The Conduit
Test du Samedi 29 août 2009 par Nobuteru Yuki
Qu’est ce qu’on a pu fantasmer sur les FPS la première fois que l’on a pu voir la Wiimote et le Nunchuck ! Depuis, nous avons eu droit à un bon paquet de jeux de tir à la première personne, allant du très bon avec Metroid Prime 3 : Corruption au très mauvais avec FarCry Instinct. High Voltage Software a voulu pousser les limites hardware de la Wii et exploiter au maximum les capacités du combo Wii-remote + Nunchuck pour nous proposer un FPS Badass pour public mature, chose assez rare sur la console des familles de chez Nintendo, il faut bien l'avouer. The Conduit, leur projet ambitieux avec son moteur graphique propriétaire et son univers futuriste est dernièrement sorti chez nous, et nous allons enfin savoir si effectivement il va bien distribuer des claques au monde entier tellement qu’il est trop bon ou non.
PAS LE TEMPS DE POSER DES QUESTIONS, SAUVONS LE MOOONDE !
Autant le dire tout de suite : The Conduit a un scénario SU-PER … pas original. C’est de la SF bas de gamme nappée d’une histoire digne des plus mauvais films classés en série Z. Le pitch est le suivant : on incarne un certain Michael Ford, un agent secret qui doit sauver Washignton D.C d’une menace extraterrestre et qui ne doit EN AUCUN cas poser trop de questions pour ne perdre aucun instant … Notre objectif est d’aider notre agence, le Cartel, à récupérer une sorte de boule technologique appelé l’ASE (pour All Seeing Eye ), qui s’est faite volée par des extraterrestres.
En fait, ça ce n’est pas le pitch mais LE scénario du jeu. Vous l’avez comprit, il nous sert de prétexte à dégainer nos armes et à dégommer de l'alien à tout va. On a le droit à un ou deux retournement de situation prévisibles et ridicules durant tout le jeu, pour la plupart du temps on se mange des "on n’a pas le temps pour discuter, il faut faire ça et ça !" ou des "je ne te demande pas de me faire confiance mais de m’écouter … on n’a pas le temps !" le tout présenté avec des dialogues audio similaires au CODEC de la série Metal Gear mais en beaucoup plus chiant.
LIBERTE D’ACTION EXEMPLAIRE
Ce qui sauve The Conduit, c’est son univers vaste et sa liberté d’action incomparable.
Ca, c’est ce que l’on aurait aimé dire. Seulement ! The Conduit a une liberté d’action aussi étroite que son scénario, et de ce fait, on ne peut que féliciter High Voltage d’avoir su proposer une œuvre homogène aux joueurs. Hyper scripté, on avance d’un point A pour finir au point B sans avoir la possibilité de choisir un chemin alternatif. On ne peut même pas perdre son temps à visiter des endroits dans cet univers tellement que l’on a l’impression de se déplacer dans un couloir. On ne nous propose même pas de faire demi-tour. Ou bien si, mais seulement une fois arrivé à la fin du jeu.
LE QUANTUM 3 EN FORCE
Nous arrivons ici au point sensible du jeu : les graphismes ! Très ambitieux, High Voltage nous a promit des graphismes qui décollent la rétine. Pour ce faire, ils se sont donné beaucoup de mal à construire leur propre moteur graphique nommé Quantum 3. Grâce à ce moteur graphique, le joueur pourra avoir la chance de faire un voyage dans le temps et profiter des graphismes un brin meilleurs que ceux de la Dreamcast ! Nous avons droit a des effets semblables à ceux des débuts de la 3D sur console, une physique quasi inexistante et une intelligence artificielle qui rappel les cibles d’entrainement au tir.
Le plus effrayant dans tout ça est le style artistique totalement banal, peu inspiré, voire moche. Il n’y a aucun élément visuel susceptible de provoquer un décrochement de la mâchoire. Mais vraiment aucun, et ce n’est pas le pauvre level design qui va sauver le jeu. Sérieusement, on a l’impression de se mouvoir dans un univers plat sans la présence d’endroits superposés ou élevés. D’ailleurs ils nous est totalement interdit de viser vers le haut ou vers le bas, le viseur monte et descend d’environs 10° de la position par défaut, c’est du jamais vu ! Ca nous rappel la sensation de jeu de Doom premier du nom, c’est dire. La modélisation des ennemis (peu variés) est d’une banalité affligeante avec beaucoup de repompage honteux : on trouve des Grunts de Halo, des créatures volées à Metroid qui ressemblent aux Chozos, quelque uns qui rappellent les pirates de l’espace, et des soldats humains qui ressemblent à des humains (logique).
Les armes sont quant à elles divisées en 3 catégories : humaines, futuristes et extraterrestres. Encore une fois le design a été piqué chez Bungie, ce qui en soit n’est pas un très bon exemple à suivre (ceci est un avis subjectif). On oubliera au passage le tir secondaire… bon, ce n’est pas si méchant que ça mais c’est un peu chiant quand même il faut l’avouer. Quelques armes proposent un zoom ridiculement réduit ou un tir chargé. Le plus beau dans tout ça sont les bruitages des armes qui se rapprochent d’une machine à coudre ou d’un pet sous l’eau, ou encore des "piou piou piou" pour les armes terrestres ou futuristes. Ah ! En parlant de son, on aimerait préciser que l’ambiance sonore est très discrète et anecdotique. Personnellement je ne me rappel même pas du thème principal du jeu tellement que les compositions sont peu originales.
VOS ARMES : WIIMOTE ET NUNCHUCK
Commençons avec un bon point : les commandes du jeu son entièrement paramétrables.
Après, nous nous retrouvons avec un gameplay très basique : on pointe avec la Wiimote, on tire avec B, on saute avec A. Lorsque l’on balance la Wiimote vers l’avant, on effectue une attaque de corps à corps. Avec les boutons droite et gauche de la croix directionnelle, nous pouvons respectivement switcher entre les deux armes que l’on peut transporter et basculer entre les différents types de grenades que l’on peut récolter tout au long de l’aventure. Pour ce qui est des boutons haut et bas ils nous servent à faire demi-tour et à zoomer de manière.
Le bouton - permet de recharger l’arme en cours d’utilisation et le bouton + à sortir l’ASE qui a pour rôle de dévoiler des choses que l’on ne pouvait voir à l’œil nu : des mines, des écritures, des puzzles, des ennemis, etc…, mais sert aussi à pirater des systèmes électroniques et à déverrouiller des portes.
En passant, l’ASE sonne à chaque fois que l’on s’approche de certains éléments clés … vive le challenge. Pour ce qui est du Nunchuck, il sert essentiellement pour les déplacements avec le stick, le bouton C nous permettant de nous accroupir, le Z à verrouiller les ennemis (mais on doit quand même pointer avec la Wiimote pour les dégommer), et nous pouvons enfin lancer une grenade en agitant du bras.
Globalement les commandes sont loin d’être les meilleures sur Wii et sont loin de proposer une précision égale à celle de Metroid Prime 3 : Corruption , ou d’exploiter intelligemment la fonction gyroscopique comme dans Medal of Honor : Heroes 2. Le gros point noir des contrôles dans ce jeu réside dans le fait que si notre pointeur sort de la zone du récepteur infra rouge … bah on reste coincé durant deux secondes dans la dernière direction que l’on a effectué en braquant l’arme à fond ! C’est tout sauf drôle durant les parties multi ou durant les rares moments chauds du jeu.
En parlant de moments chauds il faudra noter que le jeu est doté d’une difficulté assez basse couplée à un rythme lent. Il n’y a que les deux derniers nivaux qui relèvent un peu le challenge et offrent de bonnes sensations de shoot. Pour vous dire, la plupart du temps je suis mort en balançant malencontreusement une grenade sur ma gueule en voulant me gratter le nez, et non pas à cause de la surpuissance des ennemis….
DU MULTI SUR WII, ENFIN !
Très classique dans l’ensemble, les modes proposés dansThe Conduit se résument à des parties Deathmatch en solo ou en équipe, du Capture the ASE, etc... On note quelques modes inédits tels que le mode "assassin" où chaque joueur a une cible à éliminer et se trouve être en même temps une cible pour un autre joueur, ce qui est franchement fendart. En gagnant des points on monte en grade (j’avoue que je ne me suis pas trop attardé sur le mode multi pour savoir à quoi sert ce genre de ranking…).
Les 7 cartes disponibles sont tirées du mode solo mais en un peu plus moches, capables d’accueillir jusqu’à 12 joueurs en même temps tout en pouvant s’insulter joyeusement via Wii-speak. Bref, c’est classique à donf et personnellement ça ne m’a pas amusé des masses. Je crois même que je me suis beaucoup plus amusé sur Counter Strike Beta 6 à son époque ou sur le multi de Quake 2 donc voyez...
UN JEU CONFORME AUX ATTENTES DU JOUEUR ?
Eh bien NON ! The Conduit a perdu son pari de proposer un titre de qualité visuellement baboulifiant. L’équipe d’High Voltage était trop ambitieuse, leur projet était pourtant très intéressant sur papier mais au final ils ont lamentablement échoué et n’ont pu proposer qu’un FPS en dessous de la moyenne, que ce soit pour sa compagne solo torchable en 6h si comme moi vous vous en foutez des bonus à débloquer qui ne donnent franchement pas envie d’y retourner, sans oublier un multi venu tout droit des débuts des années 2000.

The Conduit s’est aventuré dans une bataille perdue par avance, à savoir proposer un FPS de qualité sur Wii. Il n’apporte strictement rien de nouveau au genre, la barre étant déjà placée très haute avec un Metroid Prime 3 d’une beauté exemplaire, d’un univers riche, d’un gameplay aux petits oignons et d’un scénario profond. On pourrait aussi pu dire que The Conduit peine a faire le poids devant Red Steel ou Medal of Honor : Heroes 2 qui assurent de leurs cotés un gameplay intéressant et novateur pour le genre sur la console de Nintendo. Avoir de l’ambition ne suffit pas, il faut également que les bonnes idées suivent. Dommage tout ça…
Les plus
-Pas de chute de framerate-Touches entièrement paramétrables
-Les deux derniers niveaux plaisants à jouer
-Enfin du multi sur wii (pour les gens pas trop exigeants)
Les moins
-FPS pas original du tout-6h pour boucler le mode solo
-Scénario lol
-Contrôles perfectibles
-Graphismes qui piquent
-Linéaire à mort
Détails
- Nom
- The Conduit
- Support
- Wii
- Genre
- FPS
- Editeur
- Sega
- Développeur
- High Voltage Software
- Sortie
- 10 juillet 2009
- 23 juin 2009 (US)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 18 ans et plus


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