PS3 Dark Void


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Test de Dark Void

Test du Mardi 26 janvier 2010 par AssKicker

Annoncé par Capcom il y a 2 années de cela, Dark Void faisait parti de ces jeux d'un genre nouveau surfant sur la vague branchouille du concept dit de "verticalité" au même titre qu'un Damnation ou un Stormrise, la trouvaille du jetpack en sus. Le jeu fait également d'une pierre 2 coups en signant là le 1er titre d'Airtight Games, studio accessoirement composé d'anciens développeurs ayant oeuvré sur les excellents Crimson Skies. Avec ce postulat de départ Dark Void avait l'air super chouette mais nous rappel finalement bien vite que la théorie et la pratique ne sont pas toujours faites pour s'entendre...

Je t'avais dit de tourner à gauche...

Le Triangle des Bermudes c'est comme le périphérique parisien : tout le monde sait qu'il ne faut pas y aller parce que c'est le bordel mais rien n'y fait, tout le monde y va quand même. Forts de cette obstination de la lose, Will et Ava (que l'on soupçonne d'avoir eu des relations sexuelles dans le passé mais au fond cela ne nous regarde pas...) voient ainsi leur avion se vautrer dans les méandres d'une jungle perdue dans laquelle ils vont tomber nez à nez avec la civilisation indigène de cette zone baptisée Le Néant. Allez savoir pourquoi mais ces habitants locaux vénèrent de cruels dieux robotiques appelés Vigiles qu'un autre groupuscule un brin plus civilisé combat de son coté dans une lutte sans fin. Et là où c'est fort, c'est que ces Vigiles sont de mèche avec les fascistes de notre dimension afin de pourrir la planète toute entière juste avant qu'ils n'aillent s'y promener. Fort heureusement la faction anarchique peut compter sur le physicien russe Nikola Tesla (un personnage scientifique réel) ayant élu domicile dans le coin ainsi que sur votre pomme pour empêcher cette invasion extraterrestre pas très "aware" comme le dirait si bien Jean-Claude.

Qu'on se le dise, le scénario de Dark Void s'avère être un sacré mélange des genres avec ses années 30 alternatives où les technologies futuristes croisent le old school ou encore avec ses délires scénaristiques à la Rocketeer, Indiana Jones, Matrix, voire même des Men in Black sur certains points si l'on pousse mémé dans les orties. Au final nous nous retrouvons avec une histoire de série Z disposant de dialogues parfois involontairement drôles et de situations transpirant le cliché à des kilomètres à la ronde. On aime ou on aime pas mais là n'est pas l'essence même du jeu à vrai dire.

Il est où le cucul, elle est où la têtête ?

Ceux qui se sont essayés à la démo de Dark Void doivent se rappeler de cette douloureuse phase aérienne que les développeurs avaient choisi de nous balancer à la gueule en guise d'apéro. Mauvaise nouvelle, le prologue du jeu commence sur les mêmes bases à la différence près qu'il y a beaucoup plus d'ennemis à l'écran mais qu'en contrepartie notre petit Will est invincible. Ouf, la séquence ne dure pas bien longtemps et le jeu bascule ensuite dans un long flashback servant à couvrir les débuts de l'aventure.

Et là patatra, on se retrouve face à jeu de tir à la troisième personne des plus basiques ayant le culot de repomper à la mimique près le système de couverture des Gears of War : possibilité de tirer à couvert, de virevolter d'une planque à une autre, de sauter par dessus les murets, de plonger de coté à partir d'un lieu de couverture, etc... d'un coté on ne va pas s'en plaindre tant le système est bien rodé. Là où le bât blesse un peu plus, c'est au niveau des sensations de shoot qui s'avèrent plutôt molles du genoux et ne dégagent aucun pet d'adrénaline. A la manière de bien d'autres titres du genre, Dark Void pique également les concepts de régénération automatique de la santé ou encore de l'armement limité au port de 2 armes et d'un type de grenade. Classique mais pas foncièrement efficace pour le coup, ce qui est plutôt dommage quand on sait que ce gameplay de TPS représente une très grande partie du titre. D'un coté le challenge peut s'avérer de taille quand on sait que ces foutus Vigiles se montrent sacrément résistants aux balles (et incroyablement débiles...) et que certains d'entre eux plus évolués demanderont que l'on s'acharne bien plus sur leur sort. A noter que pour vous faciliter la tâche vous pourrez user de prises au corps à corps pouvant déboucher sur des espèces de finish moves limite jouissifs.

Petite once de subilité : Dark Void nous offre la possibilité d'upgrader nos armes (et le jetpack) à l'aide de Points Tech que l'on glâne en explosant la ferraille ennemie. Si l'idée est chouette dans la forme, dans le fond l'intérêt est vite limité puisque l'on ne dépasse pas les 3 crans d'amélioration pour la petite demie-douzaine d'armes que comprend le jeu. C'est léger mais néanmoins indispensable si l'on ne veut pas trop souffrir ou craquer d'un point de vue pétage de câble.

I belive I can flyyyyy !

Vantant les mérites de la verticalité, Dark Void nous introduit assez rapidement à ce concept pour le moins étonnant lors des premiers contacts. Certaines phases de plateforme vous demandant de gravir ou descendre divers environnements provoqueront ainsi un basculement de la caméra à 90° au-dessus ou en dessous de votre personnage. A vous ensuite d'opter pour la corniche à aborder pour progresser dans le sens voulu. Mais n'espérez pas que la partie shoot soit misesau placard durant ces instants acrobatiques puisque les Vigiles (ressemblant aux Geths de Mass Effect, l'aspect Kinder Surprise en plus mais chut sinon je vais spoiler...) ne manqueront pas de vous titiller le fondement à coups de blasters. Ces phases de verticalité s'avèrent plutôt sympa dans l'ensemble mais pas spécialement exploitées à fond pour autant.

Abordons maintenant le vif du sujet, LE truc qui a été mis en avant dans la plupart des carnets des développeurs et autres trailers : le jetpack. Passé le prologue c'est un peu la famine puisque les débuts de la véritable aventure se trouvent dénués de l'engin pour que l'on se retrouve ensuite avec un propulseur poussif vous permettant à peine de planer dans les airs l'espace d'un instant pour les bons soins de l'initiation à la verticalité. Ce n'est qu'au bout de quelques heures de jeu que vous écoperez d'une machine suffisamment balèze vous permettant de mettre une mouette minable. Enfin à condition de gérer le bidule parce que boudiou, que c'est chaud du slip à manipuler ! Avec le stick gauche vous montez, descendez et virez à gauche ou à droite tandis que le stick droit vous permet d'effectuer des rotations du corps à 360°. Dit comme ça c'est difficile à interpréter et c'est pourquoi je vous invite à téléchoper la démo afin de mieux comprire le bouzin.

Mais Une fois bien pris en main il faut avouer que le jetpack permet de réaliser des enchainements particulièrement classieux et tripants, du style passer d'un gros rush à shooter à tout va dans les airs suivi par un atterrissage express façon beau-gosse où l'on dézinguera en trombe la racaille extraterrestre évoluant au sol. Peut-être que c'est mon esprit de teubé qui fait surface mais j'ai plutôt prit mon pied en réalisant des actions du genre. Sans compter qu'il est également possible d'effectuer des mouvements spéciaux de type retournement instantané ou autres tonneaux d'esquive mais là c'est déjà plus anecdotique et useless. Bien que l'ensemble du jeu soit assez linéaire, vous aurez toutefois de temps à autre la possibilité d'opter pour du tir au sol, dans les airs ou de faire un mélange des 2 selon vos envies et selon les situations. De quoi apprécier la grande taille et la pseudo liberté de certains coins du Néant à leur juste valeur en terme de level design.

Dark Void vous permet également de racketter les espèces de soucoupes volantes adverses par le biais de séquences de QTE où vous devrez alterner entre le bashage de bouton et l'esquive de coups ennemis. De même pour certains gros opposants terrestres qui devront être achevés sur le même principe. Le hic c'est que ces phases de QTE censées varier les plaisirs se révèlent bien trop longues et pètent ainsi le rythme de jeu au point que l'on se trouve blasé de devoir les utiliser. Lourdingue.

On ne dit pas "moche" mais "physiquement ingrat"

Techniquement parlant Dark Void se montre plutôt décevant et case Airtight Games dans la catégorie des studios ayant du mal à dompter l'Unreal Engine 3. De par leur nature principalement rocailleuse ou futuriste, les environnements se montrent souvent bien pauvres, vides et froids. Même si les personnages restent à peu près bien modélisés, l'ensemble donne un arrière-goût de jeux next-gen de première génération rappelant les débuts de la PS3 et de la Xbox 360. Ajoutez à cela un frame-rate instable lors des grosses séances de shoot aérien, des textures parfois bas de gamme et des effets spéciaux frôlant le cheap et vous comprendrez que le jeu est loin des cadors du genre. Dans la même veine toutes les animations des personnages semblent avoir été réalisées à la main (et donc sans utilisation de motion capture) ce qui ne manquera pas de faire ressembler certaines cinématiques à une convention de ménagères préférant ranger leurs balais dans le fondement plutôt que dans le placard. Le seul point positif se trouve finalement dans les effets de lumière particulièrement réussis qui savent à juste titre péter la rétine bien comme il faut. C'est un peu maigre comme lot de consolation mais c'est toujours ça de prit...

En ce qui concerne la partie sonore c'est déjà bien mieux puisque les thèmes musicaux se montrent suffisamment réussis pour relever l'intensité de l'action. A noter que les voix sont restées en anglais dans la version française, ce qui pourra poser des problèmes de compréhension de l'histoire si l'on ne maîtrise pas oralement la langue de Benny Hill. En effet, il sera bien ardu de lire les sous-titres des dialogues in-game durant lesquels vous serez bien trop occupés à tirer dans le lard ou à ne pas vous crasher avec votre jetpack.

Dernier point noir et pas des moindres : la durée de vie. Comptez entre 7 et 8 heures de jeu pour torcher Dark Void tout en sachant que la rejouabilité du titre frise le néant à moins d'être du genre à vouloir refaire l'aventure en difficulté supérieure ou d'être motivé à récupérer tous les documents planqués dans le jeu grâce à un radar se débloquant en fin de jeu. Les développeurs ont préféré se focaliser pleinement sur du solo "de qualité" plutôt que de s'éparpiller sur du multijoueur. Dommage, des dogfights à plusieurs en jetpack auraient pu être sympa.

6

Non Dark Void n'est pas aussi vilain que ce que certains de mes confrères veulent bien le faire paraître. Techniquement le titre d'Airtight Games ne rend absolument pas honneur à l'Unreal Engine 3, les phases de shoot ne sont pas foncièrement trépidantes, le scénario lorgne du coté des nanards de série Z, la durée de vie n'est pas bien élevée avec une rejouabilité au raz des pâquerettes et la maniabilité au jetpack à de fortes chances de vous retourner le cerveau, mais une fois cette dernière domptée Dark Void se révèle bien plus agréable et parvient enfin à montrer ce qu'il a dans le bide. Pour beaucoup de joueurs il sera bien trop tard mais le jeu n'est pas non plus un gros four grâce à son gameplay varié et ses sympathiques phases de verticalité. C'est sûr qu'à 70€ ça risque de fortement piquer au derche mais aux alentours d'une trentaine d'euros ça peut déjà mieux passer.

Les plus

- La verticalité
- Gameplay plutôt varié
- Le jetpack (une fois maîtrisé)

Les moins

- Le jetpack pas évident à manier
- Un peu trop mou
- Techniquement bancal
- Trop court
- Pas de multi
- Les sous-titres difficiles à suivre pour les anglophobes

Détails

-
Nom
Dark Void
Darkvoid
Support
PS3
Genre
Action
Editeur
Capcom
Développeur
Airtight Games
Sortie
22 janvier 2010
12 janvier 2010 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de ans et plus

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