Xbox 360 Far Cry 3 : Blood Dragon


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Test de Far Cry 3 : Blood Dragon

Test du Mardi 30 avril 2013 par BouBouLL

En Novembre dernier sortait le 3ème opus de la saga Far Cry. Terriblement jouissif et riche en contenu, il avait permis de mettre en lumière le personnage de Vaas et sa folie omniprésente qui accompagnait le titre. Ubisoft a très vite compris que bon nombre de joueurs attendaient une extension digne de ce nom pour succéder à l’épopée de Jason Brody, sauf que l’éditeur français a pris tout le monde à contre-pied en annonçant Far Cry 3 : Blood Dragon, un stand alone au format arcade qui n’a absolument rien à voir avec le titre d’origine mais qui lorgne plus du côté de la série B des années 80.

Back in the 80’s

Blood Dragon a été écrit comme un hommage aux nanars et aux films d'actions des années 80 avec un pitch qui respire la S-F pas chère et le mauvais goût. L'action se passe dans le futur, en 2007 donc, où après des années de guerre nucléaire la terre est peuplée d'humains survivants et surtout de cyborgs qui font la loi sur les continents. Vous incarnez le Sergent Rex Colt, ancien membre de l'Omega force, Cybercommando de type IV, dépassé depuis longtemps mais bossant toujours pour le Gouvernement. Le Colonel Sloan, le meilleur des meilleurs, modèle de la nouvelle génération de cyborg et accessoirement votre ancien chef, utilise dorénavant l'Omega Force à son compte et s'est réfugié sur une île pour mettre en place un plan diabolique de destruction du monde à base d’arme atomique et d’humains génétiquement modifiés.

L'intrigue avance à coup de cinématiques 2D en pixel art sur-jouées par les doubleurs, pleines de répliques à l'humour gras façon Chuck Norris ou Kurt Russel. L’ensemble est audible en VF comme en VO et laisse le doux goût de nanar authentique et assumé. La bande originale très présente composée par l'artiste Powerglove, est une véritable réussite qui rappelle le style de l’époque et qui colle donc parfaitement à l'ambiance qu'Ubisoft a voulu poser sur son titre.

Blood Dragon regorge de petits détails qui font mouche pour quelqu'un qui a grandi dans les années 80 : les écrans de chargement ressemblent à des TV cathodique 4/3 en mode neige, le style des menus n'a rien à envier au minitel et les références se comptent à la pelle (Terminator, Aliens, Rocky, Star Wars ou encore quelques animés populaires) et rythment l'aventure, lui conférant une bonne dose de rigolades et de souvenirs. L'introduction du jeu donne immédiatement le ton : mitrailler une garnison à bord d'un hélicoptère sur un bon vieux rock'n'roll à la Chuck Berry. Ubisoft change donc totalement de registre, oubliez le sérieux et le réalisme de Far Cry 3, Blood Dragon donne dans le débile et le what-the-fuck ô combien jouissif et ce dès le didacticiel. En effet, des phrases absurdes et toutes faites complètement débiles vous demanderont d’"Appuyez sur A pour prouver que vous savez lire" et qui vous expliqueront que "Courir c'est comme marcher mais en plus vite".

I need your clothes, your boots and your motorcycle

Graphiquement Blood Dragon utilise le même moteur que Far Cry 3 qui nous a prouvé sa valeur, mais la direction artistique est véritablement à vomir en plus de respirer le mauvais goût. Sauf qu’ici, contrairement à d’autres productions, les développeurs ont choisi de taper volontairement dans le fluo et le flashy à gogo, marque de fabrique des 80’s. La petite île sur laquelle Rex se promène ne mesure que 2,5 km² et n’est forcément pas aussi luxuriante que Rook Island. Il s’agit tout de même d’un titre arcade qui pèse moins de 2Go, du coup une espèce de brouillard rouge, censé sans doute représenter « l’hiver atomique » est omniprésent et le jeu est ainsi constamment plongé dans la pénombre sous couvert d’une météo orageuse elle aussi omniprésente. Ce choix renforce le côté post-guerre nucléaire du contexte mais niveau lisibilité on a vu beaucoup mieux. Rien à voir avec le soleil éclatant et les palmiers de Rook Island, ici ce sera flash et lumière fluo avec au choix violet, vert ou rouge sur fond de brouillard rouge avec des explosions dans tous les sens. Autant dire que l’action sera moins flamboyante Far Cry 3 même si les effets visuels restent de première qualité.

En dépit de son statut de jeu en téléchargement, l’île n’est pas figée et les nombreuses scènes de vie présentes dans l’original sont également répétées ici avec au détour d’une route des patrouilles de jeep, une colonne de l’Omega Force escortant des scientifiques ou encore des affrontements entre soldats cyborgs et faune locale. Malgré sa petite taille, l’île compte plus d’une dizaine d’espèces d’animaux loufoques réadaptés pour la plupart de l’œuvre originale tels les Robot-Crocos, les Cyber-Requins, les Serpent-Néons ou encore les Casoar-Zombies. Parmi toutes ces joyeuses bestioles se trouvent les Dragons de Sang, véritable nouveauté faisant partie intégrante du gameplay et de l’histoire du jeu. Ces énormes bestioles plus imposantes qu’un camping car peuvent vous déchaussez la mâchoire en quelques coups de griffes et si vous aimez faire bronzette vous apprécierez leurs yeux qui projettent d’énormes rayons laser. Pour parcourir cet univers complètement absurde vous pourrez toujours profiter de jeep, bateau ou jet-ski. Par ailleurs, Rex en a sous le coude quand il s’agit de se déplacer rapidement et Michael Phelps peut remballer sa combi quand il se met à la brasse.

Say hello to my little friend !

Même si l’ensemble du jeu respire le Far Cry 3 reskinné, Ubisoft a tout de même apporté quelques changements au gameplay, principalement pour l’alléger et ainsi mieux coller au format arcade/téléchargeable. Les habitués du titre original ne seront pas perdus puisque que tous les features move de Jason Brody sont désormais accessibles à Rex, à la différence que la vitesse du jeu a été clairement revue à la hausse. Vous aurez toujours la possibilité de choisir l’approche bourrin ou subtile sauf qu’ici les mises à mort au couteau se placent bien plus facilement. Vous pourrez ainsi courir et déclencher une exécution à presque 5 mètres d’un ennemi. Là où avant il fallait s’élever pour finalement tomber sur l’ennemi, ici il suffira de courir très vite et sauter pour vous retrouver au dessus du cyber gars, le takedown se déclenchant automatiquement.

Rex étant un cyber soldat avec un bras robotisé, exit les répliques du petit garçon dégoûté par le sang et les boyaux de sanglier poussées par Jason. Ce nouvel héros ponctue ses assassinats par des « That’s my kind of Blow Job », « Kaboum » « Were are you heading », la traduction est inutile car en VO c’est toujours plus jouissif surtout quand c’est Michael Biehn (Terminator, Aliens) qui s’y colle. Ubisoft a même eu la brillante idée d’ajouter une nouvelle fonction à la touche des takedown, dorénavant quand vous aurez zigouillé du cyborg vous pourrez joyeusement lui montrer le doigt du milieu de votre main métallique, voire même alterner d’une main à l’autre comme un gosse de 6 ans qui découvre le pouvoir de ses majeurs. L’idée du siècle !

Pour le reste, l’appareil photo qui servait à marquer les ennemis a été remplacé par l’œil cybernétique de Rex ajoutant de vieilles ondulations de téléviseur cathodique du plus bel effet, et la gestion de la santé se fait toujours par le biais de seringues qui pourront être achetées. En l’absence de celles-ci, notre héros pourra lui aussi se soigner mais non pas en se sortant une écharde du bras ou en se faisant un bandage, le cyber-commando sortira carrément le fer à souder pour rafistoler son bras voire même se déloger une balle avec deux doigts. Bref, presque tout a été adapté de la plus belle manière en appliquant cependant l’esprit déjanté du nanar des 80’s. Il en va de même pour les quelques armes entièrement customisables : du fusil d’assaut laser, au sniper à balle explosive, jusqu’à la grosse gatling ou le fusil à pompe M1887, joujoux qui se trouvent être comme par hasard les fidèles compagnons du T800 de Terminator.

Comme dans Far Cry 3, la carte regorge de camps ennemis appelés ici des garnisons que vous pourrez capturer en les nettoyant. Même principe que pour Jason Brody, Rex pourra foncer tête baissée et déclencher l’alarme pour essuyer des vagues d’ennemis allant du simple cyber-trouffion à l’hélicoptère féroce. Heureusement, il est toujours possible de se faufiler pour désactiver ces alarmes et dessouder un à un les bad guys à coups de couteau ou à l’aide d’un arc. La subtilité, si on peut l’appeler ainsi, c’est que le jeu regorge de dragons de sang et vous allez pouvoir vous servir de ces monstres dévastateurs ! Chaque garnison dispose d’un champ protecteur électromagnétique, il vous suffira de le trouver, de le plastiquer à coups de C4000 qui, comme l’indique le guide, se trouve être du C4 mais avec 3 zéros derrière. Une fois la brèche créée, il faudra attirer la bestiole dans la base en l’appâtant de deux manières : avec du feu ou des cyborgs. Dans ce stand-alone vous aurez ainsi toujours la possibilité de piller les cadavres, sauf que Rex va carrément plonger sa main dans la poitrine des cyborgs morts pour en extraire le cœur artificiel. A partir de là il suffit de savoir qu’en jetant un cœur vous pourrez attirer un ‘dragon de sang et le tour est joué, la base se vide toute seule. Mais encore faudra-t-il faire ressortir la bête après coup ou alors lui faire bouffer les pissenlits par la racine. Autant vous dire que vous allez suer. Une fois une garnison débloquée, vous allez pouvoir profiter des quelques rares missions secondaires, l’occasion de débloquer un peu de matos avant de repartir sur les traces de Sloan''. Deux types de missions s'offrent à vous : les missions prises d’otages et la voie du prédateur.

Les premières missions vous demanderont simplement de vous rendre dans une zone pour tuer les quelques rares soldats de l’Omega Force tout en prenant soin du scientifique tenu captif, un jeu d’enfant. La voie du prédateur proposera un mélange de missions secondaires déjà vu dans Far Cry 3. On vous demandera ainsi de tuer une bête rare avec une arme définie et il en sera de même pour des soldats VIP. Parmi ces missions se cachent quelques perles rares où l’on vous demandera par exemple de descendre dans les égouts pour tuer 4 tortues mutantes... Malgré la disparition totale de la chasse, de la confection de sacoche et de seringue spéciale, Blood Dragon regorge d’objets à collecter à l’instar de son aîné. Là aussi on fait dans les 80’s puisqu’il faudra partir à la chasse aux VHS et aux vieux téléviseurs, nostalgie…

Hasta la vista... Baby !

Comme pour l’œuvre originale, libérer des garnisons et remplir des missions secondaires serviront à gagner de l’XP et débloquer suffisamment de matériel pour vous faciliter l’aventure principale, mais là aussi le système d’XP - renommé en CP pour Cyber Point - a été grandement simplifié. Plus besoin de choisir parmi des arbres de compétences. A chaque niveau vous débloquerez une upgrade et l’évolution du cyber-commando dépassé à l’ultime défourailleur se fera tout naturellement au fil des 30 niveaux. Rien de neuf de ce côté puisqu’il s’agit d’un copier/coller de ce que propose Far Cry 3 en mêlant point de vie, force physique et attaque au corps à corps. Avec tout ça vous pourrez donc vous jeter sur les missions principales peu nombreuses mais qui restent terriblement jouissives et variées. Si au début on vous expliquera comment nettoyer une garnison, ou faire péter un barrage, petit à petit les objectifs deviennent de plus en plus intéressants avec un final en apothéose qui fera plaisir à énormément de monde. Aucune mission ne se ressemble et chacune sera l’occasion d’un ou plusieurs clins d’œil.

Imaginez vous en train de nettoyer des laboratoires peuplés de cyber-soldats armés de gatling et de fusil laser pour finalement vous retrouvez dans une grotte en proie à d’énormes dragons de sang, où, pour la gloire de l’humanité, on vous demandera de brûler leur œufs à coup de lance flamme pour éviter toutes propagations de ces bestioles... Blood Dragon respire la nostalgie des 80’s aussi je ne vous gâcherai pas plus le plaisir mais sachez néanmoins que le level design est toujours aussi efficace et malgré une IA qui n’a rien gagné depuis Far Cry 3, les affrontements sont souvent bordéliques et pyrotechniques avec des niveaux regorgeant d’objets explosifs et des dragons semant chaos et dévastation sur leur passage.

8

Véritable hommage aux 80’s, au mauvais goût, aux nanars et aux films d'action de notre enfance, Far Cry 3 : Blood Dragon est une véritable réussite qui respire les références cultes et les dialogues bien pourris. En totale roue libre, les développeurs se sont fait plaisir avec une dose de fun des plus communicative. Malgré une lisibilité épouvantable et une direction artistique kitch au possible, Blood Dragon réussit tout de A à Z. En reprenant les bases de Far Cry 3 et en les simplifiant, Blood Dragon propose un véritable voyage au pays de la S-F à deux balles avec une bande originale de qualité et des choix artistiques totalement assumés. En proposant un stand-alone d’une durée de vie de 6-7h avec les bases solides d’un des meilleurs FPS de 2012, Ubisoft peut tout aussi bien attirer les joueurs de Far Cry 3 que les faire fuir ou en amener de nouveaux grâce à cette aventure déjantée et rafraîchissante. Pour être mauvaise langue on pourrait dire que Blood Dragon est une version allégée et reskinnée de celui dont il hérite le nom, mais les bases du nanar sont là et il n’y a pas à dire, ça fait du bien de ne pas se prendre au sérieux pour une fois.

Les plus

- Un jeu open world à 15€.
- Les références cultes aux 80’s.
- Les dialogues ridicules.
- La bande originale.
- Très bon rapport qualité prix mais…

Les moins

-… on en redemande.
-Le brouillard rouge omniprésent.
-Le côté flashy qui tue la lisibilité.
-Où sont la Dolorean et les Vélociraptors ?
-Un univers particuliers qui pourra rebuter.

Détails

18+
Nom
Far Cry 3 : Blood Dragon
Support
Xbox 360
Genre
Shoot*em Up
Editeur
Ubisoft
Développeur
Ubisoft Montréal
Sortie
01 mai 2013
Recommandation PEGI
Joueurs de 18 ans et plus

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