Assassin's Creed 2
Test du Mercredi 25 novembre 2009 par Rufus Shinra
Développée par Ubisoft Montréal, cette suite directe d’Assassin’s Creed premier du nom (oui, c’est original) fut soutenue par une intense campagne publicitaire notamment marquée par la diffusion sur internet d’un moyen-métrage de haut niveau quelques semaines avant sa sortie. Le premier jeu de cette nouvelle série n’était pas exempt de défauts (et de loin) mais avait tout de même été une petite bombe lors de sa sortie. Et la suite ? Changement de textures pour passer d’une époque à l’autre ou prise en compte des critiques ? Verdict ci-dessous...
Mais qu’est-ce que c'est ce bordel ?!
Nous retrouvons Desmond Miles, barman anonyme kidnappé par une corporation intéressée par ses ancêtres assassins. Utilisant un dispositif permettant d’explorer la mémoire génétique, le joueur parvint à la fin du premier jeu à déterrer le souvenir-cible d’un Assassin ayant opéré durant l'époque des Croisades. Celui-ci, tout comme la dernière scène du jeu, avait pour le moins soulevé bon nombre de questions auprès des joueurs qui se demandaient si l’histoire (utilisant des personnages, des lieux et des évènements réels) n’était pas brutalement partie en live. Pour ce qui est du second opus le verdict est clair : j’ai eu à une bonne demi-douzaine de fois l’occasion de m’exclamer le titre de ce paragraphe. Au cours de ce jeu se mêlent ainsi une fois de plus deux histoires qui fusionnent à la toute fin : celle de Desmond Miles qui prend un nouveau tournant, et celle de son avatar du XVème siècle, le florentin Ezio Auditore.
Carnage à l’italienne
Aux commandes d’Ezio le joueur est introduit au gameplay par un didacticiel se déroulant durant sa jeunesse remplie de bagarres, d'amourettes et de rivalités familiales réussissant à de donner vie au personnage et à l’époque. Certains reprocheront la longueur de ce passage mais les amateurs de scenarii bien ficelés apprécieront. Mais ce jeu ne s’intitule pas "Gangs of Florence" et notre cher Ezio va se retrouver brusquement impliqué dans un complot auquel il ne comprend rien sauf ce qu’il lui a couté : une bonne partie de sa famille. Et dans les affaires de son père se trouvent une épée ainsi que la célèbre lame rétractable issue du jeu précédent. La vengeance peut alors commencer…
Bonne surprise, l'histoire est très dynamique contrairement au premier jeu où il n’y avait qu’une liste de contrats à exécuter. Ezio va se retrouver au milieu des conspirations agissant comme acteur de premier rang dans les intrigues et les assassinats politiques autour desquels rôdent bien évidemment les Templiers. Chaque cible bénéficie d’une présentation bien plus poussée, d’une histoire, d’une personnalité, et chacune d’entre elle influe lourdement sur le scénario du jeu. Bref, des antagonistes de qualité, ce qui laisse présager d’une bonne histoire. Ezio est lui-même totalement différent de la machine à tuer qu’est Altair et change progressivement au cours de l’histoire étalée sur plus de dix ans. Le charmeur paniqué par les évènements des débuts devient petit à petit un professionnel qui n’oublie cependant pas ses anciens réflexes. Pour ce faire le gaillard se verra ccompagné par un cortège de personnages réels ou fictifs qui vont l’aider dans sa quête bénéficiant aussi d’une réalisation soignée les rendant tout aussi crédibles. Et comme tout bon tueur/agent secret qui se respecte, Ezio a besoin de son Otacon/Q/Diana. Ubisoft Montréal a ainsi fait le choix osé mais parfaitement réussi du seul personnage historique pouvant prétendre à ce rôle : Leonardo da Vinci, artiste, ingénieur, bricoleur de génie qu'il n’est plus nécessaire de présenter et remplit la tache à merveille (qui appeler d’autre pour déchiffrer des parchemins vieux de cinq siècles portant sur de la mécanique de précision et de la sociologie ?).
Sans partir dans de trop nombreux spoilers, l’histoire réservera beaucoup de surprises, et surtout, croise fréquemment celle de Desmond Miles pour nous rappeler que celui-ci n’est pas qu’un prétexte pour nous faire incarner un assassin littéralement de haut vol.
Prenez John Woo, Code 47 et le DaVinci Code, touillez, et rajoutez de la sauce carbonara…
Le premier jeu était critiqué à juste raison pour son aspect répétitif et la linéarité assommante de sa narration. Le contraste n’en est ici que plus saisissant avec des missions vraiment variées, partiellement scriptées, mais superbement mises en scène et adaptées au gameplay. Le joueur va ainsi se retrouver à exécuter des scènes de combat et de course-poursuite spectaculaires dans lesquelles il garde la même liberté que durant le reste du jeu, témoignant d’une attention extrême portée au level-design permettant de faciliter des déplacements qui rebuteraient même les Yamakazi. Le problème (car problème il y a) est que dans certaines de ces scènes le script fait tâche avec par exemple un garde fuyant à toute vitesse qui attend Ezio avant de reprendre sa course si le joueur perd trop de temps en cours de route. Mais une scène bien jouée fait presque regretter l’absence d’une option d’enregistrement des dernières minutes de jeu étant donné sa vitesse et son exceptionnelle classe. Les développeurs ont eu le tact de ne pas faire faire à Ezio des actions trop improbables (je pense spécifiquement à certaines scènes de Metal Gear Solid 4) ce qui est tout à leur honneur.
Dans la famille ‘’J’écoute les critiques’’, je veux…
Le gameplay, aussi bien point faible que point fort du premier jeu, a été revu. Toujours intuitif, il a été fortement enrichi sans pour autant lui enlever ses particularités initiales. Ainsi Ezio peut comme son ancêtre faire passer Peter Parker pour un tétraplégique atteint de la maladie de Parkinson, mais avec de nouvelles options qui sont toujours plus spectaculaires tout en gardant un bon niveau de crédibilité (en-dehors de la sempiternelle botte de foin inhérente à la franchise). On citera en vrac la lame empoisonnée, la possibilité de jeter de l’argent au sol pour attirer les badauds et détourner l’attention ou ralentir des poursuivants, assassiner un garde depuis une corniche ou une botte de foin, etc... Mais le bon point est que toutes ces actions demeurent fondamentalement intuitives, évitant au joueur d’avoir à se former sur un Soul Calibur ou un Mortal Kombat pour se déplacer ou se battre. Certaines compétences ne seront que rarement utilisées mais aucune n’est fondamentalement inutile. Oh et puis Ezio sait nager lui au moins, ce qui, on l’avouera, peut s’avérer assez utile à Venise.
On assiste à l’introduction de l’argent (comme signalé plus haut) qui pourra se trouver dans des coffres, en fouillant les cadavres ou en accomplissant des missions. Son utilisation permettra ainsi d’améliorer l’équipement d’Ezio, d’acheter les services de différents groupes de voleurs, mercenaires ou courtisanes, d’entretenir la villa familiale, et de le distribuer à la foule pour causer les attroupements discutés plus haut.
Le combat reste quant à lui approximativement le même et malheureusement un peu superficiel, à savoir que parer en attendant de pouvoir placer un contre reste la meilleure option. Parmi les changements notables on trouvera une diversification bienvenue des ennemis, certains pensant par exemple à planter leur lance dans le foin pour trouver l’assassin, mais aussi des Fatality... hum non... des contre-attaques mortelles qui justifient à elles seules la classification "‘’18 ans et plus’’". D’ailleurs les gardes peuvent même prendre peur en les voyants, c'est dire. Seule reste à reprocher l’I.A. des gardes qui abandonnent la poursuite trop facilement ou bien savent reconnaitre le joueur poursuivi par d’autres soldats. Quelques points à améliorer pour le jeu suivant mais en tout cas une très grosse avancée est à noter par rapport au précédent opus.
Hitman’s Creed
La bande-son porte la marque de Jesper Kyd, l’artiste derrière les musiques de la saga Hitman. Vu l’expérience du monsieur, on se doute que les musiques retransmettent sans souci l’ambiance du jeu depuis l’infiltration aux poursuites (selon le côté où Ezio se situe dans la poursuite) en passant par le train-train quotidien en Italie. Rien d’exceptionnel en soi mais la musique remplit ici parfaitement son rôle en renforçant l’ambiance et en s’adaptant sans accroc aux actions du joueur (ce qui peut être un vrai défi dans un jeu sandbox).
Côté graphismes on oscille dans les cut-scenes entre certains passages à améliorer et d’autres (plus fréquents) de bonne qualité qui retranscrivent bien le comportement des personnages et qui facilitent l’immersion du joueur. Mais à ce niveau-là pas de révolution technologique ni de moteur dépassé affichant le jeu en 5x8 pixels, le tout tourne de manière correcte avec un univers particulièrement soigné. On m’a fait part de saccades,que je n’ai pas rencontrées dans le jeu et Assassin's Creed 2 a freezé deux fois en 30 heures de jeu, toutes deux lors d’une attaque à la lame secrète sur des gardes.
Pour ce qui est de la durée de vie je crois avoir répondu à la question dans la phrase du dessus : une trentaine d’heures pour un joueur expérimenté voulant terminer toutes les quêtes importantes en plus de la principale tout en explorant un peu un environnement plein de surprises.

Assassin’s Creed 2 ou la bonne surprise de voir les critiques prises en compte par les développeurs avec la majorité des points faibles gommés, et les points forts renforcés pour le plus grand plaisir d'une expérience de qualité. Une petite perle où les rebondissements du scénario et des quêtes annexes m’ont fait frissonner de surprise et d’appréhension quant à leurs implications, ce que peu de jeux parviennent à faire ces dernières années. Mais surtout cette expérience est très riche et donne plus encore que le premier volet une véritable impression de liberté d’action avec de nombreuses possibilités offertes par un gameplay étonnamment intuitif au service d’une histoire très bien racontée. Pour l’instant Assassin's Creed 2 est l’un des meilleurs jeux des consoles HD qui nous rappelle que scénario bien raconté et des scènes d’action spectaculaires ne sont pas antinomiques.
Les plus
-La narration, jouant avec finesse sur les impressions et le point de vue du joueur, avec des moments d’anthologie.-Les décors, vraiment superbes et très vivants
-La musique. C’est du Jesper Kyd.
-Les personnages, crédibles et développés.
-Le gameplay, riche mais intuitif
-Le final
Les moins
-Une I.A. perfectible.-Le joueur peut perdre le fil de l’histoire, trop complexe.
-La suite se fait déjà attendre.
Détails
- Nom
- Assassin's Creed 2
- Support
- PS3
- Genre
- Action
- Editeur
- Ubisoft
- Développeur
- Ubisoft Montréal
- Sortie
- 20 novembre 2009
- 17 novembre 2009 (US)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 18 ans et plus














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