Formula One 2010
Test du Mardi 5 octobre 2010 par iamnotyourshadow
Si les jeux de Formule 1 ont littéralement déchaîné les passions sur les précédentes générations de console, on ne peut pas dire que les "next-gen" actuelles soient gavées de dignes représentants du genre. C'est pourquoi Codemasters, spécialiste des bolides à quatre pneus, a décidé de tenter de redorer le blason de ce sport et par la même occasion de raviver la flamme qui brûlait dans les coeurs des gamers avides de drapeau à damiers, d'odeur de goudron et d'arrêt aux stands. Attachez vos slips car voici le début d'un test à 350 km/h.
ALONSO-FENTS DE L'ECURIIIIIIEUH
Diable qu'il est dur de démarrer l'écriture d'un test d'un jeu ne comportant pas de scénario. Moi qui pensait faire une superbe mise en abîme avec des envolées lyriques et chaloupées dignes d'un roman de Marc Lévi, je vous sens lésés.
Pourtant si le jeu ne comporte bien-entendu pas de scénario original, l'impression d'écrire votre propre histoire en tant que pilote de F1 est bien réelle dans ce F1 2010. Immersion, voilà le mot qui reviendra le plus souvent quand vous parlerez du nouveau joujou de Codemasters, ceci concernant autant la customisation de votre bolide que durant vos courses. Et l'immersion débute dès la navigation dans les menus puisque tout est en 3D interactive à la manière de Colin McRae DiRT 2. Vous aurez donc constamment l'impression de diriger votre pilote où qu'il aille, que ce soit dans le paddock ou sur le circuit. L'idée n'est désormais plus tout à fait originale mais elle a le mérite non-négligeable d'alléger les aller-retours intempestifs dans les options et ainsi donner une touche plus personnelle à l'ensemble.
Trois modes de jeu principaux sont donc de la partie : le Contre la Montre, le mode Grand Prix et le mode Carrière. Si vous n'êtes pas spécialement fondu de F1 et que vous ne connaissez pas les circuits sur le bout des doigts, le Contre la Montre est l'idéal pour bien maîtriser le comportement de votre voiture ainsi que le tracé des parcours sur lesquels vous serez amenés à concourir. C'est l'occasion également de découvrir que ces fameux circuits sont tous là , respectés au tracé près, que ce soit le fameux Spa-Francorchamps, Silverstone ou le tortueux circuit de Monaco. Bien-sûr, le Contre la Montre est aussi le meilleur moyen d'améliorer vos performances et de battre vos temps records si vous êtes un invétéré du scoring. Ensuite le mode Grand Prix représente le bon compromis si vous êtes un adepte des parties rapides. Au delà du choix évident de votre voiture, du pilote et du circuit, les paramètres de la course sont vraiment complets. Ainsi vous choisirez la durée de votre participation (course simple, week-end court et week-end long), la distance de la course qui va d'un simple tour aux cinquantes bien tassés pour les plus courageux. A noter également les types de météo différents. C'est sûr qu'il n'y a rien de bien transcendant à choisir les conditions météorologiques dans un jeu de F1, mais là où Codemasters a fait fort, c'est au niveau de la météo dynamique sur laquelle je reviendrai un peu plus tard. Vous pouvez enfin décider d'entamer une saison complète composée des 19 circuits présents ou alors de l'organiser à votre sauce.
Si il n'y a rien de très neuf pour le moment, le mode Carrière est celui qui représente le plus d'intérêt, tant pour les simples amateurs que pour les fans hardcore.
WE WANT YOU
Quand je vous disais que le mot "immersion" allait revenir de nombreuses fois durant ce test, vous allez voir que je ne vous mentais pas. En entamant une nouvelle carrière vous devez tout d'abord remplir une petite fifiche concernant votre pilote. Première chose intéressante, c'est que tous les renseignements que vous donnerez se font par le biais d'une mini-interview en forme de conférence de presse après avoir choisi votre écurie. Inutile de préciser que celles-ci sont toutes là , de la prestigieuse Scuderia Ferrari à McLaren en passant par Force India, Red Bull ou encore Lotus (c'est tout doux). La sensation du jeune pilote présenté à la presse est vraiment bien rendue et la façon dont vous répondrez aux questions concernant vos courses ou votre ressenti par rapport à votre équipe affectera sensiblement la relation avec votre écurie. Je dis sensiblement car même si vous aurez le choix entre 3 réponses à chaque fois, on constate qu'il s'agit simplement d'une réponse négative, une neutre et une enthousiaste. Mais l'initiative est tout de même à saluer.
Passé l'instant amour, gloire et beauté de la mise sous les projecteurs, vous serez ensuite présenté à votre agent. Celui-ci vous accompagnera fidèlement tout au long de votre carrière pour vous conseiller et vous communiquer l'humeur de vos boss. Comme tout est en 3D interactive, votre agent vous attend sur sa chaise dans la carava... dans la loge prévue à cet effet où vous pourrez également consulter les statistiques des écuries concurrentes, leurs biographies ou encore choisir un joli casque parce qu'on rigole pas avec la sécurité quand même.
Après avoir décidé de l'étendu de votre mode Carrière "limité" à 7 saisons consécutives, vous voilà prêt à bouffer des essais, des qualif' et des courses à travers le monde. Arrive le moment tant attendu de l'entrée dans le garage. Si vous avez suivi jusque-là , vous aurez compris que Codemasters a voulu accentuer le côté immersif de leur F1 2010 et c'est pourquoi avant chaque course vous passerez nécessairement par le garage. Vous y serez accueilli par les techniciens et votre ingénieur perso que l'on appellera Michel par souci pratique et parce-que ça lui va bien. C'est en ce lieu donc que vous pouvez paramétrer tous les éléments techniques de votre bolide (pneus, équilibre, suspension, moteur...) en fonction de votre style de conduite, du circuit mais également des conditions météorologiques.
Ce dernier élément est primordial puisque la météo évolue avec le temps. C'est pourquoi il est nécessaire de prendre en compte les prévisions comme la probabilité qu'il se mette à pleuvoir par exemple. Si cet aspect simulation peut faire peur aux amateurs de sensations plus arcades qui ne veulent pas s'embêter à passer du temps sous le capot, les développeurs ont également pensé à eux puisque votre ami Michel se proposera d'effectuer des réglages rapides pour vous. Et ne vous attendez pas à quelque chose de grossier ou de bâclé puisque même les profils globaux du comportement de la voiture se ressentent pendant la conduite et respectent parfaitement les caractéristiques détaillées.
Michel vous tiendra également au courant des objectifs de la saison, de la course ainsi que des améliorations techniques que vous pourrez gagner en remplissant quelques objectifs comme battre un temps précis en un tour par exemple. Il faut savoir que l'objectif numéro uno de votre carrière est bien entendu de devenir le pilote chouchou de votre écurie. Ainsi vous devrez de temps en temps jeter un coup d'oeil sur ses performances pour garder un temps d'avance sur lui car les fameuses améliorations techniques que vous gagnerez s'appliquent en priorité au pilote numéro un. Voilà un aspect évolutif vraiment intéressant qui donne un but supplémentaire au simple fait de remporter les championnats.
Une fois tout cela fini, on peut passer aux fameuses sensations de vitesse tant attendues, au stress de l'attente du départ pendant que les techniciens poussent (pour de vrai) votre tuture sur la piste.
LO... LO... LOTUS !
Bien que les éléments décrits ci-dessus constituent tout de même une part importante de F1 2010, les sensations et le confort du gameplay sont sans aucun doute l'atout majeur du titre. Pour commencer dès que l'on prend place dans sa chère monoplace et que l'on contemple les paysages nous entourant, on s'aperçoit que le jeu est bien agréable à l'oeil. Certes c'est loin d'être le jeu le plus beau qu'une console next-gen puisse accueillir, et si certaines textures (notamment celles de quelques bâtiments) peuvent jurer dans l'ensemble ou alors que l'animation de certains personnages (techniciens, journalistes...) est assez rudimentaire, ça n'est pas là ce qu'on demande en priorité à un jeu de course. En revanche en terme d'impression de vitesse et de sensations de conduite vous allez être servi.
Tout d'abord il faut savoir que certains paramètres sont personnalisables selon le degré de difficulté et/ou de réalisme avec lequel vous souhaitez jouer. Il est ainsi possible d'activer ou non l'ABS, l'aide au freinage, le contrôle de traction, la trajectoire dynamique et bien sûr la transmission manuelle ou automatique. Le fait que tous ces éléments soient personnalisables est un atout considérable et permet à n'importe quel joueur de prendre du plaisir en avalant la piste, le côté arcade/simulation étant parfaitement dosé. Il est plaisant de constater que le moindre changement d'un de ces paramètres se ressent dans la conduite et ne sont pas là juste pour décorer.
Côté sensations de pilotage, encore une fois vous devinerez que le maître mot pour décrire le ressenti pad en main est... immersif. De la vue en passant par le comportement de la voiture, tout est équilibré entre impression de vitesse, fun et réalisme : la voiture colle à la route et vous ressentirez chaque pointe d'accélération. Les 5 vues possèdent chacune leur avantage, tant en terme de visibilité, de réalisme ou de vitesse. Mon choix personnel reste cependant la vue capot qui offre un excellent compromis entre vitesse et visibilité, la vitesse étant appuyée par un jeu de lumières et de reflets vraiment dynamique : les paysages se reflétant sur le casque de votre pilote ou sur le capot de votre monoplace est tout simplement bluffant. Et si la gestion des effets de lumière est dynamique, les conditions météo le sont tout autant. Pour que cela se ressente vraiment il est préférable de disputer une longue course sur une dizaine de tours mais il est important d'être attentif au ciel pendant que vous conduisez car il n'est pas rare qu'une averse s'abatte brutalement sur le circuit, ceci réduisant votre adhérence à la piste. La pluie, puisqu'on en parle, est un des facteurs qui m'a le plus impressionné tant par son aspect esthétique que par son influence sur la conduite, tous deux criants de réalisme. A noter à ce sujet que les gouttes de pluie s'accumulent sur la visière de votre casque ! Je peux vous dire que disputer un Grand Prix de Monaco sous une pluie battante est tout simplement épique.
En ce qui concerne le gameplay les commandes sont suffisamment simples pour que l'on se concentrer pleinement sur les sensations que procurent le titre. A noter deux nouvelles options, la première étant le guide de trajectoire héritée des Forza Motorsports. Vous pouvez bien sûr la désactiver si elle vous indispose, mais elle s'avère fort utile si l'on ne maîtrise pas bien un circuit. Deuxième ajout sympathique, la possibilité de modifier en temps réel le comportement de votre moteur, la position de votre aileron avant ou encore de programmer un changement de pneus lors de votre prochain passage aux stands. Il est préférable d'effectuer ces réglages en ligne droite sinon vous vous retrouverez à coup sûr dans les choux. Ces choix techniques sont à opérer comme bon vous semble mais Michel sera là durant toute la course pour vous apporter son soutien. Tel un vaillant copilote de rallye, il vous informera du comportement de votre voiture, des incidents éventuels sur le circuit ou encore sur la meilleure approche pour dépasser le concurrent que vous collez aux fesses. A noter que l'IA de F1 2010 a été travaillée de manière à ce que son comportement soit plus le humain et le plus réaliste possible. Donc au lieu de bourriner à essayer de passer en force, vos concurrents se révèleront bien finauds et plus stratégiques que dans d'autres jeux de F1 pour autant que vous jouiez au moins en difficulté Intermédiaire.
Enfin Codemasters a incorporé son système de flashbacks apparu dans Colin McRae DIRT (ainsi que GRID) qui vous téléporte comme son nom l'indique quelques temps avant un accident ou un passage mal négocié. Si cela ternit un peu le côté réaliste du soft, il faut bien avouer que cette option s'avère pratique durant un grand prix de 49 tours où vous avez relâché votre attention quelques secondes quand le chat des voisins vous a labouré les mollets parce que "vous comprenez, il est en train de faire ses griffes". Rien que pour vous j'ai même pu tester les sensations procurées par le volant sans-fil de Microsoft (merci Kristoof !) et force est de constater que c'est du pur bonheur. Avec le retour de force en prime, les sensations de conduite n'en sont que renforcées.
Pour clôturer le tour des modes de jeu, vous pourrez bien-entendu vous disputer la popôle position en multijoueur en ligne ou en local, le tout étant paramétrable à souhait bien entendu. Un petit "défaut" que j'aimerais souligner et que je retrouve dans bon nombre de jeux "next-gen" étant l'absence d'un multijoueur en écran splitté. C'est quand même dingue que plus nos écrans de télé sont grands, moins les jeux nous permettent de nous friter à plusieurs sur la même télé. Souvenez-vous (pour les moins jeunes) des parties multi endiablées sur Mario Kart à se tirer la bourre à 4 joueurs sur une 36 cm ! Mais vous l'aurez compris, ce n'est pas cette absence d'écran splitté ou quelques temps de chargement longuets qui viendront ternir l'essentiel à retenir de ce test : les fans de Formule 1 comme les simples amateurs de vitesse peuvent désormais se réjouir de l'arrivée de la nouvelle référence du genre sur console "next-gen".

Codemasters remporte ici le pari risqué de réunir dans un seul et même jeu les amateurs d'arcade et de simulation. Immersif, techniquement bluffant et complet, Formula One 2010 comble enfin le manque de simulation de F1 sur console "next-gen", ce qui ne peut que relancer l'intérêt pour cette discipline de très belle manière. Et c'est pas Schumi qui viendra nous dire le contraire.
Les plus
-Gameplay aux petits oignons.-Immersif à souhait.
-Très complet.
-Des effets visuels bluffants.
Les moins
-Pas d'écran splitté.-Temps de chargement un peu longs.
-Quelques bugs.
Détails
- Nom
- Formula One 2010
- Support
- Xbox 360
- Genre
- Courses
- Editeur
- Codemasters
- Développeur
- Codemasters
- Sortie
- 23 septembre 2010
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 3 ans et plus


















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