muret lorsque l'on passe par dessus. Non je n'ai jamais réussi à le faire, j'ai juste subit 2 ou 3 fois...
Hommage à Francis Cabrel
Tout ça c'est bien cool mais qu'est-ce qu'elle vaut cette troisième aventure ? Tout d'abord un soupçon d'interrogation puisqu'elle débute avec un Marcus en taule. En civil. On vient le chercher. Avec ses fringues de combat dans un sac Le Coq Sportif. Oui oui, comme dans les 2 précédents volets. La suite ne sera bien évidemment qu'un enchainement de massacres grand spectacle comme le public l'aime tant... mais sans jamais atteindre le niveau des 2 premiers opus. Car oui c'est bien ce qui m'a choqué durant les 9 heures passées sur la campagne de Gears of War 3 : ça manque cruellement de séquences chocs, de moments épiques dignes de la première apparition du Général Raam ou du premier boss dans Gears of War, des passages avec les Krills, du laboratoire ou du tunnel de Gears of War 2 pour ne citer qu'eux. Certes on retrouve toujours des affrontements massifs, des phases de fuite imposées ou du rail shooting très bien mis en scène mais on ne trouve rien qui prenne vraiment aux tripes ou qui soit capable de nous mettre sur le cul comme autrefois. Pire, à aucun moment le scénario n'explique quoi que ce soit ou n'apporte de nouveaux éléments clés aptes à faire rebondir l'histoire et maintenir le joueur en haleine. Non là tout est relativement plat et la déception atteint son apothéose avec une séquence de fin totalement bidon et limite inadmissible pour conclure une épopée tartinée sur 3 jeux de gros calibres. Qu'il s'agisse du combat ou de la cinématique concluant cette trilogie, l'amertume devrait être l'unique sensation qui restera sur vos papilles après avoir fini le jeu.
Mais loin de moi l'idée de dire que Gears of War 3 est mauvais. Le gameplay est fort heureusement toujours aussi efficace et jouissif (miam les nouvelles exécutions et les nouvelles armes), on a bien droit à notre dose de carnage où ça explose de partout avec des scènes qui nous en font voir de toutes les couleurs. C'est très agréable, pas de soucis là -dessus, il y a de quoi être ravi d'autant plus que le titre regorge d'easter eggs dont raffolent les fans. Mais merde (oui je suis vulgaire parbleu !), Gears of War c'était quand même mieux avant (d'où le titre du paragraphe) et nous étions en droit d'avoir une meilleure conclusion après 5 années passées à piétiner du Locuste. Mais peut-être faudra-t-il se tourner vers de futurs DLC un peu plus couillus puisqu'un encart grisé intitulé "Prochainement !" fait déjà acte de présence en stipulant "Nouveau contenu téléchargeable de campagne bientôt disponible !". Francis si tu nous lis...
Tuer, c'est de l'XP. Et l'XP, c'est de l'or
Finir Gears of War 3 n'est pas foncièrement difficile et rares sont les passages qui poseront problème, surtout si vous jouez en coopératif avec des personnes un minimum douées. N'hésitez donc pas à pousser le champignon en mode vétéran, voire dément après avoir fini le jeu une première fois. Ceux qui aiment taquiner ou donner tout ce qu'ils ont dans le bide pourront également se tourner vers le mode Arcade. En gros il s'agit de reprendre la campagne solo, mais en faisant la course aux points afin d'atteindre le meilleur score possible (avec système de classement en ligne et tout le tralala bien entendu). Afin de donner un peu de piment à tout ça, les développeurs ont eu la bonne idée de proposer 15 mutators qu'il faudra déverrouiller. Il est possible d'en activer jusqu'à 3 en simultané, comme des coups explosifs au corps à corps, la désactivation du friendly fire, le rechargement éclair obligatoire, etc..., ou encore d'autres bien plus funs pouvant faire gonfler les têtes des joueurs, remplacer le sang par des fleurs, avoir des rires enregistrés, etc... Certaines de ces mutations corsent le jeu et ajoutent alors des bonus de points d'XP. Car oui les amis, Gears of War 3 use d'un système de points d'expérience mais n'ayez crainte, nous sommes bien loin de ce que proposent les RPGs puisqu'il ne s'agit que de permettre de débloquer de nouveaux contenus tels que des skins pour les armes ou de nouveaux personnages jouables dans le multijoueur.
Si Gears of War 2 avait déjà su scotcher les joueurs sur le Xbox Live sur une longue période (et toujours à l'heure qu'il est d'ailleurs), Gears of War 3 a de fortes chances de mettre à mal leur vie sociale. Ceux qui aiment le classique et le traditionnel pourront ainsi passer du temps sur 6 modes de jeu tels que le match à mort en équipe, la zone de guerre, l'exécution, la capture du leader (qui fait fusionner les modes Fugitif et Leader), du roi de la colline et enfin ailier qui oppose 4 équipes de 2 joueurs. Il faut toutefois savoir que les matchs à mort par équipe apportent une petite subtilité en la présence d'une limite de 15 tickets de respawn par équipe. Une fois le stock tombé à zéro, vous mourrez pour de bon. Voilà qui risque d'engendrer de bons gros lynchage envers les n00bs saccageant tous les tickets de l'équipe. Tous ces modes de jeu regroupés sous le giron de l'encart "Bataille" introduisent également la possibilité de "revivre" après avoir été mis à genoux en matraquant la touche A. D'où l'intérêt de traquer sa proie jusqu'au bout.
Mais le plus gros du multijoueur de Gears of War 3 se trouve à n'en pas douter dans son truculent mode Horde 2.0, une version évoluée de ce que l'on trouvait dans Gears of War 2 et qui a tant influencé les studios en panne d'inspiration ces dernières années. La base reste ainsi la même, à savoir trucider de multiples successions de vagues ennemies devenant de plus en plus puissantes. Premier changement : toutes les 10 vagues vous devrez affronter l'un des boss de la campagne en plus des sbires traditionnels. Deuxième changement : vous avez la possibilité de bâtir des centres de commandements et de les garnir d'éléments défensifs (barricades, leurres et tourelles) sur plusieurs points prédéfinis. Ceux-ci vous permettront ainsi de vous retrancher temporairement dans des zones reculées pour mieux canarder les ennemis mais attention car ces éléments peuvent être détruits. A vous de les réparer entre chaque vague moyennant finances. A force de bâtir tel ou tel attirail, vous en débloquerez des plus évolués. Les herses deviendront ainsi des fils barbelés, puis des barrières laser. Vraiment très bon et surtout très fun, d'autant plus que la coopération entre les joueurs prend encore du galon.
Et finissons enfin avec ce qui a beaucoup fait parler, à savoir le mode Bestial. Celui-ci vous propose tout simplement de faire de la Horde en inversé, c'est à dire en incarnant les différentes espèces de Locuste, chacune ayant bien entendu ses propres spécificités : le Ticker peut se faire exploser, le Corpser peut aller sous terre pour se protéger et se régénérer, le Kantus peut ressusciter et soigner ses collègues, etc... Chaque bestiole a un coût de respawn différent et toutes ne sont pas disponibles dès le début de chaque partie. A vous d'accumuler suffisamment de points pour débloquer les plus puissantes et à terme avoir accès à l'ensemble du bestiaire Locuste du jeu (avec un quota d'utilisateurs pour certains d'entre eux par contre). Une grosse nuance fait toutefois son apparition par rapport au mode Horde puisque vous avez ici une limite de temps pour massacrer les humains présents sur la map. Du temps pourra tout de même être grappillé en les tuant ou en déglinguant les différents objets défensifs. Pro tip : si le Ticker peut paraître bien ridicule avec son faible coût, il peut être fort utile lorsqu'il reste 2 ou 3 personnes à supprimer et très peu de temps au compteur puisqu'une explosion kamikaze bien placée est synonyme de frag assuré. Après quelques parties endiablées on ne peut que constater une bien belle réussite opérée par Epic avec ce nouveau mode, même s'il ne propose que 12 vagues seulement. Il n'empêche que l'action est non-stop et que les dernières vagues sont de jolis bordels avec la présence de héros, de dispositifs de défense avancés mais aussi de Silverbacks.
Vite fait bien fait, sachez que la partie multijoueur propose pas moins de 10 cartes, de bots plus ou moins débiles qui viennent combler les joueurs manquants dans les modes "Bataille", et enfin que vous avez droit à tout un tas de statistiques plus ou moins élogieuses. Dernier détail : seules les parties du mode "Bataille" peuvent être jouées sur le Xbox Live avec un compte invité en écran splitté, les modes Horde et Bestial étant limités aux profils disposant d'un abonnement. Voili voilou.
J'en ai foutu plein mon écran
A chaque épisode Gears of War fait office de vitrine technologique affichant toutes les merveilles visuelles apportées par la dernière version bling-bling de l'Unreal Engine 3 d'Epic. Gears of War 3 ne déroge pas à la règle, même s'il faut bien avouer que de l'eau a coulé sous les ponts entre temps. Même si l'ensemble est très joli et admirablement bien réalisé, la claque est moins franche en cette année 2011. Le tristement célèbre problème des textures s'affichant à la bourre est moins présent que d'habitude et les développeurs ont eu le bon goût de troquer le moteur physique Havok en faveur du PhysX. Voilà qui explique probablement pourquoi les cadavres ne se font plus baladés comme des bouts de polystyrènes sur des dizaines de mètres lorsque l'on marche dessus. Les environnements sont quant à eux davantage mis à contribution avec des bouts de murs et autres objets pouvant éclater lors des échanges de tirs. Les maps multijoueurs en profitent également avec par exemple un tableau des scores pouvant s'écrouler sur les combattants, ou une tempête de sable pouvant recouvrir le terrain. Niveau confort, le titre offre une compatibilité 3D, des loadings invisibles tout au long de la campagne, mais aussi des ralentissements en moins si vous prenez soin de l'installer sur le disque dur.
Coté IA il est tout de même regrettable de constater que les ennemis ont toujours du mal à se mettre convenablement en couverture (style du mauvais coté du mur...), ou qu'elle est parfois totalement à coté de la plaque en mode Capture du Leader (elle a tendance à rentrer dans le tas alors qu'elle détient pourtant le leader en otage...). Les doublages français sont eux aussi en demie-teinte, et plus spécialement dans les voix féminines (des claques pour Myrrah). Fort heureusement les dialogues des membres du CGU sont toujours aussi savoureux et bien gras comme on les aime. Pour une fois que la taille réduite des cerveaux ne pose pas de problèmes...

Ayant la lourde tâche de conclure une trilogie entamée il y a 5 ans, Gears of War 3 reprend tous les ingrédients qui ont su faire son succès : de l'action à gogo, du grand spectacle qui pète aux 4 coins de l'écran et de l'éclatage de Locuste à coups de tatanes dans les dents. Les valeurs sûres sont conservées mais on ne peut s'empêcher de regretter l'absence de grands moments marquants qui restent en tête de par leurs mises en scènes au-dessus de la moyenne, ou leurs capacités à marquer le joueur comme ont su le faire les 2 premiers volets. Le scénario fait ainsi l'impasse sur d'éventuelles révélations chocs et ose se conclure avec un finish tout simplement indigne d'une saga de ce calibre. Fort heureusement le multi se montre très largement à la hauteur avec une campagne solo jouable à 4 en coopératif, mais surtout un mode Horde 2.0 surpassant l'original et un mode Bestial pour le moins succulent. Au final Gears of War 3 parvient tout de même à décrocher la formule gagnante grâce à une campagne somme toute agréable, du gameplay pour le moins couillu, une réalisation de qualité et du multijoueur paré pour vous accompagner durant vos longues soirées d'hiver pour le plus grand malheur de vos voisins condamnés à subir vos cris d'animaux.
Les plus
-Les nouvelles armes.-Le coop' Ã 4.
-Les modes Horde et Bestial...
-... ou tout simplement le multijoueur.
-Bien foutu.
-Beaucoup de contenu à débloquer.
Les moins
-Campagne moins percutante, finish décevant...-... la faute à du DLC solo déjà prévu ?
-Voix françaises médiocres.
-NAN MAIS SERIEUX, C'EST QUOI CETTE FIN EN BOIS §§§
Détails
- Nom
- Gears of War 3
- Support
- Xbox 360
- Genre
- Action
- Editeur
- Microsoft
- Développeur
- Epic Games
- Sortie
- 20 septembre 2011
- 20 septembre 2011 (US)
- 20 septembre 2011 (Jap)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 18 ans et plus

















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