Xbox 360 Enslaved


  • Imprimer
  • Envoyer à un ami
Test de Enslaved

Test du Dimanche 10 octobre 2010 par AssKicker

Surveillé de près de part sa paternité anglaise portant les gènes de Ninja Theory à qui l'on doit le sympathique Heavenly Sword, Enslaved débarque après de longs mois passés à nous charmer avec ses environnements envoutants et son intriguant principe de coopération solitaire (sisi c'est possib'). La pression se montre imposante pour le studio autrefois connu sous le patronyme de Just Add Monster mais à la vue des vidéos de carnet des développeurs, ses petits soldats paraissaient bien confiants. En même temps le casting qu'ils ont réussi à se mettre en poche se montre intéressant alors forcément, il y a de quoi bomber le torse et prendre de l'assurance. Enslaved fait-il office de consécration pour Ninja Theory qui semble avoir les atouts pour faire partir des grands ? Réponse ci-dessous si tout se passe bien.

Toi Jane, moi Cheetah imberbe

L'histoire d'Enslaved débute sans prendre de gants ni de pincettes stérilisées. On se trouve ainsi face à une grosse brute se retrouvant enfermée malgré elle dans un espèce de cocon métallique pour une raison que l'on ignore totalement. Tout pète autour de lui, le malabar énervé aperçoit une charmante ado parvenir à s'extirper de sa geôle sans prendre soin de lui donner un coup de main mais panipwoblème, lui aussi fini par s'en défaire après quelques actes de violence. S'en suit alors une course-poursuite entre les 2 ex-taulards de fortune au sein d'une forteresse volante partant à la dérive infestée de robots-tueurs. Quoiqu'il en soit les 2 compères s'y échappent en catastrophe grâce à une capsule de survie mais à son réveil à terre, le dénomméMonkey se retrouve avec une surprise non-homologuée par Kinder, à savoir une couronne l'obligeant à rester à proximité de la demoiselle Trip. Contre son gré celle-ci le contraint alors à la raccompagner à son village natal peuplé de rebelles. Petite subtilité cependant : si Trip meurt, Monkey meurt. En découle ainsi un principe de survie et de coopération entre les 2 personnages qui se noueront forcément d'amitié au fil de l'aventure que je ne vais pas vous spoiler davantage et sans vous quémander la moindre compensation financière en échange.

Pour votre culture sachez que le background d'Enslaved est basé sur le conte chinois Le Voyage en Occident qui a notamment inspiré la célèbre série Dragon Ball d'Akira Toriyama. Ce n'est donc pas pour rien que vous retrouverez ici certaines ressemblances comme la présence d'un bâton magique rétractable, d'un nuage volant high-tech, ou encore quelques similitudes que partage Monkey avec nos amis les singes.

Sexe faible mais pas trop

Le gameplay d'Enslaved se veut varié avec un habile mélange entre aventure, plateforme, beat them all, shoot, réflexion et coopération, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Nos 2 protagonistes évoluent ainsi dans des environnements vastes mais néanmoins linéaires. Il s'agit généralement de parvenir à la sortie d'une zone en effectuant moult cabrioles tout en tentant d'esquiver les divers robots ennemis ou de les dézinguer en rentrant dans le lard. Certains d'entre eux nécessiteront diverses méthodes pour les fracasser à mort, tout dépendant de leurs particularités. Ceux de base ne seront pas bien compliqués à claquer mais d'autres plus fourbes useront par exemple d'un bouclier ou les tourelles de défenses rétractables ne pourront qu'être laminées au corps à corps. Pour arriver à vos fins il vous arrivera régulièrement de mettre à contribution des actions coopératives telles que demander à Trip de faire diversion ou inversement, lui demander d'activer des mécanismes afin de vous permettre de progresser, etc... La partie plateforme vous demandera elle aussi de partager quelques actions communes étant donné que la donzelle se montre bien moins agile que vous le simili-babouin. Il vous faudra ainsi de temps à autre la porter sur votre dos, la balancer en hauteur, ou prendre des chemins annexes périlleux pour lui débloquer la route.

Mais ne croyez pas que Trip se limite au rôle de potiche de la Roue de la Fortune puisque ses talents en informatique et en hacking vous permettent de profiter de bien des trouvailles qui se retrouvent affichées sur votre HUD grâce à la projection cérébrale de données transférées dans la couronne que porte Monkey. Ainsi la plupart du temps en début de chaque zone Trip enverra sa libellule mécanique afin de scanner les lieux. Cette manipulation (imposée) vous marque au travers d'icones l'emplacement des robots ennemis, des mécanismes à activer, etc... Tant qu'à foutre en l'air sa manucure, c'est également elle qui permettra de booster certaines de vos aptitudes en échange d'une certaine somme de tech-orbes : la santé (jauge de vie augmentée, régénération progressive, etc..), le bouclier (durée de résistance, etc..), le combat (nouveaux coups, parasiter plus longtemps les robots, etc...) et le bâton faisant également office de pétoire (cadence de tir plus élevée, peut accumuler plus de munitions, etc...). Sachant que les combats représentent une part importante du jeu, le tuning de ces éléments ne seront pas à prendre à la légère si vous ne souhaitez pas régulièrement bouffer du pissenlit. C'est pourquoi il est relativement conseillé d'explorer les niveaux pour se récupérer un maximum de tech-orbes ainsi que d'étranges bugs...

A trop vouloir se diversifier on pourrait croire qu'Enslaved se foire au moins dans l'un d'entre eux mais que nenni, c'est du tout bon sur tous les points. Les séquences de baston s'apparentent un peu à du Prince of Persia de ces dernières années à la différence près qu'elles dégagent ici une rage tout bonnement jouissive tant la violence des coups est parfaitement retranscrite, et notamment grâce à des effets de ralentis et des finish moves monstrueusement classieux avec un Monkey littéralement on fire, expressions faciles survoltées à l'appui. Même si le nombre de coups n'est pas si énorme que ça, on parvient tout de même à prendre son pied à chaque castagne. Par contre pour ce qui est de la plateforme on se rend rapidement compte des limites qui nous sont imposées...

Hollywood dans ta console

Jusque-là le cadre d'Enslaved semble idyllique en tout point mais il faut tout de même mentionner quelques défauts ou conceptions de gameplay qui pourront en refroidir plus d'un. Détail débile : vous ne pouvez pas sauter quand vous voulez. Non monsieur, c'est seulement aux endroits prévus pour être escaladés que le saut vous est permis. Dans les autres cas la touche dédiée sert à réaliser des esquives, un choix plutôt étrange pour un jeu qui mise autant sur l'aspect plateforme. De ce fait on pourra ressentir un certain sentiment de frustration au point de devenir claustrophobe du pad. A ce niveau on pourra également regretter le fait qu'Enslaved fasse partie de ces jeux pensés pour les joueurs modernes, c'est à dire ceux qui ont besoin de gros indicateurs fluos clignotants pour savoir où aller (oh les cons...). Dans le cas présent on en arrive pas là mais sachez que les prises vous permettant de faire de la grimpette apparaissent en surbrillance afin de vous signaler les chemins à arpenter. Cette casualisation pourra agacer mais pour la défense de Ninja Theory il faut admettre que les décors sont énormément fouillés et détaillés, à tel point que l'on aurait vraiment de quoi péter un plomb sans savoir où aller autrement. En restant mignon avec eux nous pouvons estimer que c'est également la conception tortueuse et casse-gueule des niveaux qui a dû engendrer la limitation des sauts histoire de sauver la vie de nos chères manettes. Soit.

C'est sûr, ces points pourront agacer de prime abord mais ce serait vraiment gâcher que de bouder le jeu à cause de ça tant l'aventure se montre prenante. Enslaved jouit (oh oui !) d'une haute teneur narrative qui pourra fortement faire penser à du Uncharted avec ses nombreuses cinématiques in-game de qualité entrecoupant les phases de gameplay sans pour autant paraître relous. Celles-ci se montrent admirablement bien réalisées en soutiennent parfaitement l'action du moment ou l'intrigue scénaristique. Pour info c'est le scénariste Alex Garland ayant bossé sur les films La Plage et 28 Jours Plus Tard qui a participé à leur élaboration ainsi qu'à la conception des niveaux (c'est que le monsieur est un gros joueur). Le résultat final se montre plaisant de bout en bout avec des phases de jeu mêlant habilement baston, shoot, plateforme, réflexion, coopération et combat avec notamment des boss qui mettront à contribution vos diverses capacités ainsi que certains éléments du décor pour en venir à bout. C'est bien simple, Enslaved fait partie de ces jeux où l'on ne voit pas le temps passer tant l'ensemble se montre agréable et accrocheur, ceux où l'on repousse sans cesse l'échéance du cruel effleurement du bouton OFF de la console. Du grand art tout simplement... même si là encore quelques furoncles viennent un peu ternir le tableau.

Pour plonger un peu plus le joueur dans le bain cinématographique, les développeurs ont opté pour des plans caméras semi-manuels. Dans certaines zones vous pouvez bouger la vue de manière totalement libre avec le stick analogique droit tandis que dans d'autres elle vous sera imposée avec de manière assez stylée afin de renforcer la mise en scène. Sauf qu'il arrive que lorsque l'on passe de l'une à l'autre la maniabilité à du mal à suivre le pas, ce qui fait que l'on se retrouve avec des contrôles totalement inversés durant une ou 2 secondes. Ok, ça paraît bien peu mais dans les faits c'est plutôt désagréable.

Si toi aussi quand tu vois Fernande tu bandes

Techniquement Enslaved mouline grâce à ce cher Unreal Engine 3, le meilleur ami des studios de développement actuels. Le résultat est ici plutôt surprenant puisque pour une fois le moteur d'Epic nous livre des environnements immenses et hauts en couleurs. Le monde d'Enslaved se montre tout bonnement magnifique d'un point de vue artistique et participe grandement à la qualité de l'immersion du joueur dans l'aventure. La trame du jeu nous plonge dans un monde futuriste dévasté par les guerres mais contrairement à du Terminator ou d'autres productions apocalyptiques, Mère Nature a fini par reprendre le dessus. En découle ainsi des décors mixant d'immenses structures bétonnées recouvertes de verdure avec un rendu très convaincant. Du beau boulot. Les personnages ne sont pas en reste avec des charismes de bon aloi et des modélisations impeccables. Mention spéciale aux visages qui ont carrément eu droit à des scéances de motion capture entre autre chaperonnées par Andy Serkis, l'acteur ayant joué le rôle de Gollum dans la trilogie du Seigneur des Anneaux. Le résultat est vraiment excellent et plus particulièrement dans les cinématiques où l'on parvient à ressentir les sentiments des différents protagonistes, qu'il s'agisse de haine, de joie, de tristesse ou d'humour. Là aussi les aspects narratifs et cinématographiques se montrent particulièrement gâtés et nous voyons bien là que Ninja Theory maîtrise son sujet d'autant plus que pour une fois les doublages français sont vraiment très réussis. Même si le Enslaved se veut globalement sérieux, l'usage de l'humour sait faire mouche avec des répliques et des dialogues travaillés.

Hélas l'Unreal Engine 3 n'oublie pas ses quelques habituelles tares techniques puisque le problème des textures qui mettent parfois du temps à se charger répond présent. On a également la sensation que le moteur a un peu de mal avec des environnements aussi vastes puisque l'on peut noter la présence d'effets de poping sur certains bouts de décor. Rien de bien dramatique, certes, mais il arrive également qu'Enslaved se mette parfois à ramer assez méchamment. Cela se produit quelques fois lors de séquences où l'on se déplace avec le nuage magique ou lors de combats mettant en scène 4 ou 5 robots en même temps (ce qui n'arrive que vers la fin du jeu). Autant dire que c'est pas toujours évident de s'en sortir quand il faut en plus de ça gérer les quelques problèmes de caméra pouvant potentiellement être combinés à des passages où le temps nous est compté.

8

Au final le plus gros problème d'Enslaved se retrouve dans le très gros plaisir de jeu qu'il procure au point que son aventure paraît bien courte avec ses 14 chapitres que l'on torche en 7 ou 8 heures grand maximum. Il n'empêche que ce sont des heures bien pleines qui devraient trouver une place dans votre petit coeur de g33k ou non. Certes le titre ne révolutionne aucunement le triste monde du jeu-vidéo mais son identité visuelle couplée à son excellente mise en scène, sa narration de qualité et son gameplay varié avec efficacité en font de lui une valeur sûre du jeu d'action/aventure en cette fin d'année 2010. Un gros coup de coeur pour ma part malgré ses quelques défauts techniques ou ses choix de conception parfois discutables.

Les plus

- Un univers magnifique.
- L'aspect narratif très réussi.
- Gameplay varié et efficace.
- Grand plaisir de jeu.
- Excellentes voix françaises, un miracle !

Les moins

- C'est court garçon !
- Caméras un peu lourdingues.
- Techniquement instable.
- Un peu trop dirigiste.

Détails

16+
Nom
Enslaved
Support
Xbox 360
Genre
Action
Editeur
Namco Bandai
Développeur
Ninja Theory
Sortie
08 octobre 2010
Recommandation PEGI
Joueurs de 16 ans et plus

C'est en décembre 1994 que le géant de l'électroménager Sony fera son entrée sur le marché très concurrentiel des jeux vidéo à l'aide son système 32 bits nommé PlayStation.