PS3 Le Choc des Titans


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Test de Le Choc des Titans

Test du Jeudi 15 juillet 2010 par sonof

En préambule replaçons le jeu dans son contexte. Le Choc des Titans est un long métrage sorti en 1981 basé sur le récit de la mythologie grecque de Persée, fils de Zeus et qui est de ce fait un demi-dieu. Un lien de parenté que le jeune homme n'assume pas vraiment, étant même exaspéré de se retrouver le cul entre deux chaises avec les olympiens d'un côté et les hommes en complète rébellion de l'autre. Considéré encore aujourd'hui comme un film culte par les fans du genre, il a eu droit en mars dernier à un remake hollywoodien plus ou moins réussi réalisé par le frenchie Louis Leterrier. Mais les critiques de films ne sont pas ce qui nous occupent aujourd'hui, car c'est bien du Choc des Titans : Le jeu-vidéo dont nous allons parler. Autant annoncer la couleur tout de suite : le choc est sévère malgré un retarde dernière minute censé limiter les dégâts.

Adapter n'est pas jouer

C'est un réflexe d'auto-défense fort répandu chez les gamers : étant la plupart du temps le fruit d'une démarche commerciale, une adaptation vidéoludique de film suscite toujours au premier abord beaucoup de suspicion. Nombreux sont ceux qui s'y sont brisés les os, et le studio Game Republic (déjà responsable d'un maussade Genji : Days of the Blade sur PS3) ne nous surprendra malheureusement pas cette fois-ci, bien au contraire.

Pourtant tout ne commence pas trop mal. Dès l'introduction présentée sous forme de mini bande-annonce, Le Choc des Titans va se présenter lui-même au joueur comme un beat'em all permettant de défourailler du monstre à travers une aventure baignant dans la mythologie grecque. Ceux qui ont vu le film retrouveront vite leurs marques, le jeu se voulant complètement fidèle au déroulement du récit jusqu'à la modélisation assez réussie de tous les acteurs, Mouloud du Grand Journal de Canal + en tête. Cependant nos premiers pas pad en main vont bien vite refroidir les ardeurs. On se retrouve donc au début de l'aventure dans la peau de l'ami Persée entouré de sa petite famille dont la tranquillité va être anéantie par l'irruption du conflit Hommes-Dieux de l'Olympe. Le joueur va alors passer par un didacticiel lui expliquant d'abord les rudiments du combat , puis quelques autres subtilités de gameplay.

En Effet, Le Choc des Titans va presque réussir à faire illusion quelques minutes, tentant de faire croire au joueur qu'il n'est pas un simple BTA nettoyeur de niveaux linéaires, mais un jeu d'action-aventure faisant intervenir de nombreux PNJ à qui il faudra faire causette pour démarrer une quête. Seulement voilà, quelle que soit la quête entreprise ou son objectif, le contenu restera tout au long du jeu quasiment le même : détruire les monstres qui s'y trouvent. Certes des quêtes éparses proposeront quelques variantes, comme dompter Pégase durant une phase d'infiltration grotesque, "jouer au chat" avec une poignée de citoyens d'Argos en pétard, battre un PNJ au jeu du "qui va se faire le plus de monstres en 3 minutes", mais tout cela n'empêchera pas le joueur de ressentir petit à petit un vide intersidéral dans l'intérêt d'accomplir ces fameuses quêtes et une lassitude qui va connaître une progression exponentielle, tant le récit se révèlera très vite d'une lourdeur accablante.

N'est pas Kratos qui veut

Car cette monotonie est dans Le Choc des Titans comme une gangrène qui va s'étendre à tous les aspects du jeu. Mais restons encore un peu sur le gameplay en abordant les combats proprement dit. Notre héros dispose des mouvements habituels du guerrier : attaques rapides ou fortes pour l'arme principale, le saut, l'esquive, le lock. Le nombre de combos est réduit au stricte minimum bien qu'augmentant sensiblement en même temps que l'expérience de Persée, le plus délicat à appréhender dans tout ça restant une caméra souvent mal placée après avoir "délocké" un ennemi. Il faudra alors gérer avec le stick droit non sans mal. Cependant les développeurs ont tenté de nous appâter en proposant un système d'armes secondaires qui sur le papier pourrait en impressionner plus d'un : presque cent armes ou magies secondaires débloquables au fil de la progression, chacune classée dans plusieurs catégories (hache, masses d'armes, arc, double-épées, sorts de soutiens ou d'attaques, etc...) et dont les caractéristiques pourront être augmentées en récoltant les âmes des ennemis.

De plus, seules certaines armes pourront occire les adversaires ou boss les plus retords, d'où l'intérêt de chercher à les obtenir toutes. Enfin, l'usage de cette arme secondaire est conditionné par une jauge bleue qui diminue lors de son utilisation, le tout donnant alors aux combats une petite dimension stratégique. Toutefois cette idée empruntée aux RPG's parviendra à peine à redonner de la saveur à des combats répétitifs, sans pêche, trainant en longueur et jamais passionnants. Et ça n'est pas le principe de finish-move à base de réflexe où il faudra appuyer sur une touche au bon moment qui permettra de sauver tout ce petit monde, car monotonie oblige, c'est toujours la même touche qu'il vous faudra enfoncer lorsqu'un halo de lumière apparaitra à l'écran. Bref le QTE du pauvre. En fait, on s'aperçoit au fur et à mesure du jeu que les développeurs proposent plusieurs idées de gameplay qui, sans être originales, auraient pu offrir au joueur une réelle envie d'avancer. Mais le manque de profondeur est tel que l'on arrive jamais à s'enthousiasmer vraiment.

Et ça continue encore et encore...

Comme dit plus haut, cette effroyable sensation de répétitivité sera présente quelque soit l'aspect du jeu que l'on tente désespérément d'analyser. Au delà des quêtes principales dont on aura du mal à occulter la redondance, c'est l'ensemble de la progression qui manque d'ampleur et de rythme malgré une histoire originale ayant un caractère épique (en tout cas pour les fans). La faute à une mise en scène aussi nerveuse qu'un épisode de Derrick lors des cinématiques (un comble pour l'adaptation d'un film), à des dialogues ternes et des animations frôlant parfois le ridicule (les personnages qui ne se retournent pas en faisant des pas mais en pivotant à 180° comme fixés sur une plaque tournante), à un level design d'une platitude sans nom. Encore une fois on traversera souvent les même endroits pour combattre les mêmes ennemis, et même l'infime diversité des lieux visités ne parviendra pas à masquer le vide des décors ou l'absence de détails, malgré la variété des endroits proposés par le matériau d'origine qu'est le film (le Palais d'Argos, les marées, le désert, les forêts, etc...). Les personnages et surtout les monstres n'ont pas non plus de traitement de faveur, tout cela manquant cruellement de personnalité et d'un travail artistique plus approfondi.

Techniquement parlant c'est pas la grande classe non plus. Si le manque de moyens du studio pourrait excuser certaines lacunes, on a quand même du mal à l'époque de la hachdé de s'immerger dans des textures brouillonnes et des polygones grossièrement taillés, des animations correctes mais parfois entachées de ralentissements, des effets visuels et sonores fadasses voir incongrus, notamment des éclairs multicolores à la Bioman lors des attaques spéciales complètement à côtés de l'univers et kitchs au possible. Et même en passant par une installation conséquente sur le disque dur, la progression reste encore hachée de multiples temps de chargement relativement courts mais néanmoins nombreux. Enfin, bien qu'étant en version originale sous-titrée en français, les voix anglaises souffrent de problèmes de synchronisations impactant d'autant plus les dialogues déjà insipides à la base. Maigre consolation : les musiques sont plaisantes car typiques. C'est toujours ça de pris.

En ce qui concerne la durée de vie, les 80 quêtes vous extorqueront entre 12 et 15 heures de jeu, ce qui aurait pu être une bonne nouvelle si on ne tenait pas compte encore une fois de l'ennui omniprésent dans l'aventure. On en est presque à se demander si le jeu n'aurait pas gagné à être raccourci quelque peu, puisqu'un si grand nombre de quêtes semblent peu appropriées à un gameplay qui ne se renouvelle que trop peu, d'autant plus qu'environ deux quêtes sur trois suivent la trame du film, le tiers restant plombe encore un peu plus l'histoire avec des enjeux scénaristiques mal inspirés. Vous aurez également la possibilité d 'effectuer des quêtes dites "défi" plus ou moins similaires aux quêtes principales et pourvues d'objectifs quantitatifs pour les collectionneurs acharnés de trophées. Mais c'est bien qualitativement que le joueur restera sur sa faim puisque l'on fini inexorablement en ayant l'impression d'avoir à faire ici à une méthode de remplissage assez maladroite.

Sachez également que Le Choc des Titans propose un mode co-op qui permettra à un ami de vous rejoindre pendant votre folle épopée et cela uniquement durant certaines missions où notre cher Persée se fait aider d'un compagnon de voyage. A vous de juger si votre amitié est suffisamment forte pour prendre ce risque...

4

Force est de constater que Le Choc des Titans fait malheureusement partie de la (trop) grande famille des adaptations vidéoludiques ratées, principalement par un manque flagrant d'ambition et/ou de moyens (le cahier des charges ne devait pas être bien lourd). Certes quelques idées de gameplay pourraient embellir l'aventure mais celles-ci ne sont sont jamais exploitées jusqu'au bout. Au final le joueur aura peine à s'immerger dans un récit narré et mis en scène par dessus la jambe et à prendre du plaisir pad en main car le jeu s'avère de bout en bout terriblement fastidieux, l'aventure ne se renouvelant jamais. Le tout souffre également de nombreuses lacunes techniques, ce qui n'arrange rien. Un petit prix (30 à 35 €) ainsi qu'un mode co-op parviendront peut-être à convaincre les moins difficiles d'entre vous.

Les plus

- Quelques ingrédients de gameplay sympathiques.
- Petit prix.

Les moins

-Une progression à mourir d'ennui.
-Graphiquement peu flatteur.
-Mise en scène et narration navrantes.
-Combats trop longs et manquant de dynamisme.

Détails

16+
Nom
Le Choc des Titans
Clash of the Titans
Support
PS3
Genre
Action
Editeur
Namco Bandai
Développeur
Game Republic
Sortie
28 mai 2010
Recommandation PEGI
Joueurs de 16 ans et plus

La PS3 est sortie le 17 novembre 2006 aux USA.