Prison Break : The Conspiracy
Test du Mardi 6 avril 2010 par AssKicker
Si la réalisation d'un jeu estampillé Prison Break avait tout son sens il y a 4 ou 5 années alors que la série était au sommet de sa gloire, l'intérêt de la chose est un poil discutable maintenant qu'elle a largement quitté tout effet de hype avec une 4ème saison télévisée ayant fait sonné le glas des folles aventures de la bande à Scofield suite à de mauvaises audiences. Il n'empêche que l'éditeur Deep Silver et le studio slovène de Zootfly ont quand même tenté leur chance. Sait-on jamais, sur un malentendu ça peut toujours marcher comme l'évoquait si bien un certain Jean-Claude Duss...
Allez directement sur la case "Prison", vous ne toucherez pas les...
"Tom Paxton, un agent du Cartel, est envoyé en mission dans la prison de Fox River. Michael Scofield, ingénieur sans antécédents criminels, décide de braquer une banque avec pour unique objectif de retrouver son frère Lincoln Burrow, également incarcéré dans la prison de Fox River. Ce dernier est condamné à la peine de mort pour le meurtre du frère de la Vice Présidente des Etats-Unis. Les ordres de Paxton sont clairs : observer Scofield et découvrir ce qu'il prépare. Paxton doit s'adapter à la vie en prison et se faire le plus discret possible afin de maintenir sa couverture. Mais la prison a ses règles et les prisonniers les leurs, Paxton l'apprendra à ses dépens lorsqu'il cherchera à découvrir la vérité auprès des protagonistes de Fox River. Rapidement la mission devient plus qu'une simple observation et survivre devient la seule règle."
Telle est l'histoire que les scénaristes de la série nous ont pondu pour cette adaptation vidéoludique. Vous incarnez donc ledit Tom Paxton qui devra suivre de près les 2 frangins dans cette aventure inédite se déroulant en parallèle de la première saison de Prison Break avec les grands moments clés que les fans sauront apprécier d'un point de vue extérieur. Ou pas...
On est pas au Club Med mais si un peu quand même
Prison Break : The Conspiracy se pose ainsi devant nous comme une espèce de jeu d'infiltration vu à la troisième personne avec une caméra placée un peu trop près du bonhomme légèrement en dessus de son épaule droite. C'est assez déroutant au début mais on s'y fait rapidement. Scénario oblige, vous déambulerez au sein de Fox River au gré de plusieurs objectifs vous faisant passer pour le gros pigeon de service : récupérer un surin pour Abruzzi, piquer des documents, récupérer des fringues de surveillants ou d'employés de TP, etc... Fort heureusement pour vous la prison se révèle aussi étanche qu'une passoire et vous pourrez compter sur les divers conduits (à dévisser ou non), tuyaux et autres failles de sécurité (portes laissées ouvertes...) pour parvenir à vos fins sans pour autant éveiller les soupçons des gardiens locaux à l'IA défaillante.
Bien entendu ceux-ci font leurs tours de garde et c'est à vous de bien étudier leurs rondes pour passer en douce. Pour ce faire vous pourrez user de quelques rares aptitudes comme se plaquer contre les murs, marcher en silence, se suspendre à des tuyaux ou encore effectuer des roulades pour passer d'une cachette à une autre. De temps à autre vous devrez réveiller le McGyver qui sommeil en vous en dévissant des trappes d'aération ou crocheter des serrures via quelques mouvements de sticks analogiques contextuels. Attention cependant à ne pas y aller comme un bourrin sous peine d'attirer l'attention des gardes à cause de bruits trop importants.
Par contre ne comptez pas sur une once de liberté pour atteindre vos objectifs puisque l'aventure se montre aussi linéaire que le drive-in d'un Mc Do. Tout chemin est absolument prédéfini selon les bonnes volontés des level designers au point que certains comportements des gardiens sont carrément scriptés en fonction de vos agissements. Ok d'un coté c'est normal, on est en taule et pas dans un camping mais le réalisme de certaines situations en prend un grand coup, surtout lorsque certains scriptes sont légèrement foirés. De même pour les réactions parfois étranges des geôliers myopes qui ne vous voient plus au bout d'une certaine distance mais qui arrivent de temps à autre à vous voir alors que vous êtes pourtant dans leur dos. Alors oui le jeu gère à peu près correctement les bruits de vos pas et de vos agissements, mais quand on sait que la mécanique de repérage est basée sur un système de 3 flèches demandant d'être vu par un gardien ou une caméra de sécurité, ça énerve un poil. A ce sujet il faut également savoir que la partie est perdue dès que vous vous faites chopés et que vous recommencerez alors directement au précédent checkpoint. Eh oui, n'espérez pas user de quelconques accessoires et de pétage de gueules pour vous débarrasser d'un gardien "en douce", tout doit se faire de manière "pacifique" et "subtile".
Et tu tapeu tapeu tapeu !
Histoire d'égayer la partie infiltration pas bien passionnante et peu reluisante, Zootfly a intégré quelques séquences de bastons qui peuvent s'effectuer de façon libre dans des combats clandestins pour se faire un peu d'argent de poche ou juste pour le plaisir dans la cour de récréation et les couloirs de la prison, mais également à certains passages essentiels du scénario.
Si l'intention est plutôt louable, dans les faits c'est juste lamentable en terme de gameplay. La vue est déjà particulièrement mal étudiée au point que l'on tapera souvent dans le vide (heureusement l'IA en fait de même...). Et inutile de mettre ça sur le compte d'une foultitude de touches complexes à enchainer puisque l'on peut juste réaliser une frappe simple, un coup puissant et se protéger. Non pas de choppes et encore moins de combos, tout esprit de beat them all ou de jeu de combat même simpliste est aux abonnés absents. La gestion des collisions étant également à la ramasse, ces séquences de jeu se trouvent être tout bonnement pourries et complètement ratées. On en demandait pas forcément beaucoup mais là c'est pire que du minimum syndical. Et quand on voit que c'est également ce qui fait office de mode multijoueur à 2 sur la même machine, on se dit que les développeurs nous veulent vraiment du mal.
Ensuite Zootly a jugé bon de parsemer Prison Break : The Conspiracy de séquences de QTE, soit pour réaliser des contres ou achever son ennemi dans les phases de combats, soit lors de cinématiques importantes proposant du gameplay. Là aussi l'idée était initialement bonne mais n'est pas Yu Suzuki qui veut et autant dire que ces parties-là sont particulièrement mal fichues. La plupart du temps vous devrait ainsi matraquer une certaine touche et au bout d'un moment enchainer avec une pression sur un autre bouton en un temps record. Problème : ce dernier s'affiche alors que vous êtes encore entrain de matraquer le précédent bouton comme un dératé. Sachant qu'il n'y a pas de passages alternatifs, chaque foirage se solde par un échec total et il faudra donc recommencer ces phases de QTE à plusieurs reprises pour y arriver. Supeeeer...
Jeu Z pour une série qui ne l'était pas vraiment
Si les différentes phases de gameplay de Prison Break : The Conspiracy sont déjà à coté de la plaque, tout le reste suit tragiquement ce même constat. Commençons par la réalisation technique qui va du lamentable au médiocre. Si les effets de lumière se trouvent plutôt réussis et la modélisation des personnages à peu près correcte, les décors se trouvent quant à eux relativement vides et dépouillés. Le plus décevant proviendra des divers protagonistes dont les animations lors des cinématiques sont dignes du festival de l'horreur. Entre les expressions faciales tout bonnement inexistantes et les mouvements carrés, mal liés et subissant moult à -coups, c'est juste un ballet de robots qui nous est proposé au point de faire un véritable bond de 10 années en arrière dans le domaine.
Mais ce qui frappe énormément, c'est avant tout l'incroyable nombre d'incohérences et d'aberrations qui se dressent devant nous. Ça commence gentiment avec le magnétophone que Paxton dégaine en toute occasion et sans la moindre discrétion pour commenter les événements (en pleine cour, devant les gardiens, en présence de ses collègues, etc...), par le fait qu'il est uniquement possible de tabasser certains détenus pour enclencher des combats tandis que pour d'autres les coups leur passeront au travers, les portes qui restent grandes ouvertes ou certaines barrières sans barbelés vous permettant de passer en douce, et j'en passe et des meilleures. C'est tellement gros que l'on se croirait face à un dessin animé niais des années 80. Si la plupart des acteurs majeurs de la série ont prêté leurs physiques et leurs voix au jeu, d'autre ont préféré s'en passer comme par exemple Pope, Sarah Tancredi ou encore Westmoreland. A croire qu'ils en su flairer le nanard à temps et ainsi esquiver ce désastre de leur CV, toujours est-il qu'ils ont été remplacé par des physiques plutôt ingrats et sans aucun charismes.
Tant qu'à sauter à pieds joints sur ce qui ne va pas, je tiens à souligner l'honteuse présence du nVidia PhysX qui est probablement la plus grosse arnaque technico-marketing de ces dernières années. Sachant qu'absolument aucun élément du décor ne peut être déplacé, qu'il y a zéro interaction in-game avec l'environnement et que les mouvements des personnages sont aussi fluides qu'un automate testeur de meubles chez Ikea... à quoi sert le nVidia PhysX ? A faire joli sur la boiboite, probablement. Bref, du gros foutage de gueule en puissance et j'espère juste que nVidia a fourni les outils de développement gratuitement pour se faire un peu de pub facile sinon c'est vraiment que Zootfly avait trop d'argent dans ses caisses. Mais j'ai du mal à y croire vu tous leurs précédents nanards.

Le verdict tombe et je ne trouve vraiment aucun argument pour vous donner envie d'acheter Prison Break Conspiracy à moins que vous ne jugiez de la qualité d'un titre par ses effets de lumière. Et encore... Linéaire comme une rame de métro en panne, disposant de séquences de baston aussi complètes qu'un homme tronc, de QTE incroyablement mal pensées, d'animations archaïques, d'un festival d'incohérences et d'une IA dans les choux, Prison Break Conspiracy est un titre à éviter à tout prix, même pour ceux qui vouent un culte à cette série faisant désormais partie du passé. Zootfly est clairement passé à coté de la plaque et semble avoir insisté à plus d'une reprise dans le foutage de gueule. Bref, un titre à licence de plus qui profitera de son nom pour rouler les enfants de la ménagère de moins de 50 ans dans de la daube vidéoludique.
Les plus
- Heu... les effets de lumière ?- Hum...
- Nan j'vois pas...
- Ah si, plutôt long...
Les moins
- ... mais c'est un vrai calvaire !- Gameplay mou.
- IA débile.
- QTE mal pensés.
- Phases de combats risibles.
- Animations foirées.
- Zéro interactions.
- La blague du nVidia PhysX.
- Incroyable manque de crédibilité.
- Graphiquement quelconque.
Détails
- Nom
- Prison Break : The Conspiracy
- Support
- PS3
- Genre
- Action
- Editeur
- Deep Silver
- Développeur
- Zootfly
- Sortie
- 26 mars 2010
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 16 ans et plus














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