Painkiller Resurrection
Test du Mardi 17 novembre 2009 par AssKicker
Si les FPS ont pour habitude de pululer et de souvent faire preuve de gros manques d'originalité, les polonais de People Can Fly avaient pourtant réussi à nous séduire en 2004 avec Painkiller, un titre grassement bourrin et relativement basique qui mêlait avec brio le "brainless style" d'un mix entre du Quake et du Serious Sam. 4 années plus tard sortait Painkiller : Overdose, un ex-mod finalement devenu jeu à part entière qui avait déjà marqué des signes de faiblesse et de banalité que l'on mettait sur le dos des développeurs de Mindware Studios. Novembre 2009, nous voici avec Painkiller Resurrection, dernier opus en date qui a été confié aux autrichiens d'Homegrown Games. Et là , c'est le drame...
Alors c'est l'histoire de Toto qui...
Le scénario de Painkiller Resurrection commence sur une grosse lose. William 'Bill' Sherman, machine à tuer de profession, exerce son habituelle besogne consistant à trucider de la racaille et autres trafiquants de drogue. Tranquilou, Willy avait prévu une petite fiesta à base d'explosif C4 mais patatras, voilà qu'un bus blindé de civils se ramène un peu trop près du feu d'artifice. Ayant malgré tout un soupçon de bon fond, il tentera dans un ultime geste désespéré de prévenir le chauffeur du véhicule. Hélas rien n'y fait, tout le monde fini en Knacky Ball et l'ami William se retrouve le cul entre 2 chaises. Vu son passif l'enfer voudrait bien de lui comme ami mais voilà que les guerriers du paradis voudraient également lui faire des poutous pour le remercier de sa dernière tentative positive. Le voici donc qui se retrouve gâté de quelques compétences hors-normes afin de bouter du démon. Ca c'est pour l'intro du jeu qui nous est présentée à la façon d'une bande dessinée qui rappelle énormément le style de Max Payne, le charisme et la classe en moins au point d'en être résolument kitch. Mais l'effet est peut-être voulu après tout...
No pain, no game but poubelle
A peine lancé, Painkiller Resurrection nous met directement dans le bain : pas de touche pour recharger son arme, impossible de se baisser, et encore moins de se pencher sur les cotés. Voilà donc de quoi conforter le parti-pris ultra bourrin qui est la marque de fabrique de la série. Bon je vous préviens, pour le reste du test je vais être un peu plus expéditif histoire de ménager ma tension artérielle qui a subit de sacrés bonds durant l'expérimentation de ce "jeu"...
Ce qu'il faut savoir, c'est que les développeurs d'Homegrown Games ont pour slogan "fan_made_product". Intrigué et surtout priant pour ne pas avoir raison, un petit tour rapide sur le site officiel de la boite confirme mes craintes... Aussi étonnant que cela puisse paraître pour une telle licence ainsi que pour un jeu vendu dans le commerce, le studio de développement se trouve en fait être composé d'une bande d'"amateurs enthousiastes" ayant pour particularité d'être de gros joueurs, des adorateurs de RPGs papiers, des experts en littérature ou tout simplement des nerds. D'accord, des petits génies talentueux se sont déjà retrouvés à la tête de plus ou moins gros jeux plus ou moins indépendants, mais la fée g33kette n'a pas eu la chance de toucher le monde entier. Bref, parenthèse finie, place à la suite.
Bon, première pièce du jeu : bouh que c'est laid. Très laid mais soit. On avance un peu et là c'est parti, le festival de la honte peut débuter. Commençons par les ennemis qui peuvent apparaitre de plusieurs façons :
- Comme par enchantement à 2 mètres devant vous.
- Directement sur vous.
- Dans les murs.
- Dans des endroits où ils ne peuvent même pas avancer.
- Sur un malentendu de manière standard.
Déjà bien pénible, ce constat l'est encore plus quand on voit que les premières armes (le Painkiller et une sorte de lance-pieux) mettent à un temps fou pour être réamorcés. De ce fait vous verrez votre jauge de vie et vos munitions se vider en un temps record sans compter que leurs recharges se font plutôt rares tout au long du jeu. L'avantage c'est qu'en combinant toutes ces bourdes les amateurs de difficultés devraient pouvoir prendre leur pied.
De son coté le level design est juste à la ramasse. Ok, les niveaux sont plutôt vastes mais certains morceaux sont imbriqués totalement à l'arrache et les quelques phases de pseudo-escalade deviennent de véritables parcours du combattant où l'on s'y reprend à plusieurs fois pour gravir certains obstacles ou escaliers en espérant que ça finisse par passer bordel de... Les environnements sont quant à eux totalement inintéressants, plutôt vides, modélisés à la truelle et parsemés de quelques objets ridicules comme par exemple des tonneaux hexagonaux façon Zelda de la Nintendo 64 (et encore...).
Continuons avec l'intelligence artificielle qui est un grand moment de n'importe quoi puisque les ennemis déjà bien ridicules (des sortes de paresseux géants, des morts-vivants bondissants, etc...) se contentent de vous foncer dessus sans trouver le moyen de contourner les éléments du décor situés entre vous et eux. Ajoutez à ça leur grande passion pour le team kill et vous n'aurez pas fini de loler. Que les fans (s'il y en a encore) se rassurent, les gros monstres sont toujours de la partie mais se révèlent être bien moins impressionnants qu'auparavant. Zut, ça aussi c'est raté...
En fouillant bien, en étant extrêmement tolérant et en ayant été moine bouddhiste dans une vie antérieure Painkiller Resurrection a le mérite de tourner honnêtement sur de petites bécanes. Mais n'y voyez pas là un quelconque soucis d'optimisation, le titre déjà bien moche se trouve être une calamité technique. Outre ses graphismes d'une autre époque, ses menus illisibles, ses spawns lamentables ou son intelligence artificielle digne d'un concombre, le jeu se permet d'avoir des temps de chargement excessivement longs et d'être buggé jusqu'au trognon. Citons par exemple un nombre incroyable de crashs entrainant des retours sur le bureau, des problèmes de sauvegardes corrompues, ou encore la possibilité de démarrer un niveau dans le vide absolu entrainant une chute de 10 secondes qui aboutira sur un game over. Inutile de relancer la dernière sauvegarde, il faudra alors retourner à l'écran principal pour recharger la map. Enorme. Ajoutez à cela un mode multijoueur (proposant du coop' à 4 ou des modes plus classiques) implémenté à l'arrache demandant à l'heure actuelle de bidouiller un outil de serveurs dédiés fourni en plus du jeu et vous obtenez le summum du foutage de gueule même si un patch devrait prochainement sortir pour simplifier la procédure. En tout cas l'histoire de la démo buggée mise en ligne à la place de la bonne version reflète bien l'esprit du jeu...
Autre point positif qui n'aurait pas dû l'être : Painkiller Resurrection est court puisque ne proposant que 6 niveaux. Alors en admettant qu'un cambrioleur ait dépouillé votre appartement et que par une étrange coïncidence il vous aurait uniquement laissé votre ordinateur complet avec l'exemplaire du jeu (ou qu'il vous en aurait déposé un exprès pour vous martyriser psychologiquement...), qu'il vous ait bousillé les jambes pour que vous ne puissiez vous déplacer, qu'en plus il vous aurait scotché les mains au clavier et à la souris, qu'il aurait désinstallé toutes les autres applications, viré vos divx et mp3, et que vous voulez en finir avec la vie (autant dire que le taux de probabilité est faible...), vous pourrez alors torcher Painkiller Resurrection en 5 ou 6 heures à tout casser.

30€, c'est ce que Painkiller Resurrection coûte en magasin. 30€, c'est ce que l'éditeur devrait payer aux joueurs pour qu'ils passent plus de 10 minutes sur le jeu, temps de chargement compris. Pour faire simple, Painkiller Resurrection ressemble comme 2 gouttes d'eau à un mod amateur en phase alpha du début des années 2000 : graphismes pourris, level design insipide, intelligence artificielle à chier, des ennemis qui spawnent n'importe où, des plantages et bugs à foison, une interface multijoueur honteuse, etc... J'aurais jamais cru l'écrire un jour dans un test mais ce jeu est une bonne grosse bouse et je me demande ce qui a bien pu prendre à Dreamcatcher de confier cette licence autrefois prestigieuse à un studio amateur. J'ai failli mettre un 1 en voyant les dialogues enthousiastes du site officiel qui étaient à 2 doigts de m'attendrir mais une partie supplémentaire aura suffit à me mouler une nouvelle fois la grosse veine gauche de mon front. Bref, du gros foutage de gueule, rien de plus.
Les plus
- Rien.Les moins
- Tout.Détails
- Nom
- Painkiller Resurrection
- Support
- PC
- Genre
- FPS
- Editeur
- JoWood Productions
- Développeur
- Homegrown Games
- Sortie
- 13 novembre 2009
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 18 ans et plus










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