Colin McRae DiRT 2
Test du Mercredi 23 septembre 2009 par AssKicker
Faisant office de gros rebelz, les anglais de Codemasters ont osé attendre 2 longues années avant de proposer une suite à leur , contrairement à bon nombre de concurrents balançant leur sauce insipide d'année en année. L'éditeur/développeur a ainsi davantage pu creuser son concept d'éloignement du rallye de base pour s'orienter sur les sentiers de courses barbares survoltés à bord de véhicules toujours plus testostéronés les uns que les autres. Mais est-ce vraiment un bien ? Est-ce que Colin Mc Rae'' ne les aurait pas traité de gros bâtards s'il était encore en vie ? La gravité de la grippe A n'est-elle pas qu'une vaste blague fomentée par les médias et l'industrie pharmaceutique ? Eléments de réponses ci-dessous...
Les présentations de l'ambassadeur sont toujours un succès
Dès le début, Colin McRae DiRT 2 fait dans le "tape à l'oeil". Une voix de djeun's qui n'en veut nous accueil et nous guide dans la mise en place de notre profil puis tout au long notre progression dans le jeu. Diantre ! Mais c'est Ken Block, célèbre pratiquant de sports extrêmes (snowbord, skate, motocross, rallye, etc...) ! Tout du moins dans la version anglophone puisque la VF dispose quant à elle de la voix d'un type qui se la joue grave en faisant semblent d'être Ken. Bref ! Vous choisissez votre pseudo écrit, votre nom ou pseudo qui sera prononcé oralement parmi plus d'une centaine de propositions (pour ma part j'ai modestement opté pour "winner" ), vous choisissez votre nationalité qui va déterminer l'unité utilisé dans l'affichage de la vitesse ainsi que la monnaie utilisée dans le jeu et zou ! Direction votre caravane cradingue et le paddock qui feront office de menu dynamique vu à la première personne. Le tout se montre carrément très original, plutôt bien pensé et s'avère être moins relou à utiliser qu'il n'y paraît avec des enchainements vifs, élégants et racés, le tout baignant dans une bande-son rock ultra pêchue.
Pour magnifier le coté grand spectacle, Colin McRae DiRT 2 dispose de dialogues parlés durant les courses où vous pourrez entendre vos adversaires commenter vos prestations au travers de compliments, menaces et autres échanges verbaux. Certains points de contrôle marqueront également votre passage par des explosions de feux d'artifices du plus bel effet. Toujours dans l'aspect bling-bling du titre, il est a noter que les disciplines de rallye pur se font plus discrètes pour davantage se focaliser sur des épreuves plus musclées avec des véhicules de Rally Cross, Baja, etc... ou des modes de jeux bien viriles comme le Domination, le ''Last Man Standing'', etc... Des choix qui redynamisent certes la licence, mais d'où découleront quelques simplifications de gameplay.
The World is not enough
Le gros de ce Colin McRae DiRT 2 se trouve dans son mode Dirt Tour. Celui-ci se présente sous la forme d'une carte du monde posée dans votre caravane pouilleuse sur laquelle se débloqueront au fur et à mesure de votre avancée de nouvelles destinations de rêves (Las Vegas, Japon, Malaisie, Chine, Maroc, etc...) ainsi que de nouvelles épreuves. Votre progression se fait grâce à l'ingénieux système des points d'expérience qui se glaneront en enchainant si possible les victoires, au pire en atteignant la meilleure place possible. Plus vous choisissez un niveau de difficulté élevé, plus vous gagnerez de points en cas de bonne performance. Le revers de la médaille est qu'en retour vos adversaires se montreront bien plus teigneux et chauds de la pédale lors des courses. 6 niveaux de difficulté sont proposés (facile, occasionnel, sérieux, sauvage, extrême et hardcore) et autant dire que les choses commenceront globalement à pas mal picoter dès le 3ème selon les épreuves. L'intelligence artificielle tient ainsi particulièrement la route en n'hésitant pas à jouer des coudes, à utiliser des raccourcis, à couper certains virages ou à lamentablement se vautrer dans les décors suite à une erreur plus ou moins assistée. Sur ce point c'est du tout bon et le challenge se montrera clairement à la hauteur dès le niveau de difficulté "Sauvage".
En plus de ce principe classique, les points d'XP peuvent également s'obtenir en atteignant diverses missions in-game avec des objectifs à atteindre sur plusieurs levels. Citons par exemple le fait de faire du 2 roues sur une certaine distance, dépasser un certain nombre d'adversaire, démolir un certain nombre d'éléments du décor, faire un certain nombre de tonneaux, etc... Ce genre de statistiques qui s'affichaient durant les écrans de loadings trouvent ainsi enfin une réelle utilité.
Vous serez également amené au fur et mesure de votre progression à accumuler les pépettes ou à débloquer de nouvelles peintures, de nouveaux accessoires de jacky à accrocher sur le rétroviseur intérieur (paire de dés en mousse, paire de mini-chaussures, etc...) et sur le tableau de bord (hawaïenne qui se dandine, soucoupe volante, etc...) ou encore divers packs de klaxons de kéké. Les partisans du shopping de l'inutile seront quant à eux déception en apprenant qu'hormis les bagnoles à acheter ou à améliorer pour monter en catégorie (rookie, pro et all-star), tous les autres éléments de tuning sont gracieusement offerts sans demander le moindre kopeck en échange. Dur...
L'épopée vous amènera également à rencontrer plusieurs pointures des disciplines motorisées (Dave Mira, ancien adepte du BMX, Travis Pastrana, ancien pratiquant de motocross, etc... ) qu'il sera bon de se mettre dans la poche afin de pouvoir compter sur eux au cours de plusieurs épreuves par équipe. Tout aussi importantes, de nouvelles épreuves de prestige se débloqueront au bout d'un certain niveau d'XP atteints comme les fameux X-Games.
En parallèle de tout ceci se trouvent également des défis simples contre les pilotes superstars, des courses simples ou contre la montre sur les circuits de votre choix avec le mode et les véhicules souhaités. En gros vous retrouvez là le minimum syndicale qu'il était obligé d'avoir pour ne pas se sentir floué.
Sauvez un circuit, tuez un level designer
Tout comme son prédécesseur, Colin McRae DiRT 2 se veut comme étant super riche et méga varié. Pour ce faire Codemasters réutilise sa recette fétiche en proposant plusieurs types de courses : du Rally traditionnel où votre copilote vous guidera (avec possibilité d'opter pour des indications simples ou avancées), chacun s'élançant l'un après l'autre, du Rally Raid où vous serez 8 en simultané à vous tirer la bourre sur des pistes plus larges et bourrées d'embranchements multiples, des courses de Baja aux parcours bosselés, ou encore du Rally Cross sur circuits mêlant terre et bitume. Le tout peut la plupart du temps se décliner sous différentes règles comme du Domination (avoir le meilleur temps sur l'ensemble des plusieurs secteurs de la piste), du Last Man Standing (le dernier concurrent est éjecté de la course toutes les 20 secondes), Slalom (percuter toutes les balises posées sur le tracé. Oui je sais, c'est paradoxale...), etc...
Bon, proposer différents types de véhicules, plusieurs classes de compétition et différents modes de jeu est bien sympa, mais devoir se taper 5 ou 6 fois le même circuit sous différentes configurations est quand même bien lourdingue dans le fond. Si l'ensemble paraît varié avec un grand nombre de lieux différents ayant chacun ses propres spécificités, j'avoue avoir été carrément très déçu par le recyclage excessif pratiqué dans ce Colin McRae DiRT 2. A moins d'avoir la mémoire bien courte, il me semble que le premier DiRT offrait bien plus de parcours différents, sans compter sur le fait que certains types véhicules ont disparu dans ce second opus. Certes les tracés proposent quelques fois des chemins légèrement remaniés mais la sensation de se retaper UNE FOIS DE PLUS CE FOUTU CIRCUIT se fait souvent ressentir.
Le cul entre 2 chaises
Coté gameplay, Colin McRae DiRT 2 navigue toujours autant entre la simulation et l'arcade, plusieurs remaniement ayant été pratiqués dans l'une ou l'autre partie. En effet, difficile de dire si ce second opus est devenu plus "réaliste" ou plus bourrin puisqu'au final les 2 aspects ont gagné ou perdu bien des points.
Pour plaider en faveur de la simulation, signalons que la conduite s'est particulièrement affinée. Les différents types de véhicules disposent bien entendu chacun de leurs propres comportements routiers, mais force est d'admettre qui faut désormais s'y prendre un peu plus subtilement pour négocier les virages et que les surfaces terreuses s'abordent de manière bien plus délicates. N'espérez même pas sauter à pied joint sur les freins, vous ne ferez que bloquer les roues et faire un joli "tout droit". Ajoutez à cela le fait que les bagnoles de Rally Cross et de Buggy se montrent bien plus nerveuses que les autres rendant ainsi la moindre accélération brutale potentiellement synonyme de tête-à -queue, sur le fait que les différentes classes de compétitions influent sur la puissance des véhicules, etc..., et vous obtenez un titre un brin plus pointilleux qui pourra pas mal déstabiliser lors de ses premiers tours de piste.
Les p'tits gars de Codemasters semblent également avoir découvert les propriétés physiques de l'eau puisque les parcours sont régulièrement parsemés de flaques qui vont ralentiront énormément. Les esquiver pourra sembler judicieux même si elles peuvent être fort utiles pour mieux vous freiner à l'entrée d'un virage. Bien plus qu'un détail, cet élément pourra être responsable de bon nombre de pertes de places et ne manquera pas de vous choquer sur un autre point : les bas-cotés qui ne vous ralentissent aucunement. Damned ! Shocking ! Pourquoi se la jouer subtile sur certains points et y aller comme un barbare sur d'autres sachant qu'ils sont tout aussi importants ?
Malheureusement (ou pas), les développeurs ont opté pour quelques simplifications de gameplay. Fini la gestion des réparations entre 2 étapes, votre monture sera comme neuve à chaque nouvelle épreuve. Dans la même veine, les menus d'avant-course ne présentent plus ce qui nous attend dans la course à venir. Impossible donc de savoir quelle est la composition du tracé (boue, sable, bitume, terre, etc...) ou encore les conditions climatiques. Rien de dramatique pour ce dernier point (façon de parler) puisque les intempéries ont été zappées. Eh oui, Colin McRae DiRT 2 fait parti de ces mondes parfaits où il fait toujours beau et chaud.
Autre point pas très glop, bien que toujours présents, les dégâts ne vous feront finalement que de petits chatouillis. Plutôt scriptés, ceux-ci ne se limiteront qu'à vos roues (la voiture aura alors tendance à virer d'un coté) ou votre moteur (la voiture ira moins vite) selon 3 degrés de détérioration. Fini les problèmes de boite de vitesse ou de carrosserie du premier volet, place à de la casse light sans compter sur le fait qu'il faut vraiment y aller à la pelleteuse pour atteindre le 3ème palier d'usure. Dommage également que les réglages répartis sur 6 points (rapports de boîte, appui, suspensions, garde au sol, différentiel et répartition du freinage) se passent de notion de suspension, de pneus ou de direction, points pourtant clés d'un réglage aux petits oignons. Les réglages n'en reste pas moins précis et nécessitent plusieurs essais avant d'arriver à la configuration ultime. C'est cependant dans ce cas-là que l'absence d'informations de courses accuse le coup.
Autre nouveauté plutôt lourde de conséquence dans la valise de l'arcade : le système de flashback. En effet, à la manière de Race Driver : GRID du même éditeur ou du prochain Forza Motorsport 3 de Turn 10 / Microsoft, Colin McRae DiRT 2 vous permettra d'effectuer des retours en arrière afin de repasser un passage lamentablement foiré. Petit raffinement toutefois puisque ces replays sont limités au nombre de 5 par course au niveau de difficulté le plus faible, et réduits à néant en mode hardcore. Et si vous pestez contre ce système de n00b, rien ne vous empêche de ne pas l'utiliser, même si ça peut être sacrément tentant lorsque l'on se ramasse sévère au dernier virage avant la ligne d'arrivée...
A noter que pour rester accessible et nous maintenir en haleine à tout moment au fil de la progression de nos performances qui ne feront que briller davantage en avançant dans le jeu, Colin McRae DiRT 2 nous permet avant chaque course d'activer ou non les dégâts et les réglages des voitures, ou encore de choisir le niveau de difficulté. Trop aimable.
En v'là un qui roule des mécaniques
était déjà bien beau, Colin McRae DiRT 2 l'est encore plus. D'une part dans ses menus super immersifs qui s'enchainent à fond les ballons avec classe et majestuosité, et d'autre part dans ses décors de toute beauté et ses voitures superbement modélisées. Les 9 environnements éparpillés aux 4 coins du globe disposent de leurs propres identités visuelles bien à elles et fourmillent de petits détails qui rendent le tout
particulièrement vivant et crédible. Citons par exemple le stadium de Los Angeles avec sa foule en délire, ses projecteurs qui illuminent l'enceinte où vos jouez des côtes pour négocier au mieux les virages sous les commentaires du speaker en délire. Pour résumer : c'est la folie.
Mention spéciale à l'incroyable vue intérieure tout bonnement tripante et parfaitement jouable dans laquelle vous ne pourrez que mieux savourer les vrombissements énergiques et survitaminés de votre bolide qui ne demande qu'à arracher du bitume. L'immersion et totale notamment lorsque vous pulvérisez ces flaques d'eau qui éclaboussent votre pare-brise avec de magnifiques effets de flotte s'estompant sous les coups d'essuie-glace, ces vitres qui se lézardent à chaque choc virile, ou vos jouets de kékés qui virevoltent au gré de vos secousses. Enorme, même si cette vue pilote demande un peu de pratique avant d'être maîtrisée avec grâce et volupté.
Cerise sur le cake, Colin McRae DiRT 2 se montre parfaitement fluide contrairement à son ancêtre qui toussotait à quelques reprises. Par contre je dois probablement légèrement être exigeant mais j'ai tout de même été déçu par les spectateurs modélisés à la hache aux bords des pistes ou encore par les replays qui mettent alors plus en évidence certaines textures médiocres ou objets 3D simplistes que lorsque l'on trace sa race à 150 km/h dans un nuage de poussière, un oeil rivé sur la route et l'autre décryptant la mini-carte. Mais comme dit, je chipotes comme une merguez, Colin McRae DiRT 2 n'en reste pas moins très beau.
Le club des recalés anonymes du permis
Bonne nouvelle, Codemasters nous a gâté d'un mode multijoueur digne de ce nom. Jouable en réseau local ou sur le PSN jusqu'à 8 (non, pas d'écran splitté, réveillez-vous, nous sommes en 2009 et ce truc n'éxiste plus...), Colin McRae DiRT 2 nous permet de pratiquer soit du Jam Session (pas de classements, il s'agit juste de faire de simples courses paramétrables à volonté), soit du Pro Tour se révélant être une sorte de campagne multi où la chasse aux points d'XP sera à nouveau le principal hobby. Toutes les courses, modes de jeux et catégories de véhicules du mode solo répondent présent, et il sera à nouveau possible de paramétrer sa partie selon ses désirs : handicap ou non, boite de vitesse manuelle ou vue spécifique imposée, dégâts activés ou non, jeu en équipes (allant de 2 à 4 joueurs par camps), etc... Le multi se montre donc très complet, ne souffre d'aucun lag disgracieux et se trouve être particulièrement bien peuplé. Je précise toutefois que la fonction flashback n'est pas disponible dans cette partie du jeu, ce qui rendra les parties encore plus tendues qu'en solo. Effets garantis lorsque l'on a prit la mauvaise habitude d'en abuser...

Plus simulation dans sa conduite mais plus arcade dans son concept, Colin McRae DiRT 2 poursuit le chemin du grand spectacle abordé par son prédécesseur. Avec son interface dynamique 4 étoiles, sa mise en scène spectaculaire et ses épreuves musclées, le titre de Codemasters s'en sort très bien même si les quelques concessions et simplifications de gameplay, ou encore son recyclage intensif de certains tracés pourront décevoir. Le fun saura malgré tout prendre le dessus grâce à son ambiance survoltée qui saura entretenir votre tension artérielle jusque dans ses écrans de loading. Ajoutez à cela une réalisation de haut niveau et du multi de qualité et vous obtenez un jeu de caisse qui saura combler les amateurs de disciplines motorisées poussiéreuses en cette fin d'année.
Les plus
-L'ambiance grand-spectacle.-Les menus dynamiques.
-Les bruitages et la bande son.
-Varié.
-Les sensations de conduite.
-La réalisation technique.
-Long.
-Le multi.
Les moins
-Le recyclage abusif des pistes.-Peut paraître répétitif.
-Certaines simplifications de gameplay.
Détails
- Nom
- Colin McRae DiRT 2
- Support
- PS3
- Genre
- Courses
- Editeur
- Codemasters
- Développeur
- Codemasters
- Sortie
- 11 septembre 2009
- 08 septembre 2009 (US)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 12 ans et plus


















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