PC Rogue Warrior


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Test de Rogue Warrior

Test du Lundi 28 décembre 2009 par AssKicker

Vous vous en êtes probablement rendu compte en essayant quelques daubes à l'insu de votre plein gré, il n'est pas toujours aisé d'être un FPS guerrier en ces années 2000. Même pas peur, Bethesda Softworks a pourtant insisté pour s'y aventurer malgré sa sainte dévotion pour les RPGs. Mais comme le disait si bien le grand poète Michel Muller : "Fallait pas l'inviter". Hélas pour nous il est trop tard et nous voici donc avec Rogue Warrior, un jeu qui a échappé de justesse à la poubelle mais qui en a cependant gardé les odeurs.

Un coup de gomme magique et ça repart !

L'histoire de Rogue Warrior ne commence pas spécialement bien. En effet, le jeu fût tout d'abord annoncé en 2006. Il était alors développé par Zombie Studios (responsable du récent Saw), devait utiliser l'Unreal Engine 3 pour nous permettre de gambader dans des environnements ouverts, et était censé innover dans sa partie multijoueur. Manque de bol Bethesda a jugé que le boulot effectué était trop pourri et que tout devait être refait à zéro ou presque. Et c'est à partir de ce moment là que les anglais de Rebellion ont écopé du fumier avec un timing d'environ 9 mois pour en torcher le développement. Il en a ainsi résulté un nouveau personnage central, un nouveau gameplay ainsi que l'abandon de l'Unreal Engine 3 en faveur d'un moteur fait-maison.

Il n'empêche que ces péripéties rocambolesques à la Dallas ont tout de même le mérite de palier au scénario du jeu qui se trouve être aussi épais qu'une feuille de PQ : vous incarnez Dick Marcinko, l'un des meilleurs soldats que Mère Nature ait engendré, qui ira se promener du coté de la Corée du Nord et de la Russie afin de bouter tous les communistes qui souhaiteraient caler un missile nucléaire dans le fondement de papa Bush (oui le jeu se déroule dans les années 80).

Tout est une question d'échauffement (ou pas)

En tant que testeur über objectif, je me devais de faire fi de tous ces à-priori négatifs avant de me lancer à corps perdu dans le jeu. C'est parti, installation in progress, choix de l'installer avec la partie multijoueur passant obligatoirement par Steam ou du solo tout seul. Ok. Quelques minutes plus tard me voici avec le menu principal qui a subitement vidé les piles de ma souris. Ah bah non... les menus ne sont pas compatibles avec le rongeur et il faut donc utiliser le clavier par dépit. 2009 les gars ! 2009 !

Quelques réglages plus loin, me voici avec une bien belle scène d'intro me présentant un rugbyman ayant troqué son habituelle tenue bleu contre un treillis kaki et un marcel noir. Ah bah non, ce n'est pas Sébastien Chabal mais le fameux Dick Marcinko. Bon... S'en suit un petit topo de la situation à bord d'un hélico en compagnie de ses 2 meilleurs compères, ceux ayant l'habitude de barouder à ses cotés durant les plus périlleuses des missions... et qui décèdent déjà comme de grosses bouses au bout de 45 secondes de cinématique. A fortiori le scénariste de Rebellion était malade ce jour-là mais pourquoi pas...

Au début ça fait mal mais au bout d'un moment ça fini par chatouiller

A partir de là tout s'enchaine et c'est le drame. Rapidement on se rend compte que le jeu est plutôt laid avec un clipping monstrueux dès le début dans le petit bout de forêt que l'on traverse et des effets de flammes et d'explosions résolument kitchs. Sans parler du tearing cataclysmique qui pète les yeux sans que l'on puisse y remédier dans les options graphiques en activant la V-Sync. Par contre il faut tout de même avouer que les textures sont relativement bien foutues mais qu'elles ne suffisent pas à rendre le jeu agréable à l'oeil. Dès les premiers affrontement vous ne pourrez que constater les désastres de l'intelligence artificielle qui n'a pas été dressée à réagir face aux grenades ou à faire la distinction entre les bruits de mitraillettes et autres baroufs avec ceux d'un pet de mouche. Tant qu'à être relou elle se permet en plus d'avoir un temps de réaction aussi long qu'un loading de jeu PS One ce qui pourra toutefois se montrer utile si vous êtes trop occupé à explorer votre fessiers avec l'une de vos mains. Vous pourrez également déplorer des ennemis clonés à la chaine et dont la variété fait clairement peine à voir, ou encore des étrangetés telles que des mécaniciens ou ingénieurs armés jusqu'aux dents. P'tet que ça se passe comme ça là-bas, j'en sais rien après tout, j'y suis jamais allé...

Malgré son statut de super guerrier en rangers, l'ami Dick ne peut même pas nous honorer de quelconques cabrioles puisqu'il est juste impossible de sauter par dessus le moindre petit muret. Voilà que l'on se retrouve alors à moult reprises à se taper d'innombrables détours au travers de parcours ô combien linéaires et inutiles concoctés par ces chers level designers bien peu inspirés.

Ca aurait presque pu être à peu près bien...

Pourtant force est de constater que la fine équipe de Rebellion a tenté de nous proposer quelques trouvailles appréciables. Commençons tout d'abord par le système de mise à mort particulièrement tripant qui vous permet de zigouiller les ennemis en total silence en les chopant par derrière (hum...) grâce à votre meilleur ami le couteau. Et là c'est de la boucherie pure et dure puisque Dick n'y va clairement pas de main morte pour achever le pauvre petit coco ayant eu le malheur d'être au mauvais endroit au mauvais moment. Et autant dire que ce ne sera pas spécialement compliqué vu leur extrême surdité... Premier bon point (enfin !), ces scènes de mise à mort vues à la 3ème personne sont nombreuses, variées et s'adaptent aux décors tout en faisant part d'un haut degré de sadisme rarement atteint dans un jeu-vidéo. Dans le même registre des idées lumineuses, Rogue Warrior vous permet de temps à autre de plonger certaines zones dans la pénombre. A vous alors d'enfiler vos lunettes de visions nocturnes pour surprendre l'ennemi apeuré privé de sa maman pour mieux l'étriper. Mais il faut bien le dire, ce concept est totalement sous-exploité et rentrer dans le lard comme un goret fonctionnera tout aussi bien. Enfin passons sur le système de couverture qui n'a plus rien d'original et qui se trouve lui aussi être largement dispensable.

A noter que les adorateurs de gros nanards devraient être comblés puisque Rogue Warrior fourmille de répliques cultes dignes des meilleurs films de bidasses américains de l'ère Rambo. Ca baratine à tout va, c'est vulgaire à souhait et c'est limite facho par moment mais boudiou que c'est poilant à entendre tellement c'en est ringard. Franchement, entre des phrases type telles que "''Tiens mange p'tite bite !", "Je vais t'étriper comme une truite" ou "On a une montagne de merde et pas de pelle", il est bien ardu de maintenir en semblant de sérieux initialement voulu par les développeurs. Ah au fait, sachez que c'est tout de même Mickey Rourke qui assure la voix originale de Dick tandis que la version française se limite à un jeu d'acteur plutôt médiocre.

Passons maintenant au finish him qui risque de littéralement vous achever dans votre fauteuil en cuir de bourgeois : Rogue Warrior se finit en 2h30 montre en main. Ouaip, à 60€ le jeu votre rectum risque de fondre sur place d'autant plus que le mode multijoueur (passant obligatoirement par Steam, je le rappelle) ne risquera pas de vous donner envie de vous y plonger plus de 5 minutes. En même temps vous n'aurez pas spécialement le choix vu le peu de personnes dépressives qui ont le courage de s'y aventurer. Jamais je n'aurais cru pouvoir tomber sur un jeu de tir aussi court que Terminator Renaissance et ses 3h40 mais Rebellion en a décidé autrement. Bref, on tire la chasse, on passe à autre chose, et on espère que le studio se démerdera mieux avec Aliens VS Predator...

2

Scénario digne d'un gros nanard des années 80, réalisation bancale qui pique les yeux, intelligence artificielle à l'instinct de survie encore moins développée qu'un spermatozoïde ayant atterri sur un Kleenex, liberté d'action qui fera passer Doom pour un MMORPG, durée de vie encore plus courte que le film Titanic, du multi inutile... Rogue Warrior accumule les tares par péniches entières et ne pourra que compter que sur ses répliques de gros bidasse décérébré ou ses mises à mort de sadique particulièrement tripantes pour faire joli sur son CV. A 60€ en boutique, le jeu balancé à l'arrache aux développeurs de Rebellion n'est au final qu'une grosse daube qui ne méritera que votre mépris tout au mieux. En relisant ce test j'ai failli dire "dommage, y'avait de l'idée" mais une rapide partie de 5 minutes me l'aura vite fait remplacer par un gros "dégaaage !".

Les plus

-Les mises à mort.
-Les répliques involontairement drôles.

Les moins

- Réalisation bancale.
- IA merdique.
- Linéaire à mort.
- Durée de vie pitoyable.
- Sert à quoi le multi ?

Détails

18+
Nom
Rogue Warrior
Support
PC
Genre
FPS
Editeur
Bethesda Softworks
Développeur
Rebellion Derby
Sortie
27 novembre 2009
Recommandation PEGI
Joueurs de 18 ans et plus

La Triforce est un borne d'arcade développée en 2002 par Nintendo, Namco et Sega, et basée sur l'architecture du Gamecube