Bayonetta
Test du Lundi 25 janvier 2010 par APC
En ce début d'année 2010 qui s'annonce riche en bons jeux débarque l'un de ses plus sérieux prétendant au titre de jeu de l'année. Encensé par la presse internationale avec un 40/40 pour cette version Xbox 360 chez Famitsu, le bébé d'Hideki Kamiya (ayant pour autres bambins la série des Devil May Cry) a déboulé chez nous en ce mois de Janvier. L'occasion pour nous de mettre la main dessus et de prendre plaisir avec cet objet brûlant et brillant de milles feux.
Une bonne grosse paire de ...clichés.
Jouer à Bayonetta implique que l'on a au minimum du second degré. L'univers du jeu et ses personnages sont tellement kitchs et abusivement mis en scène de manière grotesque que tout l'ensemble ne peut être apprécié qu'avec un regard totalement décomplexé. Bayonetta est une sorcière qui se bat contre les rejetons du paradis et des enfers ayant décidé de lui régler son compte. Seulement elle est bien embêtée car elle ne sait pas vraiment pourquoi de vils créatures la taquinent de la sorte étant donné qu'elle ne se souvient plus de rien suite à un petit problème d'amnésie. De ce fait elle ne sait plus vraiment qui elle était avant d'avoir été retrouvée 20 ans plus tôt dans un cercueil au fond d'un lac. A la recherche d'une pierre particulière, elle se met en quête de ce qui la ramènera face à son passé et qui lui expliquera l'histoire des sorcières de l'Umbra, forces des ténèbres, et des sages de Lumen, défenseurs de la lumière.
Particulièrement tortueux, le scénario n'est pas ce que l'on attend le plus dans ce jeu mais il a le mérite d'amener avec lui un lot de personnages bien sympathiques. En dehors de son côté sexy secrétaire polissonne toute de cuir vêtue, Bayonetta est aussi un personnage fort en gueule qui n'hésite pas à dégainer au lieu de papoter et qui lâche des répliques très tendancieuses ("I'm a bit... i mean witch" en nom d'un succès, pour dire à quel point le vice est poussé...). Sans aucun complexe elle affichera ses atouts sous tous les angles pour faire plaisir aux joueurs. Non pas que ce soit l'intérêt principal du jeu, soyez bien rassurés là -dessus, il y a bien d'autres choses à se mettre sous la dent. Mais c'est tellement dans la démesure que tout cela en devient vraiment drôle et donne un sacré cachet à l'ensemble. Entre Jeanne la sorcière qui se bat comme elle, Luka le journaliste qui pense que notre héroïne a tué son père, un vendeur d'arme que l'on dirait tout droit sorti de Resident Evil 4, bref, toute une pléïade de personnages classiques qui deviennent de vraies parodies au final. Tout est là pour faire du fan service de toute façon, jusqu'à la scène post générique... dont je vous laisse la surprise !
Savate bien, et vous ?
Qu'on se le dise, Bayonetta est un jeu d'homme, pour les vrais, ceux qui ont déjà arpenté les chemins laborieux et coriaces des beat'hem all bien corsés. Même en normal (la difficulté maximale accessible au début du jeu) vous serez crispé sur votre pad en bourrinant comme un fou sur Y et B pour sortir des combos dévastateurs à une vitesse d'enfer. Même pas la peine de chercher une touche de contre dans le jeu, il n'y en a pas. Seule l'esquive est présente et vous permet d'enclencher un pouvoir spécial ralentissant le temps histoire de pouvoir avoir la main pleinement sur l'action et sortir l'enchainement qui vous fera prendre l'avantage sur les ennemis. Ceux-ci sont bien souvent en surnombre et attaquent en même temps, ce qui n'aide pas toujours à la compréhension de ce qui se passe à l'écran tant ça pète de partout et quand ce n'est pas la zone de jeu qui se trouve elle aussi en mouvement histoire d'en rajouter une couche. Démesure à tous les niveaux, je vous le dit !
Coté maniabilité seules deux touches sont utilisées pour les attaques (pieds et poings) mais offrent tellement de possibilités au final ! Basées sur les pressions à répétition et les charges réclamant un timing précis, les possibilités sont monstrueuses et maîtriser la totalité des combos demandera un certain temps. Il faudra bien s'entraîner pour trouver ceux qui permettent d'enchaîner les monstres sans qu'ils n'aient le temps de trop se la ramener. C'est bien l'un des points fort du jeu car même les armes laissées à terre par les ennemis possèdent leurs propres enchaînements. A cela s'ajoutent des attaques spéciales variées et bien drôles qui se déclencheront à certains moments si l'on exécute un QTE simple telle la guillotine où les ennemis seront forcés d'y mettre leur tête à coup de tatane au cul, ainsi que d'autres finish limites sadomasochistes. Non content d'être pervers, le jeu est aussi assez gore dans l'ensemble, ce qui déplaira forcement à cette chère association de Famille de France. De toute façon étant donné la difficulté générale du titre nos chers bambins ne traîneront pas assez longtemps pour voir tout cela au cas où s'ils auraient réussi à choper le jeu dans votre dos.
Le bestiaire n'est quant à lui pas en reste mais se montre assez répétitif avec tout au long du jeu des versions alternatives à peine masquées des ennemis. Mais de toute façon l'action va tellement vite que vous ne prendrez pas trop le temps de les reluquer même s'ils sont sacrément résistants !
Vous reprendrez bien un peu de fan sévisse... euh service?
L'ambiance unique de Bayonetta tient pourtant à bon nombre de recyclages. Entre le gameplay qui se rapproche sévèrement des Devil May Cry, les musiques et bruitages entendus ailleurs, les répliques qui donnent un air de déjà -vu, il y en a à toutes les sauces pour faire plaisir aux plus érudits d'entre vous. Vous ne rêverez donc pas lorsque vous entendrez le "Henshin a go go" de Viewtiful Joe, le "What are you buying ?" de Resident Evil, verrez les petits clins d'oeil graphiques sortis d'Okami, jouerez un remake de Space Harrier et j'en passe et des meilleures.
Le jeu emprunte tellement de choses que cela en devient indécent mais apporte en même temps une touche assez personnelle à l'ensemble. Ne vous attendez pas à dégriser un seul instant tellement tout est aussi dans la surenchère technique : des niveaux qui se déconstruisent, des boss titanesques, des finish démesurés, l'équipe de Platinum Games s'est démenée pour faire de leur bébé un joyeux foutraque qui arrive même à gêner le joueur tellement il y a de choses à l'écran. Tout cela sans compter les soucis de camera qui rendent parfois difficile le ciblage des ennemis sur la zone de combat. Souffrant d'un framerate asthmatique et d'un tearing assez présent, la partie technique pourrait faire peine à voir si elle n'était pas excusée par le déluge visuel engendré par le grand nombre d'ennemis et le gameplay spectaculaire. Surtout que dans l'ensemble le jeu est bien joli si l'on accepte le kitch qui suinte de toute part en terme de design et de mise en scène.
Vous allez aimer remettre ça un coup ou deux, voire plus... gourmands !
D'une durée de vie fort acceptable, il faudra compter sur une petite dizaine d'heures lors de votre première partie. Le jeu propose une replay value des plus intéressantes de par les différents niveaux de difficulté, les succès, mais surtout pour obtenir toutes les armes, attaques et équipements qui viennent grandement vous aider. Obtenir les médailles de platine pure à tous les combats ne sera pas une mince affaire si vous cherchez à jouer le score. De toute manière ne faire qu'une seule fois le jeu serait se priver d'une grande part de plaisir mais si vous êtes habitués aux beat them all cela ne vous étonnera pas trop. Deux autres personnages seront également jouables pour redonner du piquant à l'affaire mais ils ne seront pas forcement aussi sexy que la petite Bayonetta !

Sans être LE beat them all ultime, Bayonetta est l'un de ceux qui est le plus marquant. Une personnalité forte, une réalisation artistique qui détonne, une vraie difficulté basée sur une maîtrise du gameplay, de la variété dans les actions, des références à tout va, rien ne lui manque. Il aurait peut-être fallu optimiser un poil plus la bête pour frôler la perfection mais cela n'enlève heureusement pas grand chose au plaisir de jeu. Alors résisterez-vous aux charmes de la plus sexy des distributrices de bourre-pif ? Je vous le souhaite mais sachez toutefois que le jeu ne plaira pas forcement à tout le monde de par son goût prononcé pour le grand n'importe quoi. En tout cas c'est drôlement frais et ça se mange tout seul ! Croquez-lui le jambonneau vous dis-je!
Les plus
-Le Kitch-La démesure
-La durée de vie
-La difficulté
Les moins
-Le recyclage de mobs-La technique qui ne suit pas toujours
Détails
- Nom
- Bayonetta
- Support
- Xbox 360
- Genre
- Action
- Editeur
- Sega
- Développeur
- PlatinumGames Inc.
- Sortie
- 08 janvier 2010
- 29 octobre 2009 (Jap)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 18 ans et plus










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