Xbox 360 Condemned : Criminal Origins


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Test de Condemned : Criminal Origins

Test du Mardi 13 décembre 2005 par AssKicker

Faisant partie des tout premiers jeux next-gen présentés à la foule alors stupéfaite par la qualité des graphismes, [jeu|3250] fit rapidement partie des titres les plus prometteurs de la Xbox 360, d’autant plus que les développeurs de chez Monolith nous ont récemment fait halluciner avec leur terrifiant [jeu|2795]. Et comble du bonheur, il n’a pas déserté le line up de sortie de la console contrairement à d’autres filous dont je tairai le nom par pure déontologie. Alors finalement, aurait-il eu besoin d’un peu plus de temps pour être peaufiné ? Est-ce le moment d’investir dans des actions Pampers ? Pour ou contre le trempage de pitits gatô de nouël dans le café ?

Réponse ci-dessous gros !

F.B.I. : Flic Bourré et Incompétent ?

"Qu’est-ce qui transforme un individu normal en tueur en série ?" Assigné à la section des crimes spéciaux, l’agent Ethan Thomas est chargé de répondre à cette question tout en arrêtant les pires criminels qui soient. Et il est particulièrement doué pour ça… trop peut-être…

Alors qu’il mène l’enquête sur un nombre de tueurs en série de plus en plus important, il en conclut que quelque chose corrompt le corps et l’esprit des pauvres bougres abandonnés par la société. Les sans-abri, les drogués et les gens dérangés sortent peu à peu des entrailles de la ville pour commettre des crimes toujours plus violents…

Et comme le hasard fait mal les choses, Ethan va rapidement se retrouver accusé du meurtre de deux de ses coéquipiers suite à… oh mon dieuuu ! Derrière vouuus ! Mais c’est horriiib’ !

C’est maman qui va être contente

Si [jeu|3250] était un film, on pourrait aisément le placer dans la catégorie des psycho thriller. Tout est fait pour que le joueur se sente oppressé comme jamais, qu’il fasse des 360° dans son slip à chaque coin de couloir, bref, qu’il se sente toujours en péril.

Pour ce faire, Monolith a eu la truculente idée d’opter pour une vue FPS intégrale. Ce qui signifie que lorsque l’on se baisse, on voit ses petits pieds, que l’ombre du personnage est projetée en temps réel sur les décors, que la tête se trimballe dans tous les sens lorsque l’on escalade un obstacle ou que l’on se prend un parpaing dans la tronche, etc... Tout juste excellent niveau immersion.

Mais s’arrêter à ce genre de détail ne suffit pas, houla non. C’est pourquoi le petit Ethan passera tout son temps plongé dans l’obscurité avec sa lampe torche comme meilleure amie. Et autant vous dire qu’elle vous sera sacrément précieuse crévindiou ! Imaginez. Vous errez dans un squat bien cradingue et bien lugubre. Vous entendez des bruits chelous en permanence, mais personne. Vous entrouvrez délicatement une porte… WIZ ! Vous croyez apercevoir une silhouette droit devant au fond du couloir ! Vous avancez alors prudemment, on sait jamais… SBAM ! Quelque chose tombe ! Sursaut et fracas ! En fait vous avez dégommé un seau à l’insu de votre plein gré. Oups. Bref, vous continuez, tremblotant, pour tenter de suivre cette chose qui détalait à toute berzingue, toujours pers… et BIM ! Vous manquez de peu de vous prendre une chaise de bureau dans le buffet ! Ayant raté sa cible, l’être complètement speed cherche de quoi vous massacrer, cavale dans la pièce, arrache un tuyau de canalisation comme un forcené et fonce sur vous en beuglant. Et vous comme un cake vous regardez faire parce que bon, c’est quoi ce jeu de malade encore.

Ah, pendant que je parle de maladie, notre héros policier souffre de quelques problèmes d’ordres mentaux. Il arrive de temps à autres qu’Ethan souffre d’hallucinations fort étranges qui semblent lui permettre de voir les événements s’étant déroulés sur les lieux du crime. Et comme par hasard ces flashbacks psychotiques débarquent toujours au bon moment pour vous faire sursauter… donc parfaitement bien placés niveau ambiance. Le jeu partage d'ailleurs quelques similitudes de traitement de la peur avec son cousin [jeu|2795] du même studio, ce qui n'est pas pour nous déplaire.

Faites comme chez vous qu’ils disaient

L’un des grandes particularités de [jeu|3250], c’est la possibilité de se servir dans les éléments du décor pour dénicher des armes. Vu que vous n’aurez que très peu l’occasion d’avoir une arme à feu dans les pognes, il ne faudra pas hésiter à se munir de tuyaux de canalisation, planches cloutées, portes de casiers, bras de mannequins, barres de renfort ou autres pour se préserver des attaques des ennemis dégénérés. Ne comptez d’ailleurs pas sur eux pour vous faire des câlins, eux non plus ne se gêneront pas pour cueillir le moindre objet afin de vous le caler dans le crâne avec amour.

Chacune de ces armes dispose de plusieurs critères de performance comme la vitesse d’attaque et de parade, les dégâts occasionnés et l’allonge. En gros, plus l’arme est puissante, plus elle est lourde, et risque de moins parer les coups adverses (voire pas du tout pour certaines d’entre elles) lorsque vous voulez vous protéger. Petit détail amusant, lorsque vous massacrez copieusement un ennemi, vous aurez quelques fois la possibilité de l’achever avec une sorte de finish him de votre convenance aux effets défouloirs fort rafraîchissants. Goûtu. :razz:

Comme dit précédemment, le jeu comporte quelques armes à feu. Sauf que les munitions ne se trouvent jamais en grande quantité (on ne peut pas prendre de recharges), voire pas du tout si la bêbête les a déjà toutes utilisées en tentant de vous shooter. Ce n’est point grave, la crosse peut aussi servir ! Mais il faut savoir que les armes à feu se désagrègent vite à force de frapper avec. Pour palier à ça, on peut toujours se servir du tazzer qui immobilisera l’assaillant pendant quelques temps à l’aide d’une bonne décharge électrique, l’idéal pour le massacrer bien calmement. Et si jamais vous n’avez rien, ben il faudra vous contenter de votre coup de pied sidekick digne d’un éclopé avec une jambe de bois pour tenter de les chatouiller…

Parlons vite fait de la maniabilité qui s’en sort plutôt bien, même si l’ami Ethan se traîne lamentablement pour avancer, ce qui ne manquera pas d’agacer certaines personnes. Ok, on peut courir, mais seulement pendant un court moment sous peine de faire une crise d’asthme. Enfin faut croire ^^. Les coups de barre à mine et autres ustensiles demandent un peu de technique sous peine de se faire massacrer entre deux mandales adverses. Le reste des actions comme se baisser, escalader ou sauter sont scriptées donc pas de stress à ce niveau-là.

Bon, c’est pas tout mais faudrait peut-être se mettre au boulot

Alors c’est bien beau de défenestrer du junkie à coups de pelle, mais encore faudrait-il un alibi valable pour tout cela. Ethan Thomas est donc chargé de résoudre tout un tas de meurtres en série afin de démasquer le coupable. Pour ce faire, plusieurs gadgets trippants à souhait sont mis à votre disposition : la lampe à UV permettant de détecter les traces de sang invisibles à l’œil nu, un laser verdâtre permettant de détecter des indices eux aussi invisibles comme des empreintes digitales, fibres et autre résidus organiques, un spectromètre détectant la présence d’objets insolites, ainsi que divers outils de collecte comme le scanneur 3D et l’appareil photo numérique afin de transmettre les données récoltées à votre collègue Rosa pour expertise. Ces phases de pseudo recherche sont toujours indiquées par une petite icône présente en bas de l’écran qui vous dira à quel endroit il faut s’affairer. Même si ces séquences sont relativement tenues par la main, elles s’avèrent être vraiment agréables à jouer et nous font passer pour de véritables petits détectives en (mauvaise) herbe.

Une IA qui fait peur. Bouh !

Les ptits gars de chez Monolith nous avaient déjà montré leur maîtrise de l’Intelligence Artificielle avec [jeu|2795] et ça tombe bien, [jeu|3250] en a également profité. Sans doute pas à un aussi haut degré, mais ça reste tout de même largement supérieur à la moyenne. Et là on peut déjà les en remercier vu le nombre de jeux qui ont été pourris à cause de cette tare technique.

Il faut savoir que le vilain de [jeu|3250] est particulièrement fourbe. Il n’hésite pas à se planquer derrière les éléments du décor pour mieux vous fracasser au dernier moment par surprise ou encore mieux, dans votre dos. Car oui, c’est ça qu’il cherche avant tout le coquin, vous avoir par derrière ! Et quand il sent qu’il est en pleine débandade, il n’hésite pas à se barrer pour se planquer ou piquer une nouvelle arme plus puissante dans le décor afin de revenir de plus belle. Et je préviens au passage que vous risquerez d’être surpris plus d’une fois tant il est capable d’employer le très bon moteur physique du jeu à son avantage. Mais comme le vilain est aussi un peu bête, il arrive qu’il se dispute avec ses propres congénères. Du coup il n’y a qu’à attendre que ça se passe et qu’il n’en reste plus qu’un pour passer à l’action.

Si l’ambiance et l’univers de [jeu|3250] sont déjà bien flippants à la base, il va sans dire que l’IA des ennemis participe grandement au sentiment de frousse dégagé par le jeu. Et c’est justement ça qui est fort, le joueur passe la plupart de son temps à se retourner pour voir s’il n’est pas suivi, s’il ne va pas se faire attaquer par derrière ou à essayer de trouver d’où proviennent tous ces bruits pas possibles. D’autant plus qu’il n’y pas la moindre carte pour se repérer, tout ce fait au visuel et à la mémoire. Risqué mais énorme !

Des graphismes qui font… heu… peur. Bouh aussi.

Qui dit jeu next-gen, dit arrachage de rétine, forcément. De ce point de vue là, [jeu|3250] remplit sympathiquement son contrat de jeu Xbox 360. Même s’il n’y a rien d’absolument incroyable, tout est suffisamment bien réalisé pour décupler le sentiment d’oppression et de stress permanent. Mention spéciale d’ailleurs aux effets de lumière particulièrement réussis qui ne font qu’amplifier le taux de glauquitude ambiant. Le moindre halo de lumière est source de réconfort, tandis que l’obscurité nous penche vers le cauchemar en pensant à tout ce qui pourrait s’y trouver. Y a pas à dire, vous ne chérirez sans doute rarement autant une lampe torche à ce point-là.

Bien évidemment, le jeu transpire d’effets graphiques fort réussis afin d’égayer les textures comme il se doit. Ok, les armes sont super détaillées, les différentes surfaces sont parfaitement crédibles, mais certaines d’entre elles semblent parfois bâclées, notamment au niveau du sol. Mais ce n’est qu’un détail. Sauf que là où ça craint un peu plus, c’est qu’il arrive que le jeu rame de temps en temps, en général lorsque les sources d’éclairages sont trop nombreuses. Les personnages sont quant à eux plutôt bien modélisés et disposent d’expressions faciales bien crédibles.

Petite mention spéciale au moteur physique bien balèze qui est sans doute sous-exploité en terme de gameplay pur, mais plutôt bien utilisé par les ennemis pour vous surprendre à des moments inattendus ou pour se vautrer dans les décors avec grâce et volupté. Sympa.

Y aurait pas un truc qui manque là ?

[jeu|3250] est un titre réussi, rien à dire. L’ambiance est terrible, le stress est omniprésent, l’Intelligence Artificielle est une réussite, la réalisation englobe parfaitement le tout en augmentant davantage la peur engendrée par des situations pas toujours maîtrisées par un Ethan en proie à des crises hallucinatoires, mais il manque un petit quelque chose, un bon gros pic d’intensité qui marque définitivement le titre dans la cour des grands. Pas que le jeu soit ennuyeux, certaines scènes chocs ont de quoi surprendre, mais disons qu’il reste stable. On finit par s’habituer à la présence de ces êtres dérangés, notre personnage n’évolue pas vraiment, et le scénario ne parvient à être vraiment intéressant qu’avec la séquence de fin. Une fin qui pointe le bout de ses narines au bout de seulement 9h de jeu environ. C’est peut-être ça le truc, on ne s’attend pas à la voir débouler aussi vite. Quoi qu’il en soit, [jeu|3250] reste une bonne expérience. Suffit juste d’être suffisamment fort pour oser affronter cette aventure limite traumatisante. :mrgreen:

7

Condemned est un titre réussi, rien à dire. L’ambiance est terrible, le stress est omniprésent, l’Intelligence Artificielle est une réussite, la réalisation englobe parfaitement le tout en augmentant davantage la sensation de peur, mais il manque un petit quelque chose, un bon gros pic d’intensité qui marque définitivement le titre dans la cour des grands. D’autant plus qu’il ne faut que 9h de jeu pour en venir à bout. Quoi qu’il en soit, Condemned reste une bonne expérience traumatisante comme on les aime.

Les plus

+ L’ambiance
+ On flippe grave sa maman
+ Le principe de la cueillette d’armes
+ La réalisation
+ L’IA

Les moins

- Un peu court jeune homme
- Ca rame un peu
- Il manque un truc…

Détails

18+
Nom
Condemned : Criminal Origins
Support
Xbox 360
Genre
Aventure
Editeur
Sega
Développeur
Monolith Productions
Sortie
02 décembre 2005
24 novembre 2005 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de 18 ans et plus

Plus jeune, Shigeru Miyamoto (Mario, Zelda ...) a sérieusement envisagé de devenir peintre ou marionnetiste comme exutoire à sa force créative.