Split/Second Velocity
Test du Lundi 24 mai 2010 par AssKicker
Autrefois connus sous le nom de Climax, les développeurs de Black Rock Studio nous avaient dernièrement régalé d'un Pure tout simplement génial grâce un feeling arcade et fun tout juste incroyable dans des courses de quads spectaculaires. 2 ans plus tard les anglais récidivent avec Split/Second Velocity tout en nous promettant des courses dantesques à base de bouts de décors pouvant côtoyer les gencives de nos concurrents et accessoirement les nôtres. Le concept a le mérite d'être original et potentiellement jouissif à condition qu'il soit maîtrisé de manière virile tel un pauvre gueux en baskets se faisant vider d'une boite de nuit. Vu qu'aujourd'hui je suis de bonne humeur je vais être bonté quitte à spoiler le reste du test : putain qu'est-ce que c'est bon ! Merde, v'là que j'suis vulgaire...
Split/Second, le jeu qui a la banana
Parlons vite fait du scénario de Split/Second Velocity car oui il y en a un tout petit : vous participez à une saison d'une émission télévisée trash et destroy. C'est bref, c'est court, mais ça pose l'esprit de base qui englobe l'ambiance et les menus du titre jusque dans les discours du speaker pas trop mauvais en ce qui concerne notre version française.
Passons maintenant au gameplay qui doit probablement manager un certain suspens auprès de ceux qui oseraient douter du concept explosif de Split/Second Velocity. Pour atomiser des bouts de décors vous disposez d'une jauge divisée en 3 tiers. Les 2 premiers vous permettent d'user de 2 attaques de niveau 1 (hélicoptère lâchant des barils de TNT, voitures ou bus garés sur le bas coté se mettant à exploser, camion vidant sa benne pleine de gravas, poutres qui tombent sur la route, etc...) ou de déclencher des raccourcis à certains endroits clés tandis que lorsqu'elle sera remplie en intégralité vous pourrez user d'une attaque de niveau 2 tout bonnement terrible et quasi-imparable pour votre cible qui se fera alors déglinguer de manière magistrale (hélicoptère la lattant avec un camion benne, Boeing se vautrant sur une piste l'atterrissage, cheminée de centrale nucléaire s'écroulant, etc...). Mais ce n'est pas tout car la jauge pleine permet également de faire varier les tracés des circuits dans différentes directions alternatives mais toujours dans un grand fracas à base de tours qui s'écroulent et j'en passe et des meilleures. Les possibilités sont très nombreuses, certains spots sont réutilisables, d'autres non, les embranchements sont multiples, bref, chaque course peut ainsi être différente dans son déroulement et rien que cet élément de gameplay procure une très bonne rejouabilité... tout du moins au début mais j'y reviendrais.
Dans la vie, y'a pas que la pédale qui compte
On ne dirait pas comme ça avec sa haute teneur en détonations mais Split/Second Velocity regorge de subtilités de gameplay. Commençons tout d'abord par la gestion de la jauge qui se remplit en réalisant des dérapages, des sauts, en piquant l'aspiration de ses adversaires ou encore en esquivant les pièges. La première manière ne sera pas à prendre à la légère et vous poussera ainsi à une conduite tout en glissade. A user avec modération toutefois puisque vous perdrez quelques précieux centièmes de secondes vis à vis de vos concurrents. Autant dire que ça ne pardonne pas tant l'IA se montre coriace à la manière de celle de Pure. Après c'est aussi à vous de voir si vous préférez user d'attaques de niveau 1 au plus vite ou bien charger votre barre d'énergie à bloc pour modifier le tracé de manière cataclysmique ou en utilisant une grosse attaque. Dans tous les cas vous devrez adapter tous ces paramètres en fonction de la situation et autant dire que votre cerveau ne devra pas être en mode veille tant l'action trace à toute berzingue avec moult pétages de parpaings de tous les cotés.
Autre détail à ne pas prendre à la légère : le timing. Lorsqu'une interaction avec le décor est possible, une petite icône apparaît au-dessus des voitures pouvant potentiellement se faire massacrer. Lorsque vous appuyez sur le bouton d'action, l'évènement se déclenche. Ce n'est pas évident mais il faut essayer de voir l'identité de ce qui va se produire car enclenché trop tôt ou trop tard, votre adversaire échappera à sa funeste destinée (ou se trouvera à peine dévié de sa trajectoire à cause du souffle des explosions) ou au pire c'est sur votre tronche que se dérouleront les festivités. De même, si vous voyez un concurrent enclencher un raccourci, posez-vous la question si oui ou non vous avez le temps de passer car celui-ci n'est que temporaire et pourra donc se refermer sous votre pif.
Avec tous ces éléments sadiques vous vous doutez bien qu'être à la première place n'est pas forcément une bonne chose et que c'est probablement dans ces instants-là que vous serrerez le plus les fesses de peur de vous faire griller au dernier moment. Dur pour les nerfs, bon pour les sensations fortes.
Tiens, ça me rappelle un truc...
La progression de Split/Second Velocity se fait au travers de 12 saisons divisées en 6 épreuves plus ou moins différentes. Citons la course traditionnelle, le contre la montre agrémenté de pièges mettant le périple à rude épreuve (bien tendu si l'on veut arriver 1er), la course par élimination, et plus originales, les épreuves où l'on doit esquiver des salves de missiles tirées par un hélicoptère fou, des meutes de camions semant des barils d'explosifs derrière eux, ou encore l'hélicoptère de combat à qui l'on doit renvoyer ses missiles dans la face. Bien sympa et une fois de plus l'adrénaline va vous faire baigner les dents du fond tant elle va couler à flot. Dans un sens l'avancée de la partie solo ressemble beaucoup à celle de Pure avec des points ou critères à atteindre pour passer à l'épreuve suivante. Là aussi les circuits sont recyclés à outrance à la différence près que la particularité des environnements destructibles rend tout de suite Split/Second Velocity moins répétitif, et ce une nouvelle fois grâce à un level design de génie. Tout est super bien pensé et la mise en scène des raccourcis et embranchements alternatifs s'intègre parfaitement avec tout le foutoir qui compose les environnements riches, détaillés et blindés de babioles diverses et variées (paquebot glissant de son rail de mise à l'eau, tour immense et bouts de route qui s'effondrent, etc...). Tout est abusé à la sauce Hollywood grand spectacle et boudiou qu'est-ce que c'est énorme !
Par contre il faut bien avouer que les pistes sont un peu trop recyclées tout au long du mode saison. Là aussi tout comme Pure les circuits sont réutilisés à de (trop) nombreuses reprises et déclinés sous différentes formes (jour, nuit, différentes règles, tracés légèrement différents) mais si au début la poudre de perlimpinpin apportées par la destructions des environnements fait admirablement effet, à la longue ça devient un poil lourdingue. Des pistes supplémentaires n'auraient pas été de refus mais soit... De ce fait Split/Second Velocity ne doit probablement pas être joué à la manière d'un nolife mais plutôt apprécié par petites doses sur le long terme. Enfin ce n'est que mon avis hein !
Split/Second Velocity ne permet pas de customiser ses bagnoles mais en propose un très grand nombre. Au début vous commencez avec de bien belles bagnoles certes élégantes mais qui se trainent pas mal. Petit à petit vous en gagnerez des nouvelles de plus en plus puissantes en fonction de vous performances ou non et la différence se fera gravement sentir. L'impression de vitesse ira également grandissante et les courses traceront alors à une allure survoltée. Vous couplez l'effet de vitesse aux moult effets pyrotechniques phénoménaux et vous obtenez une fois encore un jeu tout bonnement ahurissant. Petit détail sympa : en fonction de certains exploits réussis (modifier 2 fois le tracés lors d'une course, voir son raccourci se fermer sur la gueule d'un concurrent, etc...) vous obtiendrez des autocollants qui décoreront votre monture. En gros plus vous en avez, plus vous êtes un roXXor et plus vous pourrez vous la péter sévère en jouant online.
Dis moi... tu t'es déjà coincé une péniche entre les dents ? Mmm ?
L'un des rares défaut de Pure était l'absence de mode multijoueur en écran splitté et sur ce coup Blackrock Studio corrige la donne avec la possibilité de prêter un bout de son écran avec une autre personne. Pour ce faire vous aurez le choix entre du split horizontal ou vertical selon vos goûts. Rien de bien particulier à signaler, ça tourne plutôt bien sans trop de baisse de qualité graphique et ça reste fluide. Par contre pensez juste à anticiper vos futures soirées console/picole en avançant un max dans la partie solo pour avoir accès à tous les tracés et tous les modes de jeu (course, survie et élimination).
Pour ce qui est du online c'est un peu la débandade. Une fois que vous aurez choisi votre mode de jeu (toujours course, survie et élimination) à aucun moment vous n'aurez le choix de la partie ou d'appliquer un filtre de recherche. Et autant dire que ça n'aurait pas été du luxe puisque le choix des véhicule est limité en fonction de votre avancée en solo, ce qui fait que vous n'aurez aucun soucis à tomber sur des joueurs disposant de bolides arrachant le bitume alors que vous vous retrouverez éventuellement avec de vulgaires pétrolettes. Les parties en ligne ont de ce fait de fortes chances d'être déséquilibrées et donc totalement décourageantes. Si vous voulez vous amuser un minimum vous devrez donc tout d'abord vous déchirer un minimum dans votre coin en débloquant un max de bolides qui dépotent sous peine d'être un vilain canard boiteux en ligne. Dur... A noter que le jeu lag un peu et qu'il m'est arrivé de tomber sur des bizarreries telles qu'être bloqué dans un bout de décors effondré suite à une explosion ou d'être passé à des bifurcations ouvertes qui étaient censées être fermées. Bref, espérons que Black Rock nous gâte d'un futur patch améliorant tout ceci.
Beau comme un dessert choco-vanille-fraise-banane nappé de kérosène
Visuellement Split/Second Velocity fait penser à du Burnout Paradise. Bon, c'est peut-être subjectif mais ça n'empêche pas le jeu d'être vraiment très joli avec des bagnoles (imaginaires) au look musclé qui transpirent les chevaux sous le capot. Les bruits de moteurs ne sont d'ailleurs pas en reste avec des sonorités faisant passer les muscles cars américaines pour des cyclomoteurs (ok, j'exagère un zeste...). Les environnements sont tout aussi grandioses avec des décors riches en éléments que vous ne manquerez pas de démolir avec amour au gré de vos passages. Le tout est très fouillé et paraît bien vivant et très crédible. On peut toutefois noter quelques petits ralentissements et textures s'affichant à la bourre de temps à autre mais rien de bien dramatique qui puisse plomber le jeu. Petit point qui pourra rebuter certaines personnes : le jeu use d'un effet de shaky-cam pour renforcer l'impression de vitesse. C'est réussi, ça rend plutôt pas mal mais ça risque éventuellement de provoquer quelques bobos de crânes. A titre informatif sachez que cette version PS3 nécessite une installation obligatoire de 3,7 Go sur votre console chérie.
Si Pure bénéficiait d'une bande son chaperonnée par des artistes underground de qualité, Split/Second Velocity se contente quant à lui de musiques originales pas toujours folichonnes. Certaines arrivent cependant à parfaitement marquer l'intensité de l'action en donnant un petit coté dramatique lorsque le monde veut notre peau et que tout s'écroule autour de nous. Petit trip personnel : j'adOOOre les bruitages de type "woosh !" qui se produisent lorsque l'on passe en trombe à proximité de poteaux ou sous des ponts. Oui je sais c'est débile mais une fois encore ça ne fait que renforcer le coté speed du jeu.
Ah et impossible de conclure ce test sans évoquer le HUD limite révolutionnaire puisqu'il y en a pour ainsi dire pas. Non pas de gros compteurs flashy, de jauges enflammées prenant le quart de l'écran ou autres saletés du genre, votre position est affichée sous votre roue gauche (sur 8 concurrents, j'allais oublier de préciser), le nombre de tours sous la roue droite, et la jauge d'énergie entre les 2. C'est petit, c'est sobre, c'est suffisamment lisible et ça permet de dégager absolument tout le reste de l'écran pour avoir une visibilité monstre sur la course. C'est tout con mais fallait y penser.

Split/Second Velocity n'est pas un jeu de course banal à ajouter sur la pile de ceux qui existent déjà , très loin de là . Le titre de Black Rock Studio apporte ainsi un bon gros coup de frais riche en hormones bodybuildées grâce à des environnements qui ne manqueront pas d'exploser de moult manières spectaculaires aussi bien sur vos concurrents que sur votre petit nez de fourbe. Les courses sont tout bonnement dantesques avec une ambiance survoltée rarement atteinte dans un jeu de bagnole. Les possibilités de destruction sont très nombreuses et rendent ainsi chaque course unique tout en offrant une très grande rejouabilité même si un plus grand nombre de circuits aurait empêché une certaine monotonie à la longue. Un bon point pour la présence d'un mode multi en écran splitté mais un mauvais point au online relativement frustrant de par ses tragiques erreurs de conception. Mais ces quelques défauts n'empêcheront pas Split/Second Velocity d'être un très grand jeu qui se savourera sur le très long terme tant il se montre jouissif et défoulant. N'hésitez d'ailleurs pas à faire le plein de pads de rechange car l'IA se montre sacrément balèze.
Les plus
- Ça pète de partout !- Gameplay impeccable à la fois subtile et nerveux.
- Ça va vite !
- Les tracés de folie.
- IA coriace donnant du challenge.
- La réalisation.
- Le HUD efficace.
- Le multi en écran splitté.
Les moins
- On aurait voulu plus de circuits.- Online râté.
- Les musiques passables.
Détails
- Nom
- Split/Second Velocity
- Support
- PS3
- Genre
- Courses
- Editeur
- Disney Interactive
- Développeur
- Black Rock Studio
- Sortie
- 20 mai 2010
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 7 ans et plus


















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