Xbox 360 Brütal Legend


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Test de Brütal Legend

Test du Jeudi 22 octobre 2009 par AssKicker

Pour ceux qui l'ignorent, Brütal Legend fait parti de ces jeux qui ont failli passer à l'as en plein milieu de leur développement suite aux aléas du business et du marketing. Anciennement édité par Activision qui a préféré l'abandonner sur une aire d'autoroute après sa fusion avec Vivendi/Sierra/Universal, le bébé de Tim Schafer a finalement trouvé refuge dans les bras protecteurs d'Electronic Arts avant de se voir épaulé par de bonnes grosses guest-stars telles que l'acteur/chanteur déglingué Jack Black et autres VIPs issus du courant musicale du métal. Au fil du temps la machine promotionnelle a fini par faire son effet au point de propulser le titre au rang de jeu méga attendu. Coup de buzz justifié ou plan marketing pompeux ? Faut-il avoir les cheveux longs et savourer les plaisirs du cuir et des poils pour apprécier Brütal Legend ? Eléments de réponse ci-dessous...

Tu vas voir gars, c'est métallucinant

A peine inséré dans le mange-galette, Brütal Legend nous baigne directement dans l'ambiance. Au détour d'une séquence vidéo, Jack Black nous emmène dans les recoins mystérieux de son marchand de disques favoris afin de nous montrer "la chooose". Un vinyle de provenance inconnue que les plus avertis n'osent s'offrir car trop "précieuuux" pour être mis entre toutes les mains. Après moult avertissements, Jack pose la crêpe sur la table et pouf, nous voici avec les menus du jeu manipulés par ses doigts grassouillets. Effet saisissant, impressionnant, efficace et ô combien original. Enorme.

Bref, après avoir lancé le bouzin nous voici avec une petite intro in-game nous présentant Eddie Riggs, un roadie musclé et virile (joué par Jack Black justement...) se retrouvant malgré lui à s'occuper des tournées d'un groupe de jeunes péteux jouant de la musique de daube pour ados pré-pubères. Autant dire que pour un gars qui ne tripe que sur du métal des années 70... bah ça pue du cul. Sa joie de vivre prendra davantage de plomb dans l'aile lorsqu'il se verra propulsé dans un monde parallèle métaleux suite un accident mortel paranormal. Note pour plus tard : ne jamais donner de sang à boire à une boucle de ceinture...

Brütal Legend : le smoothies des genres

Après une petite "sieste", l'ami Eddie se réveil dans un univers inconnu aux forts relents d'un monde à la Beetlejuice avec une design complètement décalé, parfois malsain et peuplé de créatures improbables. Heureusement le roadie pourra rapidement faire confiance à une bonne grosse hache ainsi qu'à Clémentine, guitare électrique lui permettant d'enchainer les frappes éclaires et enflammées, mais toujours avec modération afin qu'elle ne surchauffe pas. Ca, c'est pour la partie beat them all qui ouvre le bal d'entrée de jeu tout en se montrant jouissive tant elle se montre brütale, complète et variée par la suite. Mais ce n'est pas tout ! La 5 cordes permettra également de révéler des reliques endormies lui conférant d'innombrables pouvoirs comme faire apparaître la Deuce, sa bagnole survitaminée, motiver ses alliés, faire fondre les visages des ennemis environnants, etc... Tous ces pouvoirs seront à débusquer en explorant l'immense monde de Brütal Legend que l'on pourra traverser librement et s'invoqueront par le biais de solos démoniaques que l'on devra jouer en respectant des combinaisons de touches à enchainer selon le défilement d'une barre de rythme à la manière d'un jeu musicale. Voilà pour la partie zikmu. En ce qui concerne l'aspect bac à sable sachez que vous serez gâtés puisque la visite du territoire permettra de découvrir 120 dragons baillonnés à libérer, 12 partitions à trouver (pour obtenir autant de pouvoirs), 24 statues de métal permettant d'obtenir de nouvelle pistes sonores, 13 artefacts légendaires racontant la mythologie locale, 32 jumelles panoramiques à scruter et 11 Garages Métal à mettre à jour pour pouvoir customiser et améliorer tout un tas de paramètres (nouveaux combos, nouveaux coups à la haches ou à la guitare, nouvelles armes pour la Deuce, etc...). Et c'est sans compter sur les missions secondaires qui vous permettront également de vous mettre dans la poche des "tributs de feu" qui n'est autre que la monnaie du jeu.

Petit à petit, Eddie fera la connaissance d'illustres personnages du coin aussi bien amicaux (Lars, le héros beau gosse des environs , Lita sa petite soeur guerrière, Ophelia la gonzesse canon servant à la cause Dallasienne du jeu, etc...) qu'hostiles (Lionwhyte au look glam-rock douteux, Doviculus le super bad vilain du jeu, etc...). Bien entendu notre perso ralliera la cause du groupuscule rebelle luttant pour le bien être du métal et la liberté des esclaves rockers fouettés par l'oppresseur démoniaque. Pour ce faire, Eddie expliquera à la troupe tous les bons mécanismes à respecter pour mettre au point les meilleurs concerts qui soient afin de combattre les factions ennemies. Et c'est d'ailleurs dans ce genre de situation que le jeu surprendra quelque peu puisque sous son titre couillu se cache également un produit disposant de phases de stratégie en temps réel avec gestions des troupes.

En effet, Brütal Legend fait la part belle aux combats stratégiques opposants votre bande de métalleux à celle un brin chochotesque/gothique/démoniaque des différents ennemis que vous rencontrerez. Pour ce faire, vous disposez d'une énorme scène de concert et de plusieurs puits de fans en délire qu'il va falloir rallier à votre camps en y construisant des baraques à goodies. Ceux-ci feront ainsi office de ressources vous permettant d'appeler des renforts (les headbangers aux coups de boule dévastateurs, les nanas équipées de fusils, les molosses aux gros poings, les véhicules armés, etc...) formant vos unités à qui vous pourrez donner des ordres (tenir la position, suivre Eddie, charger et attaquer une cible précise) de manière globale, ou à une unité en particulier. Le but de ces phases consiste généralement à pourrir le camps adverse tout finissant par savater la scène adverse. Il faudra alors bien penser aux particularités de chaque type d'unité pour se défaire des factions ennemies qui n'hésiteront pas à démolir vos boutiques à goodies pour ensuite se les acaparer, ce qui aura pour influence de réduire vos revenus et accessoirement voir davantage d'ennemis fondre sur vous. Malgré le bordel apparent des champs de bataille mêlant beat them all et RTS, Eddie se verra assez rapidement gratifié d'ailes démoniaques (léger spoiler mais soit..), une aptitude physique uniquement disponible dans ces phases de gameplay et qui se révèlent fort bienvenues pour naviguer rapidement d'un bout à l'autre de la map afin de mieux gérer ses troupes. Ouf.

Plus l'aventure prendra du coffre et plus les pouvoirs et unités disponibles seront nombreuses avec tout un tas d'ennemis différents selon leurs origines. En ce qui vous concerne vous pourrez faire évoluer votre scène afin d'avoir accès à des troupes de plus en plus puissantes mais qui réclameront alors un plus grand nombre de fans. Bien que restant assez simples dans l'ensemble, ces combats de scènes deviendront de plus en plus coriaces et demanderont alors de mieux exploiter le système d'ordres attribué à la croix directionnelle et si possible d'exploiter les actions coopératives que l'on pourra enclencher avec chaque type d'unité (le pogo avec les 'Headbangers, la discrétion en se plaçant sur les amplis portés par les roadies, la force de frappe massive du Guitarmageddon, etc...). Rien à dire, c'est archi-complet et ça le devient encore plus grâce au mode multijoueur. En effet, celui-ci est basé sur ces batailles de scènes à la différence que l'on pourra cette fois-ci jouer avec les camps des Maudits et des Démonix disposant chacun de leurs propres unités avec leurs propres capacités. A noter que le multi peut se pratiquer jusqu'à 8 joueurs répartis dans 2 équipes de 4.

Vous l'aurez comprit, Brütal Legend part dans tous les sens ce qui peut légèrement dérouter au début tant on se retrouve dans un flot de possibilités, de façons de jouer et d'éléments à gérer. Mais pas de panique, le jeu nous explique suffisamment bien les choses pour que l'on prenne de l'assurance assez rapidement même si une bonne dose de pratique ne sera pas de trop pour gérer comme un prince du métal.

Encore mieux que l'ampli qui peut monter jusqu'à 11

S'il fallait une expression pour qualifier l'ambiance de Brütal Legend, il suffirait de checker un épisode de Friends mettant en scène Janice ou Chandler avec leurs célèbres "OH...MY... GOD !" Tim Schafer et sa petite clique ont poussé le bouchon du métal jusqu'à un point jamais atteint à ce jour. Le jeu fourmille de références et de détails ultimes (style le son devient plus faible et passe en mono lorsque l'on est gravement blessé) qui ne pourront que mettre en émoi les petits coeurs des adorateurs du métal. Quel trip de se retrouver avec un Ozzy Osbourne (de Black Sabbath) en tant que Gardien du Métal faisant office de mécano, Lemmy Kilmister (de Motörhead) dans le rôle du Kill Master, une sorte de gourou pouvant soigner/ressusciter les gens grâce à ses solos de basses aux cordes faites à partir de fils d'araignée métal, Rob Halford (de Judas Priest) en gros travelo, etc...

Et que dire de la bande son tout simplement magistrale avec ses 108 morceaux de heavy métal issus de 75 groupes différents (tracklist de folie à cette adresse)qui rendent l'aventure encore plus épique qu'elle ne l'est. Quel pied de parcourir ce monde torturé à bord de la Deuce avec du bon gros rock qui tache à coups de double-pédales ou de découper de la créature démoniaque sur fond de riffs bien pêchus ! Sans compter sur l'énormissime design de cet univers déjanté disposant d'une esthétique à la fois malsaine, stylée et ô combien imposante, aussi bien du coté des décors particulièrement travaillés que de la panoplie d'ennemis qui n'a rien à envier à un RTS classique.

Terminons enfin avec la version française du titre qui s'avère être pour une fois de très haut niveau aussi bien au niveau des dialogues que de la traduction textuelle qui a su parfaitement retranscrire l'esprit de la version originale. Le jeu des acteurs se trouve ainsi être dans le délire métal avec un casting vocale parfaitement dans le ton virile et hardos du milieu (a noter que le jeu vous propose dès le début de supprimer les violences verbales ou gores si jamais vous avez peur de traumatiser votre sensibilité). L'humour est présent à tous les instants, les vannes, répliques et mimiques fusent de partout et chaque cinématique (ou presque) est synonyme de barre de rire. Le travail d'écriture sur les dialogues se montre là aussi de très haut niveau tout comme les contes mythologiques nous narrant les origines du heavy métal aux travers de petites esquisses griffonnées façon peintures rupestres.

Ô joie suprême, les puristes seront ravis d'apprendre que la version française contient également les voix américaines (et italiennes mais ça OSEF...) tout en proposant des sous-titres afin de leur adoucir les cages à miel avec les voix originales de leurs héros musicaux favoris. A noter que par faute de place cette version Xbox 360 propose moins de choix de langues comparée à son homologue PS3 équipée de son luxueux lecteur Blu-Ray.

Même le meilleur des roadies peut faire des fausses notes.

Si jusque-là le portrait du titre de Double Fine Productions semble idyllique de par sa richesse, la pratique mettra rapidement à nu quelques tragiques défauts, à commencer par la partie technique légèrement toussotante. En effet, les phases d'exploration de l'énorme monde de Brütal Legend ne font ainsi pas toujours preuve d'une fluidité déconcertante. Rien de bien dramatique en soit mais cela s'ajoute à quelques imperfections regrettables comme la soudaine apparition de certains éléments du décor ou certains manques de finition (lors d'une cinématique Eddie plane littéralement dans le vide parce que la Deuce n'apparait pas... ça fait un peu tâche pour un jeu dans sa version commerciale...).

Dommage également que les phases de combats soient aussi bordéliques puisqu'il arrivera fréquemment que l'on ne sache plus vraiment qui est qui au point d'avoir du mal à distinguer ses ennemis de ses troufions. De plus ces séquences ne proposent aucune mini-map ou autre moyen permettant de repérer la position de nos troupes par rapport à notre personnage. Leur localisation ne sera ainsi indiquée que lorsqu'ils se feront attaqués, ce qui est loin d'être pratique niveau organisation. Idem lors de la navigation dans le monde, il faudra alors afficher la map grand format pour savoir où l'on est et où se trouve l'objectif. Alors certes les clignotants de la Deuce aident à se diriger par rapport au marqueur placé sur la carte mais le système est totalement à la ramasse et imprécis. De même pour le halo céleste (façon Jésus à sa naissance) qui indique la destination mais en cas de chemin tortueux parsemé de gouffres on se paume rapidement. Autre point gênant qui sautera tout de suite aux noeunoeuils : il est impossible de sauter. Autant cela ne gêne pas spécialement dans le gameplay en lui-même, autant il est parfois lourdingue de devoir contourner certains éléments du décors aussi hauts qu'un BN.

Mais le gros point faible du jeu tient surtout dans sa durée de vie bien maigrichonne. En effet, comptez entre 6 et 7 heures si vous tracez votre route sans prendre la peine d'explorer le monde. Et encore, il faut savoir que le jeu comporte beaucoup de cinématiques, réduisant encore davantage le temps de pratique. Alors certes il y a également de nombreuses missions secondaires mais elles ne se limitent grosso merdo qu'à 3 types d'activités : mettre des marqueurs au sol avec sa Deuce pour que les assauts ennemis se fassent pulvériser par les tirs du mortier de votre pote, fighter un groupuscule ennemi, ou encore shooter plusieurs vagues ennemies en shootant à partir d'une tourelle. Autant dire que l'intérêt est très vite limité même si quelques rares missions secondaires sortent du lot (aider une famille de chauve-souris dont la grotte est squattée par des intrus, épreuves de chasse, etc..).

Le jeu se montre ainsi tellement court qu'il ne laisse même pas le temps d'exploiter toutes les possibilités qu'il nous offre. Le fait de devoir explorer le monde pour découvrir de nouveaux pouvoirs peut ainsi être relativement discutable vu qu'il faut parfois vraiment avoir l'oeil du faucon pour trouver les reliques qui se fondent si bien dans les décors bordéliques, décharnés et parsemés de rochers et autres éléments trompeurs. Mais à quoi bon se décarcasser si ces capacités sont totalement optionnelles et qu'il n'est de toute façon pas bien compliqué de terminer le jeu sans elles. Mais rien n'y fait, il demeure un arrière-goût de déception compte-tenu de l'excellente ambiance et du gameplay aux petits oignons que l'on aurait tant aimé voir prolongé durant quelques heures encore.

Sachez que si cela vous branche, vous pourrez toujours continuer d'explorer le monde à la quête des diverses babioles que vous auriez laissé trainer une fois le jeu torché. Au final rien n'y fait, le charme agit comme par enchantement et l'aventure se montre tellement énorme que l'on y reviendra forcément à nouveau en intégralité rien que pour le fun, ou ne serait-ce que pour expérimenter les voix françaises ou américaines (voire italiennes avec quelques grammes d'alcool dans chaque oeil...).

Dommage également que le multi ne se limite qu'à des batailles de scènes alors qu'il y avait pourtant matière à faire en terme de modes de jeux. Citons au pif des courses de véhicules ou un pseudo mode Horde à la Gears of War 2. Ca aurait pu le faire mais les dieux de métal en ont décidé autrement...

8

S'il y a bien une chose qui transpire à grosses gouttes lorsque l'on joue à Brütal Legend, c'est bien le fait qu'il nous a été pondu par une bande de fous passionnés du métal. La patte magique de Tim Schafer se fait clairement ressentir à tous les niveaux avec une esthétique et un univers complètement barrés mais néanmoins fidèles à l'esprit du heavy metal. Ajoutez à cela une ribambelle de têtes connues ainsi qu'un gameplay ultra riche mêlant beat them all et STR qui ne feront que renforcer l'aspect couillu du jeu. Dommage cependant qu'il se montre si court au point de ne pas avoir le temps d'exploiter les énormes possibilités qui nous sont offertes, et que la réalisation technique manque d'une once de finition. Mais rien à faire, le charme de Brütal Legend supplante tous ces défauts grâce à son humour bien gras et sa bande sonore testostéronnée qui irait jusqu'à convertir une none au culte du heavy métal. Mention spéciale à la version française qui prouve bien qu'il est tout à fait possible de respecter les qualités et subtilités de la VO. Gloire à Tim Schafer, gloire au rock'n'roll, et que le cuir soit avec vous !

Les plus

- Un univers incroyable
- Une ambiance rock d'anthologie
- L'humour
- Le gameplay incroyablement riche et varié
- La folle envie de refaire le jeu plusieurs fois
- Graphiquement sympa
- La bande son de ouf
- La version française de qualité
- Les menus ! (bah ui...)

Les moins

- Trop court...
- ... au point de ne pas avoir le temps de tout exploiter
- Quelques tares techniques
- La navigation pas toujours simple
- Le multi un peu léger
- ON EN VEUT ENCORE §§§

Détails

18+
Nom
Brütal Legend
Support
Xbox 360
Genre
Action
Editeur
Electronic Arts
Développeur
DoubleFine Productions
Sortie
16 octobre 2009
13 octobre 2009 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de 18 ans et plus

Le nom GameBoy vient des fameux jeux électroniques Game & Watch. Son nom de code était DMG, pour Dot Matrix Game.