Xbox 360 Duke Nukem Forever


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Test de Duke Nukem Forever

Test du Mardi 14 juin 2011 par Dayton

Soyons sérieux deux minutes voulez-vous ? Aucun jeu au monde ne peut être attendu pendant plus de 13 ans et réussir le pari complètement fou d'atteindre le niveau de qualité espéré par les joueurs. Surtout pas lorsqu'il s'agit de la suite d'un titre qui représente à lui tout seul la quintessence d'un genre aujourd'hui disparu. Cela dit nous y sommes, Duke is back. Vous pouvez courir dans votre boutique préférée pour vérifier, mais ça y est Duke Nukem Forever est enfin sorti. Les premiers tests sur le net le descendant sans aucune forme de pitié, il était temps qu'un autre son de cloche se fasse entendre. Chez Gamers.fr on a des ballz of steel et nous avons particulièrement apprécié de retrouver les boots du king le temps de 12 heures variées (sisi c'est possible), bourrines et à l'humour bien gras. Mesdames, à moins d'être légèrement maso, il y a peu de chance que le titre vous plaise (si c'est le cas envoyer moi un mail qu'on se cale un RDV). Messieurs, préparez les bières, les chips et les mouchoirs c'est parti pour un voyage dans un monde merveilleux où l'on peut claquer des poitrines opulentes, dessiner des zboubs sur un tableau et bien entendu picoler comme des trous pour devenir plus fort. Let's rock.

Mise au point.

Une chose fondamentale avant de rentrer dans le vif du sujet. Duke Nukem Forever est un projet en gestation depuis 1997, recommencé de nombreuses fois depuis le début et ayant connu de nombreux changements de moteur graphique. Je vais vous épargner toute l'histoire mais en gros suite à la faillite de 3D Realms une petite équipe de développeurs originaux a pu assembler le jeu et le fignoler (légèrement) sous la houlette de Gearbox Software. Il ne faut donc pas s'attendre à un jeu qui enterrera tous les autres, on était quand même prévenu avec les bandes-annonces et autres déclarations. Duke Nukem Forever est avant tout un projet réservé aux fans qui n'est pas très beau ni très abouti mais qui transpire la joie de vivre et le fun des jeux à l'ancienne. Il est donc clair que les remarques sur ses textures pourries et ses animations à la ramasse n'ont pas leur place ici. Ces défauts sont logiques, soit vous avez été aveugle depuis le lancement des premières images soit vous croyez aux miracles, dans les deux cas vos attentes étaient bien trop hautes.

Idem, vous lirez ailleurs que le level design est une catastrophe, c'est vrai, mais pas forcément plus que celui des Call of Duty. Vous trouverez ici le même schéma de couloirs et d'arènes remplis d'ennemis à dessouder. Forcement ceux ayant connu le grand Duke 3D seront déçus de ne plus avoir de niveaux ouverts à l'image du cultissime Hollywood Hollocaust, ce à quoi je leur répondrai que de toute façon le génie connu sous le pseudo Levellord à l'origine des meilleures idées de l'époque a quitté 3D Realms il y a bien longtemps et que par conséquent il était inévitable que nous arrivions à telle situation.

I've got ballz of Steel.

Malgré ses défauts, Duke Nukem Forever partage tout de même de nombreux points communs avec son illustre ancêtre, à commencer par son bestiaire et ses armes. Quel plaisir de retrouver les cochons flics, les battlelords, l'empereur cycloïde ainsi que la triple mitraillette, le shrinker, le frozen ray, et les pipes bombs. Cet arsenal varié ne sera pas de trop pour démembrer des ennemis totalement stupides mais très réactifs. Ici pas de stratégie pour vous déloger, leur unique but dans la vie est de vous attaquer encore et encore jusqu'à ce que Duke rende l'âme. Il en résulte des combats un peu brouillons mais remplis de punch durant lesquels votre fusil à pompe deviendra votre meilleur ami. Notons d'ailleurs que si les bruitages ne sont pas transcendants, ceux des armes et notamment du fusil à pompe font vraiment plaisir à entendre, surtout lorsqu'ils sont combinés à la gerbe de sang éclaboussant l'écran suite à la détonation.

Sur les trois modes de difficulté proposés, oubliez le piece of cake bien trop facile et commencez directement en let's rock. Le challenge se voudra bien plus équilibré et il devrait vous fournir un minimum de résistance. Les plus foufous d'entre-vous pourrons toujours tenter l'expérience en come get some, voire en damn i'm good (une fois le jeu terminé) mais autant vous y préparer car en plus des nombreuses morts qui vous attendent, vous devrez vous retaper les chargements scandaleux sur consoles qui les accompagnes.

Si je ne devais faire qu'un seul reproche à Duke Nukem Forever, ce serait d'ailleurs ces chargements totalement horripilants et dont on ne comprend toujours pas la longueur inexpliquée (sur consoles hein, parce que sur PC visiblement c'est déjà largement mieux).

Coochy Coochy

Si Duke Nukem 3D a eu tant de succès à l'époque, c'était non seulement parce qu'il représentait le summum de l'expérience des doom-like, mais aussi parce qu'il était rempli d'un humour bien gras dans lequel les aliens prennent le temps de faire caca pendant une invasion, les femmes sont des stripteaseuses et les flics des porcs armés de fusils à pompe. C'est donc dans cette dernière partie que nous retrouverons la joie de jouer à Duke Nukem Forever. Cela commence dès l'introduction que vous avez peut être déjà testé dans la démo, construite comme une mise en abime. Duke joue à Duke affrontant le dernier boss de Duke Nukem 3D. Alors que la caméra amorce un zoom arrière, vous comprenez que le King aime jouer à la console comme tout homme normalement constitué, c'est-à-dire tout en ce faisant lustrer le joystick par deux jumelles très intelligentes de beauté. A partir de là l'aventure commence et ce premier niveau proposé sera l'occasion de bien vous marrer et de comprendre les mécaniques de la jauge de santé.

Fini les medikits planqués à droite et à gauche, Duke possède maintenant une barre d'égo qui se vide et se remplie comme dans tous les jeux modernes, c'est-à-dire automatiquement. C'est vrai que c'est dommage mais ça va de paire avec l'abandon des niveaux ouverts. Cette barre d'égo pourra être agrandie au cours de votre aventure en réalisant des dizaines d'interactions avec les décors. Exemple typique : vous admirer dans une glace, rien de mieux pour gonfler son égo. Cependant on pourra tout autant jouer au flipper, regarder un striptease, foutre son poing dans la tronche d'un mec uniquement parce que c'est un gros con (particulièrement satisfaisant), mettre des claques à des nichons ou encore fumer un bon vieux cigare cubain de la marque Clinton.

L'histoire est simple, Duke est au top de sa forme, il a sauvé le monde il y a douze ans, il est richissime, c'est une icône internationale, il a tout gagné et son jeu vient enfin de sortir. Bref, tout va bien dans le meilleur des mondes et c'est donc forcement le moment que choisissent les aliens pour revenir foutre le bordel sur terre. Si leur comportement hostile ne sera pas le facteur déclencheur de la fureur du Duke, tout change lorsque ces imbéciles d'extraterrestres décident d'enlever nos femelles pour les féconder. Pour Duke c'est l'affront de trop, il ne trouvera plus le repos désormais tant qu'il ne leur aura pas botté le cul comme il se doit. Il le dit d'ailleurs très bien lui-même : "Not my babes ! Not in my town !"

Hail to the king baby!

Réparti sur 24 chapitres plus ou moins long, il vous faudra une bonne douzaine d'heures pour terminer le jeu. Bien évidemment ce chiffre est relatif et dépend pour beaucoup de vos actions et de savoir si vous allez flâner partout pour trouver toutes les interactions ou si vous rushez comme un goret. Ce qui est sûr, c'est que l'aventure sera longue (par rapport aux standards actuels) mais surtout variée. C'est une des grandes force de Duke Nukem Forever, on ne s’ennuie pas une seconde et les situations s'enchainent à un rythme effréné. Conduite d'une mini-voiture, mitraillage de vaisseaux spatiaux depuis une tourelle, parcours d'un fastfood en mode réduit vous forçant à évoluer au milieu de pots de moutarde géants ou de pains à hamburger, moment de détente dans un stripclub ou combats contre des boss gigantesques, le jeu est généreux et procure un fun tel que seul les vieilles productions savaient nous délivrer. Oui en terme de design nous sommes à des années lumière de Duke Nukem 3D mais l'esprit décalé et surtout le bonheur de jouer uniquement pour rigoler et passer un bon moment sont bien là.

C'est ce qu'il faudra retenir de ce Duke Nukem Forever, la variété des situations et son humour contrebalancent avec ses graphismes datés et ses autres défauts. Pour la petite anecdote et par soucis déontologique, je n'ai pas pu m'empêcher de faire tester le jeu à des joueurs occasionnels de mon entourage pour savoir si je n'étais pas trop aveuglé par toute ma nostalgie et le fan-service délivré. Les résultats ont été sans appel : tous ceux à qui je l'ai montré ont apprécié, rigolé et n'ont même pas fait de remarque sur ses graphismes et ses textures pourraves.

Le joueur averti sera peut-être un peu plus critique, il pestera contre les loadings c'est sûr, trouvera surement qu'il est un peu bizarre de ne pouvoir attaquer un boss qu'avec des explosifs ou des tourelles mais avec un minimum de bonne volonté il fera abstraction lui aussi de ces défauts et embrassera tout comme moi l'humour et une aventure rythmée et fun comme pas deux. Il faut avouer que le plus difficile à passer dans ce jeu sera la première heure. Ça pique les yeux mais plus on avance, plus cela s'améliore et surtout plus on éprouve de plaisir à jouer. La maniabilité n'est pas aussi naze que ce qu'on essayei de vous faire croire ailleurs, le Duke est réactif et c'est avec plaisir qu'on redécouvre les joies du strafe tout en défouraillant comme dans tous les classiques de l'époque.

Time to kick ass!

Il ne me reste plus qu'a vous parler des petits plus de ce Duke Nukem Forever, à commencer par son mode multijoueur. Il faut se rappeler que beaucoup de vieux comme moi ont fait leurs premières LAN sur son ancêtre en cours d'informatique le mercredi après- midi. Tout comme le reste du jeu, on y retrouve rien de bien extraordinaire mais beaucoup de fun. Les niveaux sont déjà bien plus ouverts et étalés sur plusieurs niveaux ayant pour conséquence directe le retour du jetpack ! Les armes sont disséminées un peu partout et c'est un plaisir de se foutre sur la tronche à coups d'insultes bien grasses servies par la voix suave et caverneuse de Jon St John (en VO, la version française étant assurée par le doubleur de Schwarzy, une catastrophe...). C'est sûr, il faudra repasser pour l'originalité des modes entre le king of the hill, le deathmatch et le capture the flag intelligemment renommé ici capture the babes puisqu'il faut embarquer une nana sur son épaule et lui donner la fessée si jamais elle commence à se débattre. Tout cela encadré par un système de progression à base d'XP commun à tous les jeux en ligne actuels. Par contre pour l'instant il faut bien avouer que le multijoueur sur consoles est un peu tronqué, la faute à des déconnexions bien trop fréquentes ainsi qu'à un lag un peu honteux.

Vous pourrez néanmoins débloquer avec un peu d'acharnement quelques trophées sympas comme des babes en 3D totalement bonnasses, ce qui n'enlève rien à un jeu déjà bien sexiste. Petite dernière chose avant de passer à la conclusion : sachez que lorsque vous terminerez le jeu vous débloquerez pas mal de bonus sympathiques comme une time line plus ou moins complète du développement du jeu et surtout un menu secret vous permettant de recommencer le jeu avec des munitions infinies et autre god mode, rappelant une dernière fois les jeux à l'ancienne et leurs fameux cheat codes qui manquent tant de nos jours.

7

Il était impossible que le jeu soit à la hauteur des attentes et surtout des fantasmes qu'il a représenté à lui tout seul pendant plus de 13 ans. On retiendra pourtant un jeu efficace, ultra fun et varié qui, s'il ne marquera pas de son empreinte l'histoire de l'industrie, vous fera passer un moment amusant et jouissif restant malgré tout rafraichissant au milieu de tous les FPS militaires actuels. Prenez ce jeu pour ce qu'il est, à savoir un cadeau ainsi qu'une preuve qu'il ne faut jamais baisser les bras. L'attente finie toujours par être récompensée et si les merveilles de design de Duke Nukem 3D sont belle et bien absentes, l'esprit, l'humour et surtout le Duke himself n'ont pas beaucoup changé. Par contre ne nous leurrons pas, ceux qui sont hermétiques au blondinet seront largement moins tolérants vis à vis de toutes les tares que le titre accumule et peuvent facilement baisser la note finale de 2 points. Hail to the king baby, vivement le prochain pour ma part en espérant qu'il arrive avant ma retraite programmée dans un peu plus de 30 ans.

Les plus

-Babes.
-Beer.
-Humour.
-Variété des situations.

Les moins

-Certaines textures vraiment atroces.
-Temps de chargement abusés.
-On sent le jeu développé dans la douleur.
-Multijoueur raté sur consoles.
-On aurait voulu lui mettre plus.

Détails

18+
Nom
Duke Nukem Forever
Support
Xbox 360
Genre
FPS
Editeur
2K Games
Développeur
Triptych Games
Sortie
10 juin 2011
14 juin 2011 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de 18 ans et plus

Grosquick, newsmaker et correcteur en chef de B4G, a sa tête modélisée dans la version française de Project Zero II, jeu édité par Ubisoft.