PS3 Saw


  • Imprimer
  • Envoyer à un ami
Test de Saw

Test du Vendredi 27 novembre 2009 par LOGAN GRIMNAR

Zombie Studio est un studio de développement spécialisé dans les jeux de guerre comme l’attestent leurs précédentes productions telles que Delta Force : Task Force Dagger, Shadow Ops : Red Mercury, Spec Ops 2 : Green Berets ou le très prometteur , etc... mais surtout leurs "serious games" développées en étroite collaboration avec l’armée américaine. Avec Saw c’est à un tout autre registre qu’ils s’attaquent avec le genre du survival-horror qui n’est qu’une sous-catégorie sans idée de valeur des jeux d’actions-aventures. Avec un Konami responsable de la saga Silent Hill en guise de chaperon, on est en droit de s’attendre à une production digne de ce nom. Alors que le jeu commence…

Quelle sawce voulez-vous ?

Pour ceux qui ne connaîtraient pas la saga Saw, sachez que le protagoniste n’est autre que Jigsaw, le tueur aux puzzles (comme le défini la presse) dont le surnom vient du fait qu’il découpe un morceau de peau en forme de pièce de puzzle sur les corps de ses victimes, mais qui au final n’a jamais tué quiconque comme il le dit. En effet, c'est leur incapacité à surmonter les épreuves qui les tuent. Oui je sais c’est diabolique comme façon de penser. En réalité il s’agit d’un certain John Kramer, un architecte atteint d’une tumeur inopérable au cerveau, qui, confronté au fait que "l’Homme est un loup pour l’Homme" décide d’en incarner son bourreau en kidnappant des personnes gâchant leurs vies pour ensuite les placer dans des pièges mortels afin de leur réapprendre à aimer la vie. Somme toute, c’est un homme à l’intelligence supérieure et non un simple meurtrier. Et Tapp, dans sa recherche autodestructrice, va en faire les frais. Ou plutôt nous allons en faire les frais…

L’histoire du jeu Saw se déroule entre le premier et le deuxième opus de la saga. On y incarne le détective Tapp (alias Danny Glover dans le film), mais qui ressemble plutôt à Jonas (Glenn Plummer), l’une des victimes de Saw 2 qui suite à son échec dans la capture du tueur aux puzzles et à la mort de son collègue Sing (rien à voir avec le chanteur...) se noie dans l’alcool et se coupe du monde extérieur afin de mener sa petite vendetta personnelle. Malheureusement pour lui Jigsaw dans son grand altruisme a décidé de le mettre à l’épreuve afin qu’il reprenne goût à la vie. C’est ainsi que l’on se réveille dans l’asile White Hurst avec le fameux "piège à ours inversé" sur la tête. Et c'est là que se déclenche une phase de QTE qui nous met d’emblé dans l’ambiance du film et nous fait ressentir la pression des victimes qui n’ont que quelques secondes pour se défaire de ces pièges. Et y a pas à dire, ça le fait.

Pourquoi il sawte pas ?...

Nous avons à faire là à un jeu d’action à la 3ème personne, le but consistant à traverser les niveaux en résolvant les énigmes et surtout en faisant attention de ne pas rentrer en confrontation directe avec les autres occupants de cet asile de fou qui n’ont pour seul but que de récupérer la clé placée dans votre corps. En effet, le gros défaut du titre est justement son gameplay lors des phases de combat. On se retrouvera ainsi souvent à appuyer sur les touches en espérant décocher un coup et se retrouver avec notre avatar qui ne bouge pas d’un poil et fini par mourir sous les coups des autres. C’est très curieux, je me suis dit que c’était peut être une volonté des développeurs afin de nous faire ressentir l’angoisse des combats face à ces fous et qu’il fallait prendre de l’élan pour donner ses frappes. Mais au final c’est plutôt mal calibré et cela en rebutera plus d’un... Même s'il est possible d’utiliser différentes armes telles que la batte de base-ball cloutée, le pied de table, le bras de mannequin, la lampe de chevet, le pistolet, la seringue, etc..., Finalement les pièges et bombes seront les bienvenues pour mettre un terme à ses combats. Dommage également que l’on ne puisse pas placer ses pièges où l’on veut, mais juste armer ceux placés des endroits prédéfinis.

Alone in the Dark…

Une fois l’écueille des phases de combats passée, on se retrouve en face d’un bon jeu où l’on prend plaisir à avancer dans les niveaux et à en apprendre un peu plus sur ce qui s’est passé dans cet asile. Pour ce faire nous aurons droit à un briquet qui nous permettra de s’éclairer dans l’obscurité de certaines pièces que l’on pourra très vite remplacer par un appareil photo et à terme par une lampe torche. Chacun de ses 3 moyens à ses avantages. Avec le briquet on pourra allumer des cocktails Molotov, mais il aura tendance à s’éteindre au bout d’un moment. Avec l’appareil photo on pourra étourdir les adversaires, mais il faudra avancer à l’aveuglette en s’aidant de la persistance rétinienne qui découle du flash. Et enfin avec la lampe torche il n’y a rien de spécial si ce n’est que c’est l’objet qui éclaire le mieux et qui ne tombe jamais en rade. Ce sont trois approches différentes et de très bonnes idées de la part des développeurs qui gagneront à être reprises sur d’autres productions.

Le gros du jeu consistera surtout à remettre en marche les disjoncteurs afin d’ouvrir certaines portes, plonger sa main dans des WC remplis de seringues quand ce n’est pas des barils d’acides, bref, de quoi se refaire une beauté. En revanche une fois arrivé à la fin d’un niveau (si je puis dire), on a affaire à une énigme des plus réjouissante, qui bien qu’elle ne soit pas difficile à résoudre, se montre efficace dans son aspect visuel surtout s’il l’on échoue… Le but de chaque niveau étant de sauver des personnages clés pour le détective Tapp, soit parce qu’ils lui sont chers, soit parce qu’ils ont un lien entre lui et Jigsaw. Citons par exemple notre chère héroïnomane Amanda, la fameuse disciple de Jigsaw, ou encore Obi qui cherche à devenir un élève du tueur au puzzle dans le jeu, mais qui finira cramés comme un macaron dans le film Saw 2.

Sawdome et Gomorrhe…

Contrairement à ce que vous pouvez lire à droite et à gauche, la durée de vie du jeu est plus que respectable avec environ 16h de jeu pour le finir. Cependant ne comptez pas revenir dessus tant la rejouabilité est nulle, si ce n’est pour montrer à vos copains les scènes d’horreurs ou les pièges diaboliques parsemés dans le jeu comme lorsque l’on ouvre une porte et qu’une phase de QTE se déclenche afin de désamorcer le fusil qui s’apprête à nous faire un troisième œil. Le jeu Saw reprend très bien l’ensemble des codes visuels de la "mythologie" cinématographique et tous les pièges qui vont avec tels que le collier explosif, le piège à ours inversé, le masque de fer, etc..., le tout dans une ambiance qui n’a rien à envier à celle des films. Ce n'est donc pas pour rien que ce point se trouve être l’un des points forts du jeu que l’Unreal Engine 3 restitue très bien. Alors certes ce n’est pas une explosion d’effets en tout genre, mais l’immersion est là, et n’est-ce pas le plus important (d'autant plus que l’ambiance sonore contribue grandement à cette immersion et notamment le doublage en version originale qui est des plus convaincants) ? En général ce serait plutôt l’animation des personnages qui ferait défaut tant elle se montre raide et désagréable à prendre en main.

« Heureusement que le ridicule ne tue pas » nº 2

Dans le test de Borderlands je vous avez déjà parlé de ces incohérences qui font plus rire qu’autre chose mais qui dénotent de la fainéantise qu’ont les game designers à se renouveler. Eh bien figurez-vous que le jeu Saw n’échappe pas à la règle. Prenons par exemple le fait que notre personnage se balade du début à la fin pieds nus, et que par conséquent il se blesse sur du verre brisé éparpillé tout eu long du jeu. Etrangement à aucun moment il ne lui viendrait à l’esprit de prendre les chaussures de ses victimes... Ou encore les phases de QTE qui ne servent à rien (comme celle de plonger son bras dans un WC rempli de seringues ou un baril d’acide) vu leur facilité et la stupidité de leur mise en scène. En pratique il suffirait de renverser le baril d’acide pour en récupérer la clé, ou de casser la cuvette des WC avec les armes à notre disposition pour en récupérer la clé sans se torturer mais c’est vrai que dans le jeu c'est visuellement plutôt drôle à regarder. Autre chose : le briquet que l’on tient allumé plusieurs minutes. Essayez de faire cela chez vous et vous verrez que ça chauffe très vite. Rien de dramatique, mais il serait temps que les développeurs fassent preuve d’un peu plus de réflexion s’ils veulent que les jeux vidéos se pérennisent en tant qu’art à part entière.

6

Saw n’est peut être pas le survival-horror que l’on était en droit d’attendre de la part de Konami mais il reste un bon jeu retranscrivant très bien l’ambiance des films de la saga, et qui m’a personnellement donné envie de voir l’ensemble des 6 films. Alors si ça, ce n’est pas une réussite de cross-média ! Moi qui suis incapable de jouer à un Silent Hill ou autre Resident Evil (car le seul bruit derrière une porte me fait sursauter...) j’ai pris beaucoup de plaisir à faire ce jeu. Alors certes la réalisation est d’un autre temps, le gameplay à ses lacunes et les énigmes sont quelque peu répétitives, mais j’avoue quand même avoir tripé. Et n’est-ce pas le plus important dans un jeu ? Alors, je ne saurais que trop vous conseiller d’essayer le jeu ou de le prendre d’occasion et d’attendre une suite balayant tous les défauts de ce premier opus qui ne sont induits que par les sirènes du marketing voulant que la sortie du jeu corresponde à la sortie du 6ème épisode dans les salles de cinéma. Et à ce jeu on ne peut que blâmer Konami et non Zombie studio qui a très bien saisi l’esprit des films. Sur ce, je retourne me faire griller quelques saucisses en attendant le prochain chaussette…

Les plus

-Ambiances sonores et graphiques.
-Utilisation du briquet et de l'appareil photo.
-Durée de vie.
-Le scénario qui s’imbrique parfaitement dans la saga.

Les moins

-Les phases de combats.
-La redondance des énigmes.
-L’animation.
-La réalisation.

Détails

18+
Nom
Saw
Support
PS3
Genre
Action
Editeur
Konami
Développeur
Zombie Studios
Sortie
20 novembre 2009
20 novembre 2009 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de 18 ans et plus

La PS3 est sortie le 11 novembre 2006 au Japon.