Counter-Strike : Global Offensive
Test du Vendredi 31 août 2012 par BouBouLL
On ne présente plus Counter Strike, le mod le plus populaire de la non-moins populaire série Half-Life. Devenu depuis une "saga" à part entière, on l’a vu se décliner en plusieurs épisodes : Condition Zero, Online pour les asiatiques et Source pour la version nouvelle génération. C’est donc avec surprise que nous accueillons Counter-Strike : Global Offensive, le dernier venu de la série et pourtant 2ème opus console seulement. Si sur PC on ne doute pas des qualités d’un CS, au pad c’est une toute autre histoire. Mais reste à savoir si le gameplay old school du mythe vivant de Valve tiens la route face aux nombreux autres FPS du Xbox Live Arcade.
S’ADAPTER OU MOURIR ?
Avant de vouloir comparer ce nouveau venu dans la famille CS avec ses homologues low cost du XBLA, essayons de comprendre pourquoi Valve a voulu sortir un opus console. Peut-être pour essayer de se positionner là où Counter-Strike ne domine pas encore les serveurs online ? Ou pour essayer de gratter un peu de part aux Halo, Call of Duty et autres Battlefield grâce à un nom qui veut dire beaucoup pour un grand nombre de joueurs ? Si depuis 2003 et la sortie d’un épisode sur Xbox Counter-Strike n’a pas pointé le bout de sa Kalash sur console, ce n’est peut-être pas le fruit du hasard… Avec la copie conforme du mod PC de l’époque et des graphismes en-dessous des possibilités offertes par la bécane de Microsoft, Counter-Strike s’avérait être une vaste blague payante surfant sur le succès du mod qui avait déjà essuyé un échec commercial avec Counter-Strike : Condition Zero. Vendu 50 euros à l’époque, le jeu proposait quelques cartes exclusives et une IA permettant de jouer en solo. A part ça rien de bien folichon.
Comme vous le savez, Counter Strike est un FPS vif, terriblement nerveux, qui demande de la pratique et qui joue énormément sur la précision. Alors quand on nous demande de quitter notre bon vieux duo inséparable du clavier/mulot pour un pad Xbox qui, soit dit en passant était horrible, on se demande ce que peut bien procurer le bestiau comme sensation. Rien d’extraordinaire apparemment. 9 ans plus tard, Valve se lance dans une refonte de son bébé afin de rassembler au maximum la communauté Counter Strike éparpillée entre la vieillissante version 1.6 et le fameux Counter-Strike : Source. Pour ce faire, la firme a souhaité rendre son jeu le plus proche possible du feeling de Counter Strike 1.6 avec toutefois quelques nouveautés par-ci par-là .
C’est dans les vieux pots …
Le gameplay de Global Offensive n’a presque pas bougé d’un iota depuis 1.6. Pas d’iron sight, des armes avec beaucoup de recul et toujours cette action lisible, presque épurée. Pour tout dire, là je cherche à broder tellement le gameplay n’a pas évolué. Mais est-ce un mal pour autant ? Pas sûr. Fatigué de FPS multijoueur remplis d’une tétrachiée de killstreaks, de mods d’armes, de véhicules, de costumes et tout le bordel, le joueur blasé se retrouvera ici avec un gameplay essentiellement basé sur le skill. Dans Global Offensive, les armes sont toutes différentes, et Ô joie pour les vétérans des vieux CS, le duo M4/AK n’est plus le seul ! En effet, Valve a complètement revu l’équilibrage de tout l’équipement du jeu et ainsi, même les fusils à pompe (les laissés pour compte d’antan) trouvent leur utilité (ils sont particulièrement redoutables sur la carte Office).
D’ailleurs quelques nouveaux venus viennent grossir les rangs du matos bien velu déjà disponible. On accueille avec enthousiasme les nouvelles stratégies qu’offre le cocktail Molotov qui permet de barrer la route à tout ennemi à l’aide de son feu dévastateur. On émettra quelques réserves sur l’ajout de la grenade leurre qui simule des bruits de tirs là où on la lance. Même chose pour le taser qui tue certes en un coup, mais qui demande une précision redoutable pour ne pas gâcher la seule munition de son chargeur.
Quelques armes viennent remplacer d’autres plus anciennes comme le MP7 qui détrône le MP5. Bon point également pour le son du jeu qui a fait un énorme pas en avant en général depuis la version Source. On reste bien entendu en deçà d’un Battlefield 3 mais Global Offensive n’a pas à rougir face à la concurrence. Tiens en plus, le son participe activement au gameplay du jeu en permettant la localisation précise d’un ennemi pour peu que l’on soit doté d’un bon casque audio. Et toc.
Le classique à l’honneur
Comme d’habitude on retrouve les traditionnels modes Bomb Defusal et Hostage Rescue qui opposent deux équipes dans des cartes de taille moyenne (voire grande). Regroupés sous le nom de Classic, ils profitent du retour de huit cartes classiques des précédents Counter-Strike : Aztec, Dust, Dust 2, Inferno, Italy, Nuke, Office et Train. Rappelons qu'en Bomb Defusal, le but est pour les terroristes de faire péter un objectif alors que les antiterroristes doivent tout faire pour les en empêcher. Inversement, en Hostage Rescue, le antiterroristes doivent libérer des otages malgré l'opposition des terroristes. Les rounds où l'on ne respawne pas sont généralement assez courts et commencent toujours par le légendaire menu d’achat de Counter Strike.
Ici il est tout neuf. Fini la liste, bonjour le menu circulaire. J’ai lu de tout à ce propos. Des joueurs apprécient son ergonomie, d’autres préféraient l’ancien. Pour ma part je l’ai trouvé plutôt pratique et bien fichu. Là où Global Offensive s’éloigne de ses aînés, c’est dans l’apparition de deux nouveaux modes qui vont de pair avec de nouvelles maps adaptées. Je dis "nouveaux modes" mais je devrais plutôt parler de l'officialisation de ceux créés par la communauté. Le premier est le mode Gungame jouable sur deux cartes. A chaque frag, une nouvelle arme plus puissante apparaît dans vos mains, le but étant bien entendu de passer toutes les armes du jeu jusqu'au couteau pour le kill de la victoire. Il s'agit là d'un mode très fun à jouer et très dynamique qui ravira les joueurs plus occasionnels de par sa simplicité et sa brièveté (dis-je le petit doigt en l'air). L'autre nouveau mode est Démolition qui arrive livré avec six maps inédites. Ici il y a une bombe, des rounds, mais chaque kill vous permettra de passer à l'arme suivante lors du prochain round. Un mélange donc entre le Gungame et l'éculé Bomb Defusal. Ces quelques nouveaux modes sont réellement appréciables et cassent la monotonie que l’on peut avoir dans les parties classiques.
CS POUR LES NULS
Sachant pertinemment que le niveau des joueurs est très inégal dans un jeu comme Counter-Strike : Global Offensive, Valve a mis en place un système de matchmaking très répandu sur console. On peut ainsi affronter des gens de niveau similaire, ce qui est préférable pour débuter. Notez de plus que les modes classiques existent en deux versions, dont l'une qualifiée de Casual où le tir ami est désactivé et où les joueurs alliés peuvent se traverser les uns les autres. Par défaut tout le monde est de plus équipé de Kevlar et d'un casque ainsi que d'un kit de désamorçage coté antiterroristes. A l'inverse, en mode compétitif, le feu ami est activé, de même que la collision entre membres d'une même équipe et les objets cités ci-dessous peuvent être achetée. Enfin, chaque partie dure 30 rounds contre 10 en mode Casual.
La nouvelle interface globale du jeu qui est juste géniale. D’un coup d’oeil sur l’écran on sait combien de joueurs de notre équipe sont encore vivants. Sur le tableau des scores on peut voir l’argent qu’il reste à nos coéquipiers (importants lors de matchs entre teams) et mis à part ça c’est sobre et élégant. Une franche réussite qui nous change des FPS où l’interface n’est qu’un amas de surenchère graphique.
L’autre élément pour lequel on attendait Global Offensive au tournant, c’était clairement son aspect graphique. Là encore on peut dire que Valve a su faire du bon boulot. Les liftings des anciennes maps sont réussis et donnent à chacune d’entre elle une réelle identité. Les quelques nouvelles sont sympathiques et comme toujours, le moteur Source offre une lisibilité sans pareille à l’action et jamais on se demande ce qu’il se passe. Visuellement ça tient encore la route, c’est parfaitement optimisé avec bon framerate, mais c’est sans compter que cette version Xbox 360 est très nettement en-dessous de son homologue PC au niveau technique.
Counter Strike – Grandpa Edition
Comme je le disais précédemment, Counter Strike fait partie de ces FPS old School où il n’y a pas de chichi, simplement de la rapidité d’exécution, du skill et beaucoup d’entrainement. Si la recette CS force encore et toujours le respect sur PC, sur console c’est une autre paire de manche. L’avènement du FPS online PC a fortement été amené par la série Counter Strike alors que sur console ce sont plutôt des titres comme Call of Duty ou Halo qui ont permis au pad d’exister dans le monde des simulateurs de meurtres. Imposer le gameplay exigeant de Counter Strike sur console n’est que peine perdue car ce qui fait la force du titre de Valve n’est autre que l’exact opposé des composantes des jeux phares des machines de salon actuelles. Avec des joueurs habitués à avoir une aide à la visée et des hitbox énormes permettant de compenser la lenteur du pad, supprimer ces acquis pour un retour en arrière est un pari difficile. Si à l’époque on pensait le FPS sur PC, aujourd’hui on le pense et on le développe en grande partie pour la console afin de satisfaire le plus grand nombre, et c’est ce que Valve n’a pas su faire avec ce Global Offensive. Malgré tout il est difficile de lui reprocher sa tentative car "adapter" Counter Strike sur console, c’est tout simplement lui retirer son âme.
Au final il en résulte un jeu terriblement mou où l’on passe son temps à rester immobile pour prendre le temps de viser la tête de l’adversaire. Alors oui avec beaucoup d’entrainement certains deviendronts vraiment bons, mais si la marge de progression est déjà énorme sur PC, le chantier est colossal sur console. Quoi qu'il en soit, Global Offensive trouvera peut-être son public sur console pour peu qu’il existe de véritable hardcore gamers particulièrement doués et un peu masochistes.
Grosse durée de vie… sur PC
Comme si le pad ne suffisait pas, il y a un autre élément qui vient noircir le tableau de ce Counter-Strike : Global Offensive version console : c’est bien entendu sa durée de vie. On sait que sur PC la communauté a une importance capitale dans l’intérêt de la série avec la création de nombreux modes et de nombreuses cartes qui arrivent parfois même à faire oublier le concept original du titre. Counter-Strike c’est les soirées endiablées, les LAN entre potes sur des cartes custom mythiques comme les Aim map, les AWP arena, ou encore les cartes Deagle. Tous les modes deathmatch, les zombies escapes, les cartes surf, toute cette dimension de Counter Strike qui est véritablement la partie immergée de l’iceberg ne se retrouvera jamais sur console.
C’est aussi pour ça que même à "petit prix" (1200 MSP / 15€), Global offensive n’a pas grand-chose à offrir face à la concurrence. Il suffit de prendre des titres comme Battlefield 1943 ou Gotham City Impostors qui offrent aux joueurs des graphismes et un gameplay adaptés aux consoles avec une bonne grosse dose de fun. Personnellement je connais la série sur PC et même si je suis plutôt bon à la manette, jouer à Global Offensive a été pour moi une petite torture. Quand on goûte aux joies et aux colères qu'elle peut provoquer sur PC, une fois le pad en main on a vraiment du mal à ressentir quelque chose, si ce n’est une tristesse et l’envie de vite courir retrouver son cher et tendre duo clavier/souris. Et pour les autres ? Eh bien optez plutôt pour les 2 titres précédemment évoqués qui se montrent bien plus riches et palpitants.

Avec Counter Strike Global Offensive sur console, Valve se tire un peu une balle dans le pied. Soucieux de vouloir satisfaire la masse et de permettre aux néophytes de découvrir le mythe CS, la firme a assuré le support du pad, rien de plus, rien de moins. Les qualités du jeu sont énormes mais elles ne sont pas faites pour le faire régner sur console comme il le fait et le fera encore longtemps sur PC. Vendu à un prix qui est véritablement un cadeau pour les joueurs PC (15€), on le ressent un peu comme une arnaque sur console, la faute à l’absence d’une communauté installée et participant activement au succès du jeu. Si Valve pouvait développer un éditeur de cartes et de mods pour console l’intérêt prendrait alors une toute autre dimension mais autant vous dire que ça n'arrivera jamais. Counter-Strike Global Offensive trouvera peut-être son public, mais certainement pas dans la réserve des connaisseurs qui ont déjà goûté à la mouture PC.
Les plus
+Le rééquilibrage appréciable des armes.+Les nouveaux sons.
+Les "nouveaux" modes.
+Le feeling de certaines armes.
Les moins
-La jouabilité au pad.-L’absence des cartes customs et de modes.
-Qu'en sera-t-il de la régularité des patchs ?
-Counter Strike bridé.
-Totalement inadapté aux consoles.
Détails
- Nom
- Counter-Strike : Global Offensive
- Support
- Xbox 360
- Genre
- FPS
- Editeur
- Valve Software
- Développeur
- Valve Software
- Sortie
- 21 août 2012
- 21 août 2012 (US)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 18 ans et plus








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