No More Heroes 2 : Desperate Struggle
Test du Vendredi 12 février 2010 par Nobuteru Yuki
Punk is not dead, tel est le leitmotiv de l’équipe de Grasshopper Manufacture, studio responsable d’ovnis vidéoludiques tels que Killer 7 ou Contact sortis tout droit de l’imagination totalement barrée de son big boss connu sous le nom de Suda 51. No More Heroes premier du nom retraçait le parcours d’un dénommé Travis Touchdown, un otaku assumé et expert en maniement du Beam Katana qui ciblait le top du podium d’un concours d’assassins afin de se taper une gonzesse qui n’est autre que l’agent organisateur de ce tournoi sanglant. Malgré une technique plus que discutable à cause des limitations de la Wii, le jeu a su étonner par son humour noir et ses situations improbables, mais aussi par son gameplay bien pensé et carrément jouissif. Ce second épisode marque le retour de Travis (depuis surnommé le "Roi Sans Couronne" ) afin de venger son pote Bishop qui lui louait des vidéos pornos. Cette fois ce n’est plus un simple combat, c’est une putain de guerre !
IL NEIGE SUR SANTA DESTROY
Après plus de 120 ans il neige encore une fois sur Santa Destroy. Cette neige d’une blancheur écarlate couvre la ville d’un habit pur qui la rendrait presque belle. Pourtant cette neige annonce plutôt un malheur qui va bientôt s’abattre sur cette région et replonger une fois de plus ses habitants dans la violence et la destruction. Le jeu commence de cette manière mêlant fascination, mélancolie et inquiétude dans la voix de sa narratrice : une jeune femme dans des habits légers que l’on distingue difficilement depuis la vitre qui nous sépare d’elle. La discussion se fait par combinés interposés et va dans un seul sens vu que le personnage que nous incarnons en vue subjective reste silencieux. Les interludes viendront ponctuer l’histoire dans cette maison close, une belle manière de mettre le joueur dans l’ambiance du jeu. Ces séances de voyeurisme ont pour but de rapprocher au mieux celui qui se tient face à l’écran au thème principal de No More Heroes 2 : Desperate Struggle : la violence et la décadence.
Le premier combat se passe au sommet d’un building, le même où Travis avait commencé son aventure lors du premier épisode avec pour premier ennemi le jeune frère du premier adversaire que notre No More Hero avait assassiné sur ce même immeuble. Travis ne se doutait pas que ce combat de vengeance allait se retourner contre lui. Son adversaire n’était en fait qu’un messager venu lui dire que c’était à son tour d’être tourmenté par la vengeance. Sans trop tarder, Travis reçoit au lendemain matin un sac en papier qui lui bousilla la fenêtre de son appart' d’adolescent. A l’intérieur se trouve la tête de son pote Bishop, le propriétaire du magasin de location de films.
LE RETOUR DU ROI SANS COURONNE
Après une introduction plus ou moins dramatique, le jeu entre vite dans le feu de l’action. Animé par une soif de vengeance démesurée, Travis se lance dans la compétition pour faire un carnage et surtout pour avoir la tête du n°1 : Jasper Batt Jr. La progression dans le jeu est similaire à celle du premier opus. On accepte une à une les missions proposées par la mystérieuse Sylvia afin de grimper dans les échelons... sauf que cette fois on démarre de la 51ème place !!!
La première bonne nouvelle est que l’on n’aura plus droit à la conduite lourde de la moto et à l’exploration inutile dans la ville déserte. Le choix des missions se fait sur une map tout comme pour les minis jobs destinés à se faire de la thune et le reste d’endroits pour acheter des fringues, des beam katanas ou encore pour faire de la gym dans le but de gagner de l’endurance et accroître sa puissance d’attaque.
Le jeu garde sa touche 8-bits avec son lot de pixels qui rappellent de bons souvenirs pour les vieux joueurs. D’ailleurs pratiquement tous les jobs sont calqués sur le modèle des jeux NES avec en prime le bruit que l’on faisait quand on soufflait dans les cartouches avant de les insérer dans la console. Dans l’ensemble ils sont bien foutus et procurent un bon challenge... sauf qu’il y a des chances que cela déplaise aux plus jeunes qui vont être maltraités par le gameplay rigide et les graphismes archaïques. Cela s’applique également aux entrainements de gym qui ne proposent cette fois-ci que 2 épreuves qui deviennent extrêmement chaudes à maîtriser au bout d’un moment.
Les pixels c’est marrant quand c’est voulu, n’empêche que ça pique les yeux quand on les retrouve sur les modèles 3D. En effet, No More Heroes 2 : Desperate Struggle souffre de la même laideur graphique que son prédécesseur. Des décors trop vides, un level design inexistant, il n’y a que dans la modélisation des personnages où le jeu semble correct. Même chose pour les boss qui bénéficient d’un travail soigné, tous autant charismatiques les uns que les autres, on prend un réel plaisir à les affronter dans des combats épiques. Dommage que les ennemis lambda ont un design plutôt quelconque et soient très peu variés.
Dans cet épisode (et comme mentionné plus haut) les phases d’exploration ont été enlevées. On a du coup l’impression que le contenu a été revu à la baisse car il se trouve qu’il n’y a que 4 Beam Katanas à récupérer et plus aucun upgrade ou quoi que ce soit dans le genre. Au final on se retrouve devant un jeu 100% action similaire aux vieux beat them all de la belle époque 16-bits avec le gameplay du premier épisode mais en beaucoup mieux, beaucoup plus nerveux.
TRAVIS LE SURPUISSANT
Il faut avouer que pour ce nouvel épisode le gameplay a été revu et ajusté de façon à procurer un plaisir intense au joueur durant les phases de combat. On sent bien que les développeurs se sont réellement focalisés sur le mode combat car il constitue le noyau du jeu. Et autant dire que le travail réalisé est impeccable !
Ceux qui ont joué à l’épisode précédent vont trouver leurs repères très rapidement : le Beam Katana est notre arme principale, pour attaquer il suffit simplement de marteler le bouton A. Selon l’inclinaison de la wiimote Travis attaquera soit par le haut soit par le bas. En mixant des attaques hautes et basses on obtient des combos différents qui souvent se terminent avec un somptueux et violent finish que l’on exécute selon des touches décrites à l’écran. Bien sûr Travis est toujours autant fan de catch et apprend pas mal de prises tordues en lisant des magazines spécialisés qu’il range soigneusement dans sa chambre tout au long de la partie. Pour lancer une prise de Catch il suffit simplement d’appuyer sur le bouton B pendant que notre adversaire est étourdi. Par la suite on doit agiter les manettes suivant les indications affichées à l’écran.
La croix directionnelle permet à Travis de s’évader lorsqu'il se trouve dans des situations délicates. Car si on se limite seulement à la parade avec le bouton Z, notre jauge de Beam Katana sera réduite. Si cette jauge est à zéro il nous sera impossible d’attaquer ni même de parer jusqu’à ce que l’on puisse la recharger en récoltant une batterie. Sinon on devra impérativement la recharger manuellement en appuyant sur la touche 2 et en agitant la wiimote à la manière d’une session d’onanisme.
Un point assez technique se rajoute au panel des commandes : le "Dark Step". C’est simple, lorsqu’on est entrain de parer et qu’on se décale sur le côté au même moment où notre adversaire cogne contre notre garde, on a une sorte de Bullet Time qui ralenti leurs mouvements et qui nous permet de les latter à l’aise. Au coin droit en bas de l’écran se trouve une icône animée d’un tigre qui se réveil au fur et à mesure que l’on attaque les ennemis. Une fois devenu rouge de fureur, il pourra passer en mode extase et permettra de démonter les ennemis à une vitesse ahurissante sans leur donner la moindre chance de placer un seul coup.
Durant les combats on a souvent une roulette qui apparait à l’écran pour nous gratifier de quelques attaques dévastatrices. Grâce à celle-ci Travis lance une vague meurtrière qui élimine tout ce qui l’entoure en un seul coup. Parfois il lui est possible de ralentir le temps et d'enchainer les combos tranquillement et finir les ennemis sans avoir recours aux fonctions gyroscopiques. Parfois et avec beaucoup de chance Travis peut carrément se transformer en tigre ! UN GROS TIGRE ! Un seul coup de patte suffit à éliminer les ennemie qui se mettent à courir dans tous les sens de terreur. Sans doute l’un des moments les plus satisfaisants du jeu.
L’ASSASSIN AU GRAND CŒUR
Travis aime les chats. D’ailleurs dans cet épisode il va devoir faire de son mieux pour aider son animal de compagnie à perdre du poids en jouant avec lui. Il est aussi fan de Magical Girls. Sa chambre est couverte de posters de toutes tailles à leur effigie et il a même leur jeu de shoot pour console de salon sur laquelle nous pouvons bien entendu jouer si ça nous chante. La décoration de sa piaule évolue en fonction des items que l’on récupère durant la partie.
C’est sympa tout ça vous allez me dire, sauf qu’après certains combats le délire part dans une direction totalement improbable où Travis nous sort des répliques pleines de bonnes volonté, limite philosophiques du genre "on est peut-être des assassins mais nous sommes vivants, nous sommes humains et ne devrions pas être des outils d’une quelconque organisation qui prépare des tournois sanglants rien que pour le fun". Bon ok, c’est à ne rien comprendre tout ça. On pourrait penser que Travis en a marre de jouer à ce jeu et que cette fois-ci il n’y participe que pour venger son pote, là ça pourrait tenir un peu la route. Autrement le délire de Suda 51 est toujours présent, sauf qu’il y a une touche moralisatrice qui vient un peu gâcher le principe même de l’anti-héros.
DUR D’ETRE LE NUMERO UN
La difficulté de No More Heroes 2 2 a été revue à la hausse depuis le premier épisode. Rien que le tout premier boss risque de faire grincer les dents de pas mal de joueurs. Le seul ennui c’est que la difficulté est très mal dosée. On trouve par exemple le troisième boss plus facile que le premier. Le sixième plus dur que le huitième qui est à son tour plus facile que le deuxième, etc... Ce qui est sûr c’est qu’on prend un énorme plaisir à les combattre car chacun d’eux a son propre style de combat et il y a toujours des surprises mais surtout des rebondissements scénaristiques de malades !
Parmi ces quelques surprises sachez que l’on pourra jouer avec d’autres personnages pendant un moment, et que le gameplay changera alors radicalement. Voilà qui aide grandement à tuer la monotonie. Préparez-vous à en prendre plein la gueule comme dans le premier épisode avec un final aussi surprenant et affreusement dur. Croyez-moi, vous allez détester le boss de fin.
En 10 heures seulement vous aurez fait le tour du jeu. Une fois terminé, la difficulté Hard sera débloquée et autant le dire franchement, vous allez en chier. Rien que Skelter Helter, le tout premier boss que l’on rencontre sur le toit de l’immeuble au début du jeu, va vous péter la gueule. Ne comptez plus sur les power-ups qui se trouvent souvent dans l’arène des boss car ils disparaîtront complètement dans ce mode. Un challenge à la hauteur des exigences des hardcore-gamers. Ceux qui veulent éclater la face de leurs boss préférés pourront sélectionner le mode Boss Battle à l’écran titre du jeu. Pas mal comme truc.

Fort de par son idée d’origine complètement déjantée, No More Heroes 2 : Desperate Struggle reprend les bases de son ainé et améliore le tout en rajoutant de la difficulté, des boss sans pitié, des situations improbables et surtout un perfectionnant du gameplay pour un résultat explosif qui ravira certainement les amateurs du genre. Cependant la patte artistique plutôt punk offrant au jeu une identité unique peine à convaincre, la faute à des graphismes et des décors à la fois vides et moches. C’est d'ailleurs là le seul point qui déçoit véritablement dans le jeu. Encore une fois Grasshopper Manufacture surprend par son talent et prouve bien que la console des familles qu'est la Wii peut très bien accueillir des jeux au contenu mature et dotés d’un challenge à la hauteur des attentes des hardcore gamers.
Les plus
-Un excellent gameplay.-L’Humour.
-Le scénario débile.
-Une bande son de très bonne qualité.
-Les boss toujours aussi charismatiques.
-Le challenge.
Les moins
-Difficulté mal dosée.-Graphismes pas très réussis.
Détails
- Nom
- No More Heroes 2 : Desperate Struggle
- Support
- Wii
- Genre
- Action
- Editeur
- Rising Star Games Limited
- Développeur
- Grasshopper Manufacture Inc.
- Sortie
- 28 mai 2010
- 26 janvier 2010 (US)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 18 ans et plus


















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