Dead Rising
Test du Lundi 11 septembre 2006 par Galagan
Capcom et les zombies, c’est une grande histoire d’amour, une fascination sans fin. Et la marque indélébile qu’a laissé [jeu|44] démontre que le développeur commence à maîtriser le sujet. Alors que certains crient que cela fait dix ans que la firme japonaise nous rabâche la même chose, voilà que [jeu|3695] débarque sur Xbox 360. Encore du zombie ? Oui. Mais la recette n’a rien à voir avec l’habitude. Capcom arrive à nous étonner avec ce jeu aux 1001 surprises, que certains reconnaîtront comme le jeu non officiel d’un certain George A. Romero. Bienvenue en enfer…
Vas-y Francky c’est bon !
Comme tout grand reporter, Franck est à l’affût du scoop qui va faire de lui le reporter du siècle. Alors quand il apprend que quelque chose de pas très catholique est en train de se dérouler dans la petite ville de Willamette, il n’hésite pas à louer les services d’un hélico pour aller voir ceci de plus près. Vu du ciel, la ville, cernée par la police, semble être victime d’une émeute. Après quelques clichés de scènes à couper l’appétit d’un ogre, vous voilà arrivé aux abords du centre commercial de la ville. Repéré par les hélicos de l’armée US, vous n’avez plus d'autre choix que de vous faire déposer en catastrophe sur le toit du mall. Mais pas de panique. Votre partenaire volant promet de revenir vous récupérer dans 72 heures, le temps pour vous de faire votre job et de mettre au clair ce qui se déroule dans cette ville. Le rendez-vous est pris.
La mort vous va si bien
Et c’est à votre grande surprise que vous découvrez l’impensable. L’émeute supposée est en fait une invasion de zombies, qui se jettent sur tout ce qui n’est pas encore mort. Et vous allez vite devoir vous accoutumer à vos nouveaux amis, car vous allez passer trois longs jours en leur compagnie. Et votre arrivée est loin d’être une simple visite de courtoisie. Car vous allez découvrir que des survivants ont réussi, tant bien que mal, à se sortir de ce carnage, et que vous allez devoir, vous aussi, mettre la main à la pâte. Et oui, tous ne vous veulent pas que du bien…
Intriguant, le début du nouveau titre de Capcom donne le ton, par le biais de cut-scenes générées par le moteur du jeu, qui s’enchaînent dans une cadence furieuse. Ou tentent devrions-nous dire. Car même si le moteur bénéficie de qualités incroyables, comme les expressions des visages souvent restituées à la perfection, il souffre de temps de chargements affreusement longs. A tel point que le rythme est constamment brisé dans la première demi-heure de jeu, ce qui ne fait pas honneur à la suite des événements. Mais rassurez-vous, on oublie vite ce travers.
72 heures chrono
Vous voilà au cœur de la situation. Composé d’une dizaine de zones en tous genres, vos différents déplacements vous guideront dans les moindres recoins du mall dans lequel vous êtes maintenant prisonnier pour les 72 prochaines heures. Et comme tout le monde est mort, à vous les joies du shopping, du lèche-vitrine, des burgers bien gras et du cinoche gratos. Et oui, c’est comme au bal masqué ; aujourd’hui, tout est permis ! Pour peu que les zombies vous laissent le champ libre…
[jeu|3695] offre au joueur une liberté d’action quasi-totale, et c’est ce qui fait l’une de ses grandes forces. Tout d’abord grâce à une liberté de mouvement très large, puisque Franck pourra courir partout dans le mall selon ses envies. Vous pourrez alors découvrir de nouvelles armes plus efficaces contre les zombies, mais aussi customiser à volonté votre personnage : habits (homme, femme, enfants), coupe de cheveux, chapeau en tous genres, on trouve de tout dans les magasins. Et on s’amuse à travestir ce pauvre Franck jusqu’à plus soif tant les possibilités sont immenses, et souvent très fun. Le reporter dans une jolie robe, Ray-Ban et tête de cheval sur la tête, croyez-nous, ça vaut le détour. Mais cette liberté se traduit aussi par une liberté d’attaque hallucinante. C’est bien simple, presque tous les objets que vous trouverez sur votre route pourront faire office d’armes : couteaux, guns, tronçonneuses, battes de baseball, mais aussi plantes vertes, fauteuils, jouets, chaises, bancs, tondeuses à gazon, parasols, tout est bon pour défoncer vos amis les zombies. On en redemande encore et encore, mais très vite, la dure réalité vient reprendre ses droits.
Car bien évidemment, [jeu|3695] n’est pas une simulation de shopping. Et pour vous en sortir, il vous faudra mettre vos talents d’homme viril à contribution. Car vous allez vite faire face à des objectifs à atteindre qui vous feront courir dans tous les sens. Et comme le temps vous est compté, vous allez devoir très vite vous soumettre aux règles que vous impose Willamette.
Pas le temps de flâner, vous avez un job à accomplir : découvrir la vérité. Et ce ne sera pas une chose facile. Car en plus de la quête principale qui vous demandera beaucoup de concentration, votre ami Otis – gardien du mall et réparateur d’ascenseurs en heures supp’ – vous communiquera régulièrement des objectifs secondaires à réaliser. Otis étant enfermé dans la salle de sécurité, les caméras du centre commercial lui permettent de vous guider suivant votre position vers les civils en grande difficulté. Ainsi, vous allez vite vous retrouver avec un planning de premier ministre à devoir secourir tous les vivants du périmètre… à condition que vous arriviez à déchiffrer ce qui est inscrit. Tout est écrit en pattes de mouches sur l’écran, et lire un simple dialogue devient un vrai supplice pour peu que votre télé soit à tube cathodique.
Mais pas le temps de sortir la loupe, car le timing vient vite jouer en leur défaveur. Et même si vous avez un cœur gros comme ça, vous allez vite devoir laisser ces pauvres innocents à leur triste sort. Car guider les civils vers le seul endroit sécurisé du mall demande beaucoup de temps, de l’énergie, et se révèle être une sacrée corvée. En effet, leur comportement n’est pas toujours très adapté à la situation, et ils ne respectent pas toujours les ordres que vous leur donnez, malgré leur simplicité enfantine (va là , suis-moi…). Une mission de sauvetage se transforme vite en galère, et finit souvent par un échec morbide. Malheureusement, vous ne pourrez pas réchapper à cette phase du jeu un peu fastidieuse, car les PP obtenus suite à un succès sont plus que conséquents…
Le Prestige, sinon rien
[jeu|3695] n’est pas qu’un vulgaire beat’em all. Certes on défouraille par centaines des zombies avec un plaisir unique, et de 1001 façons. Mais il bénéficie aussi d’une petite touche RPG, puisque chaque action pour permettra d’acquérir des PP (points de prestige), convertis en niveaux d’expérience. Vous pourrez même gagner des PP supplémentaires en prenant des photos des différentes scènes dont vous êtes le témoin. Malheureusement, la photographie ne rapporte qu’une quantité dérisoire de PP, et devient vite un bonus fun du gameplay plus que l’un de ses piliers. C’est grâce à cette accumulation de PP que Franck apprendra de nouvelles techniques de combat au corps à corps, augmentera ses points de vie et sa capacité d’équiper des objets.
Le niveau d’expérience est une donnée importante dans [jeu|3695]. Car dès le départ, même si le niveau du jeu est relativement faible, la difficulté va crescendo. D’où l’importance d’avoir beaucoup de points de vie ainsi qu’un équipement conséquent, synonyme de soins supplémentaires. C’est pourquoi il arrivera de devoir recommencer plusieurs fois le jeu dès le début. Car certains passages trop corsés demanderont plus d’expérience, et une mort prématurée engendre souvent un retour à la case départ. Heureusement, recommencer du début conservera votre expérience et votre joli déguisement, ce qui permet de repartir du bon pied et de mieux gérer son temps précieux.
God save the Dead
Malgré son fun et son gameplay qui procure un plaisir immense, [jeu|3695] souffre pourtant de quelques défauts handicapants. En commençant par les points déjà cités, comme les textes minuscules à la limite de l’illisible, le sauvetage des civils souvent fastidieux, ou encore les temps de chargement souvent longs et nombreux.
Mais le titre de Capcom pâtit aussi d’un système de sauvegarde en carton, imposant des points très rares car réservés aux toilettes des hommes et au centre de sécurité du mall. On se retrouve vite à devoir traverser une zone sensible pour sécuriser son avancement, et pour peu que vous sortiez d’une épreuve affaiblissante, face à un des psychopathes qui font office de boss par exemple, enregistrer sa partie devient vite un supplice. Car Franck n’est jamais à l’abri d’un game over.
Son système de jeu sera lui aussi controversé. Non pas qu’il soit mauvais, loin de là , mais il est clair que son cycle de trois jours, soit environ 7 à 10 heures de jeu pour le finir, ne conviendra pas à tous les joueurs. Fort heureusement, sa rejouabilité est conséquente grâce à de nombreuses surprises enfouies dans ses recoins, pour peu que vous soyez d’une nature curieuse.
Le jeu aux 1001 surprises
Et oui. Quand on connaît le mall de [jeu|3695] comme sa poche, et que l’on maîtrise un tant soit peu le cycle des jours, on se permet alors quelques écarts, à la recherche de quelques fantaisies. Et elles sont nombreuses, et souvent parfois très utiles. A commencer par les costumes qui font souvent hurler de rire, mais en cherchant bien, on peut même trouver des costumes complets qui ont trop la classe. On pourra par exemple se la péter Megaman dans les couloirs, laser au point.
Mais ce sont aussi les petits bonus cachés qui intriguent. Car Capcom n’a pas pour habitude de planter des décors innocemment. Ainsi, on pourra gagner des PP très précieux avec un minimum de jugeote. Dans la salle de sport par exemple, où transpirer un peu sur les tapis de course ou sur les sacs de sable vous fera gagner en expérience. Et le jeu regorge de petites surprises dans le genre, comme des armes cachées de-ci de-là . Un gameplay dans le gameplay, y a rien de tel.
Dead Man Walking
[jeu|3695] est un jeu attachant et ultra efficace. Défoulant, techniquement solide en affichant des centaines de zombies à l’écran sans sourciller, il offre un gameplay simple et puissant, dans lequel le joueur fait ses propres choix. Et même si son cycle de 72 heures ne conviendra pas à tous, en grattant un peu, on découvre de belles surprises qui charment à tous les coups. Et c’est sans compter ce second degré omniprésent et une rejouabilité conséquente. Capcom nous offre ici un titre qui ravira les fans d’action, d’aventure et d’originalité.

Dead Rising est un jeu attachant et ultra efficace. Défoulant, techniquement solide en affichant des centaines de zombies à l’écran sans sourciller, il offre un gameplay simple et puissant, dans lequel le joueur fait ses propres choix. Et même si son cycle de 72 heures ne conviendra pas à tous, en grattant un peu, on découvre de belles surprises qui charment à tous les coups. Et c’est sans compter ce second degré omniprésent et une rejouabilité conséquente. Capcom nous offre ici un titre qui ravira les fans d’action, d’aventure et d’originalité.
Les plus
+ L'ambiance+ Le gameplay défoulant
+ Du fun
+ Des sentiments sur les visages
+ Les 1001 surprises
Les moins
- Système de sauvegarde en carton- Les textes écrits en pattes de mouches
- Trop de temps de chargement
Détails
- Nom
- Dead Rising
- Support
- Xbox 360
- Genre
- Action
- Editeur
- Capcom
- Développeur
- Capcom
- Sortie
- 07 septembre 2006
- 08 août 2006 (US)
- 31 août 2006 (Jap)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 18 ans et plus


Actus