PS3 Virtua Tennis 4


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Test de Virtua Tennis 4

Test du Mardi 10 mai 2011 par AssKicker

Après 2 épisodes sous-traités chez les britons de Sumo Digital, la série des Virtua Tennis revient à la source avec un développement pris en charge par Sega Japon. Autant dire que l'attente et l'excitation étaient forcément de rigueur à l'idée de voir les créateurs partisans de l'arcade pur et dur remettre leurs doigts boudinés sur leur progéniture. Si à l'époque de la Dreamcast Virtua Tennis n'avait pas vraiment de concurrent de taille, de nos jours le voisin Top Spin a su imposer son popotin en ayant atteint le statut du roi des courts avec Top Spin 4. Bien que luttant dans la catégorie simulation, le titre de 2K Czech est tout de même parvenu à marquer les esprits au point de pouvoir inquiéter Virtua Tennis 4 subitement relégué au rang de challenger. Retour du roi ou roi en passe d'être guillotiné ? Verdict dans la suite qui risque de vous donner envie de froncer les sourcils.

J'irais tirer un coup chez vous

La première grosse nouveauté apportée par ce Virtua Tennis 4 est son mode Tour Mondial au fort relan de Jeu de l'Oie déguisé. Comme le veut la tradition des jeux à éleveur de champion, vous commencez par mouler votre athlète selon vos désirs esthétiques et c'est ensuite à vous qu'incombe la lourde tâche de le faire progresser. C'est ainsi que vous serez invité à bourlinguer durant 4 saisons éparpillées sur autant de territoires par le biais de tickets faisant offices de dés pour vous permettre d'avancer sur un tracé divisés en cases. Si le fait de passer par les mini-jeux améliorant vos performances n'est pas à négliger, il faudra toutefois faire gaffe à ne pas trop trainer afin d'atteindre le gros tournoi ultime dans les délais.

L'air de rien ce Tour Mondial apporte un vent de fraîcheur à la licence avec un coté stratégique plus subtile qu'il n'y paraît car en plus de vos compétences physiques, vous devrez faire avec votre réputation qui s'avèrera nécessaire pour participer à certains évènements. Au final vous devrez prendre soin de booster votre sportif grâce aux mini-jeux à la difficulté croissante (ramener des poussins à la maison sans qu'ils se fassent dégommés, gérer des échanges au gré de gros coups de vent, péter des assiettes, marquer des buts malgré la présence d'un gardien et de défenseurs, etc...), gérer vos fans, recruter des agents qui vous offriront des bonus de réputation, esquiver les cases malus, jouer à des matchs d'exhibition ou des matchs spéciaux contre des starlettes, etc... La stratégie des déplacements n'est pas à prendre à la légère et certains choix s'imposeront alors à vous, bien que rien ne soit bien dramatique au final. Ce qui l'est bien plus, c'est la fatigue ressentie par votre poulain à chacune de ses actions. Passer par les séances de massage ou les vacances seront ainsi nécessaires si vous ne voulez pas vous retrouver avec un vieillard boiteux en plein match fatidique. Cet aspect impose là encore un petit aspect de gestion essentiel au bon déroulement de votre conquête des terrains mondiaux. Rassurez-vous, l'ensemble reste toutefois très simple d'accès.

Alors oui, on se marre bien mais on ne peut s'empêcher de constater que la difficulté du Tour Mondial est constamment bloquée en mode "fiotte" (sauf peut-être contre les joueurs pro lorsque notre perso est encore un n00b), que les mêmes mini-jeux reviennent trop souvent, que les matchs limités à un ou deux jeux ne proposent presque pas de challenge et qu'il est particulièrement ardu d'être le plus haut gradé en terme de réputation à la fin des 4 saisons.

C'était mieux avant (copyright Francis)

Malgré son retour au bercail, tout est loin d'autre rose bonbon au pays de Virtua Tennis 4, surtout en terme de gameplay. Premier constat marquant : tout est plus lent, plus mou, plus approximatif. Quoique, les quelques séances d'entrainement nous indiquent de manière visible les timings et placements à respecter pour cracher la purée comme une brutasse. En théorie c'est censé apporter une petite touche de "simulation" mais rien n'y fait, la sauce ne prend pas et les échanges se révèlent pénibles, atrocement mécaniques, aussi plats que Jane Birkin et dépourvus de tactique de jeu, la mollesse ambiante nous condamnant à verser dans le balayage de terrain (et encore...).

Le pompon se situe probablement au niveau des volées sujettes à bon nombre d'énervements tant elles se montrent inefficaces. Malgré toute la bonne volonté du monde, il est quasiment impossible de les claquer bien comme il faut. Dans 95% des cas vous vous retrouverez à faire un minable "plotch" en cloche à 2 à l'heure qui permettra à votre adversaire de vous tirailler comme un pauvre petit lapin. D'ailleurs l'autre point qui donne envie de devenir tout vert et de craquer ses chemises est le nombre incalculable de passing shots que vous subirez malgré vous. C'est dingue mais votre joueur n'est même pas foutu de réagir dans ces cas-là. De même lorsque vous rushez comme un dingue pour tenter de rattraper un coup in-extremis, votre branleur en short préfèrera jeter l'éponge en regardant la balle passer à coté de lui plutôt que de tenter une frappe de la dernière chance pourtant loin d'être impossible à réaliser. Énervant au possible.

Les incohérences du genre sont assez nombreuses et l'IA ne vous épargnera pas d'autres bizarreries capables de vous rendre chauve en un rien de temps. En vrac, je pourrais vous citer les aces ridicules qu'ils se mangeront régulièrement ou encore un Rafael Nadal tout bonnement lamentable en tant que partenaire dans les doubles du Tour Mondial. Ce teubé part systématiquement en fond de court au lieu de rester à l'affût au filet et laisse passer les balles qui lui sont destinées la moitié du temps. Au final, vous vous contenterez de conserver le joueur fictif de base qui se révèle être un véritable tueur.

Rien à dire, ce Virtua Tennis 4 est une véritable régression en terme de gameplay alors que ses ancêtres avaient pourtant fait office de références du genre et ayant fait office de modèle vénéré du tout premier Top Spin. Pourtant les développeurs ont fait des efforts avec la classification des joueurs selon plusieurs spécialisations de frappes. Prenons le cas de Djokovic qui est un adepte des fonds de court. Avec ce bonhomme il suffira ainsi de multiplier les frappes en fond de court pour remplir une jauge de coup spécial. Une fois remplie, elle permettra de décocher une grosse frappe bien puissante mais pas forcément imparable pour autant (c'est davantage la petite "cinématique" qui perturbe que la frappe en elle-même) pouvant faire la différence lors de certains moments délicats. Dans le Tour Mondial vous pourrez ainsi déverrouiller différents styles de jeu à appliquer sur votre chouchou et à vous de voir lequel vous sied le mieux en fonction de votre façon de jouer.

No more coins

En terme de contenu, Virtua Tennis 4 se montre faussement riche. Le Tour Mondial devrait vous occuper le temps de 5 ou 6 heures mais il est tout de même recommandé de repartir pour un second tour avec ses stats déjà améliorées (mais avec les points de réputation remis à zéro) pour tenter de devenir plus facilement le chéri de ces dames.

A coté de ça on trouve les classiques matchs simples, le mode Arcade qui vous propose d'enchainer les finales de 4 tournois (oui oui, juste les finales...) plus une dernière contre une ancienne gloire du tennis (Boris Becker, Jim Courrier, Patrick Rafter, etc...), le mode Entrainement dont on fait vite le tour, le mode Détente qui ne fait que compiler tous les mini-jeux que vous avez déjà essoré des dizaines de fois dans le Tour Mondial, ainsi que le mode Jeu en Mouvement qui n'est autre que l'endroit où se cache la compatibilité PS Move du titre. Vous vous retrouvez alors dans une espèce de vue subjective complètement foirée à tenter de renvoyer la balle efficacement. Les déplacements sont imposés (sauf la montée au filet mais c'est pourri), ça gigote dans tous les sens, la précision est assez approximative mais toujours plus réussie qu'avec le Kinect l'IA a la bonté de se mettre en mode lombric pour ne pas nous ridiculiser. Avec un peu de pratique on arrive toutefois à user de certains effets mais on reste bien loin du confort du pad classique.

Donc voilà, le PS Move se limite uniquement à de simples matchs pas très glorieux et à deux mini-jeu bidons à base de momies à dégommer et de filets dans lesquels ils faudra renvoyer la balle. Rien de bien trépidant et on s'attendait à un peu plus de richesse. A noter toutefois que la version PS3 du titre dispose de quelques contenus exclusifs pas spécialement affriolants.

L'autre blague de ce Virtua Tennis 4 se retrouve dans sa partie en ligne qui donne également envie de se baffer. C'est bien simple, durant chaque match vous êtes obligé de subir chaque cinématique et chaque ralenti sans pouvoir les zapper. Doux Jésus, que c'est lourdingue ! Le lag durant les parties varie sacrément en fonction de la localisation de votre adversaire. Contre un hollandais, un espagnol ou un anglais ça reste très jouable (même s'il y a toujours ce satané décalage lors des services) mais contre un gars de Hong Kong ça frôle l'injouable. Cependant tout n'est pas à jeter puisque le matchmaking se montre très complet et il est possible d'attribuer aux boutons de la manette de petits messages automatiquement traduits dans la langue de l'adversaire à la manière de ce que Sega proposait déjà dans les Phantasy Star Online. Sympa.

Techniquement, Virtua Tennis 4 ne fait que refléter le manque d'ambition général dégagé par le titre. Sans être catastrophiques pour autant, les joueurs sont inexpressifs au possible et la modélisation de certains athlètes professionnels ferait honte à leurs propres mamans. Les courts amateurs sont quant à eux sans intérêts alors que ceux du parcours confirmé se montrent bien plus agréables à l'oeil. Par contre faudra qu'on m'explique pourquoi ce sont toujours les ramasseurs de balle présents au filet qui récupèrent les balles en fond de court... Malgré le poids des âges la série des Virtua Tennis n'a que très peu évoluée là où les Top Spin ont enchainé les claques visuelles avec la gestion des tissus, de la transpiration ou des expressions faciales. Là quedalle, c'est robotique, c'est plastique, les scènes de célébration sont mal liées, en fin de match votre gars marche inéluctablement contre le filet, les terrains en terre battue ne prennent même pas en compte les traces de pas (et encore moins les glissades des joueurs alors que le premier Top Spin de la Xbox le faisait déjà...), etc... La compatibilité 3D se montre quant à elle relativement réussie mais pourra toutefois rebuter avec les vues les plus proches du joueur. Pour finir sachez que la bande son ne vous épargnera pas non plus à tel point qu'il est hautement recommandé de couper le son ou de préférer ses propres musiques si vous ne voulez pas saigner des oreilles sur le champs. Entre la musique atroce et les bruitages faits avec les pieds, Virtua Tennis 4 vous veut décidément du mal.

4

Avec le retour de Sega Japon au développement de Virtua Tennis 4, nous étions en droit de nous attendre à du lourd, d'autant plus qu'en face il y a un certain Top Spin 4 qui défouraille sévère. Tragique destinée car il n'en est rien. Avec un gameplay autrefois culte qui régresse au point d'être lourdingue et ralenti, une réalisation qui n'évolue toujours pas, une IA passive, des parties en ligne pénibles et une compatibilité PS Move inutile, Virtua Tennis 4 fait vraiment peine à voir. Reste un mode Tour Mondial original et plutôt prenant mais là aussi souffrant de quelques faiblesses. Au final Sega vous épargne un investissement à hauteur de 70€ et vous conseille malgré lui de vous pencher vers Virtua Tennis 3, voire 2009, si jamais vous tenez vraiment à vous y mettre avec une certaine délectation.

Les plus

- Le mode Tour Mondial.
- Les possibilités de matchmaking.
- Le multijoueur en local reste à peu près plaisant.

Les moins

- Gameplay mou, faiblard et faisant machine arrière.
- IA étrange.
- Les replays imposés lors des parties en ligne.
- Réalisation stagnante.
- Contenu assez pauvre au final.
- Partie PS Move médiocre.

Détails

3+
Nom
Virtua Tennis 4
Support
PS3
Genre
Sport
Editeur
Sega
Développeur
Sega
Sortie
29 avril 2011
Recommandation PEGI
Joueurs de 3 ans et plus

La Triforce est un borne d'arcade développée en 2002 par Nintendo, Namco et Sega, et basée sur l'architecture du Gamecube