Saboteur
Test du Lundi 14 décembre 2009 par AssKicker
Chic alors, encore un jeu sur la Seconde Guerre Mondiale, ça faisait heu... au moins une ou deux semaines dites donc... Petite différence tout de même avec ce The Saboteur puisqu'il ne s'agit pas ici d'un millionième FPS mais d'un jeu de shoot à environnements ouverts vu à la 3ème personne, et accessoirement du dernier et ultime jeu de Pandemic Studios qui ferma ses portes un fois le développement du jeu torché. Eh oui, un nouveau pan du jeu-vidéo s'achève... Mais qu'en est-il alors de ce titre d'adieu ? La fine équipe responsable des Full Spectrum Warriors, Star Wars Battlefront et autres Mercenaries a-t-elle fini sa rude existence bodybuildée en beauté ? Ont-ils fait leurs gros rebelles en placardant des affiches "Fuck EA" aggrémentées de zizis géants aux 4 coins du jeu afin d'exprimer leur colère ? La réponse devrait théoriquement se trouver ci-dessous à moins que la débauche de nichons et de cuisses apparentes du jeu n'ait eu raison de mon esprit pervers entre temps...
C'est po moi c'est eux qu'ont commencé !
Tout commence bien, The Saboteur nous propose un petit flashback historique en nous balançant quelques mois après les débuts de la Seconde Guerre Mondiale. L'espace de quelques heures le jeu nous propose d'incarner Sean Devlin, irlandais de nationalité qui se la coule douce en tant que mécano et pilote de course au sein d'une modeste équipe familiale sans grandes prétentions. Manque de bol, suite à une course effrénée Sean goûte le gravier d'un peu trop près à cause de la fourberie machiavélique de Dierker, un général nazi féru de courses automobiles à ses temps perdus. Un peu vénère, l'irlandais et son meilleur pote Jules décident de lui rendre la pareil en infiltrant l'écurie germanique du représentant de la race aryenne afin de pourrir sa titine. Et là c'est le drame, les 2 compères se retrouvent pris au piège dans un endroit où ils ne sont pas spécialement la bienvenue, et l'ami Jules se fait exécuté sous les yeux cagoulés de son frère psychologique. A partir de là vous devinez aisément la suite : Sean ne vivra plus que de vengeance et d'envie d'envoyer Dierker sucer de la wurst en Enfer.
Bonnejour, je m'appel Louque !
C'est parti, l'aventure démarre et pouf, nous voici avec l'une de ces catégories de jeux très en vogue ces derniers temps, à savoir le GTA-like que l'on appel également "jeu bac à sable". En gros cela veut dire que l'on se retrouve à déambuler librement dans un environnement totalement ouvert dans lequel se trouvent des objectifs principaux à enclencher pour avancer dans l'histoire, et d'autres secondaires disséminés un peu partout afin de profiter de quelques bonus en parallèle. Dans la même trempe nous pouvons citer des jeux tels qu'inFamous ou encore Prototype, à la différence que ce Saboteur nous permet d'intégrer la résistance française parisienne durant l'occupation allemande de la Seconde Guerre Mondiale, mais d'une manière relativement fantaisiste qui ne devrait pas spécialement interloquer les futurs étudiants de Terminale S. Bah oui, ce qu'il faut savoir c'est que The Saboteur est blindé de clichés, d'aberrations et d'incohérences aussi bien historiques que géographiques qui ne manqueront pas de nous rappeler que le jeu a été développé par des américains probablement bas du front.
Le jeu se déroule ainsi à peine quelques mois après l'ouverture de la Seconde Guerre mondiale mais voilà que l'intégralité de Paris se retrouve déjà sous le joug des nazis bien campés sur place. Ok. La ville de Sarrebrük située en Allemagne dispose également de quelques panneaux rédigés en français mais soit. Bien que très vastes, les environnements du jeux regroupent l'intégralité de la France dans un périmètre que ne renierait pas une boule à neige souvenir. Bien que fidèlement reproduits, les principaux édifices et monuments parisiens se voient relativement collés les uns aux autres, et plus grave, la Lorraine ou la ville du Havre se retrouvent à 2 minutes montre en main de la capitale. En clair ce n'est pas grâce à la vision de la France de Pandemic que la SNCF aurait pu faire du business...
Je vous rassure, ces quelques détails ne nuisent aucunement le plaisir de jeu (car oui plaisir il y a) et il clair qu'on n'allait pas demander aux développeurs de nous imposer 4 heures de route pour aller dans le Finistère juste pour faire coucou à un acteur majeur de l'histoire afin de poursuivre l'aventure principale. A noter que le jeu ne fait référence à aucuns événements ou personnages issus de la réalité et que même le nom ou l'image d'Hitler n'est présent à aucun moment. Bref, Pandemic a prit quelques libertés mais nous n'allons pas les blâmer pour ça, après tout ils ne se sont jamais vantés de verser dans le réalisme. Et d'un coté heureusement...
Le patchwork des genres
Ce qui saute aux yeux lorsque l'on progresse dans le jeu, c'est que les développeurs ont eu un maximum d'ambitions en piquant des idées à gauche et à droite pour l'intégrer au gameplay de Saboteur. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'y sont pas allés de main morte les cochons.
Comme dit précédemment, le titre se calque sur un principe de GTA-like avec des phases de déplacement à pieds ou en voitures que l'on peut chaparder à volonté, du tir à gogo avec une flopée d'armes diverses et variées, du combat à mains nues plutôt bien foutu, etc... A cela vous pouvez également lui greffer un soupçon d'Assassin's Creed (fallait oser...) puisque ce coquin de Sean possède également la faculté de pouvoir grimper sur les édifices et maisonnées afin d'échapper à ses poursuivants qui ne pourront le rejoindre à ses endroits hauts perchés. Et bim, c'est là que je vous introduis la jauge de suspicion inspirée de n'importe quel jeu où vous devez faire gaffe à ne pas vous faire gauler, à la différence près qu'elle se montre ici relativement développée. Si un soldat nazi détecte quelque chose de louche à un endroit (comme du bruit déclenché par des tirs ou des explosions, la présence visible d'une arme, l'escalade d'un bâtiment, l'entrée dans une zone interdite, etc...), il s'y déplacera pour enquêter durant un instant. A vous alors de déguerpir du lieu afin de ne pas déclencher l'alarme, de le zigouiller avant qu'il ne prévienne ses potes, etc... De ce fait les possibilités de diversion sont plutôt nombreuses d'autant plus qu'il est également possible de se faufiler derrière un garde pour l'assassiner en douce tel un irish ninja et d'ensuite lui piquer ses fringues pour espérer infiltrer les positions ennemies. Et là encore attention à ce que vous faite ! Se balader trop près d'un soldat éveillera les soupçons, avoir le pas trop rapide décuplera votre zone de repérage, etc... Bref, faudra bien faire gaffe à ses miches pour ne pas se faire trouer comme un lapin.
A coté de tout ceci se trouvent également tout un tas d'objectifs secondaires aux bénéfices multiples. En effectuant des actes de contrebandes (détruire des haut-parleurs de propagande, des points de guets, des batteries DCA, des stations essences, etc...) vous verrez ainsi vos actes de rebellions récompensés par quelques deniers qui vous permettront de vous acheter de nouvelles armes et munitions au marché noir, ce qui ne sera pas de trop pour se parer comme il faut pour rentrer dans le lard lors des missions. Comme le veut la tradition des missions secondaires ou objectifs spécifiques seront également disponibles pour vous permettre de déverrouiller des bonus de compétences comme débloquer des véhicules/armes/coups, porter plus de grenades, avoir les explosifs à moitié prix, moins de recule au snipe, etc... Bon, franchement, ces bonus sont parfaitement oubliables et clairement pas essentiels pour permettre à Sean de s'en sortir avec les honneurs, mais c'est toujours sympa de proposer.
N'est pas Papa Schultz qui veut...
Vraiment, toutes ces idées sont bonnes une fois mélangées et desservent un gameplay particulièrement riche et bien huilé des plus agréables. Cependant vous vous rendrez rapidement compte que vos tentatives d'infiltrations effectuées sur la pointe des pieds s'écrouleront assez rapidement à cause d'une intelligence artificielle à moitié bancale qui parviendra régulièrement à vous débusquer sans que vous ayez réellement compris le pourquoi du comment. A partir de là s'offrent 2 choix : soit vous prenez vos jambes à votre cou et déguerpissez en un temps record pour faire disparaître l'alerte générale (en fuyant la zone rouge ou en vous planquant dans l'une des innombrables cachettes présentes sur la map à condition que l'on ne vous y voit pas entrer), soit vous décidez de rentrer dans le tas comme un goret vu qu'en plus d'être un super-résistant de l'occupation teutonne, Sean est également (beaucoup trop) super-résistant aux balles. Usant du principe de régénération automatique à la manière de la plupart des jeux modernes (adieu trousses de soin et autres seringues d'antan...), l'espérance de vie de Sean pourra se voir criblée par quelques kilos de plombs avant de se voir trépasser. Du coup pas de soucis si vous êtes saoulés par toutes vos veines tentatives de subtilités, en cas de désespoir ultime vous pourrez généralement vous la jouer Rambo en puissance pour parvenir à vos fins. Les développeurs ont cependant tenté de limiter les possibilités de carnage puisque vous ne pourrez porter que 2 armes à feu en plus de 2 types d'explosifs et des grenades. Ô joie, vous pourrez quand même compter sur les pétoires de vos défunts ennemis laissés à même le sol pour vous en emparer et repartir de plus belle si vous vous retrouvez à sec.
Il pue des pieds et pourtant je l'aime quand même
Certes ce Saboteur dispose de quelques tares narratives ou de gameplay et pourtant rien n'y fait, le charme agit. Ceci est probablement dû au fait que les nombreuses missions se montrent plutôt variées et intéressantes pour un jeu du genre. De même, elles se trouvent généralement bien amenées scénaristiquement parlant avec un grand nombre de cinématiques majoritairement in-game. Bien qu'étant plutôt basiques (délivrer un prisonnier, défendre une zone durant un temps donné, infiltrer une base pour récupérer telle ou telle babiole, détruire ceci ou cela, etc...), les missions se présentent sous différentes formes et de ce fait même si le but final peut se répéter à quelques reprises, le déroulement et la mise en situation varie à chaque fois, ce qui évite de ce fait de tomber dans la lassitude et l'impression de tourner en rond. Ce constat est rare, et Pandemic l'a fait.
Ce plaisir de jeu est également décuplé par une ambiance particulièrement réussie se manifestant par de chouettes graphismes avec des modélisations de très bonnes factures (y compris pour les personnages secondaires et PNJs s'il vous plaît) ou des textures généralement fines et détaillées. Saboteur baigne ainsi dans un background calqué sur celui des années folles avec le coté frou-frou et frivole du coin des cabarets de Paris (la planque de Sean se trouve par exemple au Belle, sorte de bar/concert avec filles faciles à la clé) et des musiques à peu près d'époque. De plus le titre apporte une once d'originalité bien à lui grâce à un filtre graphique noir et blanc à la Sin City laissant tout de même apparaître certaines couleurs telles que le sang ou autres points clés ici ou là . Et mine de rien cet effet bling-bling n'est pas là pour du flan puisqu'il sert à matérialiser les districts occupés par les nazis. Une fois certains objectifs réalisés, ces zones finiront par reprendre leurs couleurs avec notamment un degré d'occupation moins important qu'auparavant et une résistance plus forte et plus active. Rien de bien incroyable mais cette patte esthétique contribue énormément au charme de The Saboteur.
C'est sûr, les développeurs de Pandemic ont fait du très bon boulot mais on ne peut s'empêcher de constater un certain manque de finition. On peut par exemple citer la présence de textures pluvieuses dans les décors intérieurs lorsqu'il flotte en extérieur, l'impossibilité de tirer entre des barreaux d'escaliers, de barrières, etc..., ou encore les véhicules qui ne bronchent pas d'un poil lors de gros chocs et qui ne profitent quasiment pas de dégâts visuels avant l'atomisation finale.
Il n'empêche que le moteur employé dans le jeu est parfaitement rodé puisqu'il mouline à la perfection en 1280x1024 avec tous les détails à fond et ce sans le moindre pet de ralentissement sur la config' de test suivante :
- Windows XP Service Pack 3
- Intel Core 2 Duo E8400 3GHz
- 4 Go de Ram
- ATI Radeon HD4800 256 Mo
Coté maniabilité l'idéal restera évidemment le combo clavier + souris vu l'assez grand nombre de touches requises. Mais j'avoue que dans ce cas la maniabilité en voiture n'est vraiment optimale pas. M'enfin rien de bien dramatique, ça reste tout de même jouable.
Pour ce qui est de la durée de vie c'est plutôt light avec une trame principale pouvant se finir en approximativement 8 heures de jeu si l'on se passe de tous les objectifs annexes. Une fois le générique de fin passé, le jeu vous permet toujours de vous en occuper si l'envie vous dit, mais sachez que The Saboteur est une expérience solo absolue. Eh non, pas de multi mais d'un coté c'est probablement ce qui a permis aux développeurs de se concentrer efficacement sur l'essentiel du jeu.

Mêlant habilement des éléments de GTA-like, d'Assassin's Creed et de Hitman du pauvre, The Saboteur sait pourtant se démarquer des autres jeux bac à sable grâce à une ambiance unique desservie par une esthétique de toute beauté. Rarement l'esprit de la France occupée n'aura été aussi sexy et même s'il bénéficie de certaines incohérences, de sacrées libertés historiques et géographiques ainsi que d'un certain manque de finition, le dernier jeu de Pandemic achèvera l'existence du studio avec les honneurs grâce à des missions particulièrement réussies et à des mécaniques de jeu parfaitement imbriquées les unes aux autres. Alors certes The Saboteur ne propose pas de multijoueur, mais les développeurs ont le mérite d'avoir mit tous leurs efforts dans un titre solo riche, varié et complet quoique un peu trop court. Un petit coup de coeur pour ma part.
Les plus
- Les graphismes et l'esthétisme.- Les missions variées et intéressantes.
- L'ambiance.
- Le mélange des genres.
- Le plaisir de jeu, tout simplement.
- Y'a des nichons ! Arem...
Les moins
- L'IA médiocre.- Un certain manque de finition.
- Un poil court.
Détails
- Nom
- Saboteur
- The Saboteur;Le Saboteur
- Support
- PC
- Genre
- Action
- Editeur
- Electronic Arts
- Développeur
- Pandemic Studios
- Sortie
- 04 décembre 2009
- 08 décembre 2009 (US)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 16 ans et plus














Actus