Prototype
Test du Mercredi 15 juillet 2009 par AssKicker
Faisant parti des grosses productions vidéoludiques de ces derniers mois, Prototype porte fort logiquement le lourd fardeau de titre surveillé de très près qui n’a pas le droit de décevoir. De quoi sévèrement mettre la pression sur les canadiens de Radical Entertainment qui ne nous ont pas spécialement gâté par le passé avec des titres tels que The Incredible Hulk : Ultimate Destruction ou plus récemment Scarface : The World is Yours. De quoi attiser la méfiance, certes, mais c’est sans compter sur le très gros soutient d’Activision qui n’a pas hésité à tolérer d’innombrables reports de ce titre en développement depuis 3 ou 4 ans. Autant dire qu’ils y croyaient à fond et que les trailers du jeu avaient sacrément de quoi nous mettre la bave aux lèvres malgré son contenu disposant d’une forte teneur en OGM et autres saletés du genre. L’investissement en vaut-il la chandelle ? Le jeu porte-t-il bien son nom ? Est-ce que la capuche d’Alex Mercer fait de lui un sauvageon depuis la loi sur les manifestations de Michelle Alliot-Marie ? Réponse ci-dessous gros !
Un réveil pire qu’un lendemain de cuite
L’aventure de Prototype commence particulièrement bien. New York est à feu et à sang, des espèces de zombies/monstres/infectés ne cessent de vous réclamer des free hugs à tours de bras, et l’ensemble de la famille des militaires passe son temps à vouloir vous caler des balles ou des obus dans le fondement. Fort heureusement vous disposez d’une grosse panoplie de pouvoirs de mutants digne de faire passer Venom pour un vulgaire piou-piou inoffensif. Tragique destinée, passé la première mission vous voilà plongé dans un flashback qui vous narre l’origine des évènements avec un Alex Mercer à peine réveillé qui pige kepouic à ce qui lui arrive. Le bonhomme ne se souvient de rien, découvre son corps encore plus exotique qu’à l’époque de l’adolescence, et beaucoup de monde semble bizarrement intéressé à l’idée de voir de plus près le fonctionnement de sa tuyauterie interne. Place donc à l’exploration et à l’initiation de vos nouveaux pouvoirs que la fée biogénétique vous a offert sans que vous n’ayez demandé quoi que ce soit.
Vous l’aurez comprit, le scénario de Prototype est archi banal, et ce n’est pas la progression de l’histoire qui pourra nous faire croire le contraire avec tous les clichés que le genre se trimballe avec lui (l’amnésie, la petite-amie disparue qui doit détenir une part de vérité, les militaires impliqués dans tout ce bazar, la belle-mère alco… ah non, pas ça…). Et pourtant, force est d’admettre que la mise en scène est particulièrement efficace grâce à des phases narratives du plus bel effet mêlant cinématiques en images de synthèse, séquences in-game et véritables photos trafiquées saupoudrées de voix énigmatiques à souhait comme seuls les américains savent le faire. Oui, bien qu’intégralement traduit en français, Prototype a conservé ses voix originales, et ce n’est pas spécialement un mal. Le tout s’enchaine rapidement aux scènes de jeu par le biais d’écrans de transition chocs conservant ainsi un coté speed et dynamique à souhait. On aime.
Le chômage ? Connaît po…
Situer le gameplay général de Prototype n’a rien de bien compliqué : vous prenez un environnement ouvert et un système de mission à la GTA, des mouvements et des déplacements inspirés du coté de chez Spiderman ou d’Assassin’s Creed, quelques séquences de QTE à la mode, et vous y balancez un paumé de la vie qui n’a vraiment rien à envier à un Hulk qui aurait copulé avec un Venom.
Votre petit être traqué qu’est Alex Mercer peut ainsi se balader librement dans une ville de New York qui se dégradera peu à peu au fur et à mesure que l’infection de ses habitants ne prenne de l’ampleur. Vu la taille de la ville, sa map ne sera pas de trop pour vous repérer dans ce joyeux foutoir et ainsi mieux retrouver les missions principales qui vous feront avancer dans l’histoire (une trentaine), ou le milliard et demi de quêtes annexes (défis chronométrés, assimilation de militaires ou de scientifiques, destruction, etc…) qui vous permettront de glaner quelques détails supplémentaires sur l’intrigue, mais surtout de pouvoir vous bouffer des points d’expériences à gogo.
Ceux-ci vous seront carrément indispensables si vous tenez vraiment à transformer votre gars en véritable boucher des Carpates. Et autant dire qu’il y a matière à faire boudiou ! Dispatchées entre plusieurs catégories (combat, déplacement, survie, etc…), ces nombreuses aptitudes sont tantôt destinées aux parties infiltrations (assimilations discrètes, etc…), tantôt à la partie carnage du titre qui ne manquera pas de prendre généralement le dessus. Et c’est justement dans ce domaine que Prototype excelle à merveille. Le sentiment de surpuissance et de destruction est poussé à son paroxysme avec des pouvoirs d’une violence incroyablement défouloir. Entre les griffes acérées qui déchiquètent ces pauvres lopettes de militaires, les gros poings bodybuildés qui massacrent ces tanks en cartons, ces immenses pics sortant du sol transformant tout ce qui bouge en brochettes pour barbecue, l’assimilation de victimes se faisant sous les hurlements, le lancer de véhicules à la tronche des ennemis ou encore les super-sauts nous propulsant des dizaines de mètres dans les airs, la possibilité de sprinter contre les murs des gigantesques buildings ou encore le fait de pouvoir planer en l’air tel un aigle scrutant ses proies, Prototype procure des sensations de destruction rarement atteintes dans un jeu-vidéo. Tout bonnement énorme ma p’tite dame !
Un jeu qui en fait des tonnes
Jusque là le portrait de Prototype semble plutôt idyllique. Mais l’on se rend rapidement compte que les développeurs en ont probablement trop fait, et ce sur plusieurs points. Pour ma part, j’ai pas mal été atterré au point de me dire "bordel… qu’est-ce que je fais maintenant…" Entre la quête principale, les nombreuses quêtes secondaires (apparaissant d’abord en facile, avant de passer en moyen puis difficile), les nids et les bases militaires à détruire, les 130 personnages à débusquer et assimiler permettant d’en apprendre davantage sur l’histoire ou d’engranger les capacités d’armement et de contrôle des véhicules, récupérer les 200 sphères lumineuses et la trentaine de sphères d’aides planquées sur la map ou encore débloquer toutes les capacités d’Alex Mercer, il y a vraiment matière à faire pendant de très nombreuses heures. Si un peu plus d’une dizaine d’heures vous seront nécessaires à torcher l’intrigue principale fort bien montée avec des missions relativement variées, il en faudra bien plus pour mettre le jeu à sac. Encore faut-il trouver la motivation sachant que les missions annexes ne sont pas toujours bien passionnantes et se trouvent être vite redondantes.
Toujours dans l’aspect généreux du titre, signalons le gros bordel dans lequel nous plonge bien souvent ce Prototype. Ok, ça défouraille de partout, ça massacre à gauche, ça hurle à droite, c’est particulièrement jouissif et tout et tout, mais quand même… c’te zone ! Si le concept de base du titre veut que l’on fasse en sorte d’évoluer le plus discrètement possible en permettant de prendre la forme de militaire ou de civile pour mieux se fondre dans la masse et ainsi se la jouer infiltration, une fois repéré, c’est le bronx total et immédiat. L’alerte générale est donnée, et si vous avez le malheur de ne pas parvenir à zigouiller le bidasse en charge des communications à temps, vous vous retrouverez rapidement avec une meute d’hélicos et de tanks sur le dos en plus de la bleusaille au sol. Les tirs fusent de partout, vous tentez de blaster tous ceux qui vous font du mal, vous essayez de vous en sortir au mieux avec la caméra manuelle, de jongler entre les nombreux pouvoirs, et le tout sans appeler votre maman à l’aide si possible. Pour un titre initialement pensé pour la console, Prototype s’en sort bien mieux au combo clavier+souris qu’à la manette compte tenu du nombre d’actions réalisables et de la caméra qu’il sera bien plus facile à gérer dans tout ce foutoir.
Malgré toute cette désorganisation ambiante, vous devrez faire baisser la jauge de discrétion au plus bas en fuyant les lieux à fond les ballons en mélangeant acrobaties et sprints déjantés. Une fois cela fait, pas de soucis, vous pouvez revenir sur vos pas tranquilou comme si de rien n’était dans l’anonymat le plus total. Niveau crédibilité on a connu mieux… Alors que certaines missions veulent nous faire passer par la voie de l’infiltration et de la discrétion en prenant l’apparence de militaire et autres personnes hautes-placées, rentrer dans le lard comme un bourrin fonctionnera généralement tout aussi bien grâce à la technique citée précédemment. Même si cela enlève tout de suite du charme et fout en l’air toutes les bonnes idées de gameplay du titre, il faut bien le dire.
Vous devez le savoir mais Prototype ne propose pas le moindre mode multijoueur. Un choix compréhensible que les développeurs ont prit afin de mieux pouvoir se concentrer sur l’aventure solo. Dommage, il y avait pourtant matière à nous proposer de bons concepts.
Contrôle technique OK, mais de justesse
Prototype a été testé sur la configuration suivante :
- Windows XP Service Pack 3
- Intel Core 2 Duo E8400 3GHz
- 4 Go de Ram
- ATI Radeon HD4800 256
Tous les détails ont été poussés au maximum avec une résolution paramétrée en 1280x1024. Visuellement le titre s’en sort plutôt moyennement. Les textures du jeu font souvent peine à voir (surtout au niveau des immeubles), les décors sont relativement vides, mais il faut tout de même admettre que la ville est archi bondée en terme de véhicules et d’habitants qui réagissent de manière à peu près cohérentes à vos agissements. Les effets visuels sont quant à eux généralement réussis, notamment en ce qui concerne les explosions. Ah et je précise que les cinématiques utilisant le moteur du jeu sont tout de même un cran au dessus des séquences jouées.
Par contre je tiens à souligner le fait qu’avec cette config’, Prototype se montre fluide en tout point et se dote d’écran de chargement relativement rapides, ce qui n’est pas le cas des versions PS3 et Xbox 360 du titre qui rament méchamment lors des grosses scènes de bordel. Combinez à ça le fait que le tout se manie bien mieux au clavier et à la souris et vous obtenez une mouture PC bien plus agréable à jouer malgré les quelques défauts du jeu.

Ambitieux, Prototype l’est assurément. Trop ? Probablement aussi. Même s’il dispose d’énormes sensations de destruction incroyablement jouissives grâce aux nombreuses capacités surpuissantes d’Alex Mercer, Prototype se tape de plein fouet les effets secondaires de toutes ses bonnes intentions avec un gros bordel général où l’on peine souvent à s’en sortir proprement, de séquences d’infiltration traitées de manière trop légère, et d’un immense flot de missions secondaires pas toujours passionnantes et vite répétitives. Ajoutez à cela une réalisation tout juste moyenne et vous obtenez un jeu que l’on sait bourré de bonnes idées ainsi que d’un gameplay bien pensé, mais qui a probablement voulu trop en faire. Les développeurs de Radical Entertainment avaient matière à se foirer magistralement, ils s’en sont tout de même bien sorti avec un titre puissant et racé, mais trop bordélique. Cette version PC s’en sort toutefois mieux que ses homologues PS3 et Xbox 360 grâce à sa jouabilité à la souris et au clavier, et à condition d’avoir une config’ suffisamment solide permettant de supporter les carnages sans avoir l’impression d’assister à une séance diapo. Comme quoi, les titres consoles peuvent aussi avoir leur place sur PC. Dingue !
Les plus
-L’aspect défouloir énorme-Les pouvoirs
-L’impression de liberté procurée
-L’ambiance
-La narration
-Plein de choses à faire (faut aimer)
Les moins
-Le bordel ambiant-Pas toujours facile à suivre
-Réalisation technique limite
-Les quêtes annexes répétitives
-L’aspect infiltration raté
-Pas de multi
Détails
- Nom
- Prototype
- [Prototype]
- Support
- PC
- Genre
- Action
- Editeur
- Activision
- Développeur
- Radical Entertainment
- Sortie
- 12 juin 2009
- 09 juin 2009 (US)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 18 ans et plus














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