Wii U Darksiders 2


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Test de Darksiders 2

Test du Mardi 4 décembre 2012 par APC

Avec premier du nom, le studio Vigil Games avait créé la surprise. Long, plutôt beau et allant chercher à droite à gauche les meilleures idées chez ses petits camarades, l'aventure avait su conquérir les joueurs qui s'y sont essayés ainsi que la presse spécialisée. Les revoilà deux ans plus tard, prêts à réitérer l'exploit avec un jeu qui s'annonce plus vaste, plus complet et plus foufou. Darksiders 2 était sorti cette fin d'été sur PS3 et Xbox 360 et avait su trouver son public. Accompagnant maintenant la sortie de la Wii U, il est intéressant de savoir ce que cette version apporte de plus ou de moins par rapport à ses grandes soeurs.

La mort vous va si bien.

Le cavalier Guerre (ou War en VO), héros du premier volet, est dans de sales draps. Condamné pour avoir légèrement exterminé l'humanité en déclenchant l'Apocalypse sur Terre, le voila enfermé pour une centaine d'années de souffrance par le Conseil Ardent. Ne supportant pas l'affront fait à sa famille, son frère Mort (lui aussi membre des Four Hoursemen et que l'on appelle pendant toute l'aventure en français Death) s'est mis en tête de laver son honneur et de ressusciter par la même occasion les humains. Comprenez bien, dans un monde où les hommes ont disparu, la mort se retrouve au chômage technique. Alors oui on peut soupçonner que ses intentions ne sont pas forcement les plus pures mais cela donne en tout cas un bon prétexte pour partir à l'aventure sur son chewal.

Avant d'aller plus loin, il est bon de préciser certaines choses. Tout d'abord, Darksiders 2 n'est pas vraiment une suite directe mais une histoire plus ou moins parallèle au premier épisode. Il peut être judicieux de le faire avant de commencer cette nouvelle aventure mais sachez que vous n'y êtes absolument pas tenu puisque la narration et la façon dont l'histoire vous sera présentée ne vous posera pas de difficulté de compréhension. Tout juste louperez vous les petites références ou clins d'oeil réservés aux fans de la première heure.

Tout comme son ancêtre, Darksiders 2 se présente comme un jeu d'aventure que l'on peut aisément comparer à un Zelda version mature avec de grands espaces à explorer, ainsi que des donjons à parcourir. Mais là où il fait très fort, c'est qu'il emprunte de nombreuses mécaniques de jeu à des beat them all façon God of War ou même des RPG comme Diablo. Croyez-en votre humble serviteur, vous en aurez pour votre argent niveau contenu car sans se dépêcher et en flânant à droite et à gauche, la durée de vie peut être étendue à un bonne trentaine d'heures qui sera ramenée à un honorable 15-20 heures pour les plus pressés.

RPG Level + 1000

Si était saupoudré de la composante RPG, ce 2ème volet franchi un cap qui ravira les vampires en manque depuis la fin de Skyrim ou de The Witcher 2. La structure narrative et l'ensemble n'ont pourtant rien à voir mais vous serez tout de même légèrement plus tenu par la main. Cependant c'est dans le gameplay et surtout dans l'évolution des skills de votre personnage qu'une attention toute particulière a été portée.

Vous trouverez des objets à la pelle allant des armes en passant par les pièces d'armure. Chaque élément aura ses propres caractéristiques vous indiquant ses propriétés spéciales ainsi que sa puissance ou encore son niveau de défense. A vous de faire les choix judicieux qui rendront votre personnage équilibré ou plus enclin au bourrinage de masse. Les objets enchantés seront quant à eux une bonne occasion de réaliser un peu de crafting. Ces derniers ont la capacité d'absorber des armes et autres pièces conventionnelles afin d'augmenter leur puissance et leurs attributs. Cet aspect est véritablement à ne pas négliger. Passez à coté et vous serez obligé de faire le tri dans les innombrables objets que vous ramasserez, et cela pourra devenir vite rébarbatif voire chiant. Surtout que dans ce Darksiders 2, du loot vous allez en bouffer. Des objets il y en a absolument partout, disposés aléatoirement un peu à la manière d'un Diablo 3. Si vous prenez la peine de fouiner un peu partout et tentez les quêtes annexes, vous récupérerez sûrement quelques armes ou armures qui poutrent et qui mettront la bave aux lèvres à vos amis qui n'auront pas pris le temps ou eu l'envie de s'y mettre.

Death évoluera lui aussi tout au long de votre quête et cela grâce à un système de level à l'ancienne, ainsi qu'à un arbre de compétences. Grand classique des RPG, il vous faudra accumuler des points de compétence en grimpant de niveau ou en accomplissant des quêtes pour pouvoir débloquer de nouvelles possibilités.

L'arbre est divisé en deux : une partie se concentre sur le combat et la force brute, l'autre sur les possibilités magiques du cavalier. J'en vois déjà qui sont tiraillés à l'idée de faire les mauvais choix. Vous pouvez malgré tout vous rassurer et entamer une partie à tâtons puisque les développeurs ont pensé à incorporer un système permettant contre quelques espèces (un petit paquet quand même) de remettre l'arbre à zéro pour ensuite re-dépenser l'ensemble de vos points. Simple, malin, il suffisait juste de le demander. Combien de fois n'avez vous pas enragé dans Skyrim après avoir bêtement gâché un point de skill si chèrement acquis ? C'est donc de l'histoire ancienne et c'est tant mieux, surtout que vous n'avez aucune raison de vous en faire pour certains pouvoirs qui se révéleraient obligatoires pour la progression naturelle de l'histoire. En effet, ces derniers vous seront appris quoi qu'il arrive alors no stress.

On lit saucisse un peu quand même

De base, notre (anti) héros dispose de ses deux faux et de la faculté à ramasser une 2ème arme secondaire dans des coffres ou sur les cadavres de ses victimes. Les enchaînements se veulent spectaculaires et avec un peu de skill et quelques heures de jeu derrière vous, les combos dévastateurs vous ouvriront les bras. Comme pour le reste il vous faudra de la persévérance mais vous en aurez pour votre investissement personnel puisque ces enchaînements de la mort tendent vraiment dans ce qui se fait de mieux. Un peu de God of War à la sauce RPG en somme.

Dans les différents mondes que vous traverserez, il est important de noter que le level design tient vraiment la route. Extérieurs, intérieurs, on échappe comme il ce doit au phénomène Matrixien (terme déposé) de déjà-vu et l'on se rend compte qu'à la diversité de gameplay déjà sympathique s'ajoute une diversité de situation vraiment rafraîchissante. On aimera ou on détestera la patte graphique si particulière (toujours très colorée malgré l'ambiance mature du titre), mais par contre on ne pourra que saluer le rythme qui alternera combats sanguinaires, boss épiques, phases de grimpette rappelant notre beau Prince de Perse qui sent bon le sable chaud, ou encore les énigmes qui, loin d'être idiotes, sont même plutôt bien pensées.

Les moments de calme seront l'occasion de discuter avec l'habitant, de marchander ou flâner en écoutant les très belles musiques composées pour l'occasion pour les plus fleurs bleues d'entre vous. De grands espaces à découvrir s'ouvriront fréquemment, ce qui sera l'occasion de sortir votre cheval pour une chevauchée qui amoindrira légèrement votre errance. Ce dernier répond bien mais ne pourra malheureusement pas être appelé partout. Death vous indiquera lorsque cela n'est pas possible en prétextant qu'il vaut mieux qu'il y aille seul. Bon, il est pas cow boy de profession mais quand même, on ne se prétend pas cavalier quand on laisse son cheval dans l'écurie à la moindre entrée de bâtiment ou de ville. La vitesse de votre canasson est représentée par de petites barres qui disparaissent lorsque vous lui donnez des coups de triques, rappelant en moins finaud les petites carottes d'Epona.

Malgré toutes ses qualités, Darksiders 2 n'est pourtant pas un titre parfait. Vous me direz aucun jeu ne l'est, mais il est de notre devoir à nous autres pigistes exploités de vous tenir informé de tous les tenants et aboutissants de votre possible futur achat.

Ainsi l'histoire principale n'est pas forcement des plus palpitante et peine à nous faire continuer à jouer pour savoir ce qu'il va se passer. La faute sans doute au fait que le premier titre soit concomitant (Google et Le Petit Robert sont vos amis). Il y a donc de grandes chances que ceux qui l'apprécieront le plus seront les amoureux de l'épisode un. Les autres auront tout de même du plaisir pour peu qu'ils prennent le temps d'explorer et d'aller à la rencontre des PNJ qui, pour le coup, vous en apprendront plus sur le background et vous immergeront beaucoup plus dans ces mondes ayant malgré tout de nombreux secrets à découvrir.

On échappe pas non plus a quelques bugs d'affichage de-ci de-là, à quelques chutes de framerate, ni à un doublage français quelque peu discutable même si l'ensemble tient la route, rassurez-vous. Certains trouveront les rares loading un peu sortis d'un autre âge avec son écran fixe et l'indication qui-va-bien, mais cela reste de l'ordre du détail et nous chipotons comme toujours...

Pour continuer, je vous parlerai brièvement du système de lock qui a fait ses preuves depuis Zelda Ocarina of Time et qui permet des combats contre les boss moins fouillis et plus ordonnés. Je vous annonce aussi que pour les plus maso, un mode New Game + est disponible. Celui-ci vous permettra de repartir à la guerre façon Rambo qui viendrait de tomber sur un arsenal viet en tout début de mission. Mais je vous donnerais surtout le conseil de directement démarrer votre aventure en mode difficile. S'il n'est pas abusé, le mode normal m'a en effet semblé légèrement facile et il y a fort à parier que si vous aimez le challenge, il sera légèrement juste pour vous. Surtout qu'une fonctionnalité génialissime vous permet d'échanger en ligne avec vos amis les objets dont vous n'avez pas utilité. C'est donc dans un esprit d'entraide et de partage que vous pourrez céder à vos noobz de connaissances des items rares que vous aurez mis aux oubliettes depuis longtemps puisque dans vos errances vous aurez déjà trouvé mieux, plus fort, plus puissant et bien plus gratifiant. Ce n'est pas parce que l'on joue la Mort que l'on ne peut pas faire de petits cadeaux...

La mort frappe aussi la Wii U

Fort étonnement, par rapport à ce qui se dit sur le net concernant cette version jugée graphiquement au rabais et dotée d'un framerate à la ramasse, nos tests comparatifs des autres versions consoles face à cette déclinaison Wii U sont loin d'être aussi tranchés. Les dernières mises à jours ont été faites que ça soit console ou du jeu en lui même, et le constat est vraiment modéré. Le framerate n'était pas toujours exceptionnel sur les versions PS3 et Xbox 360 et il en est de même ici. Le jeu n'est certes pas totalement fluide à certains moments mais en aucun cas cela ne s'avère génant lors des phases d'exploration et celles de combats. Certes, le tearing est visible, surtout sur les environnements ouverts, mais l'aliasing reste modéré. Si l'on a eu devant les yeux les autres éditions du jeu, il n'y a pas à regretter de se pencher sur cette version Wii U. On est loin des différences entre les versions Xbox 360 et PS3 d'un Bayonetta.

L'intérêt de cette édition est de proposer un gameplay adapté à la mablette. Si l'on peut tout de même jouer avec le contrôleur pro, il est cependant intéressant de se pencher sur cette version ne serait-ce que par curiosité. Le fait de pouvoir lire la carte des donjons sans temps de pause depuis son écran de manette est réellement bénéfique puisque cela fait gagner du temps tout en aidant à mieux se repérer. De la même manière, il est possible de gérer son inventaire en direct sans passer par le menu classique. Pour autant, les gars de chez Vigil n'ont pas pris la peine de penser l'interface spécifiquement pour cela. Du coup l'ensemble peut paraître petit et manquer de visibilité. Le fait de pouvoir naviguer dessus en tactile est agréable en plus d'être rapide, ce qui est loin d'être un détail pour selectionner un objet précis quant on sait que le jeu n'est pas avare en loot.

Le gros changement en terme de gameplay reste la possibilité de dispatcher ses sorts à utiliser sur l'écran tactile. Deux arcs de cercle sont représentés de part et d'autre de l'écran, nous laissant le loisir d'assigner ceux qui nous intéressent, au lieu d'utiliser la croix de selection de pouvoir classique. Les zones tactiles sont assez facilement accessibles mais chacun pourra trouver à redire ou non à cette utilisation en fonction de son feeling. Depuis cette interface, on peut aussi utiliser ses potions, une icone pour chacune étant disposée dans les deux demi cercles. Si l'on est habitué aux doubles écrans de la DS, cela ne gène pas trop. Dans tout les cas, l'effort d'adaptation à faire n'est pas insurmontable. La gyroscopie est aussi de la partie et sert simplement à plonger ou remonter à la surface lorsque l'on nage, ou encore à soliciter son fidèle destrier pour qu'il charge. Concernant le contenu, cette mouture a le bon goût d'inclure du contenu additionnel disponible en téléchargement sur les autres supports dont le Tombeau d'Argul, Death Rides, des armes et armures légendaires et d'un cheval plus puissant. Si ce dernier était offert dans les versions collector sur PS3 et Xbox 360, il est toujours appréciable d'en profiter sans verser un denier supplémentaire et sans occuper son précieux espace disque. Les quelques bugs constatés auparavant ont pu être corrigés sans avoir à subir des mises à jours. Cette version Wii U a finalement tout d'une grande et n'a aucune raison de rougir face à ses grandes soeurs, ce qui n'est déjà pas si mal.

8

Darksiders 2 sur Wii U est un bon jeu présenté dans une version agréable voire optimale. La jouabilité à la mablette permet de gagner du temps dans certains menus même s'ils n'ont pas été revus pour l'occasion et auraient pu être vraiment optimisés. Le feeling mablette en main est bon et l'on trouve vite ses marques. Pas forcément plus beau ni plus fluide que les versions PS3 et Xbox 360, cette adaptation s'en sort correctement et permettra aux retardataires de profiter d'une édition complète avec des DLC et contenus exclusifs inclus sur la galette. Le jeu trouvera sa place auprès des joueurs qui seront en manque de Zelda et de donjons à explorer avec leur console fraichement déballée.

Les plus

-Musiques superbes.
-Des donjons et des quêtes à foison.
-Du loot en masse.
-Du new game +.
-Des combats épiques.
-Du gros levelling comme on l'aime.
-20/30 heures de jeu.

Les moins

-Histoire un peu molle.
-Les menus pas très intuitifs.
-Un certain parti pris graphique.
-VF bien en-dessous de la VO.

Détails

16+
Nom
Darksiders 2
Support
Wii U
Genre
Action
Editeur
THQ
Développeur
Vigil Games
Sortie
30 novembre 2012
18 novembre 2012 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de 16 ans et plus

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