Red Dead Redemption
Test du Jeudi 27 mai 2010 par iamnotyourshadow
Red Dead Redemption. La seule lecture de ce titre déclenchera chez de nombreux joueurs une frénésie incontrôlée tant ce jeu est attendu. Il faut dire que Rockstar avait su attiser notre curiosité au fur et à mesure du développement à grands coups de teasers, trailers et images plus appétissantes les unes que les autres. Suite de Red Dead Revolver sorti des années auparavant sur PS2 et Xbox première du nom, Red Dead Redemption prend le parti de nous faire explorer de nouvelles contrées sèches et désertiques, bien loin de la jungle urbaine des GTA. Alors véritable hit ou batelage médiatique ? Vous trouverez peut-être la réponse dans les lignes ci-dessous...
I’M A POOR LONESOME COWBOY
John Marston en a vu et des biens moches si l'on tient compte des sérieuses marques et autres cicatrices sur sa tronche. Tout fraîchement arrivé dans la région d’Armadillo dans le grand ouest américain, il semble déterminé à trouer la peau d’anciennes connaissances ma foi peu recommandables. Mais notre cowboy va vite déchanter : eh oui, y’a que dans les films de Schwarzy que le héros dessoude tout seul ses ennemis avec ses gros doigts. Laissé pour mort par son ancien partenaire de bande, Marston sera recueilli par les propriétaires du ranch du coin. Tout en payant sa dette d’honneur, il va ainsi tout faire pour gagner son ultime duel... et sa rédemption.
Si j’ai volontairement adopté un ton trivial digne des blockbusters d’Oliwoude, ne vous méprenez pas, le scénario ne tient pas sur un simple timbre poste. Comme à l’accoutumée chez Rockstar, Red Dead Redemption possède une intrigue progressive où les premières heures de jeu sont destinées à aider le joueur à se familiariser avec le héros ainsi qu’avec l’ambiance far-west totalement dépaysante. Ainsi vous apprendrez à chevaucher et à maîtriser votre canasson, à manier votre six-coups comme personne, braconner, et moult autres activités champêtres, mais j’y reviendrai plus tard.
L’intrigue donc, s’épaissit au fur et à mesure que l’on avance dans le jeu, ce qui rend l’immersion encore plus dynamique. Rockstar possède un savoir faire indéniable pour créer des personnages décalés et bourrés de charisme et pour cela Red Dead Redemption n’est pas en reste à commencer par le héros que vous allez trimballer dans toute l’aire de jeu. En effet, John Marston est un être qui, sous des abords d’homme bourru et rentre-dedans, cache une personnalité complexe que certains événements ont particulièrement affecté et il sera très vite amené à côtoyer des individus tous plus déjantés les uns que les autres.
Le risque avec cette ribambelle de personnages singuliers dans un décor de western spaghetti aurait été de tomber dans le caricatural à outrance. Mais il n’en est rien, les développeurs ont réussi à créer un univers parfaitement maîtrisé et équilibré. La réalisation de Red Dead Redemption a de quoi laisser pantois tant on a l’impression de participer à un film dont vous êtes le principal acteur. Les références cinématographiques fusent et vont piocher dans les bons vieux western classiques autant que dans les envolées délirantes à la Tarantino, le tout souligné par une bande-son, des doublages et des bruitages d’exceptions. Le moindre ballot d’herbe séché, la moindre bébête rampante contribue à faire vivre l’univers foisonnant de détails. Je ne parle même pas des détonations des armes, criantes de réalisme.
Enfin, la musique du soft est exemplaire et rythme parfaitement l’action mais saura se faire discrète durant vos chevauchées nocturnes. Ca m’a presque donné envie de m’acheter un harmonica tiens...
TAKE A WALK ON THE WILD SIDE
Attaquons-nous maintenant à un gros morceau : le gameplay et le contenu de Red Dead Redemption. En jetant un rapide coup d’oeil sur la carte des environs, on pourrait d’abord penser que celle-ci est de taille modeste comparé à une ville telle que Liberty City ou même San Andreas. Mais aurais-tu oublié le contexte historique du jeu petit coquin? Aux balbutiements du 20e siècle et de l’état américain, exit les grosses cylindrées, les avions, hélicoptères ou autres objets volants. Chaque chemin se parcoure à dos ou à l’aide de chevaux, en locomotive ou à pied, même si cette dernière option devient vite fatigante pour votre personnage comme pour vous.
Au programme 4 vastes régions à parcourir, subdivisées elles-mêmes en plusieurs terrains répondant aux doux noms exotiques de Rio Bravo ou Cholla Springs par exemple. Si GTA IV était assez étonnant niveau technique, les p’tits gars de chez Rockstar San Diego ne se sont pas reposés sur leurs lauriers et ont usé du moteur graphique RAGE à merveille avec un rendu tout simplement somptueux. La distance d’affichage est bluffante et même si un clipping est à noter, il faut avouer qu’il reste maigre compte tenu de la quantité d’objets présents à l’écran. Vous ne serez donc pas surpris de rester quelques minutes au sommet d’une falaise à contempler le coucher de soleil sur les vastes étendues désertiques des environs.
L’action de Red Dead Redemption à beau se placer dans un far-west en pleine construction, les environnements et le level-design sont riches et variés. Collines, plaines remplies de cactus, montagnes rocheuses, forêts, sans parler des ranchs et autres villes locales, tout est dépaysant et rafraîchissant au possible. Techniquement cette version PS3 s'en tire un poil moins bien que son homologue Xbox 360 comme nous vous en parlions dans cette news. Pour le reste c'est kiffe-kiffe.
Au menu des festivités, Rockstar a conservé les mécanismes des derniers opus de GTA (le 4 et ses extensions). A la manière d’un Nico Bellic vous rencontrerez bon nombre de protagonistes qui vous proposeront des missions très variées, ne nécessitant pas forcément le recours à la violence. Vous pourrez ainsi autant mener un assaut épique sur un repaire de bandits dans un canyon que guider un troupeau de vaches égarées vers leur enclos. Les missions principales sont donc bien équilibrées, ne perdant pas le fil dynamique de la narration. A cela vous pouvez ajouter toutes les missions secondaires qui viennent décupler le plaisir de jeu et renforcer l’immersion. Le système de personnages aléatoires de GTA IV (symbolisés par un point d’interrogation sur la carte) a été repris en tant que "services" que vous rendrez à ces autochtones, faisant par la même occasion office de petites histoires bien sympathiques et parfois surprenantes en plus de la trame principale. Mais là où Rockstar San Diego a nettement enrichi son système de jeu, c’est par la génération d’événements aléatoires. En vous baladant sur la map vous serez souvent sollicités par des demoiselles en détresse poursuivies par des loups sauvages ou kidnappées par des bandits, des affrontements de voleurs de bétail ou encore à devoir sauver un malheureux innocent de la pendaison, et j’en passe et des meilleures.
La manière dont vous exécuterez (ou non) ces missions aura un impact sur la façon dont la population vous perçoit, ceci représenté par une jauge d’honneur et de réputation. Libre à vous de pencher vers le pragmatisme du justicier ou la violence d’un hors-la-loi. Sachez juste que chaque réputation a son avantage. Par exemple si la population vous respecte, vous aurez droit à plusieurs réductions dans les magasins du coin tandis que si elle vous craint, vous aurez tout le loisir de les racketter pour subvenir à vos besoins... un aspect qui renforce le potentiel de rejouabilité du soft.
Tous les éléments constitutifs d’un bon western sont présents dans Red Dead Redemption. Les petits boulots et les interactions avec les PNJ sont nombreuses, présents souvent sous la forme de mini-jeux forts bien foutus au passage (les jeux de pokers et de black jack en tête), ou pour acheter des items et autres équipements.
Le gameplay est fortement basé sur son cousin GTA avec la reprise du système de couverture en prime, bien utile (voire primordial) durant les affrontements. Même si la prise en main s’avère rigide au premier abord (particulièrement si vous n’avez jamais tâté à un jeu de Rockstar) elle s’avère par la suite agréable et assez fluide. Cependant quelques ajouts inhérents à l’univers western viennent compléter la panoplie de mouvements déjà bien remplie. A l’aide de votre lasso vous pouvez à loisir capturer un taulard en fuite et décider de le livrer vivant aux autorités locales en l’ayant préalablement traîné sur quelques centaines de mètres dans la caillasse, tout ceci accroché à votre cheval.
Les gunfights ont été étoffés par l’ajout d’une jauge de Sang-froid (faisant étrangement penser au système de marquage de Splinter Cell Conviction) : celle-ci vous plongera dans une phase de bullet-time en temps limité qui vous permettra de marquer une ou plusieurs cibles et ainsi les exécuter plus rapidement. Si cela simplifie énormément les affrontements déjà assez faciles en soit, ce mode devient quasiment indispensable durant les phases à cheval où la visée même assistée est beaucoup plus ardue.
Il faut tout de même souligner la présence de quelques bugs de collision habituels liés au fort taux d’objets, de personnages et d’animaux vivants en temps réel dans le jeu. Il pourra vous arriver de rester coincé comme un malheureux entre deux rochers, juché sur votre fidèle destrier, puisque la marche arrière sur le cheval n’est apparue dans le commerce qu’au milieu des années 1950. Cette blague hilarante m’offre néanmoins la possibilité d’une magnifique transition, et ça pour un rédacteur, ça n’a pas de prix.
J’AI VU UNE GROSSE BÊTE
La population humaine du monde de Red Dead Redemption ne représente pas la totalité des éléments vivants du jeu. Au contraire, la faune et la flore jouent ici un rôle crucial dans votre survie et par la même occasion dans votre quête.
L’élément central des diverses bestioles à pattes ou à zailes du jeu reste bien-entendu le cheval. Ne négligez en aucun cas le soin que vous apporterez à votre monture car de lui dépendra bien souvent la réussite d’une mission, qu’il s’agisse de courser un bandit ou d’échapper aux autorités locales. Libre à vous de chourer l’étalon d’un villageois ou d’en capturer un à l’état sauvage car ces derniers possèdent souvent les meilleures caractéristiques de vitesse, d’endurance et de stabilité... si vous l’avez correctement dompté bien-entendu.
Ici on ne parle pas de Mustang, Lamborghini ni de Ferrari mais plutôt de Demi-sang Hongrois, Trotteur américain ou encore de Pintos. Même la maniabilité de votre “véhicule” est riche et complète. Ne pensez pas qu’il y a un bouton pour accélérer et un pour freiner, il risquerait de mal le prendre. Vous pouvez ainsi lui demander de marcher au pas, au trot, au galop, de sprinter et de maintenir son allure pour chacune de ses allures. Il se révélera également très pratique pour emmener une victime ligotée au shérif du coin.
Comme si tout cela n’était pas suffisant, les chevaux bénéficient d’une animation et d’une finition ahurissantes. Leur comportement est plus que réaliste et vous pouvez discerner chacun de leurs muscles se dessiner durant leurs mouvements. Les amateurs comme les néophytes vont se régaler devant un tel spectacle.
Mais que serait le grand ouest sans ses dangers et son état sauvage? Attendez-vous donc à partir à la chasse et à dépecer de la carcasse. En effet, il est possible de charcuter toutes les espèces vivantes dans les environs : lapins, coyotes, poules, serpents, ours, cougars... même votre Jolly Jumper le plus fidèle peut être viandé comme c’est pas permis. Cela vous permettra de récupérer des trophées de chasse (carapace, peau, plumes...) que vous pourrez monnayer contre de l’argent auprès des commerçants. A cela s’ajoutent des défis de chasseur ou de botaniste, consistant à remplir des objectifs particuliers, comme ramasser 5 sauges du désert, ou tuer 3 corbeaux en plein vol. Plus que du simple scoring, ces défis augmenteront votre renommée dans le jeu et vous offriront le respect de la populasse.
JAMAIS SANS MA BANDE
Le multijoueur de Red Dead Redemption mérite un paragraphe bien à lui tant il a été soigné et vous occupera à coup sûr d’innombrables heures les mains scotchées au pad. Au delà d’un classicisme apparent au niveau des modes de jeu, celui-ci s’est révélé être jouissif au possible et extrêmement dynamique en plus de proposer des aires de jeu immenses.
Le mode de jeu libre ne retiendra pas particulièrement l’attention au niveau de l’intérêt, si ce n’est qu’il s’agit plus d’une plate-forme de rencontre avec les autres joueurs que d’un réel mode de jeu à part entière. Vous pouvez toutefois créer une équipe à votre guise et partir à l’assaut des repaires de brigands disséminés un peu partout sur la map. Cet aspect ne propose pas un challenge digne d’intérêt car l’IA des ennemis se révèle être la même que celle du jeu solo. Déjà que tout seul vous pouvez raser un village tout entier, à 8 joueurs ça devient plus un time attack qu’un véritable affrontement. A noter la possibilité non négligeable de refaire les missions du jeu en coopération, un plus toujours apprécié.
Dans ce même mode vous pourrez par contre personnaliser votre personnage, des items se débloquant bien-entendu au fur et à mesure de votre progression et en gagnant de l’XP. Vous aurez donc le choix entre différentes classes de persos, d’armes de base ou encore de montures. A votre entrée sur le multi vous n’aurez la possibilité que de participer à des parties aléatoires. Vous pourrez par la suite accéder aux modes distincts en augmentant de niveau. Si cela peut paraître étrange voir handicapant sur le papier, ce parti prit à le mérite de vous faire découvrir les différents modes de jeu et les classes de personnages, tout en vous faisant augmenter de niveau.Les fusillades en solo ou par équipe correspondent à des deathmatch ou des team deathmatch.
Classiques mais nerveux et ultra-jouissifs, ces modes débutent par une sorte de duel à mort où vous gagnez de l’XP supplémentaire si vous êtes le dernier survivant. Libre à vous d’utiliser les innombrables pétoires mises à disposition avec lesquelles le poutrage des adversaires est un régal tant la physique des corps et des impacts est bien gérée. A cela s’ajoutent deux modes correspondant à des captures de flag, remplacés au pied levé par des sacs d’or. Il est possible d’établir une bonne stratégie de défense ou d’attaque, rendant les progressions super dynamiques, avec un bon taux de stress en prime !

Le verdict est maintenant clair : oui, Read Dead Redemption est bien le hit en puissance que nous attendions de la part de Rockstar. Rares sont les jeux maîtrisés de la sorte de bout en bout qui proposent à la fois une intrigue et une ambiance soignées, des graphismes somptueux, une durée de vie considérable et un multijoueur d’anthologie tout cela sur une seule et même galette. Le studio de San Diego ne s’est pas contenté de changer le background des célèbres GTA pour faire de Red Dead Redemption un jeu d’aventure sans saveur, mais à l’inverse un must-have des consoles "next-generation". Et pour cela, on ne peut que remercier les développeurs de chez Rockstar qui est décidément un label de qualité.
Les plus
- La durée de vie.- Les possibilité de gameplay.
- L’univers et l’ambiance.
- Les personnages.
- Une map immense.
- Le multi !
- C’est beau la pampa sous le soleil couchant...
Les moins
- Quelques bugs.- Une ou deux textures un peu crades.
- euh...
- je cherche hein...
- j’vous assure !
Détails
- Nom
- Red Dead Redemption
- Red Dead Revolver 2
- Support
- PS3
- Genre
- Action
- Editeur
- Rockstar Games
- Développeur
- Rockstar San Diego
- Sortie
- 21 mai 2010
- 18 mai 2010 (US)
- 30 novembre 2009 (Jap)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 16 ans et plus


























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