Xbox 360 Dead Island


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Test de Dead Island

Test du Mercredi 14 septembre 2011 par AssKicker

A la manière de certaines personnalités people, il arrive que des développeurs se trimballent quelques casseroles pas toujours très reluisantes, engendrant alors un zeste de méfiance quant à leur avenir artistique. C'est notamment le cas des polonais de chez Techland qui savent très bien accoucher de concepts intéressants aptes à nous faire rêver sur le papier, mais qui finissent par se dégonfler dans la pratique. Récemment nous pouvons par exemple citer le très sympathique mais trop répétitif Nail'd, ou encore un Call of Juarez The Cartel ayant bien du mal à convaincre à l'inverse de ses 2 illustres prédécesseurs. Mais aujourd'hui nous nous retrouvons avec Dead Island, un projet ambitieux ayant débuté il y a 6 ou 7 ans. Avec ce temps de gestation digne d'un mammouth constipé nous serions en droit d'attendre une production fignolée jusque dans ses moindres recoins d'autant plus que sa médiatisation du début d'année avec un magnifique trailer avait su faire sensation de par son émouvante mise en scène. Mais il est de tradition que les plombiers polonais sont parfois connus pour travailler comme des cochons. Inspectons donc tout ça dans la suite.

Sea, sex and brain eating

Soleil radieux, cadre paradisiaque, tongs Gucci, strings enfilés au pied de biche sur les postérieurs féminins, alcool en quantité industrielle, tous les ingrédients répondent présents pour faire de l'île de ''Banoï' l'endroit idéal pour passer des vacances ultimes. Sauf que le lendemain de cuite se révèle un peu plus corsé qu'à l'accoutumé puisque le temps du coma éthylique, ce sont plus des trois quarts des habitants du coin qui ont fini par se transformer en zombies n'ayant qu'une envie : bouloter votre cervelet. Tout ne sera alors plus qu'une question de survie dans ce milieu pour le moins hostile, et si possible de s'échapper de ce beau de caillou autrefois idyllique perdu dans l'océan.

I will survive

Tout commence par le choix de votre personnage entre 2 hommes et 2 hommes. Outre leur aspect physique plus ou moins sensuel, ils se distinguent également par leurs aptitudes définies selon 3 points (santé, vitesse et endurance) ainsi que quelques aptitudes (armes de lancer, armes à feu, armes tranchantes et armes contondantes). Une fois l'aventure lancée, il se trouve que vous êtes le seul à être immunisé contre l'infection star du moment. Ni une ni deux on vous auto-proclame sauveur du monde et vous voilà condamné à faire la bonniche pour les autres chochottes. C'est ainsi que quasiment tous les PNJs du jeu prendront soin de vous confier d'innombrables quêtes primaires ou secondaires que vous pourrez accumuler et réaliser comme bon vous semble en les activant dans le menu quête, affichant alors l'objectif sélectionné et la distance qui vous en sépare sur la mini-carte (que les hardcores joueurs pourront désactiver ainsi que d'autres indicateurs). Il va sans dire que cette liberté d'agir est fort appréciable dans un jeu open world. De manière classique, les missions principales serviront à faire avancer la narration tandis que les secondaires s'apparenteront aux jeux de confort de Koh Lanta : points d'XP à gogo, argent en pagaille, aptitudes à créer de nouvelles armes exotiques, items spéciaux, etc..., elles sauront vous motiver à en réaliser un paquet... ou au moins une partie car toutes les effectuer devrait bien vous prendre une bonne trentaine d'heures de jeu. Oui Dead Island est assez énorme, aussi bien en terme de possibilités que d'exploration.

Ambiance d'apocalypse hygiénique oblige, ces missions vous mettront bien évidemment dans la peau du survivant ultime qui devra récupérer de la nourriture, des médicaments ou de l'essence, remettre en état des véhicules (bien pratiques pour se déplacer rapidement tout en écrabouillant du zombie), retrouver des disparus ou des survivants, actionner des mécanismes, etc... Bien qu'engendrant parfois de longs trajets (les feignasses préfèreront passer par la poignée de points de voyage rapide) et donnant systématiquement l'impression d'être le pigeon des autres, ces missions s'avèrent assez variées et plutôt bien introduites pour certaines d'entre elles. Cependant le chemin qui vous en sépare est saupoudrée d'une meute de zombies et c'est là que vous découvrirez à quel point le jeu peut se montrer cruel...

On a peut-être pas de pétoires, mais on a des idées

Oui mes amis, Dead Island est un véritable petit sadique qui vous rappellera bien souvent qu'il s'agit bien ici de survie en milieu hostile et non pas de massacre à la chaine. Car point de sulfateuse à percussion, de canon à proton ionique ou autre destructeur de système solaire, ici vous devrez faire avec les moyens du bord, à savoir des pagaies, des bouts de planche, des battes de baseball, des coupe-coupes, des couteaux de plongée, etc... En plus de s'étoffer au cours de l'aventure, ces armes de fortune au corps à corps pourront être réparées (car oui elles se cassent ou deviennent de moins en moins efficace à force d'être utilisées), améliorées ou modifiées à condition d'avoir trouvé des espèces de plans vous indiquant les ingrédients permettant de vous bricoler de belles petites armes de morts (objets cloutés, lames équipées de taser, appât de viande, etc...). Le tout peut uniquement se faire dans des ateliers éparpillés sur la map et moyennant finance. Ces denieres peuvent se récupérer sur les cadavres, dans les décors ou en accomplissant des quêtes et au final il s'avère que les dollars sont de la plus haute importance si vous ne souhaitez pas vous retrouver à vous battre avec des cure-dents face à des hordes de zombies... qui respawnent régulièrement.

Eh oui, Dead Island bénéficie de ce vilain petit artifice pénible pour mettre une pression constante sur les joueurs. Il suffit ainsi de nettoyer une zone puis d'y revenir même pas 2 minutes plus tard pour que de viles créatures y élisent à nouveau domicile. Vous mélangez ça avec les armes qui s'usent, la jauge d'endurance à surveiller de près ainsi que les combats un poil répétitifs et vous vous retrouverez parfois (ou souvent selon votre degré de patience) à faire du speed run sans vous soucier de ce qui se trouve sur le chemin menant à votre objectif.

Mais l'aspect customisation ne s'arrête à vos bouts de bois mortels puisque c'est également votre personnage qu'il va falloir booster grâce au sempiternel système de leveling à base de points d'XP. Chaque quête vous apporte ainsi une certaine somme d'XP, tout comme l'éclatage de zombie. De ce fait le jeu saura vous récompenser si vous daignez vous donner la peine d'accomplir un maximum d'actions (ce qui est rudement malin comme système mine de rien). Vous pourrez ainsi petit à petit débloquer un système d'arbres de compétence divisé en 3 branches propres à chaque personnage permettant d'améliorer la rage (sorte de furie), l'efficacité de tel ou tel type d'arme, l'endurance, etc... Bizarrement notre personnage ne peut porter qu'un certain nombre d'armes (ce qui imposera parfois des choix) alors que la quantité d'objets (encombrants ou non) est illimité. Plutôt pratique pour les revendre afin de se faire un petit pécule mais la cohérence en prend un coup. Certains pourront également regretter que les zombies bénéficient d'un leveling en fonction de notre progression mais bon...

L'essentiel des combats se fait donc avec des armes de corps à corps (que vous pourrez lancer pour certaines d'entre elles) grâce aux éléments récupérés un peu partout. Question maniement c'est plutôt en demi-teinte. Sachant que la localisation des dégâts permet de réaliser des décapitations ou des démembrements pour plus d'efficacité (sans bras les zombies ne peuvent que donner des coups de boule, marrant), on cherche fort logiquement à s'adonner à cette truculente discipline. Sauf que la visée et les points d'impact ne sont pas tout à fait au point, ce qui rend la tâche ardue. Toutefois quand ça fonctionne, il est particulièrement jouissif de voir des bouts de mort-vivant tomber, ou d'éclater une tête d'un coup de matraque bien placé ou après avoir sauté dessus à pieds joints. Succulent. Côté bestiaire la variété est également de mise, mais davantage dans le fond que dans la forme. A première vue toutes les créatures de base sont les mêmes mais les connaisseurs reconnaîtront les différents types de zombies que l'on trouve dans les films du genre : les passifs qui ne font pas grand chose, les actifs qui se déplacent lentement (façon Resident Evil), ceux qui se ruent sur vous en criant bien fort en vous foutant au passage une belle pression (comme dans Left 4 Dead) ou encore les infectés spéciaux (le grand balèze, le gros qui crache sa bile, l'explosif, le fou furieux emmitouflé dans sa camisole de force, etc...). A vous de trouver les méthodes les plus efficace pour en venir à bout.

A quelques rares occasions vous aurez affaire à de la racaille humaine ayant profité de la zizanie pour s'octroyer quelques points stratégiques de l'île. Et là, c'est le drame. Si la logique voudrait que ce soient les zombies qui disposent d'une intelligence de moule anémique, ici c'est notre espèce qui fait intellectuellement peine à voir, si bien que l'on a l'impression de se retrouver avec la débilité d'un jeu Kinect : déplacements hasardeux, incapacité à viser correctement et j'en passe, ça fait peine à voir. On est alors bien content de se retrouver avec nos bons vieux zombards à savater tendrement d'autant plus que les sensations de tirs sont inexistantes, exception faite du shotgun.

30 millions d'amis

Mais l'un des principal intérêt de Dead Island est de pouvoir être joué à n'importe quel moment en coopératif à 4. Deux choix s'offrent à vous : soit vous passez par la recherche de parties affichant celles qui sont proches de votre progression (mais qui aboutissait systématiquement à une déconnexion dans mon cas), soit vous jouez normalement en solo et le jeu vous signale dès qu'un joueur se situe à peu près au même niveau que vous pour que vous puissiez le rejoindre (et là ça marche tout de suite). A partir de là de nouvelles possibilités s'offrent aux joueurs, comme le fait de pouvoir s'échanger des objets (après consentement mutuel) ou se réanimer. Les chamailleries risquent également d'être de mise puisque les objets ou l'argent se font chapardés par le premier qui se sert. Bien que subissant quelques soubresauts, la partie coopérative de Dead Island est somme toute agréable et conviviale. Il est ainsi possible de réaliser des quêtes secondaires en se séparant mais il faudra attendre les autres pour passer certaines zones des principales. Néanmoins il faut bien avouer qu'à 4 l'aventure de Dead Island ressemble davantage à de l'expédition punitive visant à péter du zombie par péniches entières qu'à de la véritable survie. En ce sens le titre de Techland peut très bien se savourer seul afin de profiter d'une ambiance et d'une atmosphère très réussies. D'ailleurs on pourrait presque avoir l'impression de se retrouver avec une aventure aussi vaste et libre qu'un Elder Scrolls par exemple, même si les 4 actes apportant de nouveaux lieux immenses nous bloquent l'accès aux précédents ainsi qu'à leurs quêtes secondaires.

Comme évoqué précédemment, Dead Island est vraiment très long, que vous vous limitiez uniquement à la quête principale ou que vous goûtiez aux quêtes secondaires. Comptez bien entre 15 et 30 heures de jeu pour en faire le tour si vous tenez également à faire la chasse aux cartes d'identité, aux enregistrements audio ou aux journaux (qui n'apportent rien de particulier si ce n'est le prestige des succès).

Vous avez dû le lire et le voir à gauche et à droite, Dead Island est buggé (surtout dans sa première version PC mise en ligne sur Steam aux Etats-Unis). Pourtant en 5 heures de jeu dans sa version 1.0 et une quinzaine en 1.1 je n'ai rien constaté de bien traumatisant et ce n'est pas faute d'avoir gambadé un peu partout pour titiller les failles. Il arrive parfois que les corps s'encastrent dans les décors ou que les ombres tripent un peu mais rien de bien méchant. Le Chrome Engine 5 mis au point par les polonais tient largement la route pour afficher de vastes décors parfaitement détaillés et tout à fait corrects visuellement parlant même si certaines textures sont assez baveuses (notamment celles des zombies) ou mettent du temps à apparaître, que les miroirs ne reflètent rien du tout, que les décors clignotent parfois dans les cinématiques ou que le coop' permet de constater que vus à la 3ème personne, les mouvements des héros sont tout bonnement ridicules. Les différents actes du jeu nous font également balader dans plusieurs secteurs de l'île allant de la plage radieuse à la ville délabrée. Les lieux visitables sont très nombreux et disposent de bon nombre d'éléments à fouiller ou grappiller. Voilà qui encourage encore à s'aventurer un peu partout. Globalement on peut dire que d'un point de vue technique Dead Island est représentatif de son ensemble : pas parfait mais tout de même satisfaisant.

7

Au final Dead Island fait plutôt plaisir à voir et se trouve bien moins décevant que les précédentes productions de Techland. Avec sa vaste île partiellement paradisiaque et son astucieux système de customisation des armes et du personnage, le jeu parvient facilement à encourager le joueur à se plonger dans les innombrables quêtes secondaires mettant davantage l'accent sur la survie en milieu hostile que sur le frag massif. En ce sens les armes piochées dans les décors que l'on s'amusera à bricoler pour les rendre encore plus sadiques deviendront vos meilleures amies pour vous accompagner dans une débauche de tripaille plutôt jouissive même si à la longue le respawn incessant des zombies est assez pénible et donne davantage envie de tracer sa route plutôt que de s'attarder à les piétiner encore et encore. Fort heureusement l'ambiance oppressante jouant sur l'effet de minorité survivante se montre efficace et peut donner envie de poursuivre cette longue aventure riche en pourriture. Les petites natures pourront quant à elles se réconforter dans le multijoueur coopératif à 4 en ligne, ce qui est un plus non-négligeable. Avec son mélange d'exploration et de survie, Dead Island sera capable de vous accompagner sur une durée pouvant se tartiner entre 15 et 30 heures de jeu environ. Sachant que Deep Silver a fait un petit geste tarifaire (60€ le jeu au lieu de 70), les amateurs en auront clairement pour leur argent malgré le petit manque de finition ou la légère répétitivité. Néanmoins le plaisir de jeu est là, et c'est bien ça l'essentiel.

Les plus

-Système de customisation des armes et du personnage.
-La liberté d'accomplissement des quêtes.
-Environnements vastes et riches.
-L'aspect "survival" réussi.
-Plutôt joli.
-Bonne durée de vie.
-Le coop' à 4 à la volée...

Les moins

-... mais la recherche des parties est bancale.
-Le respawn incessant des zombies.
-Un poil répétitif.
-Manque un peu de finition.

Détails

18+
Nom
Dead Island
Support
Xbox 360
Genre
FPS
Editeur
Deep Silver
Développeur
Techland
Sortie
09 septembre 2011
06 septembre 2011 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de 18 ans et plus

Avant qu'un jeu puisse sortir dans le commerce, il doit être approuvé par le constructeur de la console via les TRC (Technical Requirement Checklist), liste de points spécifiques qui doivent être intégrés dans le jeu : message d'alerte quand on débranche une manette, messages lors d'une sauvegarde, respect du design des pads et boutons dans l'interface... Tout ça pour éviter au joueur de se perdre dans des menus trop différents d'un jeu à l'autre.