Athens 2004
Test du Samedi 14 août 2004 par Grosquick
Aaaah les Jeux Olympiques… Les athlètes en sueur, les spectateurs en délire, les records du monde, les membres du CIO corrompus, les sportifs dopés, les interviews de Nelson Montfort… Euh… Bref, les JO quoi. Ceux qui commencent, là tout de suite à Athènes, et donc un peu partout à la télé (le malheureux inspecteur Derrick risque d’être absent pendant quelques semaines, héhé). Oui ça y est, les JO sont là , on va pouvoir s’enthousiasmer ou trembler pour nos athlètes préférés, histoire d’oublier les déceptions d’il y a quelques mois (sauf pour les Grecs… Maintenant que j’y pense, les footballeurs grecs gagnent l’Euro deux mois avant d’organiser les JO… Y aurait pas comme du favoritisme ? C’est louche… Encore un coup des ricains ça).
Bref, cette année, comme chaque fois qu’un événement planétaire de ce type se produit, le jeu officiel pointe le bout de son nez, plus ou moins réussi selon les cas. Et c’est le pas très connu développeur Eurocom qui s’est occupé de cet Athens 2004, disponible exclusivement sur PS2.
A vos marques… Prêts… Partez !
Après ce sous-titre bien ringard, entrons directement dans le vif du sujet : vous avez à votre disposition 25 épreuves diverses et variées, réunies en différentes catégories : les courses (100m, 200m, 800m, 110m haies…), les sauts et lancers (poids, disque, javelot, triple saut, longueur, perche…), mais aussi des épreuves qu’on a moins l’habitude de voir dans un jeu vidéo, telles que la gymnastique (anneaux, exercices au sol, saut…) ou des épreuves d’équitation ou d’haltérophilie.
Au niveau des modes de jeu, ça reste assez classique : un mode Arcade, principalement dédié à l’entraînement, dans lequel on peut s’exercer sans contraintes aux épreuves souhaitées ; et un mode Compétition, qui constitue le cœur du jeu, dans lequel vous tenterez de glaner des médailles comme un véritable athlète. Dans ce mode, vous avez le choix entre plusieurs « combinés » : decathlon, heptathlon, athlétisme (les 13 épreuves d’athlé à la suite), gymnastique (5 épreuves de gym), natation (4 épreuves)… Vous pouvez aussi participer à un championnat complet et donc enchaîner les 25 épreuves, ou bien créer votre compétition perso, en choisissant jusqu’à 10 épreuves parmi les 25. Le but étant, non seulement de gagner les épreuves individuelles, mais aussi de finir premier au classement général grâce à un système de points répartis suivant vos performances.
Le petiiiiit paaaaaddle en mousseuuuuuh !
Abordons maintenant la question du gameplay. Comme dans tous les jeux du genre, une soirée sur Athènes 2004 finira probablement par un paddle bousillé et/ou des doigts fracturés. On n’échappe pas à la méthode bourrin consistant à marteler 2 boutons pour avancer, mais les développeurs d’Eurocom ont quand même tenté (et souvent réussi) de diversifier un peu le gameplay, histoire de soulager vos doigts et le paddle.
Ainsi la plupart des épreuves feront intervenir, en plus de votre vélocité doigtesque, une bonne dose de réflexes, de précision ou d’endurance. Exemple concret avec les anneaux, épreuve mixant 3 types de gameplay : une partie de l’épreuve (correspondant à peu près à une figure aux anneaux) se joue avec les deux sticks. A l’écran est représenté un cercle avec deux petites zones jaunes à gauche et à droite et 2 curseurs qui gigotent autour. En manipulant délicatement les sticks analogiques, il faut maintenir ces curseurs dans les zones jaunes durant quelques secondes. Plus vous êtes au centre de la zone jaune, plus votre figure sera réussie et plus vous aurez de points. La figure suivante s’effectue en appuyant alternativement sur L1 et R1 en rythme, de façon à faire grimper une jauge le plus haut possible. Là encore il faut garder le rythme plus ou moins longtemps (de 3 à 10 secondes). On alterne ces deux exercices 3 ou 4 fois durant l’épreuve, avant le saut final, qui est représenté par une succession de boutons sur lesquels il faut appuyer avant que l’athlète ne touche le sol. Bon, ça paraît sûrement un peu confus comme ça, mais c’est pas facile à expliquer, je fais de mon mieux ^^.
Autre exemple de diversification du gameplay (plus compréhensible celui-là ) : les exercices au sol féminins. Là , il s’agit tout simplement d’une sorte de Dance Dance Revolution, où il faut appuyer en rythme sur les flèches de la croix directionnelle. C’est sans doute moins éprouvant pour les doigts, mais ça devrait mettre vos nerfs et votre concentration à rude épreuve.
Bref, l’important est de retenir que Athens 2004 est plein à craquer d’épreuves toutes plus intéressantes les unes que les autres (à une ou deux exceptions près), et utilisant des mécaniques de gameplay relativement variées pour un jeu de ce genre. Ce n’est malheureusement pas suffisant pour retenir le joueur solitaire qui fera le tour du jeu en une après-midi, d’autant qu’il n’y a aucun bonus à débloquer. Mais ce genre de jeux est avant tout destiné au multijoueurs, et dans cette optique, il remplit parfaitement son rôle de catalyseur de fun. Pour tout vous dire, j’ai récemment passé un week-end console avec quelques potes, durant lequel on prévoyait surtout de jouer à PES. Après quelques heures de PES, on décide d’essayer autre chose, et ô surprise, Athens 2004 se trouvait juste sous nos yeux. Résultat, on a quasiment passé le restant du week-end à défoncer du pad et du doigt dans la joie et la bonne humeur.
Y a comme un hic
Ben oui forcément y a un hic quelque part, et vous l’aurez remarqué vous-même, vénérés lecteurs qui avez regardé la note comme des fourbes avant même de lire ma misérable prose (bande de filous). Le hic se trouve au niveau de la réalisation, bien loin de ce qu’on pourrait attendre d’une PS2.
Graphiquement, c’est très pauvre. La modélisation des athlètes est sommaire, on a plus affaire à des gros bonshommes rectangulaires qu’à de vrais athlètes affûtés et tout. De plus tous les athlètes, que ce soit des sprinteurs, des sauteurs à la perche ou des coureurs de 1500m, ont la même carrure. Aucune différenciation de taille ou de musculature, tous les athlètes se ressemblent (à l’exception des haltérophiles qui sont des gros tas
). Seuls changent évidemment la couleur de peau et la tenue. De plus, on a souvent droit à des représentations caricaturales et/ou ridicules : l’Irlandais est un gros roux moustachu quasiment avec une guinness dans la main, les haltérophiles sont tous plus moches les uns que les autres (mention spéciale au Grec, à croire que les développeurs avaient une dent contre la Grèce)… Bon, la plupart du temps, c’est plus rigolo qu’autre chose, mais ça aide pas forcément à se concentrer pour faire péter les records…
Dans l’ensemble, la réalisation visuelle est donc très pauvre avec une modélisation approximative et des couleurs ternes. Le public est moche, tout plat et tout gris, et les stades manquent cruellement de vie. Où sont passés les dizaines de photographes, journalistes et autres officiels qui jonchent habituellement les abords de la piste ? Où est ce bon vieux Nelson Montfort pour faire ses formidables interviews ? Ah oui zut, il est aux commentaires… Et oui, c’est Nelson Montfort qui a assuré une partie des commentaires, en compagnie de Patrick Montel (le petit commentateur à lunettes de France 2). Là encore, même si les deux assurent à peu près correctement, les commentaires restent fades et n’apportent pas grand chose à l’ambiance. D’autant que le public est assez mou aussi… Non globalement, la partie sonore est du même niveau que la partie graphique… Seule l’animation relève un peu le niveau, avec des mouvements assez réalistes et bien décomposés. Mais bon, rien d’exceptionnel là -dedans, un petit coup de motion capture et hop ^^.
Record du monde ou pas ?
Finalement, on sent que les développeurs ont manqué de temps (d’envie ?) pour peaufiner leur jeu, et se sont concentrés sur l’essentiel, le gameplay. C’est loin d’être un mal, mais on aurait quand même apprécié une réalisation plus à la hauteur des machines actuelles, et une finition mieux assurée. Ici, pas de cinématiques travaillées, pas de bonus à débloquer, on fait sa course et on enchaîne sans poser de questions. On a juste droit à un podium bidon avec le hissage des drapeaux, même pas d’hymne national ou de tour d’honneur, c’est d’un triste…
Mais comme je le disais, c’est surtout en multijoueurs que ce genre de jeu prend toute son ampleur, et Athens 2004 ne déroge pas à la règle. Si vous jouez seul, l’intérêt de ce soft est très limité, mais si vous êtes adepte des soirées consoles à 3 ou 4 potes, Athens 2004 devrait largement faire l’affaire entre deux parties de PES.

Athens 2004 offre peu d’intérêt en solo, mais c’est en multijoueurs qu’il prend toute son ampleur. Le gameplay relativement varié et le grand nombre d’épreuves devraient vous occuper pendant de longues soirées entre potes. Dommage que la réalisation ne suive pas…
Les plus
+ Le gameplay assez innovant+ Le nombre d’épreuves
+ Le multijoueurs
Les moins
- La réalisation bâclée- La durée de vie en solo
Détails
- Nom
- Athens 2004
- Support
- PS2
- Genre
- Sport
- Editeur
- Sony C.E.
- Développeur
- Eurocom Entertainment
- Sortie
- 30 juin 2004
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 3 ans et plus


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