Wolfenstein
Test du Vendredi 11 septembre 2009 par AssKicker
En théorie l'apparition d'un nouveau Wolfenstein est toujours synonyme de jour de fête. Ayant posé les fondements du sacro-saint genre du FPS il y'a plus de 15 ans de cela grâce au génie combiné de John Carmack et de John Romero, la licence avait eu droit à un second souffle de qualité il y a maintenant 8 ans grâce à un Return to Castle Wolfenstein qui avait eu le culot de bousculer les sempiternelles redondances des FPS online avec des mécaniques de jeu dantesques élaborées par Splash Damage. Bien trop occupé sur Rage et quelques trucs useless pour iPhone, id Software s'est pratiquement délesté de son rejeton pour le refourguer à Raven Software, studio texan de bourrins capable du meilleur (Soldier of Fortune, X-Men Origins : Wolverine, Marvel Ultimate Alliance, etc...) comme du pire (Soldier of Fortune 2, , etc...). Nous voilà maintenant avec le bestiau entre les mains et force est de constater qu'il a bien mué depuis son adolescence. Est-ce en bien ? Raven Software a-t-il su faire honneur à cette série légendaire ? Endrant Studios est-il parvenu à maintenir le haut niveau de la partie online du titre ? Est-ce que les jeux-vidéo ne nous avaient pas prévenu de l'arrivée de la grippe A depuis plus de 20 ans ? Eléments de réponses ci-dessous...
Chimie 2000 / Nazi 2000, même combat
Poursuivant leurs péripéties occultes opérées depuis le tout premier volet, les nazis essayent toujours et encore de faire ami-ami avec les forces de l'au-delà pour assouvir leur soif de conquête du monde. Hélas pour eux, B.J. Blazkowicz enfilera une fois de plus son blouson de cuir pour défenêstrer du teuton conquérant à la pelle au travers de cinématiques héroïques à souhait ou de séquences in-game particulièrement musclées. L'alibi du jour consistera ainsi à enquêter sur un bordel organisé se déroulant dans la ville allemande d'Igenstadt (ach !) en pleine Seconde Guerre Mondiale où ces chers nazis exploitent l'énergie du Soleil Noir ayant la capacité de leur offrir des pouvoirs paranormaux. Grand défenseur du monde libre, B.J. accourt sur place afin de déjouer ces plans machiavéliques tout en comptant sur les forces de résistances locales qui l'épauleront tout au long de l'aventure. Ou en tout cas serviront à vous encourager moralement.
C'est doux, c'est neuf ?
Dès les premiers contacts, Wolfenstein a la surprise de nous offrir une toute nouvelle vision de gameplay pas spécialement répandue pour un FPS, et encore moins pour cette série de barbares. C'est ainsi que vous vous retrouvez à évoluer librement dans la ville d'Igenstadt divisée en plusieurs quartiers. A vous ensuite de retrouver les informateurs et membres de l'Aube d'Or afin qu'ils vous confient de nouvelles missions dont vous pourrez choisir la priorité à quelques reprises. Si l'orientation et vous n'êtes pas très bons amis, pas de panique, une boussole in-game ainsi qu'une map dans les options font acte de présence pour vous guider bien comme il faut.
Si vous scrutez les trailers du jeu depuis quelques temps, vous avez déjà pu faire connaissance avec le Voile, une sorte de dimension parallèle dans laquelle vous pourrez évoluer grâce à une amulette magique. L'intérêt de la chose est multiple puisque 4 pouvoirs vous sont ainsi conférés avec classe et majestuosité au fur et à mesure que vous progresserez dans l'aventure :
- Le voile simple qui permet de mieux distinguer les ennemis (surtout dans le noir). Celui-ci a également l'avantage de consommer moins d'énergie que les autres capacités.
- Le contrôle temporel qui permet de ralentir le temps sans que celui-ci n'ait le moindre effet sur vous. Vous pourrez ainsi esquiver les balles ennemis qui fuseront alors avec un petit effet à la Matrix.
- Le bouclier qui vous rend invincible aux tirs ennemis.
- Et enfin l'ultrapuissance qui permet de trouer les boucliers ennemis.
A noter que le simple fait de basculer dans le Voile vous permettra de temps en temps d'avoir accès à des passages plus ou moins secrets ouverts dans cette dimension mais non-visibles dans le monde réel, ou encore de découvrir les points faibles d'ennemis spéciaux. Ce monde étrange permet également de faire apparaître des Geist, des créatures qui, bien utilisées, peuvent vous aider à dézinguer du nazi. En cas de raté elles pourront par contre vous foncer dessus au point de vous descendre... Étant donné que tout ceci rendrait la folle épopée bien trop aisée, l'utilisation du Voile est régie par une jauge d'énergie qui se videra à chaque fois que vous l'utiliserez. Mais comme le monde est bien foutu, les niveaux sont parsemés de mares ou de petits containers vous permettant de recharger votre flux.
Dernière feature qu'elle est bonne : la possibilité de customiser ses armes et ses pouvoirs. Parce qu'il faut bien subvenir aux besoins de la population locale, Igenstadt dispose de son propre marché noir. C'est dans cet endroit que vous pourrez ainsi améliorer vos armes et vos pouvoirs du Voile en échange de quelques dollars que vous pourrez récupérer au cours des missions où sont éparpillés des sacs d'argent, des reliques ou des documents secrets. Vous pourrez ainsi ajouter un silencieux, un stabilisateur, une lunette de visée, une baïonnette, un plus gros chargeur, etc... à vos armes, ou bien doter vos pouvoirs de quelques effets secondaires comme les balles qui rebondissent sur votre bouclier (pouvant ainsi dégommer les ennemis), la possibilité de voir à travers les murs, etc... Le jeu étant plutôt bien calibré à ce niveau, il vous sera impossible d'acheter tout ce qui vous est proposé. A vous de bien choisir vos goodies ou de revendre certains d'entre eux pour en acheter d'autres.
Le double effet Kiss Kool
Si jusque-là le portrait de Wolfenstein semble idyllique, toutes ces babioles finissent en partie par se péter la gueule au fil de l'aventure.
Commençons déjà par la pseudo sensation de liberté dans la ville d'Igenstadt qui se révèle très vite être limitée tant elle se montre vide et dénuée de possibilités d'exploration. Ok, il y a bien des patrouilles nazis qui circulent et respawnent en permanence de manière bien lourdingue, mais à quelques exceptions près il est impossible de s'aventurer dans les immeubles. Voilà donc que l'on se retrouve à errer dans les rues en se promenant d'un point d'objectif à un autre entre chaque mission. Passé la sensation de découverte, le principe se montre rapidement redondant et casse très rapidement le rythme du jeu en passant des objectifs survitaminés aux phases de navigation pleine de vide. On se rend alors compte que la ville est faussement grande et qu'elle se permet en plus d'imposer des loadings lors des passages d'un quartier à un autre malgré leurs petites tailles. Et c'est d'ailleurs par cette magie de bas étage que les groupuscules nazis réapparaissent à volonté... grumbl...
Nous pouvons également nous plaindre de l'énorme facilité du jeu à tel point que l'on s'imagine que les développeurs devaient vraiment avoir peur que l'on ait du mal à terminer leur bébé. Les munitions et les mares pullulent à tout bout de champs et il est vraiment impossible de se retrouver à poil. Sans compter sur le fait que la jauge du Voile finit de toute façon par se régénérer automatiquement... J'en profite d'ailleurs pour signaler que la jauge de vie suit le même principe, à savoir que Raven Software a opté pour un système de régénération automatique au détriment de l'ancestrale principe des trousses de soins. Une tendance qui risque encore une fois de faire vomir les puristes. Vous pourrez également compter sur une intelligence artificielle des plus molles qui vous laissera bien souvent le temps de dégainer le premier même en ayant 2 de tension. Bref, Wolfenstein fait partie de ces titres où il est conseillé de jouer directement à un niveau de difficulté supérieur à la normale même si les troupes nazis se gâtent de plus en plus dans vers la fin de l'aventure que vous torcherez aisément en 7 ou 8h.
Je précise tout de même que les possibilités offertes par le Voile ainsi que la customisation des armes et des pouvoirs se tiennent tout au long du jeu et que les sensations de shoot sont sommes toute bien trippantes. Le fil de l'aventure reste cependant bien classique et les sensations de flippe et de panique que l'on pouvait par exemple ressentir à certains passages mémorables de sont ici aux abonnés absents. N'allez pas croire que je sois viril au point de n'avoir peur de rien (mais merci quand même) puisque je souffre par exemple d'incontinence carabinée en jouant à Dead Space, c'est dire. Mais la mise en scène de ce Wolfenstein a été vue et archi-revue au niveau de ses plans caméras et autres tentatives d'intimidation mais rien y fait, les capacités du Voile et la facilité à recharger sa jauge nous donnent de toute façon ce qu'il faut de surpuissance pour claquer la moindre abomination sans le moindre soucis. On avance, on dézingue à tout va, on prend un malin plaisir à tout déglinguer, certes, mais rien ne marque les esprits pour autant et l'on reste au final sur sa faim.
L'art du recyclage évolutif
Il faut bien le dire, Wolfenstein s'en sort plutôt pas mal pour un titre utilisant lid Tech 4 qui fût employé pour la première fois en 2004 avec Doom III. Les développeurs ont tout de même pris le bon soin de rajouter quelques effets bien sympathiques (comme le passage du monde réel au Voile) et l'ensemble se trouve plutôt agréable à regarder, et plus particulièrement au niveau des décors relativement bien construits et garnis de diverses babioles. Wolfenstein a cependant la fâcheuse tendance à se retrouver avec des textures baveuses et souffre de temps en temps de quelques légers ralentissements disgracieux. Coté maniabilité il faut bien avouer que c'est plutôt tendu. Devoir jongler entre les carnages armés et le passage aux divers pouvoirs dans le feu de l'action n'est pas chose aisée avec un pad, d'autant plus que les déplacements sont plutôt lourds. En pleine panique ça peut vite être le carnage.
A noter que Raven Software a eu le bon goût d'apporter des effets de chair dégommée lors des impacts de balle ou des démembrements avec les explosions qui ne sont pas sans rappeler leur moment de gloire atteint avec la boucherie Soldier of Fortune. Comble de joie, pas mal d'éléments du décors sont destructibles, procurant ainsi de bons petits moments d'auto-satisfaction lorsqu'une pièce voit tout son contenu partir en éclats suite à quelques séquences de gunfights de qualité. Détail amusant : il est possible de chopper des pelles ou masses présentes dans le décor pour se battre avec ou les balancer sur les ennemis. Lolz.
A ce sujet le très gros des méchants se constituera de troufions nazis de base faisant office de chair à pâté divertissante. De temps à autre vous pourrez faire connaissance avec des êtres un peu plus spécifiques comme ces saletés de pseudos mages chauves aux déplacements rapides et ayant la possibilité de créer des boucliers à volonté, l'Assassin qui aiguisera ses couteaux sur vos omoplates sans que vous compreniez d'où il sort, de gros colosses destructeurs aux points faibles visibles par le biais du Voile, les espionnes/ninjas nazis à la poitrine partiellement dégagée, les sortes de singes/clébards bouffeurs de mollets, ou encore divers boss pas bien compliqués à abattre. Le bestiaire n'est hélas pas bien important mais qu'importe, il a au moins le mérite de bien défouler.
Chérie, devine qui vient diner ce soir ? Personne ! Lol !
Qu'importe si la tournure de l'aventure solo pourra rebuter les fanatiques de la première heure, bon nombre de joueurs attendaient surtout ce nouveau Wolfenstein pour sa partie multijoueur. Normal, les précédents et Wolfenstein : Enemy Territories avaient su contribuer à la pose de bases solides pour la majorité des FPS online actuels. Ca commence déjà pas terrible, Activision n'avait quasiment jamais communiqué le moindre détail concernant la partie multi du titre confiée à Endrant Studios (responsable de rien du tout jusque-là ). Encore pire, la boite en question a fermé ses portes une fois le développement du jeu torché (dommage, j'aimais bien leur logo). Quoi de plus normal que de se dire que ça doit forcément sentir le pâté quelque part...
Premier point qui suxx : le multi se limite à seulement 12 joueurs répartis en 2 équipes. Ouch... Coté modes de jeux c'est tout aussi maigrichon : du Team Deathmatch de base, de l'Objectif dans lequel les 2 camps devront attaquer, défendre ou réaliser certains objectifs, et du Chronomètre qui est en fait exactement la même chose que le truc d'avant mais cette fois-ci limité dans le temps. Ouaip, c'est la crise qu'ils disaient...
Comme pour le précédent opus, c'est le mode Objectif qui représente le gros du multi de Wolfenstein. Le bidule propose ainsi aux joueurs de faire leur choix entre 3 classes (soldat, médecin et ingénieur) ayant chacune leurs propres spécificités et leur propre pouvoir du Voile. Petite subtilité : les armes les plus intéressantes sont à acheter, les pépettes se gagnant en réalisant des actions positives durant la partie. Le problème saute vite au yeux : sur les 8 maps peu d'entre elles se montrent intéressantes, notamment du fait de leurs petites tailles. Vous accumulez le faible nombre de joueurs maximum, quelques soucis de lag, les maps peu intéressantes, seulement 3 classes de perso et 3 modes de jeu dont on fait rapidement le tour et vous obtenez un multi qui rate clairement son coup et passe à la trappe en un temps record. D'autant plus que cette partie du jeu développée à part a en plus le culot de perdre en qualité graphique et ça y est, c'est la cacastrophe.

C'est un fait, le Wolfenstein nouveau est bourré de bonnes intentions. L'utilisation du Voile participe grandement à la qualité du titre tout comme les possibilités de customisation des armes et des pouvoirs. Hélas la progression intermédiaire dans la ville d'Igenstadt pète souvent le rythme soutenu des missions avec ses grands allers-retours incessants. Le déroulement de l'aventure procure toutefois d'excellentes sensations de shoot grâce aux capacités du Voile et à la panoplie d'armes particulièrement efficace mais l'ensemble se montre beaucoup trop facile et carrément très classique pour que le titre de Raven Software décroche le rang de gros hit qui tache. Difficile de citer un moment qui scotche vraiment, l'aventure solo se montre sacrément banale au point que les cochonneries élaborées à partir des expériences nazies oublient de nous vider la vessie. Le multijoueur tant attendu n'est quant à lui clairement pas à la hauteur avec sa limite d'à peine 12 joueurs, ses graphismes diminués et ses 3 modes de jeux restreints du fait des 8 petites maps manquant cruellement d'ambition. Tout n'est pas à jeter, loin de là , mais on se dit qu'il y avait matière à faire bien mieux. Dommage.
Les plus
- Les pouvoirs du voile- Les possibilités de customisation
- Bonnes sensations de shoot
- Graphiquement correcte
- Bon défouloir
Les moins
- Archi classique- Scénario pourrax
- Trop facile
- Même pas peur
- La progression dans Igenstadt trop redondante
- IA bien molle
- Le solo trop court
- Le multi foiré
Détails
- Nom
- Wolfenstein
- Support
- PS3
- Genre
- FPS
- Editeur
- id Software
- Développeur
- Raven Software
- Sortie
- 28 août 2009
- 18 août 2009 (US)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 18 ans et plus













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