PS3 Gran Turismo 5


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Test de Gran Turismo 5

Test du Mardi 30 novembre 2010 par Dayton

On y croyait plus et pourtant il est bien là. 5 années après le dernier opus PS2 et presque 3 ans après la démo Prologue, Sony se décide enfin à lâcher dans l'arène son Gran Turismo 5. Ultra-attendu et élevé au rang de jeu culte bien avant sa sortie, il est grand temps de voir si le buzz engendré était mérité. Le verdict risque de faire mal car les arlésiennes ont souvent tendance à décevoir. Entre temps la Xbox 360 a accueilli 3 épisodes de Forza Motorsport de qualité, remettant les pendules à zéro et prouvant qu'il faudra bien plus que les acquis aux équipes de Kazunori Yamauchi pour espérer surprendre et décréter une fois encore que Gran turismo est THE real driving simulator. Gentlemen start your engines !

Faire du vélo ça ne s'oublie pas.

Gran Turismo 5 s'ouvre sur une cinématique magnifique, longue et pompeuse à souhait. Là où celle de GT4 donnait des frissons, celle de cet épisode laisse un petit arrière goût dans nos rétines. Nous n'avons même pas le droit à une petite phrase choc du style "the driving of your life". Ça n'a l'air de rien comme ça mais c'est dans ce genre de détails que l'amoureux de Gran Turismo sent avant même d'avoir lancé une partie que quelque chose va manquer.

Le menu est des plus classiques : un mode Gran Turismo équivalent à un mode histoire, et un mode Arcade permettant de participer à des défis dérapages plutôt sympathiques ou d'enchaîner des courses seul ou à deux en écran splitté (de plus en plus rare de nos jours, il faut le souligner). Les anciens ne seront donc pas perdus et les petits nouveaux trouveront vite leurs marques.

Le mode Arcade, tout comme dans les anciens épisodes, reste anecdotique mais permet sans avoir à trimer comme un esclave de conduire de belles bagnoles immédiatement. Le coeur du gameplay réside quant à lui dans le fameux mode Gran Turismo et c'est dans celui-là qu'il va falloir faire vos preuves pour commencer avec une poubelle et espérer un jour conduire une petite Ferrari Enzo pour vous la péter comme un bourgeois en ligne contre vos amis.

L'art de recycler sous couvert de nouveauté.

Nous retrouvons dans le mode GT la structure classique de tous les épisodes de la série : un garage pour stocker vos bolides, des permis de difficulté progressive à passer, des concessionnaires de voitures neuves et d'occasion, un mode entraînement pour tester ses réglages, un magasin de réparation et de préparation ainsi qu'un magasin de tuning pour acheter des pièces moteur et autres accessoires indispensables. C'est ici aussi que vous trouverez les fameux modes A-Spec et B-Spec dans lesquels vous passerez le plus clair de votre temps ainsi que le petit nouveau venu, le GT Special Events regroupant des défis particuliers à réaliser.

La progression du mode GT s'est toujours assimilée à celle d'un RPG avec une montée en puissance progressive de votre niveau et de vos voitures. Pour aller encore plus loin dans la ressemblance, les équipes de Polyphony Digital introduisent dans ce nouvel épisode un système de leveling qui débloquera au fur et à mesure de votre progression de nouvelles épreuves. Fini donc l'obligation de passer les permis pour jouer puisque ces derniers ne vous rapporteront rien d'autre que des points d'expérience. Cependant il faudra quand même vous y coller puisque le niveau 0 ne vous ouvre que quelques misérables courses. Ces dernières vous rapporteront quant à elles de précieux kopecks ainsi que de l'expérience salvatrice pour la suite de votre aventure.

Un contenu hallucinant de richesse

Mine de rien le mode GT a de quoi vous occuper durant des centaines d'heures. Le mode A-spec est divisé en 5 modes de difficulté croissante. Chaque mode contient 9 épreuves et chacune d'entre elle est composée de une à cinq courses. Ces épreuves font l'objet de caractéristiques spécifiques comme une marque particulière, une nationalité ou encore une puissance moteur. Il sera souvent nécessaire de refaire plusieurs fois certaines courses car comme dans tous les Gran Turismo, il arrive fréquemment que vous n'ayez pas assez d'argent pour financer la voiture qui servira à la prochaine compétition, ou encore que celle-ci vous soit refusée puisque votre niveau est trop bas.

Le GT Special Event vous permettra de participer à des compétitions et autres challenges vraiment prenant et ardus qui vous permettront d'engranger un maximum d'XP et d'oseille en un minimum de temps. C'est ici que vous pourrez mettre la main sur les fameux kartings tant attendus. Ce sont des 100 cm3 à deux temps qui offrent en vue intérieure des sensations plus vraies que nature. Pour peu que vous ayez déjà fait du kart dans la vraie vie vraie, vous retrouverez les mêmes types de dérapage dans les virages ainsi qu'une très bonne impression de vitesse au raz du sol. Malheureusement la difficulté de ces épreuves est quasi inexistante, vos concurrents étant certainement les pires pilotes de toute la profession et il ne vous faudra pas beaucoup d'essais avant d'en voir le bout.

Vous y trouverez aussi l'école de pilotage Nascar dont les voitures extrêmement lourdes et puissantes demandent véritablement un temps d'entraînement et d'adaptation. Pour réussir il vous faudra de la patience et surtout une très bonne gestion de l'aspiration. Lorsque vos compétences seront suffisantes vous pourrez tenter de vous jeter dans l'arène du célèbre circuit de Daytona (qui, pour les raisons personnelles que vous devez comprendre, me touche particulièrement) afin de batailler dur car le challenge est cette fois ardu pour la victoire. Le Special Event regroupe aussi les épreuves de rallye et les défis Sébastien Loeb. Ces derniers, sans être une catastrophe, ne sont pas non plus excellents, la faute à une maniabilité imparfaite et surtout à une concurrence ayant fait beaucoup mieux depuis des années.

Personnellement mes deux épreuves préférées sont l'école de pilotage AMG qui vous permettra de vous essayer au volant d'une Mercedes préparée à différentes portions du redoutable circuit du Nurburgring et le fameux tour d'Italie qui vous emmènera des Alpes à Rome au gré d'épreuves de course et de rallye. On se prend presque à rêver qu'avec sa conduite de rêve le titre de Kazunori Yamauchi nous propose aussi un jour de simples autoroutes reliant de grandes villes pour vivre un véritable road trip.

The real driving simulator

Abordons ici le point le plus crucial de ce : le gameplay est tout simplement une merveille, qu'on se le dise (sur circuit tout du moins). Il n'y a pas à ce jour meilleur jeu sur console au niveau du ressenti de la conduite. Chaque voiture possède ses propres caractéristiques et vous ressentez à tout moment le poids de la voiture ainsi que sa puissance. L'incroyable performance vient du fait que le titre réussi à retranscrire avec une manette ce que l'on peut expérimenter tous les jours derrière le volant de sa vraie voiture (une vieille Clio Baccara en ce qui me concerne). Nous n'avons pas pu tester encore le jeu avec un volant (Logitech si vous nous écoutez, on se fera un plaisir...) mais pour celui qui ne recherchera pas la perfection, la manette remplie parfaitement son contrat. Il est bizarre d'ailleurs que l'accélération et le frein soient positionnés par défaut sur croix et carré et non pas sur les gâchettes analogiques. Un petit tour dans les options pour changer tout ça et vous pourrez doser parfaitement vos gazs comme avec de véritables pédales. Il est clair qu'il faut oublier le gameplay pourri de Gran Turismo 5 Prologue. Celui de la version finale est plus fin et permet un bien meilleur contrôle des glissades lors de vos freinages différés ou anticipés.

Graphiquement si le titre est inégal par bien des aspects. Certains circuits sont vraiment resplendissants (Madrid, Londres) mais d'autres ressemblent bizarrement à des décors de cinéma hollywoodien sans vie (Monaco). Il en va de même pour les voitures et la différence Premium/Standard.

Composé de 1031 voitures, le parc de GT5 est impressionnant. Pourtant seules 200 d'entre elles sont Premium et bénéficient d'un semblant de dégâts et d'une modélisation tout simplement bluffante. Les autres modèles ont été récupérés de GT4 et Polyphony Digital a simplement augmenté leur résolution. De cette différence est née une polémique légitime. Personnellement ça ne me pose pas de soucis puisque comme la majorité des joueurs de GT5 je utilise la plupart du temps que des voitures Premium (puisque ce sont les plus belles et les plus performantes), cependant Kazunori Yamauchi aurait été plus avisé de revoir ses prétentions à la baisse. Gran Turismo 2 proposait dans les 600 voitures, Gran Turismo 3 uniquement 173 et pourtant il reste pour beaucoup de personnes l'un des meilleurs de la série (le meilleur en terme de fun selon moi). Du coup sans mettre les 800 voitures pourries mais en augmentant légèrement le nombre de Premium le titre esquivait le reproche (mérité) de proposer certaines voitures vraiment immondes et tout bonnement scandaleuse frôlant le foutage de gueule. Pour un jeu présenté presque comme l'un des plus beaux depuis la création il faut avoué que ça craint.

Rien à GT ?

Finalement les forces de ce Gran Turismo reposent uniquement sur ses acquis. Il reste le meilleur en terme de jouabilité et sur une télé HD vous aurez plusieurs fois l'occasion de vous déboîter la mâchoire (surtout dans la vue cockpit qui est particulièrement réussie). De même son contenu vous tiendra en haleine des heures durant et c'est avec grand plaisir que nous constatons que 'il ne révolutionnera rien, il reste un excellent jeu de tutures. Le vrai problème de cet opus est qu'il déçoit sur presque toutes les nouveautés qu'il devait introduire. Je vous préviens (âmes sensibles s'abstenir), nous commençons ici la liste de la honte.

Le leveling est affligeant de nullité. Voilà, c'est dit. Je voudrais être beaucoup plus méchant mais la décence m'oblige à retenir mes mots. Il faut comprendre que le titre ne vous opposera presque aucun challenge jusqu'au niveau 17/18 pour peu que vous ayez les bonnes voitures. Pour vous situer, le niveau 17 vous donne accès à toutes les catégories A-Spec excepté la dernière. Puis arrivé au niveau 20 et la dernière catégorie, le jeu devient incroyablement difficile. Il vous demandera de plus en plus de points pour passer à la suite, comme par exemple un exorbitant 89 000 points pour atteindre le niveau 22. Lorsque vous savez que les courses vous rapportent en moyenne 4000 points, je vous laisse faire le calcul de combien de fois je vais avoir besoin de recommencer certaines courses pour atteindre le niveau 24 et les dernières épreuves disponibles.

Annoncé comme un mode à part, le mode B-Spec a finalement totalement été intégré dans le mode GT. Une erreur impardonnable car il est clair que ce dernier n'est plus seulement un bonus qui aurait pu être sympathique mais une tentative de rallonger la durée de vie du titre qui n'en avait pourtant pas besoin à la base. Il faut savoir que certaines voitures coûtent la bagatelle de 20 millions de crédits et que le maximum que j'ai pu gagner lors des dernières compétitions était de 200 000 à 250 000. Une fois encore je vous laisse ressortir vos calculettes mais si vous avez du mal sachez que la réponse est 100. Il faut recommencer 100 fois une compétition à 200 000 pour avoir 20 millions. Tout simplement écoeurant. Du coup pour trouver une utilité au mode B-Spec les crédits des deux modes se combinent, mais pas le level. Ce dernier est réservé au pilote que vous coachez.

Bref, si au début vous pouvez laisser totalement de coté le B-Spec, vous serez fatalement obligé d'y venir un jour ou l'autre et là je dis bon courage. Ce mode reprend les mêmes compétitions que le A-Spec sauf que vous êtes spectateur (sic....). Non seulement c'est très ennuyeux car les ordres que vous pouvez donner se limitent à "augmentes la vitesse", "réduis la vitesse", "maintiens la vitesse" et "dépasses", mais pire que tout, pour une raison obscure le nombre de tour augmente significativement par rapport au A-Spec.

Combinez tout ça avec une intelligence artificielle de votre pilote proche de zéro et vous obtenez des situations où vous serez à deux doigts de jeter la manette, la console et même le chat par la fenêtre. Par exemple je venais d'entamer le dernier de mes 10 tours sur le circuit de Tokyo (bonjour le supplice déjà...) lorsque tout d'un coup mon super pilote qui était quand même troisième rentre dans une palissade. Toutes les voitures lui passent devant bien évidemment et c'est à ce moment là que ses nerfs craquent. Monsieur décide de faire une marche arrière, il fonce dans la palissade opposée et comme il est un peu deg' de s'être humilié de la sorte, il ré-accélère pour revenir à son point de départ, puis pendant presque 45 secondes il a enchaîné sur place : dérapages, contresens, retour dans les palissades pour finalement reprendre la course. Autant vous dire que je n'ai jamais relancé le mode B-Spec depuis...

Les mésaventures de mon pilote virtuelle mettent aussi en avant un autre gros défaut du jeu. Les dégâts annoncés en grandes pompes sont tout simplement quasi-inexistants. Déformations minimes, visuellement totalement disproportionnées au choc subit, c'est à se demander pourquoi ils les ont implémenté (sur les 200 voitures Premium uniquement, rappelons-le). Il faut quand même parler de cette rumeur qui sévit sur internet en ce moment selon laquelle à partir d'un certain niveau ces derniers deviendraient plus impressionnants. J'avoue que depuis le niveau 20 je trouve que mon Audi TT marque beaucoup plus qu'au début de ma partie. Cela dit ce n'est peut-être qu'une impression et si c'était vrai il serait totalement aberrant que les dégâts se déclenchent à partir de niveaux qui demandent, il faut le rappeler, au moins 50 ou 60 heures de jeu.

Comment aussi oublier les petits rien qui font toute la différence. J'en suis à pas loin de 80 heures de jeu, il me manque 7 trophées et j'aurai fini l'intégralité de ce que propose le mode A-Spec et le Special Events (bien que si vous vous souvenez des calculs je suis pas prêt d'y arriver) et pourtant je ne vois aucune course d'endurance à l'horizon (sauf en mode B-Spec où vous pouvez faire se relayer vos pilotes). Je sais qu'il existe un challenge spéciale Red Bull qui débloque la fameuse voiture de rêve réalisée en partenariat avec le centre de recherche Red Bull mais où sont donc mes courses d'endurance chéries ? J'espere qu'elles sont cachées dans les dernières épreuves qui me sont refusées à l'heure actuelle, sinon c'est un scandale pur et simple...

Dans la même lignée, où sont passés les circuits de Seattle, Paris, Apricot Hill et surtout le Special Stage Route 11 ? D'accord 71 circuits (mais vraiment une trentaine différents) c'est impressionnant mais c'est quand même un comble de ne pas avoir remis tous les circuits disponibles dans les autres Gran Turismo, surtout au bout de 5 ans de développement. Moi je demande un DLC gratos avec ces circuits parce que je sens le DLC pigeon pointer le bout de son bec. Ouais.

Et tant qu'ils y seront il faudra aussi revoir l'IA complètement à la ramasse. Toujours vissés sur des rails, les concurrents ne vous gêneront pas trop et vous aideront toujours autant lorsqu'en arrivant comme une bastos vous les tamponnerez dans le virage pour rester dans la course. Évidemment le tout sera accompagné du fameux "bong" pourri et caractéristique censé être la représentation fidèle du son de la collision.

Il me reste à vous parler des effets météo qui avaient bluffé tout le monde dans le trailer de la Gamescom. Le résultat est beaucoup moins convaincant que prévu. Cela reste très beau mais pas aussi beau que ce que l'on voulait bien nous faire croire à l'époque. De même pour le système jour/nuit dynamique. Nous étions en droit de l'avoir pour l'intégralité des circuits, ce qui n'est pas le cas. Tout ça ressemble trop à des ajouts de dernières minutes et c'est bien dommage.

T'étais où ? GT online

Arrivé avec Gran Turismo 5 Prologue, le mode online est une fonctionnalité bienvenue. Elle vous permettra de suivre la progression de vos amis en temps réel et de participer à des courses en ligne. Pour ma part je n'ai pas expérimenté de lag ou de problèmes de connexion durant mes tests mais visiblement cela n'a pas été le cas pour tout le monde. Cette fonctionnalité est sympathique mais reste dans le genre bonus. Pas de compétition, pas d'échange de ghosts, pas de tableaux des scores pour des petits défis entre potes. Il y a encore pas mal de chose à faire évoluer et sur ce point Polyphony Digital a promis plusieurs patchs et mises à jour. Espérons qu'ils en profiteront également pour toucher la partie solo...

6

C'est triste mais c'est un fait inéluctable, la note sanctionne cinq années de reports ainsi qu'une attente rythmée par des annonces toujours plus aguicheuses et qui se révèlent au final être en partie décevantes. Il semble que malgré tout le temps dont il a disposé Kazunori Yamauchi a bel et bien eu les yeux plus gros que le ventre, un Gran Turismo 5 plus humble aurait été meilleur, nous en sommes persuadés. Malgré tout le joueur en aura pour son argent et les fanas de belles voitures aussi. Le contenu vraiment impressionnant, la jouabilité et l'amour des voitures qui transpire de ce titre justifient pleinement sont achat et en font à coup sur un incontournable de Noël. Il appartient maintenant à chacun de se faire un avis sur ce titre qui depuis son développement n'a jamais cessé de diviser et qui de toute façon s'apprécie uniquement sur la longueur.

Les plus

-Des heures et des heures de jeu.
-200 voitures magnifiques.
-Maniabilité sans égale.
-Enfin on retrouve Gran Turismo.
-Graphiquement impressionnant... par moment...

Les moins

-Déçoit sur presque toutes ses nouveautés (dégâts, météo, online, etc…).
-Le mode B-spec.
-L'IA.
-Le mode B-spec.
-Le leveling et les bagnoles à 20 000 000 crédits.
-Le mode B-spec.

Détails

3+
Nom
Gran Turismo 5
GT5
Support
PS3
Genre
Courses
Editeur
Sony C.E.
Développeur
Polyphony Digital
Sortie
24 novembre 2010
24 novembre 2010 (US)
25 novembre 2010 (Jap)
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