Wii World of Goo


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Test de World of Goo

Test du Vendredi 13 mars 2009 par Artheval_Pe

Développé par deux anciens d’Electronic Arts, Kyle Gabler et Ron Carmel, quasiment sans budget, World of Goo fait partie de cette nouvelle génération de jeux indépendants, créés par de très petites équipes et fondés sur une des idées originales. Sorti sur le Wiiware ainsi que sur Linux, Mac et Windows, ce jeu de réflexion semble s’être fait un nom au milieu de ses semblables. Mérite-t-il le détour ou est-il un autre titre parmi d’autres ?

LE CONSTRUCTEUR DE PONTS

World of Goo rappelle Lemmings de par certains aspects de son concept. Via différentes techniques, le joueur doit amener un certain nombre de boules de goo d’un bout à l’autre d’un petit niveau en 2D pour les faire rentrer dans un tuyau où elles sont aspirées. L’espèce de goo la plus commune est constituée de boules noires qui s’accrochent les unes aux autres, permettant ainsi de réaliser diverses constructions pour avancer dans les niveaux, tout en devant préserver certaines boules pour les récolter à la fin. Mais ce qui rend le jeu intéressant, c’est qu’il ne se contente pas d’exploiter cette unique mécanique. Au fil de la progression, de nouvelles espèces de goo deviennent disponibles pour réaliser des choses totalement différentes. D’abord centré sur la construction et la gestion de la physique des structures, notamment du poids, le jeu s’étend rapidement en ouvrant de nouvelles possibilités. Les structures peuvent être défaites, des ballons leur permettent de voler, des objets doivent être propulsés, certains boules doivent être lancées, etc… Bien que la construction de structures soit récurrente à travers le jeu, la diversité des énigmes et des possibilités donne une richesse intellectuelle considérable au titre, obligeant le joueur à penser différemment au fil de sa progression.

Celle-ci est en l’occurrence gérée d’une main de maître. Rarement simplistes sans jamais être inabordables, les énigmes changent et deviennent plus ardues au fil du jeu en suivant l’avancée du joueur. Il est difficile de rester bloqué sur un niveau et l’idée attendue semble chaque fois suffisamment nouvelle pour que résoudre le problème apporte une certaine satisfaction. Quant aux joueurs recherchant la difficulté, il leur est possible de tenter de récupérer le maximum de boules de goo, ce qui attribue un drapeau OCD aux niveaux ainsi terminés. Les contrôles sont extrêmement simples, utilisant seulement un pointeur qui permet de manipuler et attacher les boules de goo ensemble de manière rapide et efficace et ne nécessitent ainsi aucun temps d’apprentissage.

Un méta-jeux est également disponible en plus des divers niveaux, permettant de réaliser des constructions libres à partir des boules récupérées à travers les différents chapitres. Lorsqu’on est connecté, cela fait office de concours de hauteur de constructions, la taille des réalisations de divers autres joueurs étant affichée sous forme de nuages à la hauteur correspondante.

Il est également possible de jouer à quatre sur la même console et de manipuler les boules de goo en même temps, que ce soit à travers les niveaux ou le méta-jeu.

LE PEINTRE DES PANCARTES

Mais le jeu ne se contente pas de fonctionner sur la base d’un gameplay intéressant, il est le théâtre d’une histoire divisée en 5 chapitres, évoquant le monde des boules de goo et les changements qui s’y déroulent au fil des actions du joueur. Cette histoire est intéressante par sa dimension métaphorique importante, basée sur les sentiments des créateurs, distillés non sans un certain humour. Ils y évoquent entre autres internet, le capitalisme et en filigrane certaines tendances de l’industrie du jeu vidéo. La narration passe par quelques cinématiques complétées par du texte, mais aussi via les panneaux du peintre des pancartes. Celui-ci est un mystérieux personnage qui a laissé des pancartes à travers le monde, lesquelles en un clic dévoilent sa prose. Il y narre des détails de l’histoire tout en donnant des indices implicites sur la manière de résoudre les énigmes, dans un style parfois obscur mais toujours empreint d’un humour et d’une malice agréables.

En outre, le titre bénéficie d’un style artistique sobrement stylisé et agréable à l’œil, servi par les sympathiques animations des boules de goo et leurs petits cris joyeux caractéristiques. Mais il se distingue surtout grâce à sa musique. Basée sur des styles différents selon le niveau concerné, elle est d’une beauté et d’une variété qui feraient envie à beaucoup de productions plus ambitieuses. Le tout immerge dans un monde bien particulier, souvent joyeux mais pas toujours, et qui ne ressemble à aucun autre.

Enfin, techniquement, World of Goo fonctionne très bien. La physique employée est très convaincante, il n’y a pas de bugs apparents et le titre tourne sans problèmes en affichant un niveau de finition exemplaire. Quant au contenu, il offre entre 5 et 7 heures de jeu pour 20€ ce qui est tout à fait raisonnable, et même plutôt long pour une production indépendante.

8

World of Goo est un très bon jeu d’énigmes, utilisant des mécaniques sans cesse différentes, caractérisé par une excellente gestion de la progression et servi pour un style artistique propre et une musique magnifique. Incluant une discrète histoire ne prêtant pas moins à la réflexion, il se révèle très bien fini pour une production indépendante. Mais surtout, c’est un jeu qui a la qualité rare de posséder une âme, une personnalité issue de celle de ses créateurs, immergeant le joueur dans un monde parfois dur mais joyeux, qui ne manquera pas d’amener un sourire sur son visage et d’induire la joie simple découlant d’un gameplay enfantin. World of Goo ne changera pas le jeu vidéo, mais c’est un petit bijou qu’il serait dommage de manquer.

Les plus

+ Gameplay diversifié
+ La progression bien pensée
+ Le Sign Painter
+ Musique
+ L'ambiance joviale unique

Les moins

- Rien

Détails

3+
Nom
World of Goo
Support
Wii
Genre
Puzzle Game
Editeur
2D Boy
Développeur
2D Boy
Sortie
19 décembre 2008
13 octobre 2008 (US)
30 novembre 2008 (Jap)
Recommandation PEGI
Joueurs de 3 ans et plus

Jumpman, charpentier créé en 1981,sera rebaptisé Mario quelques temps plus tard en hommage à Mario Segali, un employé italien de Nintendo of America qui ressemblait selon le président de NoA au personnage créé par Miyamoto.